‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 139 sur 298 · Apostrophe. Profopée · texte numérisé non relu

Apostrophe. Profopée

Ces deux figures sont souvent mêlées ensemble. I.a dernière consiste principalement à personnifier des choses inanimées, à leur donner du sentiment ei de la parole , ou bien 8 leur adresser son discours.

Dans le p-autne 136, c’est un citoyen de Jérusalem, relégué à tlabylone, qui, tristement assis sur les bords du fleuve qui arrosait celte tille, exhale sa douleur et ses plaintes en lournanl les yeux vers sa chère pairie. Ses maîtres, qui le tenaient captif, le pressaient de chauler, pour les réjouir, quelque* airs de musiquesur ses instruments. Pênélréde douleur et d'indignation , il s'écrie : « Omit ment chanterions-nous le cantique du Se'i- « gneur dans une terre étrangère*? Si je « viens à Oublier d Jérusalem ! que ma main « droile oublie tout ce qu'elle sait : que ma > langue demeure attachée à mon palais , si a je ne me souviens plus de toi. » Combien celle apostrophe à Jérusalem rend-elle tendre et touchant le discours de ce Juif exilé ! Il croit la voir, l’entretenir, lui protester avec serment qu’il consent à perdre la voix et l'usage de la langue, aussi bien que de ses instruments , plutôt que de l'oublier en prenant part aux fausses joies de Babylone.

Les écrivains sacrés font un merveilleux

1 * Toeai semper, sitôt, pattern fui'; sicut patluriens « loquar : uissipabo et abiorbebo simul. » ( Isai. 42. 11.)

i « Qtiamodà csotsbimus cfln imm Domlnl In terr4 « aliéné? SI oblims fuero lut. Jérusalem, oblulonl delur 1 ( A«6. oblivlscalur ) dealers mea. Adhrreat lingue « mea fauetbos mêla, il uon mtuneoite lut.» (P*. 138, 4. .8)

usage de la prosopopée , el Jérusalem en est souvent l'objet. Je me contenlerni d’en indiquer un seul exemple, tiré de Bnruch, où te prophète décrit le malheur de< Juifs emmenés captifs é Babylône 11 introduit Jérusalem comme une mère désolée , mais soumise aui ordres de Dieu . quelque rigoureux qu’ils soient, qui exhorte ses enfants d'obéir à l'arrêt qui les cohdamne è l'exil ; qui déplore sa solitude et leurs misères ; qui leur représente que c'est la juste peine de leurs prévarications et de leur ingratitude; qui leur donne des avis salutaires pour faire un saint usage de leur dure captivité , el qui enfin , pleine de confiance en la bonté et en la promesse de Dieu , les assure de leur retour glorieux. Le prophète ensuite adresse la parole à celle même Jérusalem , el la console par ta vue du rappel de ses enfants et de tous les avantages qui le suivront. Ex ue te, Jérusalem , stotii /uct ils , et vexationis tua , et indue le décoré, et honore e/us, qua à Deo tibi est, eempiterna gloriai.... Nominabitur enim nomen tuum à Deo in sempiterum : Fax justitia, et honor pietati» ’.

Rien n’est plus ordinaire dans les Ecritures que de personnifier l’épée du Seigneur. Dieu lui commande s ; elle s'aiguise . elle se polit , elle se prépare à obéir, elle part au moment marqué, elle va où Dieu l'envoie, elle dévore ses ennemis, elle s'engraisse de leur chair, elle s’enivre de leur sang , elle s'échauffe dans le carnage ; et quand elle a exérute lus ordres de son maître, elle revient dans son lieu. Le prophète Jérémie réunit presque toutes ces idées dans un seul endroit . el y en ajoute encore de plus vives, u O épée du Seigneur1 * 3, ne « te reposeras -tu jamais? Rentre en ton u fourreau, refroidis -toi , et demeure en o silence. Comment se reposerait-elle, rè-

1 Birucb. c. 4 el 5.

* 0 Murro, mucro, rraglna te ad occldendum : lima le « ui Inierficias el faisais .. Gladius eiamius esi. et Ha malus. Ut capital victlmas. rxiculus est : ut spleudeat, « llmaïuspsl. » (Execb. 21,v.2S;el9. la.)

• a'Gtaillus Domloi replelus esl sanpulne . Incrusatm a esl adipa. b CI sa i . St, 6 )

0 Devonbll gladins. cl lalurabllur, el inebrlbialnr san- « Subie eorum. b (Jeu. ta. ta.)

s 0 o mucro üouiini, uaquequd non qutescesï fngre-

a plique le prophète , puisque le Seigneur lui a a commandé d'attaquer Ascalon , et que « c’est là qu'il lui a ordonné de se rendre? »

g Vl Endroits sublimes.

Dixit Drus, Fiat lux : et facta est lux'. L’original porte: Dixit Deus, SU lux, et fuit lux ; ce qui est bien plus vif. a Dieu dit : Que la lumière soit . el la lumière fut. b Où était-ell ■ un moment auparavant? Comment a -t- elle pu naître du sein même des ténèbres? Avec la lumière toutes les couleurs dont elle est la mère embellirent la nature. Le monde, plongé jusqu’alors dans l’obscurité, parut sortir une seconde fois du néant. 11 n’y eut rien qui ne fût orné en devenant éclairé.

Voilà ce que produisit une simple parole *, dont la majesté s’est fait sentir même aux infidèles , qui ont admiré que Moïse eût fait parler Dieu en maître , et qu’au lieu d'employer des expressions qu’un petit esprit aurait trouvées magnifiques , il se soit cunlenté de celles-ci : « Dieu dit : Que la lumière soit, t el la lumière fut. »

Rien eu effet n’est plus noble ni plus élevé que cette manière de penser. Pour créer la lumière (et il en est ainsi de l’univers) Dieu n’a eu qu’a parler : c’est encore trop dire ; il n’a eu qu'à vouloir. La voix de Dieu esl sa volonté \ Il parle en commandant , el il commande par ses décrets.

La Vulgale diminue quelque chose de la vivacité de l'expression : « Dieu dit. Que (a « lumière soit faite, el la lumière fut faite. » Car le mot de faire, qui parmi les hommes a différents degrés , et suppose une succession de temps , semble en quelque sorte retarder l'ouvrage de Dieu , qui fut fait dans le moment même qu’il le voulut, et eut tout d'un coup toute sa perfection.

» dere in vaglnam luara. refrlgerare , et aile. Quomodô « quiescel. quuni Domiuus prsceperU ei advenus Asea- « loomi... ibique coodlxerit illi? » (Jeukm. 17,6, 7.)

» (irn. 1,3 ' 1

1 Longin

* « Dîccre Del, toloisse esl. » (S. Eüchb*.)

« N.itur* opifex lor«*m loraiu# esl, et creavll. Serrno « Del, wjIuqUs esl : ©pus Del.natura est. »

C’est dans ce même style que le prophète Isnïe fait parler Dieu lorsqu'il prédit la prise de Babylone par Cyrus. «Je suis le Seigneur <1 qui fais toutes choses : c'est moi seul qui « ai étendu les cieu»; et personne ne m’a « aidé quand j’ai affermi la terre ... C'est « moi qui dis à l'abîme 9 : Epuise-toi , je met- « Irai tes eau* à sec. Qui dis è Cyrus : Vous « êtes le pasteur de mon troupeau , et vous « accomplirez ma volonté en toutes choses. « Qui dis è Jérusalem, Vous serez reblltic; « et au temple , Vous serez fondé de nou- « veau. »

Le roi de Syrie et celui d’Israël avaient juré la perle de Juda ; et les mesures qu'ils avaient prises pour détruire ce royaume paraissaient Immanquables. Un seul mol les dissipe. «Voici « ce que dit le Seigneur 5 : Ce dessein ne subie sisterapas, il n’aura point d'effet. «

La même pensée est plus étendue dans un autre endroit; et le prophète, qui sait que Dieu a promis de faire subsister la race de David jusqu’au temps du Messie , qui en doit naître, brave avec une sainte fierté les vains efTorts des princes et des peuples conjurés pour détruire la famille et le trOnp de David. « As- « semblez-vous 4 , peuples, et vous serez vain- « eus. Peuples éloignés , peuples de toute la « terre, écoutez: réunissez vos forces, et vous a serez vaincus ; prenez vos armes , et vous « serez vaincus ; formez des desseins , et ils « seront dissipés; donnez des ordres, et ils « ne s'eiécuteronl point , parce que Dieu est « avec nous. » Isafe .prédit ici, en termes dignes de la 'puissance infinie de Dieu , que tous les hommes ensemble ne retarderont pas

1 « Ego sum Dominus , hcleiu oimiia : tilendrni ccr- « tos sotus, stabiliriw Irrram, et nollus inecant... Qui « dire protundu : DesoUre, et flum ne tua arefarlain- « Qui dieu Cyro : Paner mena es, et amnem volunta- « tem tncam complétas. Qui dlco Jérusalem , Æfilflra- « beris, etlemplo. Fuodaberis. » (Isai. 4t. 24, 27, 28.)

* Il marque l'Euphrate, que Cyrus dessécha pour prendre Babjlüne.

* • lier dieit Dominus Deua : cl non erti Istud » (liai.

4 « Coogreparnini, popull, et vindmint ; et audite, unl- « verse procul terre : conturtomioi. et Y locimliii -. arciis- « gîte vos, et sludtnioi , iuile cou-ilium, et dissipabitur ; u loquimini verburn, et non fiel : quia nobiscum Drus, a Usai, cap. 8, v. U, 10. j

un seul moment des promesses immuables; que les confédérations , les conspirations , le! desseins secrets , les armées nombreuses . Seront inutiles ; que tous ceux qui attaqueront le faible roysume de Juda seront vaincus; que l’univers entier ne pourra rien contre lui ; et que ce qui le rendra invinoible , c’est que Dieu est avec lui , ou , ce qui est la même chose, parce qu’Emmanuef est son protec«teur et son roi , et que c’est de ses intérêts qu’il s’agit plutôt que des princes dont il doit nattre.

Des obstacles infinis s'opposaient au dessein qu'avait Zuro babel de faire rebâtir le temple de Jérusalem ; et ces obstacles , comme une montagne , étaient insurmontables * tous les efforts humains. Dieu ne fait que parler, mais d'un Ion de maître , et la montagne disparait. Quis tu . mont magne , coram zorobatiei?

In planum 1 .

Tout le monde sait avec quelle énergie l'Ecriture fait disparaître par une ruine subite l'impie , qui, un moment auparavant, semblable au cèdre . portait sa tête orgueilleuse jusque dans le ciel. Vidi impium superexallalum cl elevatum sicut cedros Libani : et Iransivi , et ecce non erat ; et quasivi eum, et non est im entus locus ejus1. Il est tellement dis|iaru et anéanti, que le lien même où il était ne subsiste plus. M. Racine a traduit cet endroit:

l'ai va l'impie adoré sur la terre.

Pareil au rédre; il radiait dans le* deua Son (rom audacieux.

Il semblait à son gré gouverner le tonnerre.

Foulait aux pieds ses ennemis vaincus.

Je n’ai fait que passer, il n'étali déjà plus*.

Voilà ce qu’est toute la grandeur des princes les plus formidables, quand eux-mêmes ne craignont point Dieu : une fumée , une vapeur, une ombre, un songe, une vaine image. Iri imagine pertranitt hômo*.' ' 1 *

1 Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel ! Soi# aplanie (Zacu. 4, 7.)

3 Esther, acte v, scène dernière.

«**f» 3«4 rff*.

Quelle noble idée au contraire l'Ecriture nous donne-t-elle de la grandeur de Dieu 1 ]| est celui qui est '. Son nom est l'Eternel . le monde entier son ouvrage. Le ciel est son Irène, et la terre son marchepied. Toutes les nations ne sont devant lui que comme une goutte d'eau ; et la terre qu’elles habitent , ! que comme un grain de poussière. Tout l'univers est devant Dieu comme n étant point. Sa puissance et -a sagesse le conduisent, et en règlent tous les mouvements avec la même facilité qu'une main soutient un poids léger, dont elle se joir* plutôt qu'elle n'eu est chargée.

Il di-po-e des royaumes en maître souverain et les donne à qui il lui plaît : mais son empire, aussi bien que son pouvoir, est sans bornes.

Tout rela nous paraît grand et sublime , et l'est cil effet par rapport à nous. Mais, dès que l'on par'e aux hommes un langage qu'ils soient capables d'ertlendrc. que peut on dire qui soit digne de Dieu? L’Ecriture eile-méme succombe sous le poids de sa majevté ; et les expressions qu'elle emploie, quelque magnifiques quelles soient, n'ont au< une proportion avec l'unique grandeur qui mérite ce nom.

C'est ce que Job nous marque d'une manière admirable. Après avoir rapporté les merveilles de |a création , il leriiiine ce récit par une réfleviott très simple ef en même temps très-sublime, a Ce que nous venons de « dire n'est qu’une petite partie de ses ceu- • « vres 3 : que si ce que nous avons entendu est

1 « Ego sum qui sum. » (Exon.3. 11.)

* Cœlum sedes nies, terra auieiu scabcllum pedutn « rneorum » (Isai. R8. 1.)

•( Qui» mcQüus est puglllo aquas, etcrrlos palmo poode- « ra»lt? quis appendit iribusriigitis molrm terne, etiibra- « vit In pondéré montes et colles lo stalerà?.. Ecce g en le s * « quasi stilla silulæ, et quasi momentum sialeræ reputat*

« surit : ecre Insul* quasi puMsenguui... Omîtes genles « quasi lion slnt, sic sum coram eo. et quasi nibilum et « Inane roputaicsuntei.» (Isai. 40, 12. 15, 17.)

* « Donec cognoscanl rivenles . quoniam dcminallir a Excrlsus In regno hpminum, et cuieumque soluerit , a dabil iilud... l'oteslas ejus potestas lernpiierna. et rec gnum ejus in generationem et generationem. » (Dax.

* a Ecce, bcç ex parte dicta suol viarum ejus; et

« quum via parvam slillam sermonis ejus aiiilierimus. ! « quis poteril tooiiruum magoitudinis illius intuert ? » (Job- *20.14.)

« seulement comme nne goutte en comparai- « son de que l’on en peut dire , qui pourrait « donc soutenir le tonnerre.de ses merveilles o et de Sa toute-puissance? » Le peu qu'il nous découvre de sa grandeur infinie n'a aucune proportion avec ce qu’il est, et surpasse néanmoins notre intelligence. Il sc rabaisse, et nous ne saurions atteindre jusqu’à lui dans lelemes même qu’il descend jusqu'à nous. Il est contraint d'employer notre langage et nos pensées pour se rendre intelligible , et alors inéme nous sommes plutôt éblouis de sa lumière que vériiablemenl éclairés. Que seraitce donc s’il se montrait dans toute sa majesté ; s’il levait les voiles qui en tempèrent i’éelat ; s’il voulait nous dire tout ce qu’il est? Quelles oreilles seraient à l’épreuve d’un tel tonnerre? quels yeux ne seraient point aveuglés par une lumière si disproportionnée a leur faiblesse? Quif pnlerit touitruum maynitudinit illius intueril

8 Vil. gndrjlU tendres cl UwchaoU.

Oa ne pourrait croire qu’une telle majesté, fût capable de se rabaisser comme elle fait en parlant aux hommes, si i’Ecrilure ne nous en donnait des preuves presque à chaque page. . Ce qu’il y a de plus vif et de plus tendre dans la nature ne l’est pas encore assez pour son amour.

« J'ai nourri des enfants1 *, dit-il parla bouo che d’Isaïe, et je lésai élevé»; et après cela o ils m’ont méprisé. Lç bœuf connaît celui à « qui U est , et l’âne l’étable de sou maître :

« mais Israël ne m’a point connu. ».

« Maintenant doric*, vous, habitants de « Jérusalem, etvous, hommes de Judo, soyez u les juges entre moi et ma vigne. Qu'ai-je « dû faire de plusa ma vigne que je n’aie point o fait ? Est-ce que je lui ai fait tort d’attendre

| 1 « Fllios enutrivl , et eialtavi : Ipsi aulrm spreverunt

« me. Cogoovlt bos possessorero suum, etaslnus prasepe „ tlomioi sui : Israël aulem non cognovil. » (Isai. 1, t. 2.3)

* t Nunc ergobabi In tores Jérusalem, et viri Judn.ju- « dicate Inter me et vincam mcam. Quid estquod debui • ultra facere vloe* me», et non fcci ei? An qurd ex- « spectavl ut facerel uvas, et fecil labruscas? » (Isai. 5.3,4.)

• qu’elle portâtde bons raisins, au lieu qu'elle « n’en a produit que de mauvais? »

« On dit d'ordinaire ' : Si une femme, après c avoir été répudiée par son mari et l’avoir « quitté, en épouse un autre, son mari la « reprendra-t-il encore? et cette femme u n’est-elle pas considérée comme impure et « comme déshonorée? Mais, pour vous, 6 « fille i'hra'tll vous vous êtes corrompue « avec plusieurs qui vous aimaient ; el néan- « moins, revenez à moi , dit le Seigneur; et « je vous recevrai. »

« Ecoulez-moi <*, maison de Jacob, et vous « tous qui êtes, restés de la maison d’Israël; o vous que je porto dans mon sein, quejeren- « ferme dans mes entrailles. Je vous porterai « moi-méme encore jusqu'à la vieillesse , je ■ vous porterai jusqu’à l’Age le plus avancé. <c Je vous ai créés . et je vous soutiendrai : je « vous porterai et je vous sauverai, s « Comme une mère caresse son petit en- • faut*, ainsi je vous consolerai, et vous trou- « verez" votre paix dans Jérusalem. »

t Sion a dit4 : Le Seigneur m’a abandonnée, u le Seigneur m’a oubliée. Une mère peuta elle oublier son enfant , et n’avoir point de « compassion du Dis qu’elle a porté dans ses a entrailles? Mois , quand même elle fouir blierait , pour mot je ne vous oublierai ja- « mais. »

Toutes ces comparaisons, quelque tendres qu'elles soient, ne suOisent pas encore à Dieu

1 a Yulgù üicitur : SI dimeserlt vir uiorem suam, et « recedens ab eo duxerit virum allerum, numquid re- « terletur ad carn ultra ? numquid non pullula et conta- « minais erit mulier ilia? Tu autem fornicaia es cuni a ainaloribos muliis : lanten revertere. ad me, dicit « Dominât, et ego tusclpbtm te. » (Jkrkm. 3, 1.)

* •« Audite me. domui Jacob, et ornne residuum do> « mùi Israël, qui porlamini à meo uieio, qui geslamini «à meA vuhà. Usque ad senectam ego ip*e. el usque ad u canoj ego porutbo. Ego feci, et ego feram; ego por- « labo, et salvabo. » (bai. 46 3. 4.)

* a Quemodô si cui mater blandiatur, lia ego cona aolabor vos; et In Jérusalem eonsolabimini. » (b ai. 66, 13.)

‘ « Dixit Sion : Dereliquit me Dominas, et Dnminus a obiitns est met. Numquid oblivisrt potesl mulier ina fantem suum. ut non raisereatur fliio uierl sui? Et si « Ilia oblfta fuerll, ego tamen^ion obllviscar tu!. » iIsai. 4», 14, 15.)

pour nous témoigner jusqu’où va sa tendresse et sa sollicitude poar des hommesqui le méritent si peu. Ce souverain maître de l’univers ne dédaigne pas de se comparer à une poule qui lient toujours ses ailes étendues pour y recevoir ses petits ; et il déclare que le plus petit de ses. serviteurs lui esl aussi cher el aussi précieux que nous l’est la prunelle de l'œil. « Jérusalem1, Jérusalem, qui lues les « prophètes et qui lapides ceux qui sont en- « vojrés vers toi, combien de fois ai-je voulu « rassembler les enfarils comme une poule « rassemble ses petits sous ses ailes, el tune « l’as pas voulu ! » Il dit lui-méme en parlant de son peuple : « Celui qui vous louche’, a touche la prunelle de mou œil. »

De là viennent ces expressions si ordinaires dans I Ecriture , dont il esl élonnant que des créatures osent se servir A l'égard de D.eu : u Gardei-moi 3 comme la prunelle de votre a œil. Couvrei-moi sous l’ombre de vos aio les. a A qui des hommes , 0 mon Dieu ! oserais-je parler de la sorte ? et à qui pourrais-je dire que je lui suis précieux comme la prunelle de ses yeux? Mais c’est vous même qui m'ins|)irez el me commandez cette coniiance. Rien n'est plus délicat ni plus faible que la prunelle. Eu cela elle est mon image.. Qu’elle le soit aussi, ô mon D eu! dans tout le reste ; et multipliez les secours A mon égard comme vous avez multiplié es précautions par rapport à elle , en l'environnant d paupières et de défenses. Custodi me ut pupillam oculi. Mes ennemis m’environnent comme des Oise iux de proie, et je ne puis leur échapper, si je ne me réfugie dans voire sein. Vous avez appris-à des petits encore faibles à se retirer sous les ailes de leurs mères, et vous avez donné aux mères celle sollicitude et cette tendresse pour leurs petits , qui fait notre admiraliou. Vous vous êtes peint dans votre

i « Jérusalem, Jérusalem . quæ oecldis prophètes. et « lapidas cos i|ut ed te missl sont. quolie» volui cougre- « gare fliio» liio». quemailmoilùin gnlllna congtcgal pul- « toi »uoa sub alas, et noluisll ! » (Matth 23,37.)

». Qui tellgerlt vos, laoglt pupillam oculi me! »

Zab ï. fl.)

> a Custodi me ut pupillam oculi; sub ombra alarum « tuarum protégé me. » fls. 16, 8.)

ait peint dans l'Ecriture les différents caractères des hommes avec des couleurs si vives. C’est lui qui a mis dans notre cœur tous les sentiments raisonnables qui s’y trouvent ; et il connaît mieux que nous-mêmes ceux que notre propre corruption y a ajoutés.

Qui ne reconnaît pas la candeur ingénue et l’innocente simplicité de l’enfance dans le récit | que fait Joseph à scs frères de songes qui devaient allumer leur jalousie et leur haine contre lui, et qui l'allumèrent en effet.

Quand le même Joseph se découvre à sa famille , il ne dit que deux mots . mais qui sont puisés dansie fond même de la nature : « Je suis Joseph. Mon père vit-il encore1 * 3 ? » 'Voilà de ces Lrails d’éloquence qui sont inimitables. L’historien Jo'èphe n'a pas senti celte beauté ; du moins il ne l'a pas conservée dans son récit. Le long discours qu’il y substitue , quoique beau en lui-même , n’est pas en sa place.

11 y a dans les Actes un trait merveilleux qui peint ou naturel le caractère d’une joie subite et impétueuse. Saint Pierre avait été mis en prison. En ayant été tiré miraculeusement , il vint à la maison de Marie , mère de Jean , où les fidèles étaient assemblés et en prières. Quand il eut frappé à la porte , une fille nommée Rliode, ayant reconnu sa voix ‘, au lieu de lui ouvrir, dans le transport où elle était, courut vers les fidèles leur dire que Pierre était à la porte.

La douleur, cl surtout d’une mère, a aussi un langage et nn caractère qui sont particuliers. Je ne sais s’il est possible de les mieux représenter qu’ils le sont dans l’histoire admirable de Tobie. Dès que ce cher fils fut parti pour son voyage, sa mère, qui l’aimait tendrement , ne le voyant plus , fut Inconsolable ; et, plongée dans l’amertume, elle ne fit plus que pleurer. Mais sa douleur augmenta infiniment lorsqu'elle vit qu’il n'était point re-

1 « Hcc ergo causa soniniorum alque sermonum inet vidiæ et odil font item ministravil. a (Gbn. 37, 8 )

* « Eletavil voceni cum flelu... et dlul fratribus suis : a Ego suai Joseph. AUhuc paler meus mit? » (Garf. 45,

> « El ut cogùovii voeem Pétri, pr* gaudio non a père ruit januarn, sed inlrô curreus nuuUavU store Petrum « ante januoxn. » (Aci. 12, 14.)

venu an jour marqué, « Ah ! mon fils' 1 mon « GL ! s’écria-t-elle baignée de larmes, pour- >< quoi vous avons-nous envoyé si loin, vous « qui étiix la lumière de nos yeux, le bâton « de notre vieillesse, le soulagement de notre o vie, et l’espérance de notre postérité? a Nous ne devions pas vous éloigner de nous, « puisque vous seul nous teniez lieu de toutes o choses. Rien ne la pouvait consoler; et,

« sortant tous les jours de sa maison , elle a regardait de tous côtés, cl allait dans tous <r les chemins par lesquels elle espérait qu'il « pouriail revenir, pour lâcher à le découvrir n de loin quand il reviendrait. » On peut juger de l’effet que produisit le retour de Tobie et de Raphaël. « Le chien qui les avait suivis o durant le chemin , courut devant eut ; et , a comme s’il eôt porté la nouvelle de leur a venue , il semblait témoigner sa joie par le a mouvement de sa queue et par ses caresses, o Le père de Tobie , tout aveugle qu’il était, a se leva cl se mit à courir, s’exposant à tom- « ber â chaque pas ; et , donnant la main à un « serviteur, il s’en alla au-devant de sou fils. « L'ayant rencontré, il l’embrassa, et sa mère « ensuite, et ils commencèrent tous deux à « pleurer de joie. Puis, ayant adoré Dieu, . et lui ayant rendu grâces , ils s’assirent. » Il ne manque rien à ce récit; et l'Ecriture, pour en augmenter la naïveté, n’a pgs omis la circonstance même du chien, qui est lotit à fait dans la nature.

Un mut échappé à l’ambitieux Aman nous découvre tout ce qui se passe dans l’âme de ceux qui sont livrés à l’insatiable désir des honneurs. Il était arrivé au plus haut comtiie de fortune où puisse parvenir un mortel ; et tout le muude fléchissait le genou devant lui , à l'exception du seul Murdochée. « Mais , « dit-il en confidence à ses amis en leur où-

* k Flebat igllur mater ejus irremediabilibus lacr jurais, a alque dlocbal : Heu. beu me! Qli mi! ul qulü le iuUi- <• mu» perigrinari, lumen ocuiorutn noiirorum. bacuJum a seneclulis no-tr *, solalium vite nostra*. spem pfbiexi- « l.itts notlræ ? Omoia simul in le uno habenlt-s, le non « dtbuimus dimiitere à nobis... Ilia aulcm nullo niodo c consolari poleral , «ed quolidiè exsi liens cireuinspl- « ciebal. eldrculbai via» omoes per quai ipes remeaudi « videbalur, ut procul viderel eum, si fier! poàsel, veincn* a tero. » vTou. 10, 4, 5, 7.)

« vrant son cœur, quoique j'aie tous ces a avantages*, je croirai n'avoir rien tant que « je verrai le Juif Mardochée demeurer assis « devant la porte du palais du roi quand je « passe.» Ce trait n'est pas échappé à M. Racine , et il a bien su eu profiler :

Dans les mains des Persans, jeune enfanl apporté.

Je gouverne l’empire où je fus acheté.

Mes richesses des rois ég»1ent l'opulence.

Environné d'enfants, soutiens de ma puissance.

Il ne manque à mon front que le bandeau royal. Cependant, de» mortels aveuglement fatal !

De cet amas d'honneurs la douceur p issagère Fait sur mon cceii'à peine une atteinte légère.

Mais Mardochée, assis aux porte» du palais.

Dans ce coeur malheureux enfonre mille traits :

Et toute ma grandeur me devient insipide Tandis que le soleil éclaire ce perûde.

Je finirai par un endroit de l'Ecriture . où la suppressinn d'un seul mol nous peint d’une manière merveilleuse le rarariére d'une personne fortement occupée d'un objet. L'esprit dr Dieu avait révélé à David que Tun h?ai mit enfin une demeure fixe sur In montagne de Sion, où l’on bâtirait l’unique temple qu'il voulait avoir dans l'univers. Ce saint roi a. tout transporté hors de lui-mémc, et comme dans une sainte ivresse, sans rendre compte de ce qui S'est passé en lui. ni de qui il parle, et supposant que les autres , aussi bien que lui, ne sont occupés que de Dieu et du mystère qui vient de lui être révélé, s'écrie : «Sa de- « meure stable et ferme est sur les saintes a montagnes *. Le Seigneur aime mieux les a portes de Sion, que toutes les tentes et tous « les pavillons de Jacob. » Il n’y aura donc plus de variation dans les promesses, et le Seigneur ne s'éloignera plus d’Israël. Sa de-

1 « Quum h*c omni a babeam, oihil me habere puto, m quanidiù vtdero MarHocba-um Judaeum sedeuUm aule « fores réglas. » (E»th. 5, 13:) f « Rcpleius apirltu sanrio ci vis iste. et mulU de amore « et de>iderio civilalis hujus volvent secum . laiiquam « plura iniùs apud ae medilatus. erumpilin hoc, fondait menta ejus. » ($. Acc inpsnlm. 86.)

* « Fundamenta ejus ou plutôt, fundatio eju». tedea « ejus fundaia, Arma) in montibus sanctis. Ddigil Donner dus portas Sion super omn la (abrrnacula Jacob. » Ps.

meure esl désormais fixée parmi nous. Son arche ne sera plus crranle; son sanctuaire ne sera plus incertain, et Sion sera dans tous les siècles le lieu de son repos. Fundatnenla eju* ■n montibus tandis.

G” esl par le même sentiment que Madeleine, lorsqu'elle cherchait Jésus- Christ dans le tombeau , tout occupée de l’objet de son amour et de ses désirs, croyant voir un jardinier, lui dit, sans l'avertir de qui elle parlait : « Seigneur, si c'est vous qui l'avei en- « levé, ditrs-moi où vous l’avei mis, et je « l'emporterai '? » Transportée hors d’ellcméme par l'ardeur de son amour *, elle s'imagine que tout le monde doit avoir dans l’esprit celui qu'elle a dans le cœur, et que personne ne peut ignorer qui est celui qu'elle cherche.

Les psaumes seuls fournissent une infinité de traits admirables pour tous les genres d’éloquence; pour le style simple, le sublime, le tendre, le véhément, le pathétique. On peut lire ce que dit sur ce sujet M. Bossuet , é'éque de Meaux , dans le seedud ehapilre de sa pcéfaee sur les psaumes, qui a pour titre : De yrandiloquentiâ et Maritale Psalmorum. On y reconnaît partout le génie vif et sublime de ce grand homme. J’en rapporterai ici un seul endroit, qui suffirait pour montrer comment il faut s’y prendre pour faire sentir le» beautés de l'Ecriture sainte : c'est celui où David fait la description d’une tempête s.

« Sil excmpli loco ilia (empestas ; Dixit, et « adrtitit spirilut procellœ : inlumuerunt a fluctue ; asctndunl u tque ad calot, et dette cendunt usque ad abyssoi. Sic undæ suso quedeque volvunlur. Quid hommes? Turo bâti sunl , et moti sunt sicut ebriut : et a omnit eorum sapientia absorpta est ; quant « profectù fiucluum auimorumque agitatio-

0 nein non Virgilius, non Homerus, tant* « verborum copié æquare potuerunl. Jam

1 tranquillitas quanta! Statuit procellam ejus

' Joan. », 15.

* « Vis amoris hoc agere soict In anlmo, ul quem lps« « sem per digital, milium alium ignorare credat. h (S. G n ego h. pap.)

* Ps. 106, 26, etc.

« in auram , et tiluerunt fîuctus ejus. Qui J « enim suavius , quèm mitem in auram desi- « nens gravis procellarum tumultes, ac moi • silenles fluclus post fragorem tantum? Jam, « quod noslris est propriuro, majestas Dei o quanta in hâc voce : Diril, et procella ad- « slitill Non bic Juno Æolo supplex : non « hic Neptanus in Ventos tumidis ciaggera- « tisque vocibus sæviens, atque æstus iræ a soœ vit ipse intérim premeus. Uno ac simo plici jussu statim omnia peraguntur. »

Dieu commande, et la mer s'enfle et s'agite : les flots s’élèvent jusqu'aui cieui , et descendent jusqu'au fond des abîmes. Le

même Dieu parle; et d’un mot il change ta tempête en un doux léphyr, et l’agitation tumultueuse des flots en un profond silence. Quelle vivacité! et quelle variété d’images!

g IX. Cantique de Moïse après te passage de la mer

Rouge, expliqué scion les régies de la rhétorique.

L’explioalton de ce cantique est de M. IJerson, ancien professeur de rhétorique au collège du Plessis. Son nom et sa réputation doivent faire attendre quelque chose d’cicellent. On a cru devoir faire dans cet écrit quelques changements, que l’auteur adopterait sans peine, s’il était encore vivant.

CANTICUM MOYSIS. CANTIQUE DE MOÏSE.

[v. 1.1 Canlemus * Domino : gloriosè enlm magnifiralus eal. Equutn et ascensorem dejecit in mare.

* lleb. Cantabo.

(▼. 2 ] Fortitodo mea et laus mea Dominas, et fadas est mihi in salutem. Iste Deus meus, et glorific&bo cum : Deus patris mei, et cxallabo eura.

(T. 3.] Dominos quasi vir pugnalor ; omnlpolens nomen ejus.

!l*b. Jeh„i a,i ir btlh ; Jehot n nomtn tyui.

lv. 4.1 Cuit us Pharaonis et oxcrcilum ejus projccit in mare : elecit prlucipea ejus submersi sunt in mari Rubro :

(T. 3.1 Abjssi operuerunl cos : desreaJcrunl in profundum quasi lapis.

[y. 61 Deilera lua. Domine, magnificat! est In fortitudinc : dexlera lua. Domine, perrussit Inimicuin. i |v. 7.1 Et In inultitudine giortc tus deposuisti adversarios tuo*. Misisti iram tuam qui* * devoravü cos sicut Jlipulam.

Il n’y « dans l’original ni fvir, tii fl, ni aucune aube conjo: coofl. L’i ipic*»i»n on oit p:u* vivo.

[T. 8.1 El in spirltu furorls lui congregaUe aunl aqu» : aleiil * unila fluens : cougregatæ s uni ** a’.-jüsi in inedio maii.

* lleb. 5r ’fontwf, simf acernu, ftmnta.

'* lleb. C'«igulaUr tttni

TRAITÉ DES ET

Je chanterai des hjroncs en l'honneur du Seigneur , parce quil a fait éclater sa grandeur. Il a précipité dans la mer le cheval el le cavalier. *

Le Seigneur est ma force, et le sujet de rocs louanges, parce qu'il est devenu mon saut (ou tnon Sauveur}. C'est lui qui est mon Dieu, el je publierai sa gloire. Il est le Dieu de mon père, et je relèverai sa grandeur.

Jéhova (le Seigneur) a paru comme uu guerrier : son nom est Jéhova.

Il a renversé dans la mer le» chariots de Pharaon et son armée : les plus distingués d'entre ses officiers ont été submergés dans 1.x mer liouge.

Iis ont été ensevelis dans les abîmes : ils sont descendus au fond des eaux comme une pierre.

Votre drolie. Seigneur, a fait éclater sa force : votre droite. Seigneur, a brisé l'ennemi.

Par la grandeur de voire puissance et de votre gloire, vous ave* terrassé ceux qui s'élevaient contre nous. Vous ave* envoyé voire colère : elle les a dévorés comme une pellte.

Au souffle de votre fureur les eaux se sont entassées: l’onde qui coulait s'est tenue élevée comme eu un monceau : les flots de l'abimc se sont condensés et durcis au milieu de la mer.

lv. 9.] Dixit inimicus : Persequar, et comprehendam : dividam spolia; implebilur anima meA; cvagloabo gladlum mcurn; interficiet * eos manusmcA.

* Hrb. p. utdebit, on pottider* faciet.

(v. 10.] Flavit * spirilus tous, et operult eos mare. Submarsi sunt quasi plumbum in aquis vehernentibus.

* Iteb. SuffldtU « piritu two.

lv. il.] Qnls similis lut in forlkbus *. Domine? quia similis tul, magniûrosio sancütale, lerribiUs atque lauda* bilis ", faciens mirabilia?

’ I jp mol Mbrro signifie également ibnx el for t».

** Hi'b. Ttrntnlu lamrùb mt.

(v. 12.1 Extendisti manum luam, et* devoravlt eos terra.

’ Ri n’cat point ilan» l'hébreu.

|v. 13.] Dux fuistr in mesericordié tuâ populo qnem rrdemisti : et porlâsii* cura in forlitudiné tuâ ad babitaculum sanclum tuum.

* Hrb. Prducet

lv. 11.1 Ascenderunl * popuii et irai! sunt : doiores obtinuerunt habitatores Philislhim.

* Hcb, Aidirnl popuii t rtc,

lv. 15] Tune conlurbali sunt principes Edom : robustes Moab oblinuit tremor : obriguerunl * omnes habllatores Cbanaan.

* Ht b. DihuIi miur.

]v. 16 ] Irruat super eos formido et pavor : in magnlludine braehii lui, fiant immobiles quasi lapis, donee pertranseat populus tuus. Domine; donee perlranseat populus tuus isle quera possedisli.

(v. 17.] Introduces eos. et plantabis in monte bæreditalis tua-, flrmissiino habilaculo tuoquod operatus es, Domine : sancluarium muni. Domine, firmaverunt inanus tu*.

[▼. 18.1 Domlnus regnabitin sternum, et ultra.

lv. 19.] Ingrcssus est enira eques Pharao cnm eurribus et equitibus ejus in mare; et reduiit super cos Dominus •quas maris : iilii autem Israël auibulaverunt per slccuia ln medio cjus *.

* Mur».

L'ennemi disait : je les poursuivrai ; le les atteindrai!, je partagerai les dépouilles; j’assouvirai mes désirs (ou je satisferai ma vengeance); je tirerai mon épée ; ma main me les assujettira (de nouveau).

Voua avez soufflé, et la mer les a abîmés, lis sont tombés au fond des eaux violentes comme une masse de plomb.

Qui d’entre le* dieux est semblable à vous? Qui vous est semblable, vous qui faites paraître avec éclat votre sainteté , qui mérite* d étre loué avec une frayeur religieuse, et dont les œuvres sont autant de merveilles?

Voua avez étendu votre main, (et) la terre les a dévorés.

Vous vous êtes rendu par votre miséricorde le guide de ce peuple que von* avez racheté, et vous le conduirez par votre puissance jusqu’au lieu de votre demeure sainte.

Les peuples l’apprendront, et en seront consternés : les habitants de la Palestine en seront pénétrés de douleur.

Les princes de l’Idumée seront dans le trouble : les chefs de Moab trembleront de frayeur : tous les habitants de Canaan tomberont dans le découragement.

L'épouvante et l’effroi fondront sur eux. La grandeur (et la force) de votre bras les rendra immobiles comme une pierre, jusqu'à ce que votre peuple soit passé. Seigneur ; jusqu’à ce que soit passé le peuple que vous vous êtes acquis.

Vous les introduirez, et vous les établirez * sur la montagne de votre héritage, dans ce lieu que vous construirez, Seigneur, pour vous servir de demeure; dans ce sanctuaire. Seigneur, que vos mains affermiront.

• LiU. Von» 1«| ptaaltres.

Le Seigneur régnera dans l’éternité, et au delà de tous les siècles.

Car Pharaon est entré dans la mer avec scs chariots et sa cavalerie; et le Seigneur a fait retourner sur eux les eaux de h mer : mats les enfants d'Israël ont passé au milieu d'elle a pied sec.

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