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Crotone fui fondée par Myscellns, cliof des Achéciis, la troisième année de la 17* olympiade *. Ce Myscellus, élanl allé à Delphes pour consuUcr l’orade d‘ Apollon sur le lieu où il baürail sa ville, y trouva Ardiias le Corinthien, qu'un semblable dcs.scin y avait amené. Le dieu les écoula favorableraenl, et après les
* AvTÔf îy*.
* R Pjlbagoras tfnuil tnagnam iUamGrsnanirumbo- « noru cldiàcii>liiii . cuni cliam auclorilaïc; mullaquo so- « culd poslpa MC >iguit l’Ukigoreonini iiumcD. ut nulli R alii flocU >itlcrenlur. (Gic. Tuscui. Quast.Jib. 1, n.38.)
^ IMin. lib.:U.cap.6.
* An. 51. ^205; av. J. 700. — Slrab. lib. 0 , psg. 26*2 et — l>ion48. Ilalicani. An(iq. Rom. lib. 2, Hg.iil
avoir déterminés sur le lieu le plus convenable à leurs nouveaux établissements, il leur proposa dilTérenls avantages, et leur laissa entre autres le choix des richesses ou de la santé. Les richesses touchèrent Archias, Myscellus demanda la santé ; el , si l’on en croit l’histoire, .\pollon fut fldéle à tous les deux. Archias fonda Sy racuse, qui devint en peu de temps la plus opulente ville de la Grèce. Myscellus fonda Grotone, si fameuse par la longue vie el par la force naturelle de ses habitants, qu’elle était passée en proverbe' pour signifier un lieu fort sain , et où l'air était d’une extrême pureté. Lile se signala par un grand nombre de victoires dans les jeux de la Grèce; et Strabon dit que , dans une même olympiade, sept Crolonialcs furent couronnés aux jeux olympiques , et remportèrent tous les prix du stade.
Syharis était située à dix lieues de Grolone* (200 stades) , et avait été fondée au;5i par les Acliécns, mais avant l'autre *. Celle ville dans la suite devint fort puissante. Elle avait sous sa dé|)cudancc quatre peuples voisins et vingt-cinq villes, de sorte quelle seule pouvait mettre sur pied trois cent mille hommes. Getlc richesse et cette opulence furent bientôt suivies d’un luxe et d’un déréglemenl de mœurs qu’on a i)eine à croire. Les citoyens n’élaienl occupés que de festins, de jeux, de spectacles, de parties do plaisir et de débauches. R y avait des récompenses publiques el des marques de dislineliou [tour ceux qui donnaient de plus magnitiques repas, cl même pour ics cuisiniers qui réussissaient le mieux dans l’art im|)ortaiit (le faire de nouvelles découvertes pour la bonne chère, cl d'invcnicr de nouveaux raHinements pour satisfaire le goût. l.a délicatesse el la mollesse élaiciil porlécs si loin , qu’on écartait sévèrement de la ville tous les ouvriers qui faisaient trop de bruit en Iravaillaiil, et qu’on n’y souffrait point de coqs, de peur que leur chant aigu et |>erçaul ne Iroublàl la douceur du sommeil.
A (nus CCS maux se joignirent la dissension cl la discorde , ce qui causa leur ruine *. Cinq
' KjiÔTwvof ùyiio-rrpof.
■ Deux ccnis st«les valenl 8 lieues el tiers. E. B.
s Strab. iib. 6, p.i^. 2t>3. — Atbcii. lib. (2, [uig. SIS*
s .Vn. XI. atSt; av. J. C. 520.— Dioü. lib. 12. |iag. 7685.
cents des plus riches de la ville en ayant él6 chassés par la faction d'un particulier nommé Télys , se réfugièrent à Crotone. Télys les fit redemander ; et sur le refus que firent les Crotoniates de les livrer, déterminés à celte généreuse résolution par l'avis de l’ythagore , qui était alors chez euj, la guerre fut déclarée, les Sybarites se mirent en campagne avec trois cent mille hommes , les Crotoniales avec cent mille seulement; mais ils avaient à leur télé Milon, ce fameux athlète dont il sera bientôt parlé , qui était couvert d'une peau de lion, et armé d'une massue, comme un autre Hercule. Ceux-ci remportèrent une victoire complète , et firent main-basse sur tous les fuyards, de sorte qu'il ne s'en sauva qu'un petit nombre , cl que leur ville demeura déserte. Environ soixante ans après, des Tliessaliens vinrent s'y établir; mais ils n'y demeurèrent pas longtemps en repos , et en furent chassés par les Crotoniates. Réduits à cette fâcheuse extrémité, ils implorèrent le secours de Sparte et d'Athènes. Les Athéniens, touchés de compassion pour le pitoyable état cù ils étaient réduits, après avoir fait proclamer dans le l’éloponnèse que ceux qui voudraient se joindre â celle colonie pouvaient le faire librement , envoyèrent aux Sybarites une llottc de dix vaisseaux sous la conduite de Lampon et de Xénocrate.
Ils bâtirent une ville près de l'ancienne Sybaris, qu'ils appelèrent Tliurium'. Deux savants illustres , l'un orateur, l'autre historien, se joignirent à celle colonie : le premier était Lysias ' , âgé pour lors seulement de quinze ans; il demeura à Thurium, jusqu'au malheur arrivé aux Athéniens dans la Sicile , cl passa pour lors à Athènes: le second était Ilèrodole’ ; quoiqu'il fût natif d'Halicarnnsse, ville de Carie, il fut pourtant censé être de Thurium, parce qu'il s'y établit avec cette colonie. J'en parlerai ailleurs plus au long.
La division se mil bientôt dans la ville à l'occasion des nouveaux habitants , que les autres voulaient pr.ver de toutes les charges et de tous les privilèges. Mais comme ils étaient en bien plus grand nombre, ils chassèrent tous les an-
* An. M.35«0;«t.J. C.4H.
* l>foriy$. Ilalicarruin vi(. Lys. (Mg. 83.
i lÜK 11, pag. 5M.
ciens Sybarites , et demeurèrent seuls maîtres de la ville. Soutenus par ralliance qu'ils firent avec les Crotoniales, ils devinrent en peu de temps fort puissants; cl ayant établi dans leur ville le gouvernement populaire, ils en distribuèrent les citoyens en dix tribus, auxquelles ils donnèrent le nom des dilTérents peuples d'où ils étaient sortis.