‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 4)Chapitre 39 sur 61 · c - (jcogle · texte numérisé non relu

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Flaminiiius conclut en disant que son n^ is et celui du conseil était, si l*liili[)pc |iruinellait d'observer lidélemunt tout ce qui lui avait «té prescrit auparavant par tes alliés, de lui accorder la paix , après qu'un aurait sur cela consulté le sénat, et que les Etoliens pouvaient lùdessus prendre telle résolution qu'ils jugeraient à propos. Pliénéas, préteur des Etoliens, ayant représenté avec vivacité que Philippe, s'il échappait au danger présent, ne larderait pas à former de nouveaux projets et à donner occasion ù une nouvelle guerre, « C'est mon a affaire, reprit le proconsul; je donnerai bon « ordre qu’il ne puisse rien entreprendre con- « tre nous. »

Le lendemain Philippe arriva au lieu de la conférence; et trois jours après, le conseil s’étant rassemblé, il yentra, et parla avec tant de sagesse et de prudence, qu’il adoucit tous les esprits. Il dit qu’il acceptait et exécuterait tout ce que les Romains et les alliéslui prescriraient, et que, pour le reste, il s'en remctiait entièrement à la discrétion du sénat. A ces roots, il se fit un grand silence dans le conseil. Il n’y eut que l’Etolien Phénéas qui fit encore de mauvaises diOicultés, auxquelles on n’eut aucun égard.

Au reste, ce qui engageait Flamininus à presser la conclusion de la paix , c'est que la nouvelle lui était venue qu’Antiochus, avec une armée, parlait de Syrie pour faire une irruption dans l'Europe. Il craignait que Philippe ne pensât à mettre ses villes en étal de défense, et par lit ne gagnât du temps. D'ailleurs il sentait que , si un autre consul venait prendre sa place, on ne manquerait pas de lui attribuer tout l’honneur de celte guerre. C’est pourquoi il accorda au roi quatre mois de trêve , rc(ut de lui quatre cents talents *, prit pour otages Déroétrius son Gis cl quelques autres de ses amis , et lui permit d'envoyer à Rome pour recevoir du sénat la décision de son sort. Un SC sépara ensuite, après s’étre donné ré'ciproquemcnl les assurances nécessaires que, si la |>aix ne se faisait pas, Flamininus rendrait à Philippe les talents et les otages. .\près cela , tous les intéressés dépêchèrent â Rome, les uns pour solliciter la paix, les autres pour y mettre obstacle.

■ Quatre ccut mitlc écus ^ 2 3'JOOüOrr. £. B.

Pendant tous ces mouvements pour une paix générale ', il y eut de plusieurs cAlés quelques expéditions particulières, mais de peu d'importance. Androslhène , qui commandait pour le roi à Corinthe, avait un corps de troupes assez considérable, qui montait à plus de six mille hommes : il fut vaincu dans une bataille par\icostratc, préteur des Achéens, qui le prit au dépourvu, et l'attaqua dans un temps où scs troupes étaient dispersées dans la campagne et occupées â piller le plat pays. L’.âcarnanic était partagée de sentiments, les uns tenant bon pour Philippe, les autres se déclarant pour les Romains. Ceux-ci avaient formé le siège de Leucas. La nouvelle de la victoire remportée à Cynocéphales soumit tout le pays aux vainqueurs. Dans le même temps les Rhodiens s'emparèrent de la Pérée, petite région de la Carie , qu’ils prétendaient leur appartenir, et leur avoir été injustement enlevée par les Macédoniens. Philippe aussi , de son eâté, repoussâtes Dardaniens, qui étaient entrés dans son royaume pour proflter du mauvais étal de ses affaires. Le roi, après cette expédition, se relira à Thessaloniqne.

A Rome , le temps de l’élection des consnis étant arrivé ®, on choisit L. Furius Purpuréo, et M. Claudius Harcellus. On reçut pour lors des lettres de Quintius, qui apprenaient le détail de la victoire remportée contre Philippe. On en Gt lecture d’abord dans le sénat, puis d^ vaut le peuple, et l'on ordonna des prières publiques pendant cinq jours pour remercier les dieux de la protection qu’ils avaient accordée aux Romains dans la guerre contre Philippe.

Quelques jours après, arrivèrent les ambassadeurs au sujet de la paix qu'on sc proposait de faire avec le roi de Macédoine. L’affaire fut agitée dans le sénat. Les ambassadenrs y firent de longs discours, chacun selon ses intérêts et ses vues; mais enfin l’avis de la paix l’emporta. La même affaire étant rapportée au peuple, Marccllus, qui souhaitait avec passion d’aller commander les armées dans la Grèce, fil tous ses efforts pour que le traité fût rompu ; mais il ne put réussir. Le peuple approuva le

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• An. M. 3W»; *r. J. C. 198. — Polib. I" *>' ccrpl.lcg. pa8 Îl«,ï'Jl. - Llv.lib.33,D. 21, ciK-î»

Vrojct de Flamininus, el ratiDa les condilions. Le sénat nomma ensuite dix des plus illustres eiloyens pour aller en Grèce en régler les affaires avec Flamininus, et assurer la liberté aux { Grecs. Les Achér'iis demandèrent dans la même assemblée à être reçus au nombre des alliés du peuple romain. Celte affaire, qui souffrait quelques diflicultés, fut renvoyée aux dix commissaires.

Il s'était élevé parmi les Béotiens une émeute entre les partisans de Philippe et ceux des Uoinains, laquelle fut portée à du violents excès, ^lais elle n'eut pas de suite, ayant été apaisée ; par le proconsul, qui y apporta un prompt retnéde.

Les dix commissaires partis de Rome' pour régler les affaires de la Grèce ne furent pas lunglemps sans y arriver. Voici quelles furent les principalc's conditions du traité de paix qu'ils réglèrcut de concert avec Flamininus : I que toutes les autres* villes grecques, tant I eu Asie qu'en Luropc, seraient libres, et se ^ (jouverneraient selon leurs lois : que Philippe, avant la fête des jeux isthmiques, évacuerait celles où il avait garnison; qu'il rendrait aux Romains les prisonniers et les transfuges, et leur livrerait tous ses vaisseaux ponté.s, ù l'exception de cinq felouques et de la galère à seize rangs du rameurs; qu'il donnerait mille talents^ moitié inci^.snmment, et l'autre moitié en dix ans, cinquante cluupie année, en forme de tribut. Parmi les otaees qu'on exigea de lui était Uémétrius son lits, qui fut envoyé à Rome.

Cefut ainsi que Flamininus termina la guerre de Macédoine, au giaiiil cuntentement des Grecs, et heureusement pour Rome; car, .sans parler d'Annibal, qui, tout vaincu qu'il était, pouvait encore susciter bien des alfaires aux Romains, Antiochus, voyant sa puissance considérablemeiït accrue par .ses glorieux exploits, (|ui lui avaient fait dontier le surnom de grand, songi;ait ncluellement à porter ses

* Pot) b. in Excprpl. IcR. pag. 755-8(10 — LIv. lib. 33 ,

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