Délicatesse dans le cboli des causes
Des qu’on suppose l’orateur homme de bien1, il est clair qu’il ne peut jamais se charger d’une cause qu’il saura être injuste. Il rie doit le secours de sa voii qu’à la justice et à la vérité. Le crime, de quelque éclat et de quelque crédit qu’il soit revêtu, n’y a aucun droit. Son éloquence est un asile, mais pour la vertu. C’est un port salutaire ouvert à tous, mais non aui pirates.
Il faut donc , avant que de faire la fonction d’avocat, qu'il fasse celle déjugé1 : qu’il s'érige dans son cabinet comme un tribunal domestique . où il pèse et etamine, avec soin et sans prévention , les raisons de ses parties , et
* « Non convenu et queoi oratorcm esse volumus, « tnjusla tuerl iriemem... Ncque defendel omnes ora- • tor : Idemque portum Ilium eluquenliaj rue ralutarem, n non cliam piralir patofaciet, duceturque In advocalio- « nem maiiœè causa. » (Qcist. tib. 12, cap. 7.)
1 a Sic causant prerscrulalur, proposais anle ocuios « omuibug qjuat provint noceaopre, personam deindé Inst dual judlcis, flogatque apud réagi causant, a ( Ibid, cap. 8.)
où il pronouce’sévèremcut contre elles s'il est besoin.
Si même dans le cours de l'affaire, il vient à découvrir, par une discussion pius esaclc des pièces , que la cause duul il s'élail chargé, la croyant bonne , est injuste, il doit en avertir sa parlie , ne la pas abuser plus longtemps par de vaincs espérances, et lui conseiller de ne pas poursuivre davantage un procès dont le gain même lui deviendrait Irès-funcsle. Si clic se rend à ses avis , il lui aura rendu un grand service. Si elle les méprise , dès là elle est indigne que l’avocat emploie pour elle son ministère.