‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 3)Chapitre 82 sur 125 · RÉVOLTE · texte numérisé non relu

RÉVOLTE

Arlaxerxe*, après avoir résisté pendant cinq ans aux vives soliicilalions elaux importunités continuelles de sa mère , qui lui demandait Inarus el les Alhéniens qui avaient été pris avec lui en Égypte, pour les sacrifier aux mânes de son fils Achéménide, les lui accorda enfin : aveugle et cruelle faiblesse d’un prince qui se rend perfide pour être complaisant , el qui, malgré les remords de sa conscience, viole son serment et le droit des gens, de peur d affliger une mère injuste l Celle princesse inhumaine , sans aucun égard pour la foi donnée , fil crucifier Inarus, el trancher la télé à tout le reste. Mégabyze en fut au désespoir. Comme il leur avait donné sa parole qu’il ne leur serait fait aucun mal, l’affront retombait principalement sur lui. Il quitta la cour , et se relira en Syrie, dont il était gouverneur; et son môconlenlement alla jusqu’à lever une armée el se révolter ouvertement.

Le roi envoya contre lui Osiris* avec une rrmée de deux cent mille hommes. Cet Osiris était un des grands seigneurs de sa cour. Môgabyze lui livra bataille , le blessa, le fil prisonnier , el mil en fuite son armée. Arlaxerxe le fil redemander, el Mégabyze le lui renvoya généreusement dès qu’il fut guéri.

L’année suivante*, le roi envoya contre lui une autre armée , dont il donna le commandement à Ménoslane, fils d’Artarius, frère du roi , el gouverneur de Babyloue. Ce général ne

• An. M. 3550 ; av. J. C. 454.

• An. M. 3556 ; av. J. C. 448. - Ctcs. cap. 35-40.

s An. M. 3557; av. J.C.447

• Ail. M. 3558;av.J.C.4i6.

fut pas plus heureux que l’autre. Il fut aussi battu el mis en fuite ; el celle victoire de Mégabyze ne fut pas moindre que la précédente.

Arlaxerxe, voyant qu’il ne pouvait le réduire par la force , lui envoya son frère Arlarius el .sa sœur Amylis , qui était femme de Mégabyze, avec plusieurs autres personnes de la première qualité , pour le porter à rentrer dans son devoir. Leur négociation réussit ; le roi lui pardonna, il revint à la cour.

Un jour qu’ils étaient à la chasse, un lion s’ëlanl levé sur ses jambes de derrière , prêt à s’élancer sur le roi, Mégabyze, effrayé du danger où il le voyait , par affection el par zèle pour lui , lança un dard , et tua le lion. Artaxerxe , sous prétexte qu’il avait manqué de respect pour son prince en frappant la bêle avant lui , ordonna qu’on lui tranchât la télé. Sa sœur Amylis el sa mère Amestris eurent bien de la peine à obtenir que celle sentence fût mitigée el changée en un exil perpétuel. 11 fut envoyé à Cyria, ville située sur la mer rouge , el condamné à y finir ses jours. Mais, au bout de cinq ans, il se sauva déguisé en lépreux, et revint chez lui à Suse, où, parle moyen de sa femme el de sa belle-mère, il rentra encore en grâce, et môme en faveur. Il s’y conserva jusqu’à sa mort , qui arriva quelques années après, dans sa soixante et seizième année. 11 fut extrêmement regretté du roi el de toute la cour. C’était le plus habile homme du royaume , aussi bien que le meilleur capitaine. Arlaxerxe lui devait et la couronne el la vie ; mais il est bien dangereux à un sujet que son maître lui ail de trop grandes obligations*. Ce fut ce qui causa tous les malheurs qui arrivèrent à Mégabyze.

On est surpris de voir qu’un prince d’un esprit aussi solide qu’était Arlaxerxe , ail été capable de prendre jalousie contre un seigneur de sa cour, parce que, dans une partie de chasse , il avait frappé le premier la bêle qu’on poursuivait. Y a-t-il une faiblesse pareille à celle-là? et est-ce là placer en roi le point d’honneur? Cependant l’histoire nous en fournil plusieurs exemples. Un mot de Plutarque*

I « Bénéficia eô usque l«ta sunl , dum videntur exsoivi « posse : ubi mnllùm anlevcrlérc , pro gralià odium red- « ditur. » (Tacit. Annal, lib. 4, cap. 18.)

* Plut. In Apopbthog. pag. 173.

me fcrail croire qu’Artaxerxe eul honte de l’excès furieux où cette fausse délicatesse de gloire l’avait porté , et qu’il en fit une espèce de réparation publique: car, selon rct auteur, il déclara par une ordonnance qu’il serait permis à quiconque assisterait à la chasse avec le prince de lancer le premier un trait contre la béte, s’il le pouvait: et il fut le premier, dit Plutarque , qui donna cette permission.

g VI. — A«TAX»XE ESVOIB a JéBlIALEH D’AEOEH Eedeas, fuis .N^UÉUIE.

Avant que de continuer ce qui regarde l’histoire des Perses et des Grecs , je rapporterai en peu de mots ce qui arriva pendant les vingt premières années d’Artaxcrxe chei le peuple de Dieu : c’est une partie essentielle de l’histoire de ce prince.

La septième année d’Artaxerxe ' , Esdras obtint du roi et de scs sept conseillers une ample commission pour retourner à Jérusalem avec tous ceux de sa nation qui voudraient l’y suivre , pour y rétablir l’ètal et la religion des Juifs, et régler l’an et l’aulre selon leurs propres lois. Esdras était un des descendants de Saraia , qui était souverain pontife lors de la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor , et qui fut tué par son ordre. Il n’était, pas moins savant que pieux. Ce qui le distinguait particuliérement des autres Juifs, était d’étre fort versé dans la connaissance des saintes Écritures : c’est pourquoi il est qualifié de docteur bien exercé dans la loi du Dieu du ciel. Il partit de Babylone avec les dons et les offrandes dont le roi et ceux de sa cour, et tous ceux d’IsraCl qui étaient restés à Babylone , l’avaient chargé pour le temple, et qu’il remit exactement entre les mains des sacrificateurs dés qu'il fut arrivé & Jérusalem. Il parait, par la commission que lui donna Arlaxerxe , que ce prince avait beaucoup de respect pour le dieu d’Israël , puisqu’en ordonnant à ses officiers de fournir exactement aux Juifs tout ce qui sera nécessaire pour le culte de leur dieu , il ajoute , de peur que sa colère ne s'allume contre le royaume du roi et de ses enfants Celte commission l’aulo-

• .An. M. 3537;at.X. C.467. -E«lr cap. 7, etc.

• KiUr. t-aa.

risait , comme je l’ai déjà dit , à régler la religion et l’état des Juifs selon la loi de Moïse, à rétablir des magistrats et des juges pour punir les réfractaires , non-seulement par cmprisohnement et par confiscation de biens, mais encore par l’exil , et même par la peine de mort , selon la nature des crimes dont ils seraient trouvés coupables. Tel fut le pouvoir dont Esdras fut revêtu , et qu’il exerça fidèlement pendant treize ans , jusqu’à ce que Néhémie arriva ‘ de la cour de Perse avec aae nouvelle commission.

Néhémie ' était Juif aussi , d'une piété et d’un mérite distingués , et l’un des échansons du roi Arlaxerxe. Celte charge était Irés-coasidérahie à la cour de Perse , à cause du privilège qu’elle donnait d’approcher souvent de la personne du prince , et de lui parler dans les moments les plus favorables. Ni l'éclat de celle charge , ni l'établissement fixe de sa famille dans ce pays de captivité , ne lui firent oublier la patrie de ses ancêtres ni leur religion : son amour pour l’une , et son zèle pour l’autre , ne se refroidirent point , et son cœur était toujours à Sion. Quelques Juifs venus de Jérusalem lui ayant représenté le triste état où se trouvait cette ville , ses murailles détruites , ses portes consumées par le feu , ses habitants exposés par là aux insultes de leurs ennemis et au mépris de tous leurs voisins ; le danger et l’afliietion de ses frères , firent sur son cœur toute l'impression qu’on pouvait attendre de sa piété. Un jour qu’il faisait les fonctions de sa charge , le roi , lui ayant remarqué un air de tristesse qu’il n’avait pas accoutumé d’avoir, lui en demanda la cause; ce qui marque dans no prince un fonds de bonté , rare dans les personnes de son rang , et néanmoins beaucoup plus estimable que les qualités les plus brillantes. Néhémie saisit celle occasion pour lui parler du triste état où se trouvait son pays , lui avoua que c’était là le sujet de son affiiclion , et le supplia de lui permettre d’aller à Jérusalem pour en réparer les fortifications. Les rois de Perse , ses prédécesseurs , avaient permis aux Juifs de rebâtir le temple , mais non pas de relever les murs de Jérusalem. Arlaxerxe, sur-le-champ,

* An. H. 3550; av. J. G-

• Nehcm. cap- 1 cl 2.

r -.Ole

ru dresser un décret porlanl ordre de rebfllir les murailles el lus portes de Jérusalem. Néhémie, en qualité de gouverneur de Judée, était diargé du décret et de l'exécution. Pour lui faire encore plus d'honneur , le roi lui donna une escorte de cavalerie , commandée par un ollicier considérable , |>our le mener sûrement. Il écrivit aussi à tous les gouverneurs des provinces de deçà l’Euphrate de l'assister de tout leur pouvoir dans l’ouvrage pour lequel il était envoyé. Ce pieux Juif s'acquitta de sa commission avec un zèle et une activité incroyables.

C'est de ce décret , donné par Artaxerxe , la vingtième année de son régne , pour rebâtir les murs do Jérusalem , que se prend le commencement des soixante et dix semaines d'années de la célébré prophétie de Daniel ' , après lesquelles le .Messie devait paraître et être mis à mort. Je la rapporterai ici tout entière, mais sans en donner l'explication , que l’on peut trouver ailleurs , et qui ne fait point partie de l'histoire.

« Soyez attentif à ce que je vais vous dire , ( et comprenez cette vision *. Dieu a abrégé « et fixé le temps à soixante et dix semaines ,

• en faveur de votre peuple et de votre ville « sainte , afin que ses prévarications soient « abolies , que le péché trouve sa Un , que

• l'iniqnitè soit effacée , que la justice éter- « nellc vienne sur la terre, que les visions et « les prophéties soient accomplies , et que le I Saint des Saints soit oint de f huile sacrée. « Sachez donc ceci , et gravez-le dans votre

• esprit : Depcis l'orore qi’i sera donné « pocR REBATIR jRRDSAtE.M , jusqu'au Christ, « chef de mon peuple , il y aura sept se-

• maines el soixante el deux semaines; et les « places et les murailles de la ville seront bâ- « lies de nouveau parmi les temps fâcheux et « difficiles. Et après soixante cl deux se- « maines , le Christ sera mis à mort ; et le « peuple qui le doit renoncer ne sera point « son peuple. Un peuple , avec son chef qui « doit venir , détruira la ville et le sanctuaire ; )v elle finira par une ruine entière , el la dé- « solation qui lui a été prédite arrivera après

• Dtn. c«p. 9 , V. 2t-27

' Dao. cap. 9 , V. 23-39

« la lin de la guerre. Il confirmera son ala liance avec plusieurs dans une semaine , et « â la moitié de la semaine les hosties et les « sacrifices seront abolis, rabominalion de la « désolation sera dans le temple , el la déso- « lalion durera jusqu'il la consummaliun et « jus(|u'ii la fin. »

Lorsque Esdras était en autorité ' , comme son principal but était de rétablir la religion dans son ancienne pureté , il mil en ordre les livres saints , dont il lit une exacte révision , et ramassa les anciens mémoires du peuple de Dieu pour en composer les deux livres de Paralipoménes ou Chroniques , auxquels il ajouta l'histoire de son temps, qui fut achevée par Néhémie. C'est par leurs livres que se termine cette longue histoire que Moïse avait commencée, et que les auteurs suivants continuèrent sans interruption jusqu'au rétablissement de Jérusalem. Le reste de l’histoire sainte n'est pas écrit dans la même suite. Pendant qu'Esdras cl Néhémie faisaient la dernière partie de ce grand ouvrage , Hérodote , que les auteurs profanes appellent le père de l’histoire , commençait à écrire. Ainsi les derniers auteurs de l’histoire sainte se rencontrent avec le premier auteur de l'histoire grecque; cl quand elle commence , celle du peuple de Dieu , à la pre ndre seulement depuis Abraham , enfermait déjà quinze siècles. Hérodote n'avait garde de parler des Juifs dans fhistoire qu’ii nous a laissée ; et les Grecs n'avaicnl besoin d'étre informés que dus peuples que la guerre , le commerce ou un grand éclat leur faisait connaître. La Judée , qui coiumcnçail à peine à se relever de sa ruine , n'attirait pas alors les regards.

g VII. — CxHACTtKE DE PélICLES. XloVESS Ql’iL EHPtOIB VOCE GAGNEE LE PECPLE.

Je reviens à la Grèce. Depuis la retraite de Thémistocle, et la mort d'Aristide , dont le temps précis n’est point marqué, deux citoyens partagèrent le crédit el l’autorité à Athènes, Cimon et Périclés. Le dernier était beaucoup plus jeune que l’autre, et d’un caractère bien différent. Comme il jouera uii

r Gu Jgll

* M. Bossuet, Hist. univ

grand rOle dans l'histoire qui va suivre , il est important de bien ronnalire qui il était , comment il avait été élevé , quel plan et quelle route il suivit dans le gouvernement.

Périclés', des deux cOtés, descendait des premières maisons et des plus illustres familles d'Athènes. Son père, Xanihippe, qui battit A Mycale les lieutenants du roi de Perse, épousa Agnriste, nièce de Clisthène, qui chassa les Pisistralides , et établit A Athènes le gouvernement populaire. Périclés s'était préparé de loin nu dessein qu’il avait d’entrer dans le maniement des affaires publiques.

Il eut pour maîtres les plus savants hommes de son temps, cl surtout Anaxagore de Claiomènesunioinmé/’intcWiÿcnce, parcequ’il fut, dit-on, le premier qui attribua les événements humains, aussi bien que la formation et le gouvernement de l’univers, non au hasard , comme quelques-uns, ni A une fatale nécessité, mais A une intelligence supérieure qui réglait et conduisait tout avec sagesse. Ce dogme, ce sentiment était bien plus ancien que lui ; peut-être qu’il le mit dans un plus grand jour que tous les autres, et l'enseigna avec méthode et par principes. Anaxagorc instruisit A fond son disciple de cette partie de la philosophie qui regarde les choses naturelles, et qui, pour cette raison , est appelée physique '. Cette étude lui donna une force et une grandeur d’Ame qui l'éleva au-dessus d'une infinité de préjugés populaires, et de vaines observances généralement établies de son temps, qui, dans les affaires de l’état et dans les entreprises de la guerre, rompaient souvent les mesures les plus sages et les plus nécessaires, ou les faisaient échouer par de scrupuleux dAlais, autorisés et couverts du voile de la religion. Tantôt c’étaient des songes ou des augures; tantôt d’effrayants phénomènes, comme des éclipses de soleil ou de lune ; d’autres fois des présages et des pressentiments, sans parler des folies de l'astrologie judiciaire. La connaissance des choses naturelles, dégagée des basses et timides superstitions qu'engendre l’ignorance, lui

* Plut, in vit. Pcricl. pag. 153*156.

* Les anciens , sous ce nom . comprenaient ce que nous appelons physique et m^thophyiique ;dont la première fit la science des corps; l'autre, celle des cbosessoirltaelles, de Dieu et des esprits

inspira , dit Plutarque , une piété solide à l’égard des dieux , accompagnée d’une fermeté d’Ame inébranlable, et d’une tranquille espérance des biensqu'on doit atlendrcd'eui. Quelque attrait qu'eût pour lui cette étude, il ne s'y livra pas en pliilosophe, mais s'y appliqua en politique; et il sut, chose fort didicile, se prescrire des bornes dans la carrière de la science.

Mais le talent qu'il cultiva avec le plus de soin, parce qu’il le regardait comme l’instrument le plus nécessaire A quiconque veut conduire et manier le peuple, fut celui de la parole. En effet, c’est par IA que, dans une république comme celle d’Athènes , on dominait dans les assemblées, qu’on ctilralnait les sulfrages, qu’on se rendait maître des affaires, cl qu'on exerçait sur les esprits cl sur les cœurs un empire absolu. Il tourna donc toutes ses vues de ce côlé-IA ; il rapporta et fit servir à ce but toutes ses autres connaissances, et tout ce qu'il avait apprisd’Anaxagore, mclUml ', pour me servir de l'expression même de Plutarque, l’élude de la philosophie A la teinture de h rhétorique, c’est-A-dire que, pour orner et embellir son discours, il prêtait A la force et à la solidité du raisonnement les couleurs et les grâces de l’éloquence.

Il n’eut pas lieu de se repentir du temps qu'il avait donné à cette étude, car le succès passa toutes ses espérances. Les poêles de son temps disaient de lui qu’il foudroyait ', qu'il tonnait, qu’il mettait toute la Grèce en mouvement, tant il excellait dans le talent de la parole. 11 avait de ces traits vifs et perçants qui louchent et qui pénètrent et son discours laissait toujours dans l’esprit des auditeurs comme une pointe et un aiguillon. Il sasiit joindre l'agrément A la force ; et Cicéron remarque que, dans le temps même qu'il combatlail avec le plus de fermeté le goût et les

* ïixifn TÔ pnropix-n Tqv

* «Ab Aristophane poetA fulgurare. tooare, penntf- O cere Grcciam diclus est. m (Cic. m Orat. n. 29.)

3 oQuId Périclés T de cajus dicendi copiA sic aceap^ « mus. ut . quuin contra volontatem Aihentenslum ioqw- « rr lur pro sahite palii» , severius tameo id ipsum , qoed « ilie contra populares bomines dicerct, populare omnibus « eljucundumvidereturicnjusln labris veterescomki... « ieporem habitasse diierunt: lantamqueiiin in eo fuisse. « ut ^ corum mentibus, qui audissent quasi aculeos quoi' « dam relinqucrct. « 'Cic. lib. 3, de Orat. n. 13H.)

désirs des Athéniens, il nvnit l’art de rendre populaire la sévérité même et l'espèce de durelé avec laquelle il parlait contre les üaltenrs du peuple. é)n ne pouvait se défendre de la solidité de ses raisonnements, ni de la douceur de ses paroles; ce qui faisait dire que la déesse de la Persuasion, avec toutes ses prAces, résidait sur ses lèvres. Aussi, comme un jour on demandait A Thucydide ’, son adversaire et son rival, qui «le lui ou de Périch's luttait le mieiu : « Quand je l'ai renversé par terre en luttant, « répliqua-t-il, il assure le contraire avec tant « de force, qu’il persuade en effet A tous les « assistants, contre le témoip;nafje de leurs « propres yeui, qu’il n’est point tombé. » 11 n’élail pas moins prudent et réservé dans ses discours que fort et véhément; et l’on a remarqué qu’il ne parla jamais en public sans avoir prié les dieux de ne pas permettre qu’il lui échappAl aucune expression qui ne frtt propre A son sujet, ou qui pût choquer le peuple. Quand il devait paraître dans l’assemblée, avant que de sortir il se disait A lui-méme : Son je bien, Pirkièe, que lu ras parler à des hommes libres, à desGrecs, à des Athéniens*.

Ce que les historiens rapportent du soin qu'eut Périclés de cultiver son esprit par l’é^ lude des sciences, et de s’exercer dans le talent de la parole, est une grande leçon pour les personties destinées aux places importantes de l’état, el une juste condamnation • de ceux qui, faisant peu de cas de tout ce qui s’appelle étude et science, ne portent dans ces places , où ils entrent sans lumières et sans connaissances comme sans vocation, qu’une folle estime d’eiix-mémes et une téméraire hardiesse de dérider. IMutarquc , dans un traité oii il montre que c’est aux hommes d’état qu’un philosophe doit s’attacher préférablement A tous les autres, parce qu’en les formant il forme des villes cl des républiques entières, cite en exemples les plus grands hommes, soit de la Grèce, soit de l'Italie, qui ont tiré ce secours delà philosophie ; Périclés, dont il s’agit ici, qui

< O n*m ptn niUloricn.

* Plut, in Synip. tib. t , pag. fi20.

* «^iuiMxomra plerique ad honora adipfcrendoi . ot ( ad rempubllcam gerondam . nudi reniunt et inermes ,

( nulU eof^ilkioe renim , nullA icicniiâ ornatl. » (Cic. lib. 3, de Orat.D. 136.)

fut instruit par Anaxagore ; Dion de Syracuse, par Platon; plusieurs princes d'Italie, par Pythagore ; Caton, le célébré censeur, qui fit exprès un voyage pour aller trouver Alhénodorc ; enfin le fameux Scipion, destrucli'ur de Carthage, qui eut toujours auprès de lui le philosophe Panélius.

l'n des premiers soins de Périclés fut aussi d’étudier A fond le génie des Athéniens afin de connaître les ressorts secrets qu’il fallait mettre en mouvement pour les iiiire agir, el la manière dont il fallait se conduire A leur égard pour gagner letirronliance ' ; car c’est en cela surtout qu’anciennement ces grands hommes faisaient consister leur habileté et leur politique. Il reconnut , par les réflexions qu’il faisait sur tout ce qui s’était passé de son temps, que ce qui dominait dans ce peuple était une haine souveraine de la tyrannie , et un amour violent de la liberté, qui lui inspirait des sentiments de crainte, de jalousie cl de déliance A l’égard des citoyens qui étaient trop distingués par leur naissance, par leur mérite (lersonnel , par leur propre crédit ou par celui de leurs amis. Outre qu’il ressemblait fort A Pisistrate par la douceur de sa voix et par sa grande facilité A parler, il avait aussi beaucoup de son air el des traits de son visage ; el il remarqua que les plus vieux de la \ille, tpii avaient pu voir le tyran, étaient extrêmement frappés de celle ressemblance. D’ailleurs il était fort riche , d’une nai.ssance illustre, el avait beaucoup d’amis très-puissants. Alin donc de ne se point rendre suspect nu peuple, et pour ne [MÛnl réveiller sa jalousie, il évita d’abord de se mêler des affaires publiques, qui demandaient une résidence assidue A la ville, et ne songea A se distinguer qu’A la guerre et dans les dangers.

.Mais, voyant Aristide mort , Thémistocle chassé, et Cimon retenu la plupart du temps’ hors de la Grèce par des guerres étrangères, il commença A se produire en public avec plus de hardiesse, et se lourtia entièrement du côté du peuple, non par goût ni par inclination, car son caractère n’était nullement populaire, mais

* a Ollm noMcnda valgi nolara . et quibus nobis (cm- « peranter haberetur : senatùsquf et opiimatium tngenia.

« qui maximé perdidicoranl . callidi irmporum et Mpifn* • tes babebantur. » (Tacit. .4nnar Mb. 1 , rnp. 33.)

pour écarîor de soi tout soupçon qu’il songeât à la lyraiinie, el encore plus pour se faire un ferme rempart coiilre le crédit el l’autorilé de Cimon, qui était déclaré pour le parti des nobles.

En même lemps il changea toutes ses façons de faire cl sa manière de vivre, et prit en tout le caractère el la conduite d’un homme d’état , tout occupé des affaires, tout consacré au public. Jamais il ne paraissait dans les rues que pour aller à l’assemblée du peuple ou nu conseil. Il renonça tout d’un coup â tous les festins, aux assemblées, el aux autres plaisirs de celle nature, auxquels il était accoutumé; et pendant tout le lemps qu’il gouverna la répulilique , qui fut assez long , on ne le vil jamais aller souper chez ses amis , qu’une seule fois aux noces d’un de scs plus proches parents.

11 savait que le peuple ', naturellement léger el inconstant , se dégoûte ordinairement lie ceux qui sont toujours sous ses yeux , el qu’un trop grand empressement â lui plaire le las.se cl l’importune ’ ; cl l’on remarque que celle conduite nui.sil beaucoup à Thémislocle. Pour éviter cet inconvénient, il allait rarement aux assemblées , et ne se présentait devant le peuple que par intervalles, afin de s’en faire désirer, cl do conserver auprès de lui un crédit toujours nouveau, et qui ne fût point usé el comme llétri par une trop grande assiduité, se réservant avec prudence pour les grandes el importantes occasions’ : c’est ce qui fil dire qu’il imitait Jupiter, lequel, selon le senlimenl de quelques philosophes , ne s’occupait , dans le gouvernement du monde , que des grands événements, et laissait le soin du détail â des divinités subalternes. En effet, pour ce qui regardait toutes les affaires de peu d’importance, l’ériclés les faisait par l’entremise de ses amis, el par quelques orateurs qu’il avait en sa disposition, du nombre desquels était Êphialle.

Il mil toute son application et toute son industrie ù se concilier la faveur du peuple * ,

I K IsIs nosira assiduitas , Servi , ncaris quantam inter-

dùni afTrrat hoiulniiius ravtidii , quanlum aatirtatis... « rtiique noslrùm devklerium nihil obtulsset. » (Cic. pro âfiir.n.21.)

V Plut, de sut laude , paR. 511,

> Plut, de ger. rep. pag. SU.

Plut, in Pericl. pag. ivt»

pour contrc-balancer le crédit el la gloire île Cimon. Mais il ne pouvait égaler la magnifique el généreuse libéralité de son rival , qui, par ses richesses immenses, se trouvait en étal de faire des largesses qui à peine nous paraissent croyables, tant elles sont éloignées de nos mœurs. Ne pouvant l’égaler de ce cûté-là , il employa un autre moyen , non moins efficaio peut-être, mais certainement moins légilirao et moins honorable, pour gagner la populace. Il fut le premier qui fit partager aux citoyens les terres conquises , qui leur Cl distribuer, pour leurs jeux ej pour leurs spectacles, les deniers publics, et qui leur attribua des salaires pour toutes leurs fonctions publiques ; do sorte qu’on leur donnait régulièrement de certaines sommes, tant pour leur place aux jeuv que pour leur assistance aux Iribnnaux el au jugement des affaires. On ne peut dire combien celle malheureuse politique devint funeste à la république, et combien elle eiilrate de maux après elle. Car ces nouveaux élabh'ssemenls, outre qu’ils épuisaient le trésor public, rendirent le peuple somptueux el dissolu, au lieu qu’auparavanl il était sobre el modeste, el se contentait de gagner par son travail , et â la sueur de son corps, de quoi subsister.

C’est par ces moyens que Périclés s’étailao quis un tel crédit sur l’esprit du peuple, qu’on pourrait dire que , sous un gouvernement républicain , il s’élnil fait un pouvoir monarchique, donnant â la ville tel mouvement qui lui plaisait, cl dominant avec une autorité absolue dans les assewblées '. .\ussi Valére-Maximene met-il presrpie point d’autre différence entre Pisistralc cl lui , sinon que l’un exerçait la lyrannic par la force des armes, et l’autre parle talent de la parole, dans lequel il s’était heureusement exercé sous Ânaxagore.

Ce crédit, quelque énorme qu’il fût, n’empéchail point la comédie de lancer contre lui. en plein théâtre, plusieurs traits de satire des

• • PcriclM. relicissimit nalurn incremenlt! , »ti a Anaxagora pripceplore aummo alaitfo perpotilusrtfn- « atructua, liberia Alhcnarum cervicibua jugum aervitalii « impofoit : agit enim ille urbem erversavitarbUrioitia.

« tyuid inter Pisiatralum et Periclem interfuit , niai quiiU n ille armalua , hic sine artnis tyrannidetn czemilt ■ (Vu.. Max , lib. 8 , cap. 9.)

plus piquanis; cl l'on ne voil point qu'aurun des poClcs qui le mallrailaienl avec une telle hardiesse ait jamais ni puni , ni meme repris par le peuple. Peut-dlre ftait-ce prudence et polilique à P^riclès de ne point entreprendre de réprimer celle licence du IhMlre, ni de fermer la bouche aux poCtes , pour amuser et contenter le peuple par ce vain fantOme de liberté, et pour l'empéclicr de s’apercevoir qu’en effet il était dominé et asservi.

Périclés pour mieux affermir son crédit , forma un dessein bien hardi et bien périlleux. Il entreprit d'affaiblir et d’abaisser le tribunal de r.Xréopage, dont il n’était pas, parce que le sort ne lui était jamais échu d’élre ni archonte ni thcsmolhétc, ni roi des sacrilices, ni polémarquc. C’étaient différentes charges de la republique , qui de toute ancienneté se donnaient par sort ; et il n’y avait que ceux qui y avaient bien servi qui pussent monter à TAréopage. Périclés, profitant de l’absence de Cimon,Gt agir sous main Éphialtc, qui lui était entièrement dévoué, et vint à bout d’humilier cette illustre compagnie, qui faisait la principale force des nobles. Le peuple, enhardi cl soutenu par une si puissante faction, bouleversa tout l’ancien ordre du gouvememeTil , renversa toutes les lois fondamentales et les anciennes coutumes, ôta au sénat de l’Aréopage la connaissance de la plupart des causes qui allaient devant lui,nclui laissant que les plus corn Dunes, et en Irës-pelit nombre, et se rendit maître absolu de tous les tribunaux.

Quand Cimon fut de retour il Athènes, il vit arec douleur la dignité du sénat foulée aux pieds, et lâcha par toutes sortes de moyens de le faire rentrer en possession de son autorité, et do remettre sur pied l’aristocratie, telle qu’elle avait été établie du temps de Clisthène. Mais ses ennemis se mirent à crier, et â exciter contre lui le peuple, en lui reprochant, outre beaucoup d’autres choses, le grand alla-

' Plut, in Pericl. pug. 157 ; in Cim. pag. 188.

* -Xprès quelques cltangements dans la Turme du goiitememeold’Aiiiènes. un confla enfin l'auloritéa neuf maglUrals. appelas arcAontea; cl elle ne durait qu'un an. L'un s'appelait rot . un autre , polêmarque , un troisième . orchontt, et c'était lui proprement qui était à la tête des autres , et qui donnait son nom à l'année : et six thesmo- Uiètes. qui at aient uue intendance particulière sur les lois cl sur les décrets.

chôment qu’il avait pour les Lacédémoniens. Il avait donné lieu en quelque sorte à ce reproche, en ne ménageant pas assez la délicatesse des Athéniens. Car, en leur parlant, il ne cessait à tout propos d’exalter Lacédémone; et lorsqu’il blâmait en quelque chose leur conduite , il avait toujours coutume de leur dire ; Ce lient pas là ce que font les Spartiales. üe tels discours lui attirèrent l’envie et la haine de ses citoyens. Mais un événement, auquel pourtant il n’avait point eu de part , y mit le comble.

g VIII. — Tbemblemest de tfrbe a Spabte. St-

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ATHfeHES BT SpARTB. ClMON EST

La quatrième année du régne d’.Archidamus ‘ , il y eut h Sparte le plus terrible tremblement de terre dont on eftl jamais oui parler. En plusieurs endroits le pays fut englouti dans des abîmes; le Taygéle et les autres monts furent ébranlés jusque dans leurs fondements; plusieurs de leurs sommets dét»chés de leur place s’écroulèrent ; toute la ville fut bouleversée, excepté cinq maisons, qui restèrent seules au milieu de cette désolation épouvantable. Pour comble de malheur, les ilotes, qui étaient les esclaves des Lacéilémoniens , jugeant que c’était une occasion favorable de se remettre en liberté, accoururent de toutes parts pour eilermincr ceux que le tremblement de terre avait épargnés. Mais les ayant trouvés armés et en bataille , par la sage prévoyance d’Archidamus , qui les avait assemblés autour de lui, ils se retirèrent dans les villes voisines, et commencèrent dés ce jour-là à leur faire une guerre ouverte , ayant attiré dans leur ligue plusieurs de leurs voisins , et se sentant fortifiés par les Messéniens , qui étaient alors actuellement en guerre avec les Sparliatcs.

Dans celle extrémité, les Lacédémoniens envoyèrent à Athènes deniauder du secours.

Éphialtc s’y opposait, et protestait qu’on ne devait point les secourir, ni relever une ville rivale d’Athènes; mais qu’il fallait la laisser ensevelir dans scs abîmes, et tenir ainsi l’or-

' An. M. 353» ; iv. J. C. »70. - Plul. in Cira. ». 1.S8- »89. [DioU.Sic. il , «03.1

geuii de Sparle hutnilK. Une telle politique fit horreur ù Cimon. Il n'Iiésita pas un moment à pn'fèrcr l’utilité des Larédémoniens à l’agrandissement de sa patrie, et représentant avec vivacité qu’(7 n« com'cnait pas de laisser la Grèce boiteuse, ni Athènes sans contrepoids , il entraîna le peuple dans son sentiracnt, et fit ordonner du secours. Sparl(; et Athènes pouvaient être regardées en effet comme les deux soutiens, les deux appuis de la Grèce : ainsi, l’une venant à périr, la Grèce demeurait comme hoiteusc. Il est certain encore que le peuple d’Athènes, enflé de sa grandeur, était devenu si lier et si entreprenant, qu’il avait besoin d'un frein pour modérer sa fougue; et il lùf en avait pas de meilleur que Sparle, seule capable do servir de contrepoids à l’emportement des Athéniens. Cimon marcha donc au secours des Lacédémoniens avec quatre mille hommes.

On voit ici ce (]uc peut dans une république, dans un état, un homme de tête et de bon conseil, quand il joint à un grand fonds de mérite nue réputation bien établie de probité, de désintéressement, d’arnour du bien public. Cimon vient à bout, sans beaucoup de peine, d’inspirer aux Athéniens des sentiments nobles et magnanimes, contre leurs intérêts apparents, et malgré les sollicitations d'une jalousie secrète, qui ne manque pas de se faire sentir vivement dans de telles occasions. Par le crédit et l'ascendant que sa vertu lui donne, il les élève au-dessus d'une politique lâche et injuste, mais a.ssez ordinaire, qui fait regarder les mal- ‘heurs des voisins comme un atunlage, dont l'intérêt de l'èlal permet et ordonne même de profiler. Les conseils de Cimon étaient pleins de sagesse et d’équité; mais il est étonnant (pi'il ail pu les faire goûter à tout un peuple : c'est tout ce que l’on pourrait espérer d’une lassemblée de sages et de graves sénateurs.

Quelque temps après', les Lacédémoniens appelèrent encordes Athéniens à leur secours contre les Messéniens et les ilotes, qui s’étaient emparés d’ilhôme. Mais quand ces troupes furent arrivées sous la conduite de Cimon , ils commencèrent â craindre leur audace, leur puissance et leur grande réputation, et leur tirent l'affront île les renvoyer comme suspects

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de mauvais desseins, et capables de tourner leurs armes contre eux.

Les Athéniens, s’en étant retournés pleins de colère et de ressentiment, se déclarèrent, dès ce jour-lù, ennemis de tous ceux qui prenaient les intérêts de Lacédémone ; et, â la pits mière occasion qu’ils en trouvèrent, ils bannirent Cimon par la voix de l’ostracisme. Voilà la première occasion où parut d'une manière fort marquée la mésintelligence entre ces deux peuples, qui s'entretint et se fortifia depuis par divers mécontentements réciproques. Elle fut néanmoins suspendue pendant quelquis années par des traités et des trêves qui en arrêtaient les suites ; mais elle éclata enfin sans ménagement par la guerre du Péloponnèse.

Ceux qui étaient enfermés dans Ithénic, après s’y être défendus pendant dix ans, se rendirent aux Lacédémoniens, qui leur laissi^ renl la vie sauve, à condition qu’ils ne rentreraient jamais dans le Péloponnèse. Les AUn'niens, en haine de Lacédémone , les rc‘(umil avec leurs femmes et leurs enfants, et les établirent à Naupacte, dont ils venaient de se r«s dre maîtres. Les Mègariens en même temps quittèrent le parti de Sparte pour embrasser relui des Athéniens '. Il se forma ainsi plusieurs ligues des deux côtés; il se donna plusieurs combats, dont le plus célèbre fut celui de Tanagre en Béotie , que Diodorc égale à ceux de Marathon et de Platée , et où .Myronide, chef des Athéniens, vainquit les S|>arliates, qui étaient venus au secours des Thèlains.

C'est dans celle occasion * que Cimon, se croyant dispensé de garder son ban, se rendit avec scs armes dans sa tribu pour sen ir sa patrie, et pour comballre avec scs compalriolos contre les Lacédémoniens. Scs ennemis lui firent donner un ordre de se retirer. Avant que de partir, il exhorta ses compagnons, qu’on soupçonnait aussi bien que lui d'être favorables à Lacédémone, de comballre de toutes leurs forces, et sans se ménager, afin que celte journée servit de pn'uve à leur innocence, et effaçât de fesprildc leurs citoyens un soupçon qui leur était â tous si injurieux. Ci‘S braves solilats, qui étaient au norubre de cent, animés

' Thuryii. lih. 1. p.ig, (Ï9-71 piod. lib. 11. p.lg. l’ié-âc

• An M. 3it8; as . J. C. lâti. - l'inl in r.im. pag, (»

par ces paroles, lui demandèrent son armure complète, qu'ils placèrent au milieu de leur petit bataillon, aHn de l'avoir comme présent et sous leurs yeux, ils combattirent avec tant de valeur et d'acharnement, qu’ils se Qrenl tous tuer, laissant aux Athéniens un regret infini de leur perte, et un grand repentir de les avoir aecusès si injustement.

Je passe sous silence plusieurs évènements qui sont peu considérables.

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