LIVRE II
DE L'iNTELLICESCB DBS LANGUES.
L'intelligence des langues sert comme d’introduction à toutes les sciences. Par elle 1 nous parvenons presque sans peine à la connaissance d’une infinité de belles choses qui ont coûté de longs travaux à ceux qui les ont inventées. Par elle tous les siècles et tous les pays nous sont ouverts. Elle nous rend en quelque sorte contemporains de tous les Ages et citoyens de tous les royaumes; et elle nous met en étal de nous entretenir encore aujourd'hui avec tout ce que l'antiquité a produit de plus savants hommes, qui semblent avoir vécu et travaillé pour nous. Nous trouvons en eux comme autant de maîtres qu’il nous est permis de consulter en tout temps, comme
1 « Ad res pulrherrtmas ex tenebris ed lucem e ru tas
■ «Ueoo tabore deduclrour. Nulloooblsaeculo iDlerdfclum
■ est : !o otnnia admlulmur... dtspulare eutn Socrate 11-
■ cet, etc. Ilii nobis oati lunt. nobls vilain prsparave-
• runl... Illoe antistites bonarum artiom. qotsquti volet,
■ potest habere ram!ILarisaimos...Itl! nocte et conveolrt et « Interdit) ab omnibus morullbns possunL . Nemo bov rom quemquxm ad se venicntem vacuis a se maoibus > sbire paiilur. ■ (Senne, de Bnvit. vita, cap. lé.)
■ Pernodant nobhtum, peregrinamur, rtulicanlur. n (Crcen pro. Areh o. 16.)
■ Tôt nos prKceptorlbux, tôt exempiis instruxlt antiqul- < tas, ut possll viderl nulla sorte DSKendl rus telicior,
• quam nostra, eui docenda prions elaboraverant. n (Qotnxtu lib. 11, cep. 11*).
autant d’amis qui sont de toutes les heures, et qui peuvent être de toutes nos parties, dont la conversation, toujours utile et toujours agréable, nous enrichit l’esprit de mille connaissances curieuses, et nous apprend à profiter également des vertus et des vices du genre humain. Sans le secours des langues, tous ces oracles sont muets pour nous, tous ces trésors nous sont fermés; et faute d’avoir la clef, qui seule peut nous en ouvrir l’entrée nous demeurons pauvres au milieu de tant de richesses, et ignorants au milieu de toutes les sciences.
Les langues qui se doivent enseigner dans les collèges de France se réduisent à trois ; la grecque, la latine, la française. Je commencerai par la dernière, parce que je crois que c'est par elle que doiveut commencer ces études.