Dm pratiques de dévotion
Il y a cerlaines pratiques de dévotion courtes et faciles , qui ne sont point à charge aux jeunes gens, mais qui les avertissent de plusieurs devoirs qu'on néglige pour l'ordinaire, cl qui les accoutument A faire entrer la piété dans ia plupart de leurs actions.
La dévotion A Jésus-Christ doit l'emporter infiniment sur toutes les autres; et l’on ne peut inculquer aux jeunes gens trop fortement ni trop fréquemment ces paroles de l'Evangile ; La vie éternelle consiste à vous connaître vous qui êtes le seul Dieu véritable ,
et Jésus-Christ , que vous avez envoyé. Elles nous apprennent que la vraie piété cil fondée sur la connaissance de Dieu et sur celle de Jésus-Christ, c’est-à-dire de ses mystères, de ses maximes, et de ses exemples. Ce que les évangélistes rapportent de sa divine enfance doit leur être parfaitement connu Pt familier, surtout ce.qu’il fil A l'Age de douze ans dans le temple '; circonstance précieuse, que Jésus-Christ a voulu qui fût conservée dans l'Evangile’, afin que les jeunes gens y trouvassent un parfait modèle de toutes les vertus qui conviennent à leur Age 3. Il faut souventle leur représenter plein de tendresse pour les enfants, leur imposant les mains et les bénissant avec bonté, leur donnant un libre accès auprès de lui, déclarant que le royaume des deux leur appartient, et voulant bien regarder comme fait pour lui tout ce qu’on fera pour eux.
Il faut aussi recommander beaucoup aux enfants la dévotion à la sainte Vierge, les exhorter A la prendre pour leur mère et leur protectrice dans tous leurs besoins, A solenniser avec une piété particulière toutes scs fêtes, et A la prier instamment d'obtenir pour eux deux grandes vertus , qui ont Tait son caractère propre, et qui sont si nécessaires aux jeunes gens, la pureté et l'humilité.
On doit aussi leur recommander fa dévotion aux saints anges , et particulièrement A leur ange gardien , qui leur est donné pour veiller continuellement sur eux et sur tous leurs besoins tant corporels que spirituels, et au saint dont ils portent le nom et qu’ils doivent regarder comme leur patron particulier. De petites litanies où l’on fait entrer tous ces noms n'allongent pas de beaucoup la prière. Quand on célébré dans le cours de la semaine la fêle de quelques saints plus considérable, on en insère le nom dans la litanie du soir préi édcnl ; et il est A souhaiter que le principal, duns l'instruction du dimanche, annonce ces fêles et en dise un mot.
Dès que les enfants se réveillent, il est bon qu'ils s'accoutument à faire le signe de la croix ; et , comme si Dieu dans ce moment
• Luc. i. ti. a.
• Mal. 18. 14.
> Luc. 8,48
• Joui. 17, 3.
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leur disait : Mon fils, dotmts-moi votre coeur', qu'ils lui répondent : « Je m’offre A vous, ô « mon Dieu, de toute l'étendue de mon coeur, « corde magnoet animo volenli '. »
Chaque élude doit commencer par une courte prière. Quand les enfants parlent en public, et f int quelque exercice , le signe de la crois doit être le signal et le commencement. J’en dis autant pour les maîtres. Ou sait que les premiers chrétiens employaient ce signe salutaire en toute occasion.
Les prières avant et après le repas sont régulièrement observées dans tous les co'léges. Quoi de plus juste et de plus raisonnable en effet, que de rendre cet hommage public A la bonté et A la libéralité de Dieu, de qui l'on lient tout, et que l'on doit par conséquent remercier de tout? Maintenant, A la honte de notre siècle, cette sainte coutume, consacrée par l'usage de tous les temps, même chez les païens, s'abolit de plus en plus chaque jour parmi nous, surtout chez les riches cl chez les grands, où il n'en reste presque plus aucune trace, et où il semble qu'on rougirait de paraître chrétiens. Il faut prémunir les enfants contre cet abus, en, les accoutumant, même au déjeuner et au goûter, A faire le signe de la croix sur la nourriture qu'ils doivent prendre. On prend occasion de les instruire sur ce sujet en leur expliquant ce qui est dit de Jésus Christ, que, s’étant mis à table avec les deux disciples qui allaient A Emmaas, il prit le pain, le bénit, et, l'ayant rompu , le leur donna.
Je n’ai pas besoin d’avertir de l'obligation indispensable où nous sommes de prier tous les jours pour la personne sacrée du roi ; le statut de l’université y est formel , et il s’obset ve partout exactement.
Il faut aussi se souvenir des besoins , tant publics de la religion et de l’Etal, que particuliers par rapport aux parents et aux amis.
Ou ne doit pas oublier, aux quatre-temps , d’avertir les jeunes gens de se joindre aux prières communes de l'Eglise, et de demander avec elle A Dieu qu’il lui plaise de nous accorder le repeulir et le pardon de nos pé-
< « Prrrbe, fili ml. cor tuum rnihi. » (Prov. 23, 26.)
2 Machab. I, 3.
TEAITÉ DE» ET.
ché«, de répandre sa bénédiction sur les fruits de la terre, et de donner A son Eglise de bons pasteurs et de bons ministres, qui sont les trois motifs pour lesquels ces prières ont été établies. Chacun des trois jours après la messe on pourrait s’acquitter de ce devoir. Ut remissionem prccatorum noslrorum n obis doues : Ut fruclus terrœ dare et conservare digneris : Ut sacerdotes lui induanlur justifiant'. A chaque article les écoliers répondront, Te rogamus, audi nos. Le samedi, jour de l’ordination, on peut ajouter celle prière, composée des paroles de I Ecriture*: Domine Jesu s, ostium ovium , per quem si guis introierit salvabilur; botte paslor, qui anitnam tuam posuisti pro otsibus luis, miserere populorum , qui sunt affliclt et jacentes sicul oies non habenles pastorem. Messie guident multa , operarii autem pauci. Rogamus ergo te dominum messie, ut initias operarios in messent tuam. Tu, qui corda nosli omnium, ostende quos elegeris. Amen.
Lorsque quelqu'un des parents ou des amis, quelque évêque ou quelque magistral, est dangereusement malade, on peut dire tous les jours à la Gn du repas: Domine *, ecce quem amas infirmalur *. Quand il est sorti du danger, ou en remercie Dieu : Agimus tibi grattas. Domine ', pro famulo tuo, cujus infirmitas non fuit ad mortem, sed pro glorid tuà. S’il meurt, ou prie Dieu pour lui après sa mort.
1 Nous vous prions de noos accorder le pardon de nos péchés : De nous donner et de nous conserver les fruits do la terre : De revêtir vos ministres de Justice et de saioteté.
s Joaon. 10; Malt. 9; AcL 1.
> Seigneur Jésus, qui éles la porte des brebis, et par qui II faut entrer pour être sauvé; bon pasteur, qui avez donné votre vie pour vos brebis, ayez pidé des peuples, qui sont languissants et dispersés comme des brebis qui n'ont point de pasteur. La moisson est grande. Seigneur; mais ri y a peu d'ouvriers : nous vous prions donc, vous qui êtes le maître de la moisson, d'y envoyer des ouvriers. Vous qui connaissez les coeurs de tous les hommes, montiez qui sont ceus que vous avez choisis. Nous vous en prions, 0 Dieu, qui vivez et régnez éternellement. Amen.
v Seigneur, celui que vous aimez est msfade.
* Jostrn. 11. 3, v. 4.
'Nous vous remercions pour votre serviteur, dont ta maladie n a point été à la mort, mais seulement pour votre gloire.
Quand la sonnette avertit qu’on porte le corps de notre Seigneur Jésus Christ à quelque malade , on se met A genoux , et l'on fait les (rois prières suivantes , dont la première est un acte de foi pour adorer Jésus-Christ , la seconde regarde le malade , et par la troisième on demande pour soi-mème ta grâce de recevoir un jour Jésus-Christ en viatique. Tu es Christus /Mus l)ei vioi1... Domine * , ecce qutm amas infirmatur. Domine, semper da nobis panem hune, prœsertim inkorà mortis*.
Chaque écolier peut avertir du jour de sa naissance et de son baptême, et l'on prie les autres de s’en souvenir le lendemain b la messe , et d'en rendre grâces pour lui et avec lui.
Ces petites pratiques , fort faciles par ellesmêmes, et qui ont lieu en différentes occasions, selon les différents besoins, ne tendent, comme on le voit aisément . qu’à inspirer aux jeunes gens du goût pour la piété, et à les accoutumer de bonne heure à s'acquitter de certains devoirs de religion qui sont ordinairement ignorés ou négligés.