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I.a question que traite Quinlilico dans le dernier livre de sa Rhétorique 1 * * 4 . si l'on doit plaider gratuitement, ne convient point h nos mœurs , ni à notre usage : mais les principes qu’il y établit sont de tous les temps.
Il commence par déclarer qu’il serait infiniment plus beau’, et plus digne d’une si honorable profession, de ne pas vcndie un tel ministère, et de ne pas avilir ainsi le mérite d’un si grand bienfait; vu que la plupart des choses peuvent sembler viles dés qu’on y met un prix.
Il avoue ensuite que , si l’avocat n'a pas par lui-même un revenu suffisant5, ii lui est permis, selon les lois de tous les sages, de souITrir que la partie pour qui il a plaidé lui marque sa reconnaissance, puisqu'il ne peut y avoir de bien plus^ustcpient acquis que celui qui vient d'un travail si honnête, et de la part de gens à qoi l'on a rendu de si grauds services , et qui certainement en seraient très-indignes s’ils ne savaient les reconnaître ; outre que le temps qu'il donne aux alTaires d’autrui lui Otant tout autre moyen du songer aux siennes, il est non-seulement juste, mais nécessaire, que sa profession ne lui soit pas infructueuse.
Mais il veut , même dans ce cas S que l’a-
1 Quiol- lib 12, cap. 7.
* « Qui! Ignorât quin Id longé si! hone*Li<simurn ac <r llberalibus disciplinis et lllo quem cxiglmus animo di- « gnlsslniutn, non venderc operatn, ticc clevare tant! « benèflcil aucloritatctri? quum pleraque hoc Ipso poste slrtl vider) villa, quôd pretium habent. » 'Ibid.)
* « At si res fttnlliaris amplibs aliquid ad ùsüs rieces- « sarlo» eiigct. séeundùm omnes snplenliiim lefces pâti llctur sibi tirai ii m referrl... Neqoe chlhi video qu* « Jüstlor acquirent)! ratio, (jtiâm et honestissimo labore, « CI nb iis de quibus optlmé tneruerinl. <Jul(fii*, si nlhif « invtcem præsîetit, indigrii ruerint defenstohe. Qüod « quidem non justum modo sed necessarium rliarn est, « quurii hsc tpsa opéra, teitipusqne ofnric ftlienls bego- « tiis datum, racullatcrn aliter acquirendl reclfiaüt. »
4 « Sèd tüni quoque tenendü* est modus : ac plu ri-
es mùm refcri et;à quo accipiat, et quantum, cl quoiis—
vocal ghrdfe Je gràiides mésiiCéS, bt i|ü’lt soit flirt résulté , bh observant de qui , tomBièn , bt jilsqu’lt (jliel tettips II terbvra. Plil ofi II paraît ihslniiel tjile par rnppiJH liilx pâliVrës soh travail doit Cire absolument gr.itlilt ; ’dilb A qu'il leçoit llbS Cichës théhie he dbit p8s âllët a hiih th p grande somthe ; élillil, Jli’ajitMuh te H a i ri temps, lorsqu’il aurJ arquil Üll bich raisonnable , qu’il renferme dans leS b’brhes d’un hontiiHc ncfcfeSdrilhë ; l’JHltdt ditlt fcctser de rien tvcbVolf'.
Il ne doit thèrfib jaihdls t-eg^rdet' fcb ijtlb loi oITrltonl leS HlaldbhH fcOmrtié ùri paiehient et cbnihie Uh salaire *; niais comme Ûiib iharijUb d’amillé el db reùbnlüilsSiincB , SBcHàrit blfen (Jh’ll ti nill irtflnlthcht pltis pdür blix he finit (lotir liii; et II eh Uüerd ainsi, |»ïtcb Ijli’uh bienfait de fcbtlè nattirb hé doit rti Site vciidu h! être perdd.
Polir tb qol bst de rëttc eoutiiHië db fiilfc des eonveiitions avec les parties*, bt Ile les rançonner 8 proportion dd danger (jii'éllei cotlrent , c’est, dit Quintilieh , Uri trafic ribbmimible , plus digne d’un corsaire que il’tlh orhleur, et doriieeux même qui ne 4e piqueront que médiocremeiit de vettil seront fort éloignés.
Loin donc du bUtrcad et d’une si glorieuse profession, insinue-t-il ailleurs, ees âmes basses et mercenaires, qui, faisant de l éloquen e une vile marchandise, ne s'occupent que d'un gain sordide. Les préceptes que je donne sur cet art ne sont point, dit-il, pour quiconque serait capable de compter combien son travail et ses études lui pourront rapporter,
« que... N ce qulsquam , qui sufïicientia sibi { modicà « nutem bacsUBt MMIldébil, hune quantum sinccrl- « niinc sordium fecerit. » (Qmm. lib. 1*2, cip. 7.)
1 « Nihii ergo «ctjuirere voici orulor ultra quant sali* « eril : ac oc pauper quidem linqnam merccdem acci- « pict. sed muiuà beoevoleniiâ u tenir, quum sciât se « tanlôpluspræstilisse quia nec ventre hoc benefidum « oporlct. neç perirc. » (I^id.)
« Piiriscendi qtiidem lllc pirâticus mos, ét iroponen- « lium periculls pretia, procul abominanda negoliatio,
» etlam à médiocrité!- ihiprobis abcrti. » (Ihld.)
« Neque eriim nobis operls amor Ht : bec; qulfc $it r honestl aiqntf (micherrlm* rerutn eloquëntia; petiiür « ip*a, sed àd vllem nsum et sordldum lucruih accin- « gimur... Ne vellm quldr-m lectdrcm darl mthl. quld a sludia référant COmpuuturutfi. li (Idem, lib. l.c. tf.)
Si un païen pense et parle ainsi , combien plus, selon les principes du chrislianisme , un avocal doit-il apporter à celte profession des vues pures, nobles , désintéressées ! Aussi est-ce là l’esprit qui règne dans le corps de nos avocats. Ils portent sur ce point la délicatesse jusqu’à s’interdire, à cu\-mfmes toute action pour le paiement (je leurs honoraires; ce qui va si loin , qu’ils désavoueraient pour confrère celui qui aurait formé quelque demande en justice, ou qui retiendrait seulement les pièces de sa partie pour l’engager à reconnaître les secours qu'il lui a prêtés. Il importe infiniment ans avocats de se conserver dans la possession de ce noble désintéressement, qui fait la gloire de leur profession. Ç’est à ceui qui tiennent le premier rang dans le barreau d’en donner l’ciemple nui autres; et il leur sera facile de le faire, tant qu’ils se tiendront dans les justes bornes d’une dépense modeste et conforme à leur état , sans se laisser entraîner au torrent du hue, qui corrompt et pervertit toutes les conditions.