‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 251 sur 298 · UI · texte numérisé non relu

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ser de cette manière éclatante notre fidélité pour nos rois, notre zèle pour les libertés de la France, notre fermeté dans la défense de la véritable doctrine.

Dieu va couronuer son ouvrage; nous l'espérons avec confiance, il fera ce que lui seul peut faire, il nous rendra dignes de son bienfait Notre fortune s'est accrue au delà de ce que nous devions attendre; il va répandre sur nous de nouveaux trésors de justice, de piété et de religion, il ne permettra pas qu’un monumeut de la bienfaisance du priucc devienne la cause de notre perte.

Tels sont les vœux que nous avons formés dans cette procession solennelle, oit l'Université a vu, si J'ose le dire, toute celle capitale s’ébranler pour jouir de notre gloire et pour la célébrer par un applaudissement universel. Non, ce ne sera point en vain que uos vœux auront été répandus; j'en crois l'ardente cl sincère piété du pontife qui a été dans ce moment comme un médiateur eutre le Seigneur et nous. C’est le véritable aini de ses frères et du peuple d’Israël. Comme le prophète, il ne cesse d'adresser à Dieu 1rs plus ferventes prières pour le peuple fidèle et pour toute celte grande ville. Ce généreux pontife s'est revêtu de la cuirasse de la justice; il a esl couvert du casque du salut et du bouclier impénétrable de la vérité. 11 porte le glaive de la parole de Dieu, et sous ces armes puissantes il marche environné du pieux cortège de ses prêtres, tous brûlant du zèle de la loi. Au milieu des combats qu'il livre pour la fol et pour la gloire du Seigneur, son cœur ne respire que la douceur et la paix ; mais son courage ne s’affaiblira point, et nous espérons que Dieu lui accordera la victoire.

A son exemple et sous sa conduite1, nous ne cesserons point dans notre Université d'offrir des supplications, des prières, des demandes, et des actions de grâces pour le roi et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous méritions de mener une vie heureuse et paisible, et que Dieu conserve aux lois toute leur force, aux princes leur autorité, au royaume sa dignité et la paix, à la religion et à la foi leur pureté. Nous lui demauderoas surtout qu’en qualité de protecteur des pupilles et des orphelins, il daigne prendre sous sa protection notre jeune roi, celte précieuse étincelle, qui seul nous reste d'une si nombreuse famille : qu'il le garde comme la prunelle de ses yeux, qu’il le mette à couvert sous l'ombre de ses ailes; qu’il soit lui-niémc son maître, son gardien, son tuteur, son père ; qu'il écarte loin de lui toutes les disgrâces de la vie humaine, tous les dangers des maladies, et bien plus encore ceux de la flatterie et du mensonge, funeste poison, qui ne réussit que trop souvent à corrompre l’heureux naturel des meilleurs princes!

Ce sont là les vœux ardents que nous vous présentons, prosternés en votre présence, divin Jésus, dont nous allons bientôt adorer l'humble naissance dans une pauvre crèche. Pendant que vous étiez sur ta terre, vous invitiez avec une bonté et une tendresse vraiment paternelles les pet ils à s'approcher de vous. Képandez maintenant du haut du ciel vos plus douces bénédictions sur notre roi encore enfant, vous quiavez bien voulu joindre en votre personne l'enfance et la royauté. Attirez-le vers vous par les doux liens de votre charité. Le cœur des rois est dans voire

1 Ce qui mil > été traduit par M. Bollio.

main comme une eau courante à qui vous donnez tel per- | chaut qu'il vous plaît. C'est par vous que les princes com- I mandent, et que «eux qui sont puissants rendent la justice. Communiquez-lui cette sagesse qui est assise auprès devousdans votre sanctuaire, afin qu'elle l'accompagne en tout temps, et qu'elle travaille toujours avec lui. Donnezlui un cœur docile, un cœur sage et intelligent, un cœur parfait, afin qu'il puisse gouverner dignement votre peuple. Qu'il ait toujours avec lui le saint livre de votre loi, et qu'il le lise tous les jours de sa vie pour apprendre à vous craindre et à garder vos saillies ordonnances. Qu'il apprenne dans ce divin livre ou est la prudence, où est la force, où est l'intelligence; afin qu'il sache en même temps où est la stabilité cl le bonheur de la vie, la lumière et la paix. Mais, puisque les rois marchent au milieu des pièges, et qu’ils sont toujours comme dans un chemin glissant et dans une nuit obscure, que votre loi et votre vérité lui servent de flambeau, de guide et de conseil, éloignez de son trône la basse complaisance des faux amis, la nuire perfidie des langues médisantes, la dangereuse malignité des séducteurs, qui ne s'occupent qu'à tromper par leurs déguisements et par leurs adresses la crédule simplicité des princes. Faites que son cœur ne s'élève jamais d'orgueil au-de>sus de ses frères. Que la justice et la miséricorde lui servent de manteau royal et de diadème. Lutin, qu'il soit véritablement le père des pauvres, et qu'il préfère cette honorable qualité à tous ses autres titres de graudeur.

Extrait du second panégyrique de Ijouis X IV, sur l'établissement des Invalides.

Parmi les établissements dus à Louis XIV, il en est un qui seul aurait suffi pour immortaliser son nom, c'est ; eet asile que sa piété généreuse a préparé à la valeur infirme ou indigente. Vos esprits sc représentent en eet instant, messieurs, ce monument éternel de la grandeur de Louis, que ses mains bienfaisantes ont elevé aux portes de la capitale; vous vous rappelez cct édifice admirable par sa situation, par l'immensité de ses bâtiments, par la noblesse cl la beauté de son architecture; mais plus admirable encore par le sentiment qui a présidé à sa construction. Jusqu'ici nulle retraite n était ouverte u la valeur infortunée, nul port ou nos gucrriei» pussent trouver le repos après la violente agitation des combats et desarmes. Courbés sous le poids des ans, affaiblis par leurs blessures, privés d'une partie d'eux-mémes, leurs troupes plaint i\ es. errantes dans nos villes, offraient sans cesse à leurs concitoyens le spectacle douloureux de leur misère et de leurs cicatrices, tristes fruits de leurs services militaires. Le uicilleurdes rois a pourvu à leurs besoins avec la tendresse d'un père. Je ne m'étonne plus de voir sous son régne nos Français intrépides, bravant la mort quisc multiplie autourdeux, se jeter au milieu des ennemis avec une audace presque insensée, et qui semble ne craindre ni ne connailie le danger. Échappés aux fatigues et aux périls de la guerre, uue vaste et magnifique demeure les attend, où, sous la protection de Louis, à l'ombre de ses lauriers, des vieillard! usés par de longs services, de jeunes guerriers couverts de blessures, viennent jouir en paix de leurs triomphes

Dan* ce sanctuaire consacré à la valeur française et à la religion, régne au milieu d'une pais profonde l'observance exacte de la discipline militaire. C'est un camp qui retentit sans cesse du bruit des armes, et qui présente aux habitants de la ville I image innocente de la guerre. Une vigilance infatigable y fait la garde nuit et jour. Un u'y redoute pas cependant les surprises de l'ennemi; on n’y craint que cet ennemi domestique que nous portons au dedans de nous-mêmes. C'est contre le vice et les passions que combattent les habitants de celte retraite ; c’est désormais la seule victoire qui leur reste à remporter.

Ainsi du sein des maux des soldats, Louis a fait naître leur bonheur Leurs blessures heureuses vont rendre la santé a leurs âmes. Eb! quel bien aussi précieux pouvait leur procurer la victoire la plus éclatante? Enivrés de la vaine fumée d'une gloire passagère, semblables à des victimes engraissées pour l'autel, au milieu de leurs triomphes la mort allait les frapper, et peut-être, bêlas! pour l'éternité. En effet, dans cetlemultilude innombrable de soldats qui se sacrifient pour leur roi avec autant de courage que de fidélité, combien y en a-t-il qui pensent à honorer le maître de* souverains ? C'est en entrant dans cette retraite sacrée qu'ils dépo eut l'ignorance honteuse de la religion, et l'oubli sacrilège de la Divinité. C’est là que ces guerriers qui, dans la fureur aveugle des combats, ont bravé tant de fois le trépas, apprennent dans le sein d’une heureuse paix à attendre patiemment une mort chrétienne.

C’est un spectacle digne des anges même que celui de la piété de la plupart d’entre eux. Non, je ne crois pas que ce désert si célèbre par les rigueurs de la pénitence, cet heureux réduit de la France, où Dieu est vraiment honoré, s’il l’est en aucun lieu de la terre; je ne crois pas que celle pieuse solitude offre des exemples d’une piété plus touchante. A quelque heure do jour que vous visitiez ce. temple auguste consacré nu dieu des armées, vous y voyez d’anciens officiers, de vieux soldats, fidèles au poste où la religion les appelle, prosternés au pied des autels. Leur piété sans faste et sans ostentation semble n’avoir que Dieu seul pour témoin ; leurs yeux baignés de larmes, leurs fronts collés sur la terre, leurs longs soupirs, leur componction religieuse, arracheraient aux incrédules même l’aveu de la Divinité et le respect pour son culte. Dieu juste! Dieu de miséricorde! aux yeux de qui toute àineest d’un grand prix! vous, qui ne laissez aucune bonne action sans récompense, vous tiendrez compte à Louis de celte bienfaisance auguste et chrétienne qui a rappelé les cœurs de tant de soldats à votre amour et au culte de vos autels.

Tant de bienfaits ne sortent point de la mémoire de ces pieux guerriers. Ils répètent sans ces«c le nom de celui i qui ils doivent leur repos et leur salut. La reconnaissance ramène son éloge dans tous leurs entretiens. Témoins, et comme ils aiment à s’en flatter, ministres et compagnons de sa gloire, 11* racontent tous les jours leurs victoires et les siennes. 11s se rappellent les uns aux autres la bienfaisance et l'humanité de leur maître. J’étais blessé, dit l’un , et ses soins m’ont rendu à la vie: il a payé mes services, dit l’autre, par une gratification. Que de villes nous avons emportées sous ses ordres! combien de foi* l’eunemi a fui devant nou»! jamais quand U a

marché à notre tête nous ne somme* revenus que vainqueurs.

Que le* poètes gardent le silence; que les auteur* se taisent , que ce* artistes dont le# talents font revivre aux yeux de la postérité le* actions des roi* négligent le soin de la gloire de Louis: ces éloges simples et vrais qui sortcat de la bouche des soldats honorent plus sa mémoire que le# discours et les poèmes les plus sublimes. La reconnaissance élèvera dans leur# cœurs sincères et fidèles des monuments plus durables que le marbre, l’airain, ou la toile, aminés par des inu ins savantes. Celle franchise militaire, amie de la vérité, plus portée à critiquer les fautes des généraux qu'a exagérer leurs vertus, est exempte du soupçon de flatterie, dont les orateurs et les poêles ont tant de peine à se défendre.

La gloire de Louis lie sc bornera pas à la durée de notre siècle; elle ne périra point avec ceux qui jouissent aujourd'hui de ses bienfaits : une tradition fidèle la perpétuera d’âge eu âge ; clic passera de b ouche en bouche, et ceux qui habitent l’hôtel qu’il a fondé en transmettront le dépôt à leur» successeurs. S’ils pouvaient oublier leur bienfaiteur , les pierres de l’édifice réclameraient contre leur silence , les voûtes du temple apprendraient à la postérité que c’est Louis qui le# a élevée* ; que c’est à sa magnificence et à sa libéralité que des guerriers malheureux doivent celte retraite, que c est lui qui assure a leur vieillesse le repos honorable dont elle jouit. Les nations étrangères, les princes voisins, qui à notre imitation outfoudé ou fonderont par la suite de pareils établissements, aussi inférieurs au nôtre qu’il y a de distance entre les fondateurs, ajoutera ut encore et mettront le comble à la gloire de Louis. C’est lui, comme premier auteur de cet établissement utile, que la postérité louera du bien qu’il aurait fait aux. soldats et de celui qu'on leur fera à sou exemple.

Discourt de M. Rollin à la nation de France assemblée,

qu’il présidait, sur la nomination â la curedeSaint-

Côme.

J'ai cru, messieurs, devoir commencer parle signe de la croix, et par l’invocation de la très-sainte Trinité, uue assemblée qui regarde uniquement Jésus-Christ , soo Église, sa religion. Il4s’agit ici, vous le savez, de choisir un successeur à feu M. Berbis, curé de Saint-Côme.

Une grande reine disait autrefois avec autant de piété que d'esprit qu’elle souhaitait que pendant tout son règne le* évêques, s'il était possible, fussent immortels, pour n’étre point réduite â la redoutable nécessité den nommer d’autres à leur place. Je souhai'.erais de même, messieurs, permetlcz-inoi de le dire, que dans le corps de l'Université quelque autre compagnie que la nôtre « trouvât aujourd’hui en tour de choisir un pasteur pour l’église qui vient de perdre le sien, et qu’une affaire si dangereuse à manier, si délicate, si importante pour le salut, ne fût pas remise à nos suffrages. Car dans la délibération présente, il ne s’agit point d’un intérêt commua et ordinaire, où la recommandation puisse avoir lieu; ou il soit permis d'écouter l’amitié, et de se prêter sans scrupule aux sentiment* purement humains.

L'affaire qui nous assemble est une affaire toute divia* ;

le salut des âmes en dépend ; elle a pour objet l’héritage même de Jésus-Christ. Ce souverain pasteur recommande aujourd hui à chacun de vous, messieurs, les brebis qui lui ont élé confiées par son père, qu'il a rachetées au prix de sou sang, qu'il nourrit ici-bas de son propre corps, et dont il veut être lui-même la récompense dans le ciel. II exige de vous, non-seulement de ne les point livrer à un homme indigne, ce qui est bien éloigné de votre religion. Or , quiconque demande pour jo» un bénéfice à charge d’âmes M'en rend indigne par celle seule démarche1. Ce sont le» propres termes des articles du corps de doctrine que la Sorbonne vient de publier: j’en citerai encore les paroles qui suivent, et je vous supplie, messieurs, d'y faire une attention particulière; car elles nous marquent en peu de mots notre devoir, qui n'est pas fondé sur une simple loi humaine, mais sur le droit inviolable de la loi naturelle et divine Ixs bénéfices ecclésiastiques doivent toujours être conférés aux sujets les plus dignes, c’està-dire à ceux qui sont le plus propres à en remplir les fonctions, principalement si le soin des àtnrs est attaché à ces bénéfices. Ceux qui font autrement commettent un grand péché *. Jésus-Christ donc, messieurs, exige uon-seiilernentde ne point livrer les brebis à uii ministre indigne; non-seulement de les confier à un homme plein Je probité, plein de piété, digne en un mot d'un pareil emploi: ces qualités sont grandes et rares, et elles ne suffisent pas néanmoins ; il veut que |>our un tel ministère vous choisissiez le plus horume de bien, le plus saint, le plu» digne, et relui que vous aurez reconnu pour tel de bonne foi, dans le fond de votre conscience, sans aucune prévention et sans aucune vue humaine; en qui l'on ait remarqué depuis longtemps un esprit éloigné de I intérêt, du faste, de l'orgueil, des délices; qui ait fait preuve d une inclination libérale et bienfaisante pour le soulagement des pauvres; qui possède à fond la science ecclésiastique; qui parle avec facilité et avec force, afin qu’il soit capable d'exhorter selon la saine doctrine, et de convaincre ceux qui s’ g opposent, qui ail de l'adresse et de la prudence. J'entends une adresse et une prudence chrétiennes, afin de pouvoir se varier, le transformer selon les besoins, et dans ses soins auprès des fidèles se faire tout à tous pour les gagner tous. Mais avec tout cela et plus que tout cela, un homme en qui se trouve une sincère et fervente piété, un grand zèle pour le salut des inies, un attachement vif et solide a la vérité, un ardent amour pour Jésus-Christ et pour l'Église son épouse.

Je sais, messieurs, que, sans sortir de la nation, fertile en excellents sujets dans tous les genres, on peut faire choix d un pareil pasteur, et je souhaite bien sincèrement que I affaire puisse prendre ce tour. Mais si quelque obstacle s opposait au dessein que vous auriez de mettre en place celui de nos confrères qui vous en paraîtrait le plus digne, et si vous trouviez ailleurs quelqu un qui en fût plus digne encore, je vous prie, messieurs, je vous conjure par votre propre conscience, par l'espérance de votre salut éternel, qui dépend de la démarche que vous allez faire, par le sang des âmes dont Dieu vous demandera compte, de ne point vous renfermer dans les bornes étroites de notre nation, ni même de l'üniversilé. Rap-

1 Art. no.

* Art. 1 15,

pelez dans vos esprits l'excellente parole d'un empereur romain, parole qui mérite d'èlrc conservée dans la mémoire de tons les siècles: (îalba, lorsqu'il adopta IMson, lui disait: Auguste chercha dans sa famille celui dont U voulait faire son successeur; fai cherché le mien dans la république... Vous avez un frère qui ne vous cède point en noblesse, qui est votre ainé, qui serait digne de ce haut rang, si vous ne l’étiez encore plus que lui \ Vous voyez, messieurs, qu'il cherche non-seulement un sujet digne, mais le plus digne ; et qu’il le cherche non dans sa famille, mais dans tout I empire. Il serait honteux pour nous, qui soin mes chrétiens, de montrer quand il sagitdes intérêts de Jésus-Christ, des sentiments moins droits et moins généreux qu'un prince païen, qui n avait en vue que la gloire humaine.

Toute la ville a les yeux sur vous; ses espérances et ses verux la tiennent dans I attente de l'exemple que vous lui donnerez dans une affaire qui certainement intéresse la religion, vous, messieurs, qui êtes maître» en Israël et destinés h former les autre* à la piété. Mais il n'est personne qui attende avec plus d'empressement et de sollicitude I événement de nos délibérations que \|. le cardinal de Noaillcs, que nous nous glorifions tous d’avoir pour père et pour pasteur. Son Éminence m a ordonné sic vous assurer de sa part de restitue et de la considération qu’elle a pour toute l'université , pour la faculté des arts, et en particulier pour la nation de France, dont la plus grande partie est composée de ses ouailles. Elle a eu la bonté d'ajouter que vos droits, vos privilégi s. lui avaient été jusqu'à présent, et lui seraient toujours fort chers; qu elle était très-éloignée d’y vouloir donner atteinte, et qu'ainsl elle se garderait bien de prétendre gêner la liberté de vos suffrages par la (dus légère indication d aucun sujet déterminé ; que tout ce qu elle vous recommandait instamment en qualité de pasteur et de père, était de choisir pour la cure vacante celui qui vous en paraîtrait le plus digne.

Messieurs, les magi-trats vous laissent la même liberté, et il ne tiendra pas à eux que, dans la nomination qui va se faire, vous n'écoutiez, vous ne suiviez uni quement votre conscience cl votre religion. Monseigneur le premier président, du nom et de ! autorité duquel la brigue avait voulu se couv rir et s’appuyer, m a fait l'honneur de me dire que notre nation lui ferait plaisir de ne confier un emploi si grand, si important au salut des âmes, qu'au plus honnête homme, au plus digne; qu'il lui donnait sa voix et tout ce qu'il pouvait avoir de crédit auprès de vous.

Cet admirable accord des deux puissances sera dans l’avenir un illustre avertissement aux grands de ne point interposer leur autorité dans nos délibérations, dont la religion doit être la seule règle; et à nous de ne point laisser ébranler notre fidélité à la loi du devoir, et notre conscience, par les sollicitations des grands.

Allez donc, messieurs, dans vos tribus délibérer sur l'affaire proposée, après que vous aurex entendu monsieur le censeur, et que, par une courte prière, nous aurons imploré l'assistance du Saint-Esprit; et souvenezvous que Jésus-Cbrist assiste à vos délibérations comme témoin et commejuge.

1 Corn, Tac, Hiit, lü>, l, c. l5.

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