‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 4)Chapitre 47 sur 61 · I. Güsmum » Antiocuüs épithane cohtm l'Esypte · texte numérisé non relu

I. Güsmum » Antiocuüs épithane cohtm l'Esypte

PEiCDITES PAE LE PEOPOETE DaHIEL.

Un prince méprisé, ou mrprit<d)le ‘ , lui suceidera ( à Séleucus Philopator ), à qui l'on ne donnera point lei honneurs de la royauté. Il tiendra en secret, et il se rendra mailre du royaume par fraude. Ce verset, qui désigne l’avénement d’Anliochus à la couronne, a été expliqué ci-devant.

Les forces de ceux qui auront inondé la Syrie seront renversées dés qu'il (Antioehus Épiphane) paraîtra’: elles seront détruites, aussi bien que le chef de ce parti. Héliodore, incur- Uier de Séleucus, et ses partisans, aussi bien que ceux du roi d’Egjple, qui avaient quelques desseins sur la Syrie, furent vaincus par les forces d'Attale et d'Euméne, et dissijiés par rarrivéc d’ Antioehus, dont la présence déconcerta tous leurs desseins. Parle chef du parti, on peut entendre ou Héliodore, chef du complot qui avait ôté la vie il Séleucus, ou plutôt Ptolémée Épiphane, roi d'Egypte, qui périt par une conspiration de ses propres sujets dans le temps même qu'il songeait à porter la guerre en Syrie. Ainsi la Providence fil disparaître ce puissant adversaire pour aplanir les voies à Antioehus et le conduire sur le trône.

11 parait que le prophète, dans les versets suivants, désigne asseï clairement les quatre diverses expéditions d’Anliochus dans l’Egypte.

PirmUre cipédlüiMi (TAnUothus en Esyp»-

El après avoir fait amitié avec lui ’ ( avec Ptolémée Philomélor, son neveu, roi d’Egypte), il le trompera, il s'avancera dansCEg'ypte, et prévaudra avec peu de troupes. Antiochus, quoiqu’il eût déjà des desseins de guerre dans le cœur, conservait pourtant les dehors d: amitié avec le roi d'Égypte. Il envoya

* Daniel, 11, 21.

~méme Apollonius à Memphis à la fête du couronnement du jeune Philomélor, pour marquer la part qu’il y prenait. Mais bientôt après, sous prétexte de défendre son neveu, il marcha con- Irc l’Egypte avec une armée encore médiocre, en comparaison de celles qu’il y mena dans In suite. Le combat se donna près de Péluse. Antiochuspréi'alul.etrcmporta la victoire, après laquelle il retourna à Tyr : et c’est à quoi se termina sa première expédition.

Seconde cipi^dtlion d'Antioi’btu en Egypte.

Il entrera dans les riches provinces ’ ( de l’Egypte ) dans le temps qu elles jouiront d'une paix profonde, et il fera ce que ne firent jamais ses pères ni ses aïeux. Il partagera à ses troupes le butin, les dépouilles et les richesses de ce royaume. Il formera des entreprises contre les villes les plus fortes: mais cela ne durera qu'un temps.

Sa force se réveillera ; son cœur s'animera contre le roi du Midi ’ ( de l'Egypte ). Il l'attaquera avec une grande armée : le roi du .Midi armera puissamment pour faire la guerre avec de fortes et nombreuses troupes, mais il ne se soutiendra pas, parce qu'on formera des desseins contre lui.

Ceux qui mangeront arec lui (avec le roi d’Egypte;* le mineront. Son armée sera accablée , et un grand nombre des siens mis à irutrt.

On reconnaît dans ces trois versets les principaux caractères de la seconde expédition d’Antiochus contre l'Egypte ; ses nombreuses armées, ses rapides conquêtes, les riches dépouilles qu’il en emporia, la d'issimulation cl la fourbe dont il commença d’user à l'égard de Ptolémée.

Antioehus, après avoir employé tout l’hiver à faire de nouveaux préparatifs de guerre pour une seconde expédition en Egypte, l’allaqua par mer et par terre dès que la saison le permit. a 11 entra *, dit l’aulcur du livre des Ma- « chabées , dans l'Egypte avec une puissante

* 1. Macliab. 1, lï-20.

« armée, avec dos chariots, des éléphants , de « la cavalerie et un grand nombre de vais- « seaux. Plolémoe cul peur devanllui , et il « s’enfuit avec perte de beaucoup des siens. « El Antiochus prit les villes les plus fortes « de l’Egypte, et s’enrichit de scs dépouilles. »

Daniel, quelques versets après , prédit le même événement dans un détail encore plus circonstancié.

Le roi du Midi ' combattra contre lui (il s'agit de Ptolémée) au temps qui a été marqué : et le roi de l'Aquilon (Antiochus) marr/iera contre lui comme une tempête avec une multitude de chariots et de gens de cheval, et avec une grande flotte.

Il entrera dansses terres^, il ravagera tout, et il passera au travers de son pays.

Il étendra sa main contre les provinces^, et le pays d' Égypte n'échappera point.

Il se rendra maître des trésors d’or et <f argent ‘,et de tout ce qu'il y a de plus précieux dans l'Égypte.

En comparant le récit des Machabées avec la prédiction de Daniel , on trouve une parfaite ressemblance, si ce n'csl que le prophète est encore plus clair et plus précis que l’bistorien.

Diodore dit qu’Antiochus après celte victoire, se rendit maître de toute l’Egypte; du moins il s’en fallut peu ; car toutes les villes , à l’exception d’Alciandrie, ouvrirent leurs portes au vainqueur. Il Gt la conquête de l’Egypte avec une facilité étonnante, et exécuta ce que ses pères et ses aïeux n'avaient jamais pu faire.

Ptolémée lui-même se remit ou tomba entre les mains d’Antiochus, qui le traita d’abord avec bonté, mangea avec lui familièrement, parut embrasser ses intérêts , et lui laisser la possession de son royaume, mais en retenant Pélusc,quicnêtaitlaclcr; car il n’affectait tous CCS dehors d’amitié que pour le tromper et pour le perdre plus sûrement. Ceux qui mangeront avec lui le ruineront.

Antiochus ne demeura pas pour lors long-

S 11) Üicprpl Vdlcs pag. 310.

temps en Egypte. Le bruit d’une révolte générale des Juifs l'obligea de marcher contre

eux.

Cependant les habitants d’Alexandrie , irrités que Philométor eût fait alliance avec Anliochus, mirent sur le trône en sa place Evergète son cadet.

Antiochus, qui eut avis de ce qui s’était passé à Alexandrie, en prit occasion de revenir encore en Egypte, sous prétexte de rétablir le roi déposé, mais en effet pour se rendre maître absolu du royaume.

Troisième eipédition d'AnUochus en Egypte.

Ces deux rois auront le coeur attentif' à se faire du mat l'un à l’autre : étant assis à la même table, ils diront des paroles pleines de mensonge, et itsne réussiront point, pareeque la fin est différée en un autre temps.

Antiochus * retournera en son pays avec de grandes richesses.

Il serait dillicile de mieux caractériser la troisième expédition d’Aiitiochus. Ce prince , ayant appris que les Alexandrins avaient mis sur le trône Evergèle , revint en Egypte sous le spécieux prétexte de rétablir Philométor : per honestam specicm majoris Ptolomœi reducendi in regnum ‘. Après avoir vaincu les Alexandrins à Pélusedans un combat naval, il mit le siège devant Alexandrie. Mais comme il traînait en longueur, il se contenta de se rendre de nouveau maître ‘ du reste de l’Egypte au nom de son neveu, pour les intérêts de qui il faisait entendre qu’il travaillait ' :rui regnum queeri suis viribus simulabat. lisse virent pour lors i Memphis, ils mangeaient ensemble; ils se parlaient avec toutes les apparences d’une amitié sincère. L’oncle paraissait plein de xèle pour son neveu, et le neveu, plein de confiance pour son oncle : mais il n’en était rien; de part et d’autre c’était pure grimace®. L’oncle songeait à opprimer son neveu : cui reg-

1 Liv. Hb. tt.n. 19.

> ld.llb.45.a.11.

S llieron. In Uan.

« Liv. ilb. 4ô. D.ll.

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nu m quœri »uis viribui limulabal, ul mox riclorrm aggrtderelur : el le neveu, qui s'aperçut bien de sou dessein, voluntatii ejus non ignarus, songea dès lors & faire son acroininodeineni avec son frère. Ainsi ils ne réussirent point de part ni d'autre à se tromper. Il n'y eut encore rien de décidé , et Antiochus retourna en Syrie.

Quatrième exp<!<f]tion d’Anliocbus contre l'Egypte.

Il retournera quelque temps après, et reviendra vers lemidi', mais ce dernier voyage ne ressemblera pas ou premier.

Des vaisseaux de Céthim viettdronl contre lui *. Il sera percé de douleur et de dépit. Il s'en retournera, et il répandra son indigtiation contre l'alliance du sanctuaire. C'est ainsi qu'on lit dans l'hébreu. La Vulgale porte ;

Les Romains viendront contre lui sur des vaisseaux ; il sera frappé, il retournera, el il répandra, etc.

Antiochus, sur la nouvelle que les deux frères s'étalent réconciliés, leva le masque, et déclara alors ouvertement qu’il prétendait à l’Egypte pour lui-niéme. Et pour soutenir ses prétentions, il retourna vers le midi, c’est-àdire en Egypte; mais il n’y réussit pas comme auparavant. Comme il s’avançait pour former le siège d'.Mexandrie’, Popilius el les autres ambassadeurs romains, qui étaient arrivés sur une flotte composée de vaisseaux macédoniens ou grecs (c’est ce que signifie le mot hébreu tittim ) qu'ils avaient trouvée à file de Délos, l’obligèrent de mettre bas les armes et de sortir de l’Egypte. Il obéit, mais plein de douleur et de dépit, et il répandit son indignation sur la ville et le temple de Jérusalem , comme on va le voir.

Quand le prophète aurait été témoin de cet événement, aurait-il pu le marquer d'une ma- . nière plus claire et plus précise ?

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