‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 3)Chapitre 89 sur 125 · IV. X^I.Kt'CCS) Avmc L^CtSI.A’irOK · texte numérisé non relu

IV. X^I.Kt'CCS) Avmc L^CtSI.A’irOK

Dans le même temps, il y cul chez les Locriens un autre législateur célèbre , nommé Zaleucus ', disciple de Pythagore aussi bien que Cliarondas. 11 ne nous reste presque

1 Diod. lib. 12, ptg, 70-^

qu’une espèce de préambule qu’il avait rais à la tête de ses lois, qui en donne une grande idée. Il demande de ses citoyens, avant tout, qu’ils croient et soient fortement persaadits qu’il va des dieux; et il ajoute qu’il ne faut que lever les yeux vers le ciel , et en considérer l’ordre et la beauté, pour se convaiarre qu’un ouvrage si merveilleux ne peut point être reffel du hasard ni de l’industrie humaine. Par une conséquence et une suite naturelle de celte persuasion, il les exhorte A honorer cl respecter les dieux, r omme auteurs de tout ce qu’il y a de bon , de juste et d’honnête parmi les mortels, et de les honorer, non simplement par des sacrifices et par de magnifiques présents, mais par une sige conduite et par des mieurs pures et chastes, qui plaisent auxdieuv inlinimeni plus que tous les sacrifices.

Apré.s cet exorde, si plein de religion et de piété, où il montre la Divinité comme la source primitive des lois, comme la principale autorité qid en commande l’obsen alioii, comme le plus pui.ssant motif pour y être fidèle , et comme le parfait modèle ampiel on doit se conformer, il passe nu détail des devoirs que les hommes ont les uns A l’égard des antres, et leur donne un précepte fort propre à conserver dans le l ominerce de la vie la paiv id l’union , en commandant de ne pas rendu' éternelles les haines et les dissensions, ce qui ninrijiierail un esprit féroce et indoniplalile; mais d’en user à l’égard de leurs emieaiis comme devant bienlét les avoir pour amis. Il ne faut pas nltendrc du paganisme une plus haute perfection.

(Juanl A ce qui regarde les juges et les nugislrals, après leur avoir représeidé qu’en prononvantles jugements, ils ne doivent se laisser prévenirni par l'amillé, ni par la haine, ni par aucune autre passion, il se contente de les exhorter A éviter avec soin toute hauteur et toute dureté A l’égard des parties, qui soid .isser à plaindre d’avoir A essuyer les peines et les fatigues qu’entraîne après elle la poursuite d’un procès. I.eur place, en effet, quelque laborieuse qu’elle soit , ne lenrdonne aucun droit de faire sentir leur mauvais»; humeur aux parties. Ils leur doivent la justice par étal , et par la qualité même déjugés; et lorsqu’ils la leur rendent, même avec douceur et avec humanité, cc

n'csl qu'une dollc dont ils s’acquiticnt , et non une grâce qu'ils leur accordent.

Pour écarter de sa ri>|)ublique le lu.\e , qu'il regardait comme la ruine certaine d'un état , il ne suivit pgs la pratique établie parmi quelques nations, où l'on croit qu'il suÂTit , pour le réprimer, de punir les contraventions ù la loi par des amendes pécuniaires. Il s'y prit , dit l'historien, d'une manière plus adroite et plus ingénieuse, et en même temps plus efficace. Il défendit aux femmes de porter des étoffes riches et précieuses, des habits brodés, des pierreries, des pendants d'oreilles, des colliers, des bracelets, des anneaux d'or, et d'autres ornements de cette sorte , n'exceptant de cette loi que les femmes prostituées. Il fit à l'égard des hommes un réglement .semblable â proportion, n'en exceptant pareillement que ceux qui consentiraient à passer pour débauchés et pour infâmes. Par cette voie , il détourna facilement et sans violence les citoyens de tout ce qui sentait le luxe et la mollesse. Car ' il ne se trouva personne qui eût assez renoncé â tout sentiment d'honneur pour vouloir'porter aux yeux de toute une ville les marques de sa honte, s'attirer par là le mépris et la risée publique, et déshonorer pour toujours sa famille.

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