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|)laç»il sur le reste du front , des troupes de nouvelle levée sans eournge et sans eipérience, sur lesquelles il ne devait point compter. Anliochus, en cela , n'avait pourtant fait que suivre la méthode observée par Philippe et par Alexandre, qui rangeaient ainsi la phalange.
Il y eut ce jour-là de tués, tant dans le combat que dans la fuite et dans la prise du camp, cinquante mille hommes d’infanterie, et quatre mille de cavalerie; quatorze cents faits prisonniers, et quinze éléphants de pris avec leurs conducteurs. Les Romains ne perdirent pas plus de trois cents fantassins et vingt-quatre cavaliers : Eumène eut vingt-cinq cavaliers de tués. Le fruit de cette victoire fut la reddition de toutes les villes de l’Asie Mineure, qui vinrent SC soumettre aux Romains.
Aiitiochus était arrivé à Sardes avec ce qu’il avait pu recueillir des troupes qui avaient échappé au carnage. De Sardes il passa à Célènes en Phrygie, où il apprit que son Gis Sélcucus était sauvé : il l’y trouva , et ils passèrent tous deux en diligence le mont Taurus , pour gagner la Syrie.
Annibal et Scipion l’Africain ne se trouvèrent ni l’un ni l’autre à cette bataille. Le premier était bloqué par les Rhodiens dans | la Pamphylie avec la flotte de Syrie, et l’autre : était resté malade à Ëlée.
Dès qu’Antiochus fut arrivé à Antioche ', il envoya Antipater, Gis de son frère, et Zeuxis , qui avait eu sous lui le gouvernement de la Lydie et de la Phrygie, pour demander la paix aux Romains : ils trouvèrent le consul à Sardes. Son frère l’Africain, rétabli de sa maladie, y était aussi. Ils s’adressèrent à ce dernier, et ce fut Ini qui les présenta an consul. Ils ne songèrent en aucune sorte à excuser Autiochus , mais se bornèrent à demander humblement la paix en son nom. « Vous avez toii- « jours, lui dirent-ils, pardonné avec gran- « deur d’àme aux rois et aux peuples vain- « eus : combien devez-vous être maintenant « plus portés à le faire dans une victoire qui « vous rend les maîtres de l’univers 1 Dés- « ormais , devenus égaux aux dieux, mettez « bas toute animosité contre les mortels, et ne
< Lir. Ilb. 37, n. — Polyb. Id EicerpL Legal,
eap. 2i. — Applan. ioSyriac.
« songez plus qu'à faire du bien au genre hu- « main. »
On assembla le conseil au sujet de cette ambassade , et, après y avoir bien examiné l’affaire, on les lit entrer. Scipion l’Africain porta la parole, et dit ce qui s’y était résolu ; que , comme les Romains ne se laissaient point abattre par l’adversité, aussi la prospérité ne les enflait point ; que, par cette raison, ils ne demanderaient après la bataille que ce qu’ils avaient déjà demandé auparavant ; qu’Antiochus évacuerait toute l’Asie en deçà du mont Taurus ; qu’il paierait tous les fra’is de la guerre, qui furent taxés à quinze mille talents ' d’Eu» bée , et le paiement en fut ainsi réglé : cinq cents talents comptant, deux mille cinq cents quand le sénat aurait ratiflé le traité, et le reste en douze ans, mille talents par an ; qu’il rendrait à Eumène les quatre cents talents qu’il lui devait, et le reste du paiement pour le blé que le roi de Pergame soti pf're avait fourni au roi de Syrie; qu’il donnerait vingt otages au gré des Romains, u Mais, ajouta- « t-il, le peuple romain ne pourra point U compter sur les dispositions paciflques d’un « prince qui donnera un asile dans ses états « à Annibal. Il demande qu’on le lui livre, « aussi bien que Thoas l’Etolien, qui a le plus « contribué à allumer celle guerre. » Toutes ces conditions furent acceptées.
On envoya L. Cotta à Rome avec les ambassadeurs d’Antiochus, pour instruire le sénat de tout ce qu’on avait fait dans cette négociation , et en obtenir la ratification. Eumène partit en même temps pour Rome, et les ambassadeurs des villes d’Asie s’y rendirent aussi. Peu de temps après on paya au consul les cinq cents talents à Éphèse. On lui donna des otages pour le reste du paiement, cl pour assurance des autres conditions du traité. Antiochus, un des flis du roi, était du nombre des otages : il parvint ensuite à la couronne, et fut surnommé Êpiphane. Dès qu’Annibal et Thoas eurent avis qu’on négociait un traité, jugeant bien qu’ils seraient sacriflés, ils pourvurent
* Les quinze mille talents aitiques feraient quarante-cinq milUoDs; ceux d'Eubée, selon Budé, valaient uo peu moins, tn? Quinze mille (alenis eiibotqucs ( et non pa« d’Eubéo^ valent SSmilUonsdc frdocs. E. B.
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l’un et l’autre à leur sûreté en se retirant avant qu’il fùt conclu.
Les Étoliens avaient, dès auparavant, envoyé leurs ambassadeurs à Rome afin d’y solliciter un accommodement. Pour y mieux réussir, ils osèrent, par une fourberie indigne du caractère qu’ils portaient, répandre à Rome la nonvelle de la prise desdeux Scipions dans un pourparler, et de la défaite de leur armée par Antiochus. Ensuite, comme si cette nouvelle eût été certaine, et ils l’assuraient avec impudence, ils prirent un ton de fierté dans le sénat, et semblèrent moins demander la paix que l’exiger, lis connaissaient mal le caractère romain. On avait d’ailleurs beaucoup de sujets de mécontentement d’eux. Ils eurent ordre de sortir de Rome ce jour-là même, et de l’Italie avant quinze jours. Bientûl après ou reçut des lettres du consul, qui montrèrent la fausseté de ce bruit.
Le peuple romain ‘ venait de nommer pour consuls M. Fulvius Nobilior, et Cn. Manlius Vufso. Dans le département des provinces, l’Étolie échut parle sort à Fulvius, et l’Asie à Manlius.
L’arrivée de Cotta à Rome’, qui y portait le détail et les circonstances de la victoire cl du traité de paix, causa dans la ville une joie universelle. On ordonna des prières cl des sacrifices en action degrâces pendant trois jours.
Après avoir satisfait aux devoirs de religion, le premier soin du sénat fut de donner audience, d’abord au roi Eumcnc, puis aux ambassadeurs. Il s’agissait, dans cette audience, d’une affaire des plus importantes qui eussent jamais été proposées au sénat, et qui intéressait toutes les villes grecques de l’Asie. On sait combien la liberté, en général, est chère et précieuse à tous les hommes. Mais les Grecs, en particulier, cn étaient jaloux à un point qui ne peut s’exprimer. Ils la regardaient comme l’héritage de leurs pères, comme un bien patrimonial, comme nn privilège singulier qui les distinguait des autres nations. En effet, pour peu d’attention qu’on fasse sur l’histuire des Grecs, on verra que la liberté était le grand
■ An. M. 3815; av. J. C. 189. - LIv. tlb. 37, n. 17-
* Id. Ibid. n. 52-59. — Poljb. in Exccrpl. Lcg. cap. 25. — Appian.-ln'Syriac pag. 118
mobile de toutes leurs entreprises et de toutes leurs guerres, et comme l’àmc de leurs lois, de leurs coutumes et de tout leur gouvemonienl. Philippe, et Alexandre son fils, avaient commencé à y donner une grande atteinte.
Leurs successeurs avaient achevé de l’opprimer et de l’éteindre presque entièrement. Elle venait d'ètre rendue par les Romains à toutes les vill<;s de la Grèce, après la victoire qu'ils avaient remportée sur Philippe, roi de Macédoine. Celles de l’Asie, apres la défaite d’ Antiochus , espéraient des Romains la même grâce. Les Rhodiens avaient envoyé leurs ambassadeurs à Rome, principalement pour solliciter celle grâce cn Civeur des Grecs d’Asie. Le roi Eumène avait un intérêt particulier de s’y opposer. Voilà ce qui va faire le sujet de la délibération du sénat dont on peut dire que la décision tenait en suspens l’Europcet l’Asie.
Eumène, ayant eu le premier audience, commença par remercier en peu de mots le sénat de 1a protection éclatante qu’il lui avait accordée cn les délivrant, son frère et lui, du siège qu’Antiochus avait mis devant Pergamc, la capitale de ses étals, et mettant son royaume en sûreté contre les entreprises injustes 'de ce prince. Puis il félicita les Romains sur l’heureux succès de leurs armes par terre et par mer, et sur la célèbre victoire qu’ils venaient de remporter, par laquelle ils avaient chassé Antiochus de l’Europe et de toute l’Asie située cn deçà du mont Taurus. Il ajouta que, pour ce qui regardait sa personne et les services qu’il avait tâché de rendre aux Romains, il aimait mieux que le sénat en fût informé par le rapport des généraux que par sa propre bouche. Une retenue si modeste fut généralement approuvée; mais on le pria de vouloir bien marquer expressément en quoi le sénat et le peuple romain pouvaient lui faire plaisir, et ce qu'il attendait d’eux, l’assurant qu’il pouvait compter sur leur bonne volonté. 11 répondit que si le choix d’une récompense lui était proposé par d’autres, et qu’on lui permit de consulter le sénat, il prendrait la liberté de demander conseil à une compagnie si respectable sur la réponse qu’il devrait rendre, pour ne point s’exposer à faire des demandes peu modestes et peu mesurées; mais que comme c’était du sénat même qu'il attendait tout ce