‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 130 sur 298 · Probité · texte numérisé non relu

Probité

Cicéron el Quinlilien établissent en plusieurs endroits de leurs ouvrages, comme un principe

1 « Frcquenl.ibunl eju« riomum opilmi Javrncs more « veterom, rl veram dicendi vlan vdul ei oraculo peo teoi Ho# ille formatait quasi cloqoentie parrns, el ul „ «élus guberiMtor, lillora cl portu», cl qu« tfnipeMaa lum signa . quid sccundis flalibu*. quld advenif ralis • postai. docebtl. » (Quiet. Ilb. 12, cap. 11.)

I» «Mi-

incontestable, que l'éloquence ne doit pointêtre séparée de la probité; que le talent de bien parler suppose cl exige celui de bien vivre; et que, pour être orateur, il faut être homme de bien, conformément A la défiuitionqu'eu donnait Caton : Orator, vir bonus dicendi perilus. Sans cela ’ , dit Quinlilien , l'éloquence , qui e-t le plus beau don que la nature ait fait A l'homme, el par où elle l'a pariiculièremeiil distingué du reste des animaux, deviendrait pour lui un présent bien funeste; et la nature en cela, bien loin de le favoriser, l’aurait plus traité en marAlre el en ennemie qu’en mère, en lui faisant part d'un talent qui ne servirait qu'A opprimer l'innocence cl A combattre la vérité, en mettant, pour ainsi dire, des armes entre les moins d'un furieux. Il vaudrait bien mieux, ajoule-t-il, que l'homme fût destitué de la parole, el même de la raison , que de les employer à un si pernicieux usage,

l.a plus légère attention suffit pour reconnaître combien la probité est nécessaire A un avocat. Tuut sou but est de persuader; el le moyen le plus sûr de le faire e t que le juge soit prévenu en sa faveur' ; qu'il le regarde comme un homme vrai et sim ère, plein d'honneur el de bonne foi , A qui l'on peut se Ger pleinement, qui est ennemi capital du mensonge, el incapable d'user de fraude et d’artiOce. Il doit en plaidant apporter non-seulement le zélé d’un avocat, mais l’autorité ü’un témoin. La réputation d'intégrité qu'il se sera faite ajoutera beaucoup de poids A ses raisons ;

1 « SI vis Ilia dicendi mallliam insinuer U, nihil sll « publicis prlialisque rébus peruiciosiuseloqueuliA. . He- « ruin ipsu nature , in eo quod pra-ripué iimulaose ho- > mini vldelur. quoque nos a t-clcris aniniaiibus sepao rassc. non parens , sed noverca luerll . ai facullalem a dicendi toi-lam scelerum , adversam Inuoer ni Ir . hou stem verllalis fnventt Muiosenim nascl.elegere omni a rallone salies fulssel, qtiam Piovidcnlta niunrra in a multlotn perniclrm convertere » (Quist. Ilb. 12. e. 1.)

■ a Plurlmumad omnla moment! esl in hoc posilura, a si vir bonus crrdilur Sic enlm continuel, ut non slua dlum advocall videalor afferre, sed peut Icslis fldem. » (Ibid, lib 4. rap. 1.1

« Sic proderil piurimùm caosls, quibus ex su! boni- « laie laclcl (idem. Nam qui, dum dlcit. malus vldelur, « udqué maie dieu, a ( Lib. 6, cap. 2.)

a Vldelur lalis advocatus mal® causa argumeotam- • (Lib. 12, cap 1.)

au lll'ü qti'mi OfateUr détrié UariS l'esprit dos Jltgbl, où mêiflcïuspbct , est MU fllt'heux prëjugé pour la cause.

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