‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 176 sur 298 · PREMIER MORCEAU DE L'HISTOIRE KOMAIKE · texte numérisé non relu

PREMIER MORCEAU DE L'HISTOIRE KOMAIKE

Fondation de l'empire romain par Romulus et Nuzna.

On trouve réunis dans Romulus et dans Nu ma tous les principes et les fondements de la puissance de Rome, les causes de son agrandissement et de sa durée , les mniimes de sa politique, les régies de son gouvernement, le génie particulier de son peuple et l'esprit dont il a été animé dans toute sa conduite et dans toutes ses différentes situations pendant plus de douze siècles. C'est dans ces deux règnes que le peuple romain a puisé les caractères propres et singuliers qu'il a portés depuis avec tant d’éclat et de succès ; et l’impression en a été si intime et si profonde , qu’elle a duré sans altération, non-seulement du temps des rois et de la république , mais sous les empereurs, et jusqu’à la décadence de l'empire.

PREMIER CAEACTfeRE DES ROMAIRI.

La valeur.

Un des caractères dominants du peuple romain a été d’être belliqueux, entreprenant, conquérant ; de se consacrer tout entier à la profession des armes , et de préférer à tout la gloire qui revient des exploits guerriers. Romulus , son fondateur , semble lui avoir inspiré ce caractère. Ce prince , endurci dès son enfance par les pénibles exercices de la chasse, et accoutumé à combattre contre les voleurs; obligé ensuite de défendre les franchises de l’asile qu’il avait ouvert ; n'ayant pour sujet de son nouveau royaume qu’un assemblage de gens hardis , déterminés , féroces , qui n’espéraient de sûreté pour leur personne que par la force , et qui , ne possédant rien , ne pouvaient trouver de subsistance qu'à la pointe de l’épée; ce prince, disje, s’accoutuma à avoir toujours les armes à la main , et il passa son règne à faire successivement la guerre aux Sabins, aux Fidénates, aux Véiens et à tous les peuples voisins.

Il mit fort en honneur la bravoure militaire, par les fréquentes victoires qu'il remporta , et par ses exploits personnels. Et l’éclat avec lequel on le vil entrer deux fuis dans Rome portant un trophée à la tête de ses troupes victorieuses, au milieu d'une foule de captifs et parmi les acclamations de tout le peuple , donna lieu aux triomphes qui furent en usage dans la suite, et qui étaient en même temps l’aiguillon le plus puissant de l’ambition des gènéraui et le dernier comble de la grandeur à laquelle ils pouvaient aspirer. Romulus ne fut pas moins attentif à animer le courage des simples soldats par les récompenses et les différents honneurs militaires , et par l'amorce des terres conquises qu'il leur partageait.

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