‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 210 sur 298 · DU GOUVERNEMENT INTÉRIEUR DES CLASSES ET DU COLLÈGE · texte numérisé non relu

DU GOUVERNEMENT INTÉRIEUR DES CLASSES ET DU COLLÈGE

AVANT-PROPOS

Cet avant-propos renfermera déni articles. Dans le premier je montrerai de quelle imporlanrc est la benne éducation de la jeunesse; dans le second j'examinerai si l'instruction publique doit cire préférée à l'instruction domestique et particulière.

Importance de la boone éducation (je la jeunesse.

L’éducalion de la jeunesse a toujours été regardée par les plus grands philosophes et par les plus fameux législateurs comme la source la plus certaine du repos et du bonheur, non-seutemenl des familles, mais des Elals même et des empires. En effet, qu'esl-ce qu’une république ou un royaume , sinon un Vaste corpsdonl la vigueur et la santé dépendent de celles des familles particulières, qui en sont comme les membres et les parties, et dont aucune ne peut manquer à ses fondions sans que le corps enlier ne s’en ressente? Or, n’esl-ce pas la bonne éducation qui met tous les citoyens, et encore plus les grands elles princes que tous les autres, en étal de remplir dignement leurs différentes fonctions? N’esl-il pas évident que la jeunesse est comme la pépinière de l'Etat; que c’est par elle qu’il se renouvelle et se perpétue ; que c’est d’elle que viennent tous les pères tje famille, tous

les magistrats , tous les ministres , en un mot toutes les personnes constituées en autorité et en dignité? et ne peul-nn pas assurer que ce qu’il y a de bon ou de défectueui dans t’éducation de ceui qui rempliront un jour ces places , ifiduc dans tout le corps de l’Etat , et devient comme l’esprit et le caractère général de la nation entière?

Les lois . h la vérité , sont le fondement des empires'; et, en y conservant la règle et le bon ordre, elles y maintiennent la pair et la tranquillité. Mais d'où les lois elles-mêmes tirent-elles leur force et leur vigueur', sinon de la bonne éducation , qui y ai coutume et y assujettit les esprits? sans quoi elles sont une faible barrière contre les passions des hommes :

Quid legei tint moribas Vanæ proûciunl? *

Plutarque fait i ce sujet une réflexion bien sensée, et qui mérite d’être pesée avec attention ; c’est en parlant de I.ycurgue *: « Ce sage < législateur, dit-il , ne jugea pas è propos de a coucher scs lois par écrit , persuadé que ce

' dfîl.Of Ovôiv TÜV iy'iipAiràTMS SQUUV, Ek| ffvv-

SlSoÇRtfoiswV Ûl TÔ TTMVTUS T<ÙV îrOI.ITÎ'J0piv«>, I f tVoVTEt «iSlffUÏVOt XKt TrlROttSl-jpiVOt (V 7 r, ICQl.lTUR,

(Amst. Polit, tib. 3, cap. 9.

1 Horat. tib. 3. od. Zt

> In VH4 Ljcorg.

Page 1