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• Il avait celle innocence et celle simpli- • cité de mœurs que l’on conserve ordinai- « remenl quand on a moins de commerce « avec les hommes qu'avec les livres ; et il < n’avait point celle rudesse et une certaine « fierté sauvage que donne assez souvent le « commerce des livres sans celui des hom- « mes »
• Un seul est frappé , et tous sont délivrés. « Dieu frappe son Gis innocent pour l’amour « des jiommes coupables , et pardonne aux « hommes coupables pour l’amour de [son n fils innocent *. »
Toutes ces pensées sont fort belles et fort solides par elles-mêmes : mais il faut avouer que le tour et la manière dont elles sont exprimées y ajoutent beaucoup de grâce. Pour le mieux sentir, il n’y a qu'à les réduire à une manière de parler simple et commune. C’est ce que je vais tâcher de faire observer dans deux beaux endroits de Cicéron , où parait surtout cet arrangement de paroles dont nous parions ici.
Ce grand orateur, en plaidant pour Ligarius, avait dit à César que les princes n'ont rien par où ils puissent approcher de plus près des dieux , qu’en faisant du bien aux hommes. Il pouvait ajouter simplement que sa fortune cl son bon naturel lui procuraient ce glorieux avantage : c'est là le fond de la pensée. Vais Cicéron l’exprime avec bien plus de noblesse et d'élégance , en marquant séparément par une espèce de distribution ce qui lui vient de la fortune, et ce qu'il faut attribuer à son bon naturel. L'une lui donne le pouvoir de faire du bien, l'autre lui en donne la volonté; et c’est en cela que consiste la grandeur de sa fortune, et l'excellence de son naturel. Nihil habet nec fortuna tua majut , quàm ut possis, nec natura tua melius quàm ut relit contervart quamplurimos Tous les idqIs se répondent ici avec une justesse merveilleuse. Fortuna , natura : majus , melius : possis, relit . Est-il possible de dire plus de 'choses en moius de mots, et d’une manière plus ornée?
L'éloge de Roscius le comédien est du
* fontanelle. - * Bowuet,
' Pro Ll|. o. 38.
même goût. Etenim quum artifex ejusmoili sit (Q. Roscius', ut solus dignus videatur esse qui scenam introeat , tùm tir ejusmodi est, ut solus videatur dignus qui eo non accédai ’. Cicéron fait encore dans un autre endroit un éloge magnifique du même Roscius, qui peut nous apprendre aussi comment la même pensée peut être tournée en différentes manières.
Qui médius fidius { audacter dico ) plus fidei quàm arlit , plus veritalis quàm disciplina possidet in se : qurm populus romanuj meliorem cirum quàm hitlrionem esse arbilratur : qui ita dignissimus est fernâ propter artificium , ut dignissimus sit ru r/d propter abstinentiam *. Ce doubleéloge se réduit à dire que Roscius est encore plus honnête homme qu’excellent acteur. Sous combien de faces cette pensée nous est - elle montrée! Peut-on rien imaginer de plus délicat que ce premier tour que Cicéron lui donne? » Roscius est un si excellent acteur,
« qu’il parait seul digne de mouler sur le o théâtre : mais d’un autre côté il est si s homme de bien , qu’il parait seul digne de
• n’y monter jamais. » Il n’y a pas moins de délicatesse dans le second éloge. Le dernier membre aurait eu peut-être plus de grâce , si au mot d artificium on en eût substitué un qui se terminât comme abstinenliam. Cor une des principales beautés des ligures dont nous parlons ici, qui consistent dans un arrangement étudié et mesuré , est que les mots se répondent non-seulement pour le sens, mois, s’il se peut , pour le son et la cadence, lia dignissimus est scenâ propter arlit periliam, ut dignissimus sit curià propter abslinentiam. Mais Cicéron a mieux aimé renoncer à celle petite èléganre que d’affaiblir la beauté du sens par une expression moins propre ; et il nous donne lieu d’ajouter ici quelques réflexions de Quinlilien sur l’usage qu’il faut faire de ces sortes de figures.
Comme elles ne consistent ’ que dans certains tours et certain arrangement de paroles,
1 Pro Qui n l. Rose. rom. n. 78.
= Ibid n. 17.
* « Sont qui, neglecto rerum pondéré et vlribu» sen- « LenüaruiD, si vet inania verbe io bus modot drpravdo rtnl, summos se Judicent artifices , Ideùque non desl-
* nom eas neclere : quas sine seniemU sectarllam est
et que les paroles ne doivent servir qu'à exprimer les pensées , on sent assez qu’il serait absurde de s'attacher à ces tours et à cct arrangement , en négligeant le fond même des pensées et des choses. Mais, quelque solide qu'on le suppose, ces figures doivent être employées rarement ; parce que plus l'art cl l'étude s'y montrent, plus l'affectation se fait sentir et devient vicieuse. Enün ', il faut que la nature des choses qu'on traite soit susceptible de ces sortes d’ornements. Car, quand il s’agit, par eicmple, de toucher et d’attendrir les auditeurs, de les effrayer par la vue des maux dont ils sout menacés , d’exciter en eux une juste indignation contre le crime, d'employer des supplications vives et empressées, un orateur ne se rendrait-il pas ridicule s’il entreprenait de le faire par des périodes mesurées, par des antithèses, et de pareilles figures , qui ne sont propres qu’à éteindre le feu des passions, et à faire sentir la vanité d’un orateur occupé de lui seul et du soin de faire admirer son esprit , lorsqu'il ne devrait songer qu'à tirer les larmes des yeux de ses auditeurs , et à les remplir des sentiments de crainte , de colère , ou de douleur, qu’il veut leur inspirer?
Figurer par illusion.
Je ne dois pas finir cet article, qui regarde les Ggures de mots, sans dire quelque chose de cellesqui consistent dans une ressemblance affectée , et dans une espèce de jeux de mots. A mari jucundum est, si curetur ne quiet insit amari. Aviurn dulcedo ad avium ducit. Ex oralore arator (actus. Le seul nom de Verrès *, qui en latin signifie un porc, en fournit plusieurs. Hinc illi homines erant, qui eliam ridiculi inveniebantur ex dolore : quorum
e ridlculum, quam quærcre habitum geslumquc sine cor- « pore.» : Quint. lib. 0 cap. 3 ) a Sed ne b® < uidem deiisantl* sunlnlmis. (Id. ibid.i 1 « Sncndum impriml* quid quisque in orando poslu- « Ici locut, quid persona, quid Icinpus... Ubicnim ntro- « cita le, imidiâ, miscralione. pugnandum est. quis ferai « contraposilis, el pailler ciMmiilus, et consimlübus , « Irasicntem , fleniem . rogantem? quum lu bis rebus « cura verborum dcrogcl affeciibus fuient, et nbicutnque « ars ostentalur, vcrilas nbesse videalur. » (Ibid.)
» 3 Verr. n. lit.
alii. ut audistis, negabant mirandum eue, jus tam nequam esse verrinum : alii eliam frigidiore s erant ; sed quia stomachabantur , ridiculi videbantur este , quum sacerdolem exsecrabanlur , qui Vcrremtam nequam re/iquissel. ( Le préteur â qui Verrès avait succédé s'appelait Sacerdos.) Quœ ego non commemorarem ( neque enim perfacetê dicta, neque porrà hdc severilate digna sunl : , mit , etc. Ex nomine islius quid in provincia faclurus estel erridiculi homines augurabanlur '...ad everrendamprouincfam vénérai. Quod unquàm, judic.es, hujusmodi everriculum ullâ in provinciâ fuit a?
Cicéron , en rapportant ces plaisanteries , a soin de marquer combien elles lui paraissent froides et puériles, et par là il apprend aux jeunes gens ce qu’ils en doivent penser, et les met en garde contre un mauvais goût , qui serait assez de leur âge , et qui leur ferait trouver de l'esprit dans ces sortes de figures.
Il ne faut pas pourtant condamner généralement toutes les allusions. Il y en a de vérilablemenl ingénieuses , qui donnent beaucoup de grâce au discours : et elles doivent paraître telles quand elles sont pleines desens, el fondées sur une pensée solide et sur une ressemblance naturelle. Cicéron avait rapporté la manière juste et désintéressée dont Verrès s’était conduit dans une certaine affaire. Il ajoute cette rèfiezion : Est adhuc , id quod vos omnes admirari video, non Verres, sed Q. Mucius, Quid enim facere poluit elegantius ad hominum existimationemlœquius ad lecandam mulieris calamilateml vehementius ad quiesloris libidinem coercendam? Summè hac omnia mihi videntur esse laudanda. Sed repente è vestigio, ez homme , tanquam aliquo Circoeo poculo, factus est Verres. Redit ad se , ad mores suos. Nam ex illd pecunii magnam parlem ad se vertit : mulieri reddit quantulum visumest Il me semblequc cette allusion, fondée sur ce que dit la fable de Circè, qui par de certains breuvages changeait les hommes en pourceaux (et c’est ce que signifie Verres en latin ), est ici fort heureuse el fort naturelle.
1 à Verr. n 18 el 1». — * 6 Verr. n. 53
• 1 Verr. n. 57.
Dam l'examen qu'avait fait Cicéron des journaux d’un certain négociant de Sicile1 , il se trouva que les cinq dernières lettres de ce mot IVrrulius.qui y revenait souvent, étaient toujours eflàrees, et qu’il n’en restait que les quatre premières lettres, Y'trr. C’était un nom supposé sous lequel Verrès s’était caché pour exercer une criante usure. Cicéron produisit cette pièce dans le procès * : utomn es morlales, dit-il, islius avarilia non jam vestigia , sed ipsa cubilia videre possint. Videlis Verrvtium? videtis primas lilteras intégras? videtis extremam partem ttominis , caudam illam Verris , lanquam in lulo , denier sain esse in lilurâ? Peut-on condamner un tel jeu de mots, surtout dans une occasion où l’orateur croyait avoir besoin d’égayer les juges , et où il voulait rendre Verrès ridicule et méprisable? Quelquefois la ressemblance des mots, ou le simple changement de préposition, ou le même mot pris en différents sens, produit une sorte d’agrément qui n’est point à rejeter. liane reipublicee pestem paulisper reprimi, non in perpeluum comprimi posse non emissus ex urée, sed immissus in urbem esse videatur *.... Civis bonarum artiurn, bonarum partium \ Un ancien disait d’un esclave qui volait dans la maison, qu’il n’y avait rien de fermé pour loi : Solum esse cui domi nihil sit tue obslignatum.nec occlusum‘ :ce qui convient aussi à un fidèle serviteur à qui l’on se fie pleinement.
Figures ae panière.
Je me contenterai d’en rapporter seulement quelques-unes des plus marquées.
L’intf.rhocation , l’apostrophe , l’exclamation, sont des figures fort communes, mais qui peuvent servir infiniment A rendre le discours plus fort , plus vif , plus touchant.
Usque adeone mori miserum est 1 ? C’est de
• 4 Tare. a. 188, etc.
• 9 Celui, n. 30.
• Pro Ccel D TT.
• De Oral. t. 2, n. 218.
’ Æu. lié. 14, v. 8UI.
ce Ion que parle un homme près d’aller au combat ; au lieu qu’un vieillard malade et près de mourir dirait froidement : Son est usque adeo miserum mori.
Enée , dans un récit , remarque que, si on avait été attentif à un certain événement , Troie n’aurait pas été prise :
Trojaque, uuuc itères; Priamlque arx elle, raeneres*.
L’apostrophe fait sentir toute la tendresse d’un bon citoyen pour sa patrie. Changer une lettre, starel , mancret : ce sentiment disparaît.
Cicéron termine ainsi le récit qu’il avait fait du supplice d’un citoyen romain : O nomen dulee libertatis! à jus eximium uoslrce cicitalis! O lex Porcia , legesqui Semproniœ! 6 graviter desiderata , et aliquandô reddita plebi romance, Iribunitia potestas! Uuccine tandem omnia reciderunt, ut civis romanus in provincid populi romani, in oppido fœderatorum, ab eo qui beneficio populi romani fasces et secures liaberet , deligalus in foro virgis cœderetur *? Voilà le vrai langage de la douleur et de l’indignation.
Cicéron réunit presque toutes ces figures, et y en joint encore d'autres , dans un endroit qui est fort vif. Quid enim Tubero, luus ille districtus in acie Pharsalica gladiut agebat? cvjus latus ille mucro petebat ? qui sensu* erat armorum tuorum? qua tua mens ? oculi? m anus? ardor? animi? quid cupiebas? quid optabas* ?Tout cela se réduit A dire que Tubéron lui-même s’était trouvé A la bataille de Pharsale , et qu’il avait porté les armes contre César. Mais quelle force ne donnent point à cette pensée tant et de si vives figures entassées les unes sur les autres? Ne semblentelles pas insinuer que l’épée de Tubéron allait partout dans la mêlée chercher César? Car Cicéron avait dit immédiatement auparavant : Contra ipsum Casarem est eongressut armatus.
« Princesse dont la destinée est si grande
• Æn. Ilb 2. v. 56.
• Tare. n. 161 al 109.
1 Pro Us», d. V.
« et si glorieuse, faul-il que vous naissiez en c la puissance des ennemis de voire maison ! » O Eternel, veillez sur elle. Anges sniuls, « rangez à l'entour vos escadrons invisibles, « el faites la garde autour du berceau d'une « princesse si grande et si délaissée »
« Retraites sombres oit la bonté renferme « la pauvreté, combien de fois a-t-elle fait couu 1er jusqu'à vous ses consolations et ses auo mânes , inquiète de vos besoins et de vos o chagrins, et plus soigneuse de cacher ses o charités que vous ne l’étiez de cacher votre « misère*! »
O fortuné séjour ! ô cuxmpx aimes des deux :
Que, pour jamais foulant vos prés délicieux,
Ne puis- je Ici fixer ina course vagabonde,
El, connu de vous seul, oublier tout le monde *t
O rivea du Jourdain ! A champs aimés des cicux ! Sacres motus, fcnilcs vallées Par ceux miracles signalées!
pu doux paya de nos aïeux Scrons-noux toujours cillées ' ?
Abtier s’elait plaint qu'on ne voyait plus de miracles. Joad* plein d’une ’sainlc indignation, lui répond ainsi :
Kl quel temps Tut jamais si fertile eu miracle*?
Quand Dieu par plus d'effet* montra-t-il son pouvoir? Auras-tu donc toujours des yeux pour ne point voir. Peuple Ingrat? Quoi ! toujours les plus grandes merveilles, Sans ébranler ton cœur, frapperont tes oreilles?
La prosopopèe esl une figure qui prête de IV'lion et du mouvement aux choses insensibles ; qui fait parler les personnes , soit absentes, soit présentes, les choses inanimées, quelquefois même les morts.
Il est Ordinaire aux poètes de donner de l’indignation et de l'admiration aüx fleuves, aux arbres; de la tristesse aux bêles, etc.
Atque indignatum magnis slriduribu* «quor...
Pouietn Indignait» Araip...
1 ll06*U«t.
* Ffédtitr.
* Dcüpréaux.
* Racine.
Miralurque notas fronde*, et non sua potna...
It iristis araior,
Mœrrnlem abjungens fraternâ morte juvencum *.
Sous les fougueux coursiers l’onde écume et »e plaint...
J’entends déjà frémir les deux mers étonnées
De voir leurs flou unis au pied dés Pyrénées *.
Pline l'ancien , dans scs descriptions, approche souvent de la hardiesse poétique. Il peint merveilleosemenl par deux traits la donleur et la honte d’un paon, qni , ayant perdu sa queue , ne cherche plus qu'à se cacher: Caudd amissi pudihundus ae trurretu quarit latebram *. Dans un autre endroit il donne un sentiment de joie à la terre, qui se voyait autrefois cultivée perdes laboureurs victorieui, et fendue avec un soc chargé de lauriers: ijaudente terri vomere laureato, et triumphali aralore *. Il dit ailleurs que les maisons où étaient disposées par ordre les statues des héros d'une noble race se sentaient encore de leurs triomphes après avoir changé de maîtres, et que les murailles reprochaient à un lâche qui les habitait que tous les jours il entrait dans un lieu consacré par les monuments de la vertu el de la gloire d'autrui. Triumphabant etiam dominis mutatis ipsœ dom us; et erat heec sfimulatio ingens, exprobaniibus tectis quotiiié imbel lemdominum inlrare inalienum (riwir phum \ La traduction de cel endroit, qni est du père Bouhours, ne pouvant rendre l'ingénieuse brièveté de la dernière pen sée, inlrare m alienum triumphum , il y a substitué un autre lour , fort beau à la vérité , mais plus long, et par cette raison moins vif.
Cicéron emploie la même pensée; mais il lui donne plus d étendue , comme il convient à l'orateur. C'est en parlant de la maison du grand Pompée , qu'Anloine avait envahie. Il demande à ce dernier si , en entrant dans ce vestibule orné des dépouilles des ennemis , et des becs de vaisseaux pris sur eux , il a cru entrer dans sa maison. Puis, usant de la figure dont il s'agit ici, il dit qu’il a compassion des toits mêmes et des murs de éetle maison in-
■ Virgile.
* Despréaux.
> Lib. IA, cap. *0.
* Lib. 18, cap. 3.
* Lib. 35, cap. -.
Méfr U7»
fortunée , qui n'avait rien vu ni entendu sous Pompée quede sage et d'honnête, et qui maintenant est devenue la retraite impure des débauches d'Antoine. An lu ilia in teslibulo rôtira et hostium spolia quum aspexisti , domum tuam te introir t pulas? fieri non polest. Quamvis enim suit mente , line sensu sis uf es ; tamen et le tua, et tu os nisti-.. Mequidem miserel parietum ipsorum atque teclorum, Quid enim unquàm domus ilia viderai tsisi pudicum, nui ex oplimo more et sanctissima discipliné 1 ?... N une in hujus sedibus pro cubt cutis stabula.pro tricliniis popimr sunt ' .
Celte figure, qui personnifie les choses inanimées, donne beaucoup de grâce et de vivacité au discours. Cicéron, en plaidant pour Miton, avait dit que la loi des Douze Tables permettait, en certains cas. de luer un voleur ; d’où il tire celle conclusion : Quis est qui, quoquo modo quis intervenus sil , puniendum pu tet; quum videal aliquando gladium nabis ad occidendum hominem ab ipsis ponigi tegibus s?ll pouvait dire simplement : quum videal licere nobis aliquando per leges hominum occidere. Au lieu de cela il personnifie les lois, et nous les représente comme si elles accouraient au secours d’un homme qui se trouve attaqué par des voleurs, et comme si elles lui mettaient elles-mêmes l’épée en main pour se défendre. Cela est tout autrement vif. Il emploie encore la même figure quelques lignes après : Atlent enim leges inter arma, nec seexspectarijubent: quum ei, qui exspectari velit ; anlê injusta pwna luenda sil, quàm justa repelenda ’.
a A ces cris Jérusalem redoubla ses pleurs; < les voûtes du temple s’ébranlèrent ; le Jour- « dain se troubla , et tous ses rivages relcn- « tirent du son de ces lugubres paroles : a Comment est mort cet homme puissant qui « sauvait le peuple d'Israël? »
« Vous savez que naturellement la victoire « est cruelle, insolente,, impie. Monsieur de a Turenne la rendait douce , raisonnable , et a religieuse. »
<• Depuis que la justice gémit sous un amas
t i Mutin, a. as, sa.
* Pro Mtloae, n. U.
• Pi. 10.
« de lois et de formalités embarrassées , et « qu’on s’est fait un art de se ruiner les uns a les autres par la chicane , les rois n’ont pu a suffire è celte fonction ’. »
a Sa beauté n’a-t-elle pas toujours été sous a la garde de la plus scrupuleuse vertu ’? »
a je ne tous raconterai point la suite trop a fortunée de ses entreprises (de Cromwell), a ni ses fameuses victoires dont la vertu était a indignée, ni celle longue prospérité quia a étonné l’univers*. »
a La raison conduit l’homme jusqu’à une a entière conviction des preuves historiques a de la religion chrétienne , après quoi elle a le livre et l'abandonne à une autre lumière, a non pas contraire, mais toute differente, et a infiniment supérieure3.»
Il est une aulre espèce de prosopopéc encore plus vive et plus hardie que la première. C’est lorsqu’on apostrophe des choses insensibles et inanimées . ou qu'on 1rs toit parler elles-mêmes; ou qu'au lieu de rapporter indirectement leâ discours de' ceux dont il s'agit, on met ces discours dans leur propre bouche; ou enfin lorsqu’on va jusqu'à faire parler les morts.
î. Apostropher de» C0UMa»i iisctisiblcs.
Cicéron , après avoir décrit la mort doClodius , et ravoir aliribuée à une providence particulière, dit que la religion même et Ici autels y ont été sehsibles , et leur adresse ensuite son discours, fieligionesmehereuté ipsir, aratque, quum iltam beltuam cadere viderunt, commociste te videntur, el jus in illo suurtt retinuisse. Vos enim albani fumait arque luci, coi. inquam, imploro atqus obtesior, vosqueA Ibanorum obrutœ aras1, etc.
a Sons celte pâli , Flandre , théâtre sann glant où se passent tant de scène» tragiques, « lu aurais accru le nombre de nos provinces ; a el , ou lieu d’être là source malheuteusc de a nos guêtres , tu serais aujourd’hui lé frtiit « paisible de nos victoires *. »
* Fléehifr.
* Bossuet.
* Fonteneile.
k l»ro Milonr, u.
» Fléchler.
o Glaive du Seigneur, quel coup vous veo nez de frapper1 ! a