‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 19 sur 298 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En proposant, comme j’ai fait, une siitte dé lectures et d’exercices pour les jeunes pélrsonnes du sexe, jeu’ai éti en vue que celles J

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qui leur état laisse le temps et fournit les moyens de s'y occuper. Ces sortes de lectures et d’exercices peuvent remplir utilement et agréablement les premières années de leur vie. Et pourquoi refuserait-on de leur orner l’esprit de ces connaissances, qui certainement ne sont point au-dessus de leur portée, ni contraires à leur étal? L'affectation de science et de bel-esprit ne convient à personne, et encore moins aux dames : mais s'ensuit-il qu'elles doivent être condamnées à une grossière ignorance? L'étude que je conseille ici aux jeunes demoiselles ne les empêchera point, comme je l’ai déjà observé, de s'acquitter exactement de tous leurs devoirs, d'apprendre à travailler utilement des mains, d'entrer déjà dans tous les soins du ménage, de s'instruire de tout ce qui regarde une sage économie, et qui a rapport au gouvernement domestique, connaissances absolument essentielles à leur état, et dont le défaut cause ordinairement la ruine des plus grandes maisons. L’étude dont je parle, loin d'être un obstacle

à ces devoirs, les y conduira naturellement, et leur en rendra la pralique plus facile, en leur donnant un esprit plus sérieux, plusexact, plus solide, plus capable d'ordre, d'altcntion, de travail, en leur faisant aimer davantage leurs maisons, et en leur apprenant à se passer de compagnies. Elles ne feront jamais parade de ce qu’elles auront appris, et ne se feront distinguer des autres que par une plus grande modestie. L’avantage qu'elles tireront de leurs connaissances sera de n'êlrc pas obligées, pour éviter l’ennui et le dégoût d’une vie dèsoccupée, d'en remplir le vide par le jeu, par les spectacles, par des visites inutiles, par des conversations frivoles; et d'être en état, après qu'elles auront satisfait aux bienséances de leur condition, de se réserver des moments précieux, où. libres et retirées, elles puissent s'occuper de le Hures capables de nourrir agréablement leur esprit, et de remplir leur cœur d'une joie solide et durable, en lui montrant le seul bien qui peut le rendre heureux.

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