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reconnaissance, s'exhorte loi-même 6 louer et à bénir |une majesté et une bonté infinie, dont les merveilles l'étonnent et les bienfaits l’accablent. « O ptou Ame 1 , bénissez le Sei- « (tueur. Seigneur mon Dieu, vous avez fait « éclater eicellemmenl votre grandeur. Vous « vous êtes revêtu d'honneur et de gloire : a vous vous êtes couvert de la lumière comme a d'un manteau. » Ne semble-t-il pas que tout d’un, coup le roi des siècles s'est revêtu de magnificence et de gloire, et qu’en sortant du secret de son palais, il s’est fait voir (ont brillant de lumière? Mais loin cela n'est que sa parure extérieure, et comme un manteau qui le cache. Votre majesté, 0 mon Dieu, est bien au-dessus de la lumière qui t’environne. J'arrête mes regards sur vos habits, ne pouvant les fixer sur vous. Je pals discerner la riche broderie de votre pourpre : mais je cesserais de vous voir si j'osais élever mes jeux jusqu à votre visage.
Il n'est pas inutile de comparer ainsi la simplicité de l’historien avec la sublime magnificence des prophètes. Ils parlent du même objet, mais dans des tues toutes différentes. U en est ainsi de toutes les circonstances de -la création. J’en rapporterai seulement quelques-unes, qui feront juger des autres. -
2. « Dieu lit deux grandscorps lumineux *, « l'un plus grand pour présider au jour, et « l'autre moindre pour présider à la nuit : il « fit aussi les étoiles. » ,
I a-l-ii rien en même teipps de plus grand et de plus simple? Je ne parlerai que du soleil et des étoiles, et je commencerai par les dernières.
II n’appartient qu'à Dieu de parler avec cette indifférence du plus étonnant spectacle dont il avait orné l'univers, et iteltas. Il dit en un mot ce qui ne lai a coûté qu’une parole. Mais qui peut sonder la vaste étendue de celte parole? Faisons-nous réflexion que
1 « Benedic, anima mea, Domino. Domine Deus meus. « magnlfieaius rs vehemrnier. Conressioneni (heà. glo-
« riam) eldeeorem loduisU, amictus lumino slcut vesü-
« mcolo » (Pi 103. 1, 2.)
* « Fecit Deus duo luminaria magna : luminare ma- * Jua, ut praeesset diel ; et luminare minus, ut preesset
« noctl; et stellas. » (Gbs- 1, 16. ;
ces éloiles sont innombrables , toutes infiniment plus grandes que la terre, toutes, excepté les planètes, une source inépuisable île lumière? Mais 1 quel est l’ordre qui a fixé leurs rangs? et à qui obéit si ponctuellement et avec tant de joie celte armée du ciel, dont toutes les senlinelles sont si vigilantes? Le firmament1 *, parsemé de ce nombre infini d’éloiles, est le premier prédicaleur qui a an. noncè la gloire du Dieu tout-puissant : et pour rendre tous les hommes inexcusables, il ne faut que ce livre écrit en caractères de lumière.
Pour le soleil, qui peut l’envisager fixement, et soutenir quelque temps l’éclat de ses rayons? « C’est l’ouvrage admirable du a Très-Haut 5. Il brûle la lerre en son midi; « et qui peut supporter ses vives ardeurs? Il a conserve une fournaise de feu toujours « agissante. Il brûle les montagnes d’une « tripje flamme ; il élanccdes rayons de feu, « el la vivacité de sa lumière éblouit les a yeux. Le Seigneur qui l’a fait est grand, et a ii bête s» course pour lui obéir *. » Est-ce donc IA le même soleil dont la Genèse parle d’une manière si simple : Fecit luminare majus, ut prœesset diei’ Que de bcaulés renfermées et comme voilées sous ce petit nombre de paroles! Peut-on concevoir avec quelle pompe et quelle profusion le soleil commence sa course-, du quelles couleurs il embellit la nature, et de quelle magnificence il est luimême revêiu en s’élevant sur l’horizon, comme l'époux que le ciel et la lerre atlcndent, cl dont il fait les délices? tpse tanquam spimsus procedens de thalamo suo. Mais voyez comme il alite avec la majesté et les grêces d’un époux la course rapide d’un géant, qui
1 a Siellc tlcderunt lumpn in cuslodils suis, et lotati* « suai. Vocal® sunt. et diierunt. Arisumus, et lu&crunl « ei cum jucunditatc. qui fecit illas. » ;Ua nue. 3. 31, 33b)
1 «.Cteli enarraol glnriam. pe$, cl ouera manuum ejui R annuntiat ûrmamenlum. » (Ps 13. 1)
* Eccl. 43, 2, 5.
* «Sol... vas admirabile. opus ExecUi.-lu raerjdiauo
a eiurit lerram; in conspectu anlorl* rjus .gui» poicrit <t suslinerc? Fornacem ÇUhtodjeQf in ppçrihus jvdous : « tripliciter sôl çxurens moule*, ra/lioj (goqos t^ufllanj, 9 tX rcfuigen* fadjis.suis pbgaMjflt .qcyfy»' pwni-
« nus qui fecit ilium, et in sertnuuibus ejus ftslinavil
1 h iter. »
songe moins à plaire qu’à porter partout 18 nouvelle «lu prince qui l'envoie, et qui est moins occupé «les» parure que de son devoir : Exsullavil ut gigns ad currnidam viam. A summo teelo egressio ejus; tl occursu s ejus usque ad summum ejus ; ner est qui se abscoudât à colore ejus. Sa lumière est. encore aussi vive et aussi abondante qu'au premier jour, sans que ce déluge continuel de feu qui se répand de toutes parts ait aflaibli la source incompréhensible d'une profusion si pleine et si précipitée. Le prophète a bien raison de s'écrier : lHagnus Dominus qui fecil ilium! Quelle est la majesté du Créateur! et que doit-il être lui-nême, puisque scs ouvrages sont si magnifiques!
3. J'ajouterai encore ce qui regarde la formation de la mer : a D«eu dit que les eaus « qui sont sous le ciel se rassemblent en un s seul lieu, et que ['élément aride paraisse*.»
Si les prophètes.ne nous aidaient à découvrir les merveilles cachées sous la surface de ces paroles, leur profondeur serait encore plus impénétrable pour nous qui: telle de la mer.
Ce commandement, qui n'est ici qu’une simple parole, est une menace terrible, et un tonnerre, selon le prophète * : « Les eaui « avaient surpassé les montagnes \ Mais vo: « tre vois menaçante les a mises en fuite.
« Au bruit de votre tonnerre elles $e sont reu tirées avec empressement et frayeur. » Au lieu de s’écouler tranquillement, elles prirent la fuite avec épouvante; elles se hâtèrent de se précipiter, et de s’enla>ser les unes sur les autres, pour laisser libre l’espace qu’elles avaient, ce semble, usurpé, puisque Dieu les en chassait. Il arriva quelque chose de semblable quand Dieu fit passer à son peuple la mer Rouge et le Jourdain : Increpuil mare • rubrum, et exsiccatum est. Ce qui donne lieu à un autre prophète de demander a Dieu * si c’est donc contre la mer et contre les neuves qu'il est irrité.
> Gen. 1, B.
> « Super montes itaboni iquc. Ab Increpatiooc tut « fugifBi : a voce touiirui lui formiriabunt. »
»K Numquid m fluminibu» iratus es, Domine? vel in » mut ioUigoauo tuât», Huai:. 3. 8.)
Dans cette obéissance tumultueuse, où les eauv effrayées paraissaient devoir porter le désordre partout où elles se déborderaient, une main invisible les gouverna avec autant de facilité qu’une mère gouverne et manie un enfant qu'elle avait d’abord emmaillolté , et quelle place ensuite dans son berceau. C'est sous ces images que Dieu lui-mème nous représente ce qu'il Gt alors : « Qui prit soin « delà mer1, lorsqu’elle sortait du sein où » elle avait été retenue ; lorsque je la couvris u d’une nuée comme d'un vêlement, et que » je l'environnai de vapeurs obscures comme » de langes et de bandelettes; lorsque je lui « donnai mes ordres, et que je lui opposai a des portes et des barrières en lui di-ant : a Tu viendras jusqu'ici, mais tu n'iias pas « au delà ; et ce- terme arrêtera l'orgueil de u tes Dots. » Il n'est pas néres-aire de relever la beauté de ces dernières paroles ; è qui ne se fait-elle pas sentir? Dieu marqua des bornes à la mer, et elle n o-a les passer. Ce qu'il avait écrit sur son rivage *, l't-mpèi ha d'aller au delà ; et l’élément qui parait l>- plus indocile fut également obéissant et dans sa fuite, et dans son repos. Cette obéissance est toujours la même depuis tant de siècles; et quelque agités que paraissent les. flots, dès qu'ils approchent du bord la défense de Dieu les tient en respect et les arrête tout court.
% III. La beauté de l'Ecriture ne vient point des mots, mais des choses.
On sait que les auteurs les plus excellents, soit grecs, soit latins, perdent presque toutes
1 « Quls concluait osüis mare? dit-il à JW» 0U,‘ « protexil in vahismare. quum ex utero prodk ns c*l" « relî), quando erumuebat . qua»i de vulvâ procedeos: « quum ponercm nubem vesiimentum rjus, et cxliglM « illud, quasi pannis Infamie, obvolterem? Circurodedl « illud terminfs meis (A«6. Decrevl super eo decretun n meum : , et posui vectem el ostia El dial : Üsque bac « venles. et non procèdes ampliùs, et bic confringe* to- « meules fluctus tuos [heb. meta h*c ronfringet tuœo- « rem flunuum luorum). » (Job 38, 8, 10.)
* « Posai arenam teiminum mari, præceptum s«n- « piternum, quod non preterlbll. El commo*ebuDWr, « et non polerunt, et intumescent fluctus ejus, et b00 « transibunl Ulud. » (Jbhbm. b, 22.)
leurs grâce» lorsqu’ils sont traduits lilléralemeut. parce que l’eiprcssioii Tait une grande partie de leur beauté. Comme t elle des livres saints consiste plus dons les choses même que dans le* termes, nous voyons qu'elle subsiste et se fait sentir dans les traductions les plus simples et les plus littérales. Il ne faut qu'ouvrir I Ecriture sainte, pour se convaincre de ce que je dis ici. Je me contenterai d'en rap'por ter deux ou trois passages.
I. « Malheur à vous ' qui joignes maison à « maison, et qui ajoutez terres à' terres, jus- « qu'à ce qu'enfln le lieu vous manque ! Se a rez-voiis donc les seuls qui habiterez sur la a terre? J entends le Seigneur : sa voix est à « mes oreilles. Je vous déclare , dit-il , que « cette multitude de maisons, ces maisons si a vastes et si embellies , seront toutes dé-er- « tes, sans qu'un seul homme y habite. »
L'éloquence profane n’a rien qu’on puisse comparer à la vivacité du reproche que fait ici le prophète aux riches de son temps , qui , perdant de vue la loi de Dieu , laquelle avait assigné à chaque particulier une portion de la ferre promise avec défense de l’aliéner pour toujours, engloutissaient dans leurs vastes parcs la vigne, le champ, la maison de ceux qui avaient le malheur d’étre leurs voisins’
Mais la réflexion qu’ajoute le prophète ne me semble pas moins éloquente, quelque simple qu’elle paraisse : In auribas mets Domiz nus exercituum, u J’entends le Seigneur; sa « voix est à mes oreilles. » Pendant que tout le monde n’est attentif qu'à ses plaisirs, et que personne n’écoute la loi de Dieu , j’entends déjà gronder son tonnerre contre ces riches ambitieux qui ne pensent qu'à bâtir et qu'à s’établir sur la terre. Dieu fait retentir à mes oreilles une continuelle menace contre leurs vaines entreprises, et une espèce de jurement
plus effrayant encore que la menace, parce qu’il est une preuve qu’elle est prés d’éclater, cl qu’elle est irrévocable :5t nondomusmultœ desertœ fuerint, etc.
2. Le même prophète 1 . clans un aulre endroit, peint avec des traits merveilleux le caractère du Messie. « Un petit enfant nous est « né *, et un flls nous a êlé donné. Sa prinei- <i paulé sera sur son épaule; et il sera appelé « l' Admirable, le Conseiller •, Dieu, le Fort, ® le Prince du siècle futur, le Pripce de la « paix. »
Je ne m'arrête qu’à cette expression, ef e rit principal us super humerum cjus, « sa princia pauté sera sur son épaule , i> qui a un sens merveilleux , et une énergie toute particulière quand ou l'approfondit.
Jésus Cluist naîtra enfant, mais il n'nllendra ni l'âge ni l'expérience pour régner, il n'aura besoin ni d'èlrc reconnu par ses sujets, ni d'être nidé par scs armées à soumettre les rebelles. Il sera lui-même sa force , sa puissance, sa royauté. Il sera infiniment différent des autres rois, qui ne peuvent l’être s'ils n'ont un Etal qui les reconnaisse, el qui retombent dans la condition d'un homme privé si leur sujets refusent de leur obéir. Leur autorité n’usl point à eux : elle ne tire point d’eux son origine ni sa durée. Mais l’enfant qui niiilra, lors même qu'il paraîtra avoir besoin de tout, el n’êirc capable d'aucun commandement, portera tout le poids de la majesté divine el de la royauté. Il soutiendra (oui par son efficace et sa puissance3, el la souveraine autorité résidera pleinement el solidairement sur lui : et eril principalus super humerum ejus. Rien ne le prouvera mieux que la voie même qu’il choisira pour régner. Il faudra qu’il ait par lui-même, et indépendamment de tous les moyens exlérieurs, une souveraine puissance pour se faire adorer par tous .les hommes malgré l'ignominie de la
1 « Va qui mnjungflis domum ai domum. et sgram - -« agro eopulalis usque ad termlnum loci ! {Heb. donec de- « final locus. ] Numqnid bnbllabids vos soll in medio a IfrraT lu aurtbus cnn» ' Domluus eiercltuum : Nist « dornus mulia desrrlæ fueriol grandes et pulcbra absa que bablutore. n (Iss l 5, B, 9.1
* CHi aiaai que porte l'h^brpo; au lieu que ia version latin.? at-
tribue ces parole» a Dieu, et non au prophète In ainliM met» mal hoc dsest Domv\tn txrrcUuum.
* Isal 9, 6.
* n Parvulus natusest nobis : el fillus datna est nobis : « el facius est (Ac6 et efit) prinripatu* super humerum u ejus ; et voenbitur nome n ejus , Admlrabilfe, Comllia- « rius. D«*us, Forito, Pater futuil se**uli. Pi In reps pacl*. »
* « Portans omnia verbe vftlullssu*. » (H*» I- 3.) «lEcceDeus vester ; ecce Dominas Deu» In foilitudioe
■ veoiet, et brachium suum domtnabiiur. » Isai. 40. 10. )
croix iJont il aura bien voulu se charger, ni pour convertir l'instrument de son supplice en l’insl ruinent de sa victoire, et en la marque la plus éclatante de sa royauté: « sa priu- « cipauté sera sur son épaule. »
Quand on étudie avec quelque soin les Ecritures, on reconnaît que c’est toujours la force des pensées et la grandeur des sentiments qui en font la beauté.
8 1T. Description!.
1. Cyrus a été le pins grand conquérant et le prince le plus accompli dont il soit parlé dans l'histoire. l-’Ecrilure nous en découvre la raison. C’est que Dieu avait pris plaisir i le former lui-méme pour l’accomplisscmeut des desseins de miséricorde qu’il avait sur son peuple. Deux cents ans avant sa naissance il l’appelle par son nom, et avertit que c’est lui qui lui mettra la couronne sur la télé el l'épée en main pour le rendre le libèraleur de scjti peuple. ' • 1 * * *
' <r Voici ce que dit le Scigncuc  Cyrus qui « est mon christ1, que j’ai pris parla main a pour lui assujettir tes nations, pour mettre « les rois en fuite, pour ouvrir devant lui « toutes les portes sans qu’aucune lui soit « fermée. Je marcherai devant vous : j'hu- « milicrai les grands de la terre : je briserai o les portes d’airain cl de brome... Je suis a le Seigneur, et il n’y en a point d’autre ; il « n’y a point de Dieu que moi. Je vous si mis • les armes A la main, et vous ne m'avez « point connu. »
Dans un autre endroit il commande à Cyrus, roi des Perses, appelés pour lors Elohilles, de partir avée les Mèdes : il donne les ordres pour le siège , et Gabylone tombe. « Mafchte , Elam ; Mède , assiégé’ la' ville. « Enfin Babylélte ne fêra plus soupirer les
1 * Hæcdicil Dominai chrisio mco r.jro. cujui sp-
n prebendi deiteraai, uL subjictara solo facieni cjus
n geôles, el dorsn rcguln vérlaui , et aperiam coram eo
« jauuas, et porta; non claudentur. Ego ante Le ibo. el n glotlo&os terrse humiliabo : portas ieteas conteiam . el » vertes ferreo! confring.nn... Ego Dominus, el non esl
« ampllus: extra me' non est deus.’Arctnxf te . el non a cognoitsli me. » (Is.il. 13, 1 , lit, n 5.)
<r autres Qu’il vienne maintenant A mou ordre : qu’il s’unisse aux Mèdes : qu’il assiège une ville ennemie de mon culte el de mon peuple : qu’il m’obéisse sans me connaître : qu’il me suive les yeux fermés : qu’il exécute mes volontés sans être ni de mon conseil, ni dans ma confiance : el qu’il apprenne A tous les primes, et même A tous les hommes, •combien je suis maître des empires, des événements, des volontés même, puisque je me fais également obéir par les rois et par chaque soldat de leur armée, sans avoir besoin ni de me moulrer, Di d’exhorter, ni d’employer d’autres moyens que ma volonté, qui est aussi ma puissances : ut sciant Ai qui al orlu solis, et qui ab occidente, quoniam absque me non est. Ego Dominus, el non est aller \
■ Qu’il y a de grandeur dans ce peu de paroles : Âscende, Ælam : Prince des Perses, parlez. Obside, ilede : Et vous, prince des Médes, formez le siège. Onmem yemilum qui cessare feci : Gabylone esl prise el pillée. Elle esl sans pouvoir. Sa tyrannie esl finie.
2. Comme Dieu esl extrêmement sensible A l’oppression des pauvres el des faibles, aussi bien qu'A l'injustice des juges el des grands de la terre, c’est ce que l’Ecriture a peint avec les couleurs les plus vires.
Isaïe nous représente la vérité faible et tremblante, qui implore en vain le secours des juges, et qui se présente inutilement devant les tribunaux. Tout accès lui est fermé. Partout elle est rebutée, mise en oubli, foulée aux pieds. Le crédit l’emporte sur le bon droit. L’homme de bieu est livré en proie A l’injuste. « Le Seigneur l’a vu 5, dit le proie phète, et ses yeux ont été blessés de ce a qu’il n’y avait plus de justice au monde. Il u a vu qu’i) ne restait plus d’homme sur la
i a Aseeude, .Elam : obsiüc. Mette ; omnflm gemitum a ejus cessarc fecl. » (lui. it. ’i)
Visai, là. 6. .
1 a Conicrsura esl retrortùm judiclum, et justitla longé a sietil: quia corniît tu plané vertus, cl qui xquitas « nou poiuit iugrctli. El facta est venu» tu oblioviiieui : a cl qui (eccssil.a nialo, prartir» paluil : et vltitl Uominui, « el malum apperuit lu ocutU cjus, quia pou esl judiclum. « Et vldll quia non eat vtr : el aperialus est. quia non « esl qui oecurrat. n (Isa! St», 11-10.)
5ii!)
• terre , et il a été saisi d'étonnement de « voir que personne ne s'opposait à ces « maut. »
Son silence fait croire ou qu'il ne voit point ces désordres, on qu'il y est indifférent. Il n’en est pas ainsi , dit le prophète dans un autre endroit. Tout se prépare pour le jugement, sans que les hommes y pensent. Le juge invisible est [irésent 1 . Il est debout pour prendre en main la défense de ceux qui n'en ont point d'autre, et pour prononcer contre les injustes et pour les faibles et les pauvres , Un jugement très-différent. « Le Seigneur en-
• trera en jugement avec les anciens et lés a princes de son peuple. Quoi! c’est vous a qui avez ravagé la vigne ! La dépouille du « pauvre paratt dons vos maisons. Pourquoi « foulez-vous aux pieds mon peuple? poor- « quoi brisez-vous les pauvres? dit le Sei- « gneur, le Dieux des armées. » Hien n'est plus vif ni plus éloquent que les reproches que Dieu fait ici aux juges et aux princes de son peuple. Quoi! vous qui deviez défendre mon peuple, comme une vigne dont vous aviez la garde; vous qui deviez lui servir de haie et de rempart, c’est vous-mêmes qui avez ravagé celle vigne, et qui l'avez ruinée, comme si le feu y avait passé : El vos depatli estil vineam’. Encore si vous aviez la modération de ménager vos frères, et de ne pas les ruiner entièrement. Mais, après avoir dépouillé mon peuple, vous le mettez sous le pressoir pour tirer de ses os quelque suc, atterilis; cl vous le brisez sous le moulin pour achever de le mettre en poudre , commolilis. Vous prétendez peut-être me déguiser vos vols et Vos rapines, en les convertissant en de superbes ameublements dont vous ornez vos' maisons. J’ai suivi avec des yeuv attentifs et jaloux tout ce qui était à votre frère et que vous lui avez enlevé. le le vuis, malgré l'application que vous avez è me le cacher : Ra-
i « Seat ad judicandum iheb. eoneeriandam) Dominai, .« et Hat ad jndicandos populoa. Domina! ad Jadicium « véniel corn nenibus popult sut, et princlpibus ejnr. Vos « cnim (5e6. Et vos: départi eslis Vfrieam. Rapine paupea rts tn dnmo vcstrS. Qlrare atterilis pbptdum tneum. et
• factes pauperom rommoliiisl diett Dominas Dcas exer-
o ritnnrn. » ftsvr.3, 13-15 ) ' '
« C'est U force de texte origtnal.
pina pauperis in domo ccs/rd. Tout demande vengeance et l'obtiendra. Elle tombera sur vous et sur vos enfants; et le fils d’un père injuste, en héritant de son crime, héritera aussi de ma colère.
« Malheur à vous, dit-il ailleurs* , qui bâ- « tissez vos maisons du sang du peuple ! La « pierre criera conlre vous du milieu de li « muraille ; et le bois qui sert è lier le bâties ment rendra témoignage contre vous. »
On voit un caractère tout oppo-ê dans la personne de Job, qui était le modèle d’un bon juge et d’un bon prince. « La compassion*,
« dit-il, m’a élevé et m’a nourri dès mon cn- « fa nce, et je l’ai eue pour guide dès le sein « de ma mère... Mon vêlement était la juso tire, et elle me servait de manteau. L’é- « quitéde mes jugements était mon diadème.
« Je délivrais le pauvre qui demandait justice « par ses cris, et l’orphelin qui était sans « protecteur. Celui qui était près de périr me « comblait de bénédictions; et je conso- « lais le cœur de la veuve. J’étais l’œil de l’a- « veugleetle pied du boiteux. J’étais le père « des pauvres... Je brisais les mâchoires de o l’injuste, et je lui arrachais sà proie d’entre n les dents . »
3. Je finirai par une description d’un genre bien différent de celles qui ont précédé; mais qui n’est pas moins remarquable ; c'est Celle d’un cheval de bataille, que Dieu lui-mèitte nous a tracée dans le livre de Job .
« Est-ce vous s, dit Dieu à Job, qui avez
> « Y» qui cdlficat clvitatem in langnlnibasl ... Quia « lapis de pariete ctamablt : et lignuro , quoi) toter a juncturas ædificiorum est, respoodebit. » ( Italie. 3, 1t. 12 )
*'« Ab infantlâ mcâ crevlt rnccura misrralio lheb. edo- « cavtt inc), et ab utero roateis dedmi Ulam.. . Ubecabam a paupercm voctreraotara , et puptllum cul non-erat ad- « julor. Bencdiclfo perfturi super nie veniebat, et cor vi- ■ dure consolant* sum. Jusniià indutus sura. et veativl a me, slcut vesllmento et diademate, judicio mro. Oculu* n fut c*co, et pes elaudo. Pater crarn pauperum... Con- « terebam molas Inlqnl, et de dentibus iltlus auferebam n peudam. » (Joa. cap. 31, 13;ftcap. 29, 12-17.)
a a Numquld ptæbebls rquo fortfludlnem, autcfmim- « dabis eolto ejus hirini [uni ? Nnmqutd snseltabl» enm a quai) lonmai? Gloria narium fjos terror. Tcrram « ungnlg fodit : exultât audacter : tn oerursnm pergit « armatls. Contemnit pavorem, nec cedit gladio. Super
« donné au cheval In force et le courage, qui > « l'avez rendu terrible pur un frémissement « semblable au tonnerre? I.e rendrez-vous « inquiet? et le ferez -vous bondir comme une « sauterelle dans le temps que la fierté qui « parait dans le mouvement de ses narines u inspire la terreur? Il creuse du pied la « terre : il est plein de conlioncecn sa force : a il va àu-devani des hommes armés. Il se rit « de la peur, et il en est incapable; et la vue « de l'épie ne le fait point reculer. Ne poua vanl retenir son inquiétude et son ardeur,
« il frappe la terre et l'enfonce ; el il ne de- ■ « vient point tranquille parles premiers si a gnaui de la iroinpelte. Mais lorsqu'elle a donne un signal décisif, alors il dit : Coua rage ! Il distingue comme par l'odorat que « le combat va se donner avant qu'il se a donne. Il entend, ce semble, le commandea ment des généraut, el il prend garde nu a bruit confus de l'armée. »
Chaque mol demanderait d'élre développé pour eu faire sentir la beauté : je ne m'arrêterai qu'aux derniers, qui donnent une espèce d'entendement et de parole au. cheval.
Les armées sont longtemps è se meltre en ordre de bataille, et elfes sont quelquefois longtemps en présence sans s’ébranler. Tous les mouvements sont marqués par des signaui particulier.-; et les différents, sons de trompette apprenueut aux soldats tout ce qu'ils doivent faire. Cette lenteur importune . le cheval. Conitnc il est prêt au premier son de I rom pelle , il supporte avec impatience qu'il faille avertir tant de fois l’armée. Il murmure en secret coulre tous ces délais; et, ne ( pouvant demeurer en place, ni aussi désobéir. il bal continuellement du pied, et se -| ploint en sa manière qu’on perde inutilement , le temps à se regarder sans rien faire : Fervent el fremens sorbet lerram. Dans son impatience il compte pour rien tous lessiguaui qui ne sont point décisifs, et qui ne font que marquer quelque détail dont il n'est point oc-
cupé ; Nee repulut tuba sorutre cfanqomn. Mais quand c’est tout de bon, et que le dernier coup de la trompette annonce la bataille, alors toute la contenance du cheval change. On dirait qu'il distingue comme par l'odorat que le combat va se donner , el qu'il a entendu distinctement l'ordre du général : et il répond aux cris confus de l'armée par un frémissement qui marque son allégresse et son courage : Ubi audient buccinam. dicil : Vahl Procul odoratur bellum, exhorlationem ducum, et ululalum exercilùs.
Qu'on compare les admirables descriptions qu'Uoraère et Virgile ont faites du cheval, on verra combien celle-ci est supérieure.
| V. Figures.
Ce serait une chose infinie que de vouloir parcourir toutes les différentes espèces de figures qui se rencontrent dans l'Ecriture. Les passages quej'ài déjà cités en renferment un grand nombre. J'y en ajouterai encore quelques-unes, surtout de celles qui sont les plus communes, telles que sont la métaphore, la similitude, la répétition, l'apostrophe, la prosopopée.
f . Métaphore et slfnliliuoe.
« J'ai toujours craint la colère de Dieu « comme des Ilots suspendus sur rua tête ’, a el je n’en ai pu supporter le poids. » Quelle idée de la colère de Dieu ! des Ilots qui engloutissent tout, un poids qui accable el qui brise. Iram Domini portabo *. Comment la pourrons-nous porter pendant toute l'éternité?
La magnificence de Dieu è l'égard de ses élus n'est pas moins difficile à comprendre et è exprimer. « Il les enivrera de ses biens3, « il les inondera d'uu torrent de délices. »
« ipsum sonabil plia: cira, vibrabil hasu elclypeus Fer- « sens et fremens sorbet terrain, ncc repulal tuba* soit tiare rlangoiem Ubi audit» tt buccinam, dicil : Vah! « Procul odoratur bt l.um, eihorialiouem ducum, et ulu- « latum eseixiiûs. » (Job. 30, 10-25.)
1 « Semper quasi lumen les super uie fluctue timui « Deurn, et pondus ejus ferre non polui. » (Job. 31, 23.) * Mlch. 7. 9.
8 « Inebriabuolur «b ubertate domùs tua : el torrenle i « volupiaüs lus pou bis eos. » (Fs. 35, 9.)
«*4$» SCI
Il estaneautre ivresse bien terrible réservée aux impies. «Tu seras enivrée de douleurs, u dit un prophète' à Jérusalem réprouvée. Tu « boiras la même coupe que ta soeur Snmarie « a bue, qui n’est pleine que de désolation et
• de irislesse. Tu in boiras jusqu’à la lie. Tu « seras même contrainte d’en manger les frag- « menis; et dans l'ciees de ton désespoir, tu « te déchireras la poitrine. Car c’est moi qui « l’ai ainsi ordonné, dit le Seigneur, a Vorlà une affreuse peinture de la rage des réprouvés, mais encore infiniment au-dessous de la vérité.
IL Répétition.
« Comme je me suis appliqué à les arra- « cher’, et à les détruire, et à les dis-ipcr, « et à les perdre , et à les affliger, n;n»i je
• m'appliquerai à les édifier et à les planter, a dit le Seigneur. » La conjonction répétée ici plusieurs fois marque comme autant de coups redoublés de la colère de Dieu.
o Bahylooe est tombée'; elle est tombée « cette grande ville, qui a fait boire.à toutes les « nations le vin empoisonné de sa prnstitü- « lion. » Celte répétition . qui est aussi dans Isaïe \ marque que la chute de celte grande ville paraîtra incroyable, et que, pour y ajouter foi , on se fera répéter plusieurs fois celte étonnante nouvelle.
0 C’est maintenant *, dit le Seigneur, que « je me lèverai : c’est maintenant que je si-
• gnalerai ma grandeur : c’est maintenant « que je ferai éclater ma puissance. » C'està-dire qu’aprés avoir longtemps paru en-
1 ■ Ebrietate et doiore repleberia : calice micron* et « trislltia , calice lorori* tue Snm.iric El bibci ilium, u cl epoiabn usque ad feces: e» fragmenta ejus devora- « bis, et ubera tua lacerabla : quia ego locutas sum, ait « Demfuus Deus. a Elr.cn £1, 33 et 3t.)
* a Sicut vigUavf tuper roi ut cvellrrem, et démolirai-, « et dissipèrent, et dtsperderrm. et aflligerern : aie vtglh labo soper eoa ut edificem, et plantcm, ail Domtous. •• (Jkrcm. 31,38.)
1 « Ceeidit . crcldlt Babyion ilia magna , quæ à aino « Ira rorolcatioDti »u* potavlt omnes gestes, a (Aeoc.
» liai. 21, 8. -
' a NunccODurgam. dlclt Domintu : natte exaltabor : u noue tublerabor. a (bal. 33, 10.)
dormi , il sortira enfin de son sommeil pour prendre avec éclat la défense de son peuple , et que le moment en est venu : nunr , tiunc. Dieu s'explique encore d'une manière plus vive dans le même prophète : a Je me suis « tu jusqu'à celte heure1, je suis demeuré « dans le silence, j'ai été patient: maismain- « tenant je me ferai entendre comme une e femme qui est dans les douleurs de l’en- « fantement : je détruirai tout, j’abimerai a tout.»