A LA GLOIRB DE DIEU
Et à la pieuse mémoire de messire Antoine Hecquet, prêtre, doyen de l'église royale de S. Wulfran.
11 s'acquit une estime générale par la pénétration de son esprit, et par son érudition en plusieurs genres de doctrine, et encore plus par son humilité et par sa modestie. Ayant appris parfaitement les langues grecque et hébraïque, et s'étant appliqué pendant toute sa vie à l'élude de l'Écriture et des SS. Pères, il méprisa la science, qui enfle, et il n'estima que la charité seule, qui édifie. Animé du zèle qu'elle Inspire, Il s'occupa pendant plusieurs années à instruire la jeunesse dans la piété et dans la foi chrétienne, ne cherchant qu'à être utile et à demeurer caché Devenu chanoine en 1688, et dix ans après doyen de cette église, il ne discontinua point de suivre l'inclination naturelle qu'il avait pour l'instruction des enfants : Il eut le même soin d'instruire, par lui-même ou par les autres, les jeunes clercs, surtout dans la science des saintes écritures,
dont il avait été nourri lui-même dès son enfance, et qui, étant la plus grande consolation de notre exil, firent toujours ses plus chères délices. Il avait pour le maniement des affaires une habileté supérieure et une fidélité incorruptible; et II joignit à ces qualités une intégrité de mœurs, une candeur d'àrae , et une aimable simplicité de vie. qui faisaient son caractère particulier. Protecteur vigilant des droits de celle église à laquelle il s'était dévoué tout entier, défenseur de son patrimoine, cl conservateur de scs lois et de scs usages, il ne cessa jamais d’avoir pour elle, comme pour une épouse, un amour de jalousie, et d’une jalousie de Dieu. Les infirmités presque continuelles dont il fut attaqué ne diminuèrent rien de son assidullé à l'élude et aux exercices de piété auxquels il s'était accoutumé ; et la violence des douleurs qu'il souffrait souvent ne put jamais altérer la douceur d'esprit et la patience qui lui étaient comme naturelles : mais la vue de la mort, qu'il avait toujours présente, ayant rendu en lui de jour en Jour plus ardente l'espérance et le désir de la bienheureuse immortalité, il s'endormit enfin heureusement dans le Seigneur, le douzième de l’année 1718, n'ayant pas encore achevé la cinquante-neuvième année de son Age.
Qu'il repose en paix.
Épitaphe de M. Hecquet le médecin K Hic jaret
Pbillppus Hecquet, doctor regens In Facultatc Medlcine Parisiensi,
Natus apud Abbatis YUIam, an. Chr. 1661, die 11 febr.
Piè ac diligenter à parentibus educatus ,
Totum se medics arlis studio dédit.
Eam primùm,
Doctor in Facultate Remensl factus, j£4’55T' ln palrià exerçait.
Mox ateensus dcsiderlo doctrine amplioris Parislos venit.
Ibi studium medicum cum insigni laude emensus,
Nobillorem doctoris gradum adcpius est.
Evocatus in Regll Portùs solitudinem Ut illustri Termine opem mcdicam prsberet,
Intùs, loris, egrotantes
Per annos quatuor asslduA et felici operA curavit. Exinde, doctrinA et pietale, non opibus auctior Parislos rediit. .
Quantum pertinaci Jaborc et longo medlcine usuprofecerit Testanturplcnamedlicerudiiiouisoperaqucelucubravit Decanus su® Facultatis anno 1712 electus,
Re diu et malurè cum seleetls doctoribus pcrpcnsA, Saluberrimum Medlcine Codicem insliluit.
An. 1727, ingressus in hanc Carmelitarum doroum, Quam, ut mcdlcus. per annos 32jam rexerat, Reliquum vite tempos
In oratlone. jejunio, et continua inortis meditatione, Vlni carnisque abalinens, transeglL
1 Extrait de la vie de M. Hecquet, per M. de Saint-Mme.
Le tirur de Larheric (dntnrtlique de M. Hcrquet), pour laiiter un monument de 11 rrrnnnt iitjncr, fit me Ire quelque tempe après la ,é|>ultoie de M. Hecquet, cette épiiaphe corn— potée par le célébré Rollin,
Pauperes vgrotos, àqulbus nunquam nonconsulebatur , Pluribus membris è dlutino rnorbo caplus,
At idem anlmo, et mente iuteger ac valons, Pecunlâ et conslllo usque adjuvlt.
Tandem, penèpauperipse, cœlebs obdormlvil In Domino, An. sla lis suc 76. Chr. 1747, die aprilis XI.
TRADUCTION
Ici repose Philippe Hccquet, docteur régent de la Faculté de Médecine de Paris. Il naquit à Abbeville le 11 de février 1661, et fut élevé par ses parents avec soin et dans la piété. La médecine fut son étude. Il s'y livra tout entier, et l'exerça d'abord dans sa patrie, après avoir pris le degré de docteur dans la Faculté de Reims. Dans la suite, enflammé du désir de se rendre plus habile dans son art, il vint à Paris. 11 y remplit son cours de médecine avec beaucoup de distinction, et fut revêtu d'un plus noble titre de docteur. Appelé dans la solitude de Port-Rojal. pour prendre soin de la santé d'une illustre demoiselle ', il y secourut pendant quatre ans, avec autant de succès que d'assiduité, les malades du dedans et du dehors. Il revint ensuite apporter à Paris, non plus de richesses, mais plus de science et de piété Ses ouvrages, al remplis d’érudition médicinale, sont dca témoignages de la grande habileté qu’il avaitacquise par un travail opiniâtre et par une longue eipérience. En 1712, il fut élu doyen de sa Faculté. Ce fut alors qu’après un long et mûr examen il commença, avec un nombre de docteurs qu'elle avait chosis, a dresser un excellent Code de pharmacie. L'an 1727, il se relira dans cette maison des Carmélites qu’il avait déjà gouvernée pendant trente-deux ans, en qualité de médecin, et passa le reste de sa vie dans la prière, dans la pratique du jeûne, et dans la méditation continuelle de la mort, auxquelles il joignit l'abstinence du vin et de la viande. Privé par les suites d une ancienne infirmité de plusieurs de ses membres, mais sain d’esprit et conservant toute la vigueur des facultés de son âme, il aida jusqu'à la On, de ses conseils et de ses aumônes, les pauvres qui venaient sans cesse le consulter sur leurs maladies. Enfin, après avoir vécu dans le célibat, et s’étre rendu lul-méme presque pauvre, il s'endormit dans le SeigDeur, le 11 d'avril 1737, étant âgé de soixanteseize ans.
M1SCELLANEA
AD C. ROLLINUM P £ Il T I N B 11 T I A.
Ad Cl. Pelleterium *, regni adminiitrum, in villa sud rusticantem, Santolius Victorinus se ab eo relictum fuisse queritur K
Lugetc valles, flete solitudines;
Turbale vestris questibus silentia ;
1 Mademoiaelic de Vrrlna,
1 Claade La Pellelivr, minialre d’Élal, avait mené S aa terre de Ville-Neuve MM. Rollin et Heraan, pcraooaagea d’un grand Hérite. M. de Santeail, dans cri ver*, ae plaint de n'felre point de la compagnie, et de n’ètre plu* (Uni la même faveur qu’au— para vaut.
Z Tiré du toute second des œuvre* de Santeoil.
Et cancre doct*. naüi gens sylvis, aves,
Lamenta flcbilesquc voees rumpite;
Tract tique longo consltc vos arbores,
Errante fluctu quas rlgat prætcrfluens ,
Intrarc quaodo gestil urbem, Sequana,
Siccos, inertes, frondibus nudossuis Porrigile ramos, et feraces vitibus Valetc colles, et meo quœ non semel Cantu sonastis læta quondam llltora,
Jam destiluta amabili solallo,
Ululate, gemite, flete vos et planglte:
Non audielis ampliùs Santolium.
Nostris Camœnis qui favebal oplimus,
Jam nunc sinister vix meas nugas amat Bel miuister gallicc Pelterius.
Hic Ule posllis dum vacat negoliis,
Suique ruris blanda captans olia ,
Legit poêlas ; me legebat, et meos Ad astra versus elTerebat approbans ,
Prarfcctus urbl, litterls quos aurels Sculpsll legendos, urbis in magnum decus.
Mibi inde nomen- Nam laliui carminis Vim sentit, interdum scit etiam et scribere.
Si rusticalur, rusticantur et simul Comités Camœne. Quas amavit vel puer Et juvenis artes, vir, senex, non deseret.
Undc ergô mentis t.jm subite mulalto?
Rolllne, genlis ample liuerorlæ Dominator, adttus nempesolus occupas;
Solus latine scribis et sol us sapis ,
Placere scriplis non tibi foret satis Si non placeres candidis et moribus ;
Ulrumque paucis di dedére vatibus.
Vêtus poêla, danda si dictis Odes,
Enervis, et iners desipil Santolius.
Lyram i Ile senior tractat imbelli manu,
Inflarc nec par piilnto jam valet lubam.
Hoc est olorutn, triste quos senlum premit,
Falo sub ipso dulciùs ut illl canant.
Senibus poetls non idem illud conligit.
Hebescit animus, dum ligatus frlgore Sanguis furorem mentis insanæ lulit ;
Si docia scripsi, dorlus Hat scripsit furor.
lia est, amice, fuimus, et me» miser Fam» superstes vivo : pars mellor mol Intcriil animus, faclus ipse fabula.
Severa leges, transgredl quas non licet,
Natura fuit, tempusesl rebus suum.
Non semper annus florcl, et gelu polens Hiems sub aiüs oivibus «statem ligat.
Non se reperit, et borrel, et s esc slupet Uirsuta tellus, læta vernis solibus Que flore nu per sc coronabat suo.
Tibi rclinquo, dedecet me jam senem , ApolUnarem , quâ superbis , lauream.
Fretus juventâ, mootis advoians jugum ,
Quas non poetls arbiler leges dabis?
Quis plcctra? quls tubarn , et rhclym vellet manu? Rolline, gentis ample lilterarie Dominator, impies justiûs meas vices.
Me depuüstl. Fruerc. Num vocal mibi Locus secundo? Non Probibet llersannius.
Lugete valles, flete solitudines.
Ad Carolum Rollinum, Académie Parisiertsis amplissimum rcctorem , appendix ad pr&cedentem querimontant.
Quod, Rolllne. libi concerna nuper honores Æmnlus invideam, ml lis ad aslra capot, liane ego rrediderim, tua ferit mnxima virtus Invldiam. mcriiis nascitur ilia lois.
Tu mibi, quant mçliùs, dum regum e sanguine princeps Condaus pluris me facit, invideas.
Claudia s Ia Pelletier C arolo Rollin rectori amplissimo S. P ■ D.
Hoc erat In votis : modus agri non lia inagnus ,
Uortus ubi , et teclo v icinus jugls aqua Tons ,
Et paulum silvæ super his foret ; auctlus atque Di mrlius feccre : lieue est ; nihil omplius oro,
Vivere naiuræsl ronvenienter oportet.
Novistine locuin potiorem rure beato?
Est ubi plus tepeant hiemes , ubi gratior aura Leniat et rabicm Cancri, et moments Leonis;
Est ubi dcpellat somnos minus in vida cura :
Ambitionc procul jucunda lilcolia régnant.
Et sccura qules, et nescia fallere vita.
Ergo ubi rnc in carupos, et in hoflum ex orbe rernovi, Cuncta placent: vivo, et regno; me glorta ruris Sola manel, pingues horlns cl cura coleudi.
Laïus ego, et cultor mibi me rcddentls agelli; Certamus spinas animo lie ego fortins, au tu Evellas agro. Contractum hic esplico frontem :
Hic mlhi terrarum ri Jet su|>er angulus omnes.
Hic mihl vere novo melius lucescere soles Dum jucundus odor variis de fluribus halat.
Venerunt rose : proh t dises veris nmœni Ingeniuin ; una dies oslendit spicola florum ,
Altéra pyrantidas nodo majore turuonlc»,
Tertio jam calathos, totum lux quarta pcreglt Veris opus. Pereum bodie, nisi ma né legoniur.
Jam nemus et fontes, et ine vocal uriibra supinls I nieita arboribus, qua quantum vertice ad auras Æthercts, tantum radice ad tartara tendunt.
Avia dum résonant avibus virgulla canoris, lllic populeâ morrens Philomcla sub umbrA Amissos queritur fœtus, quos «lui tis araior Observons nido implumrs delraxil : al ilia Fiel noctcm, ramoque sedens miscrabile carmen Intégrât, et mœstis latè I«m a ques'ibus implet.
11 lue salientis aquæ son! tus, hlnc ductilis und«
Fer pronum trepidans leni cum murmure rlvus, Invitant somnos; vlridi bine in gramine ripe,
Custodes oviura silvestria carmina dicunl.
Hic rus in tenera pecori graüssimus herba est,
El quantum longis carpunt armrota diebus,
ExiguA tantum gelidus ros noclc reponit Hic ptscem i rein u là salienUm ducerc seti,
Hic timidum leporcm juvat acrl urgere canum vi.
Si proprras anni fidn* spem credere terra* ,
Irnprimis venerare Deum, ne crastma fallal Hora, aut iiisidiis noclis capiarc serens,
Pinguia ne stccls urantur semina glebis,
Invida purpureos urat ne bruma racemos,
Sentiat aut nascens surgentes pampinus Austros :
Sed tibi spem segeiis tell u» fœcuuda rependat ,
Quoique In flore novo ponds se fertllls arbor Induerit, totidem autumno roatura reponat,
Curvatos onerans pomorum pondéré ramos.
Bine tempestates dubio pradlcere coelo,
Bine nptum messisque dlem, tempusque serendl ,
Sol tibi signa dabit. Sulem quLs dicere falsum Audeat, aut falsum quod mcnslrua Iuna monebil? Nunc comix plenA pluviam vocal improbA voce,
Et sola in siccâ sccum spatiatur arenà.
Nunc aliquA prætcr solituni dulcedinc l*t®
Sub follis strepitanl volucres, revocantque serenum. llaud equkdem credo quia sit diviniiiis illis Ingeniuin, et rerum falo prudenlia major.
Sic ventura* biemis memores asiate laborem Experiuntur apes, dudum quxsita reponunt; Umnibus uua quics operum , labor omnibus unus, Tandis atnor florum, et generandi gloria mellis!
Sic genus immortale manel, multosque per annos Stüt fortuna domùs magnis sub legibus auctæ;
Esse apibus parlem divine mentis et hauslus Æthereos dixere.
Jam repelcnda domus, longos quæ prospicit agros. Me n sa juvat frugi, dapibusque oneralur inemptis : Interea pendent dulces circurn oscilla natl.
Sermo orilur lectos convives Inter; utruniue Divitiis hommes an sint virlutc beali :
Quà ratione queant traducere leniter ævum,
Ne pavor, et rerum mcdiocrilcr ulilium spes.
Et ne semper Inops agitet vexetque cupido :
Quid minuat curas, quld te tibi reddal amicum,
Quid pure tranquiliet; honosan dulce lurciluin- Sed moi letnpus adcsl molli se credere leclo Quod refleit vires, et corda oblita laborum.
O! fortunatos nimium sua si bona nùrint Agricoles ! Dulcls redit bis labor actus in orbem.
Atque in se sua per vestigia volvitur annus.
Non amet banc vilam, quisquls me non amal, oplo; Mcconstarc mibi scis, et disccdcre tristein, Quandocumque trabunt divisa negotia in urbem, Régnai ubi anihilio, curarumque agmina centum Fer capul et circurn saliunl laïus Al fugit, ebeul Nobls, interea fugit irreparabile tempus;
Ferdilur hœc inter miseroslux, non sine votis.
O Rus! quatido ego te aspiciam, quandoque licebit Nunc veterum libris, nunc snmno et Inerlibus boris Ducere sollicitai jucunda oblivia vide.
Jam mibi larda fluunt ingrataque tempora, quæ spem Cnnsiliunique morantur agendi graviter id quod Æque pauperkbus prodest, locupledbus æque;
Æque neglectum pueri, senibusque nocebit.
Iludurn fortune stat responsare superbe Liberum et crcclum, de le nihil ampliusopto.
Si neque majorem feci ratione malâ rem,
Ncc sum facturus vitio culpavc minorem,
Sit mibi quod nunc est eliarn minus, ut mihi vivam Sanus, nec fluilem dubiæ spe credulus aura,
Et mihi res, non me rebus submillerc coner.
Quisquls pnuperiem veritu» potiore me lai lis Libertate caret, domiuum vebal improbus, atque Serviat ælenium , qui parvo nescial uti.
Hæc tibi dtclabam, Kolline, in rure beato,
Excepto quod non simul esses, calera latus.
A Villeneuve, le 10 «rplembre lfr)5.
Lettre de M. Guérin à M. Hollin \
De Siinl-Germain, le I2«*ptembre 1700. Surpris de ne point voir la réponse attendue .
Je t'écris, cher Rollln, pour la seconde fois Du fond ténébreux de nos bois Dans la route la moins connue.
LÀ souvent le matin . pendant que les yeux clos L’un et l'autre Vendcull repose,
Et que de ses plus doux pavots Un charmant sommeil les orrose.
Sous de tendres ormeaux je goule seul le frais ;
Et J’y viens d’arriver exprès Pour le tracer d'une main nonchalante Ces faibles vers qu'une Musc indolente,
Et qui même en ces bois ne veut pas m’écouler,
A peine a daigné me dicter.
Tire-moi donc d'inquiétude ,
Et m’apprends qui te peut si longtemps empêcher De m’écrire? le temps te semble-t-il si cher?
Quoi! d’une opiniâtre étude De si beaux jours encor ne l’ont point arraché?
Sur Plutarque peut-être à toute heure attache,
Tu ne peux un moment en détourner la vue;
Ou bien tu prends plaisir, en lisant Xénopbon,
A suivre de Cyrus la noble ambition,
Sa valeur et sa retenue.
Peut-être aussi que dans Beauvais,
Laissant du principal le sévère équipage ,
Tu jouis d’une douce paix Chez un dévot heureux et sage.
Non loin du fortuné ritage Que la Seine mouille en passant,
Eclate sur un doux penchant Un palais dont l’aspect riant et magnifique Attire longtemps les regards Des voyageurs qui sont épars Le long du séjour aquatique.
C'est là que du collège oubliant tous les maux Tu voles toutes les années.
Lorsque, sans soins cl sans travaux.
Tu peux compter quelques journées.
Dans ces jardins délicieux,
L'utile Joint à l’agréable,
Pour charmer le goût et le* yeux ,
Se livrent un rombat aimable Des fruits les plus brillants ils sont toujours ornés : Pomone a pleines mains y répand se* largesses,
El la jalouse Flore y répand des richesses Dont ils sont toujours couronnés.
Tantôt sur une molle arène.
Où l'onde en gazouillant roule sur le gravier. Pieusement on se pourméne Avec le prudent Pelletier.
Là, l’onde en jaillissant sait attirer la vue Par ses elTorts impétueux ,
El l’œil au milieu de la nue Suit à peine un sillon humide et lumineux.
Cependant animé de l'ardeur la plus vive,
Je brave du soleil les redoutables feux.
Et suis, foulant à peine un sillon raboteux.
D’un animal craintif la trace fugitive.
Trop heureux quand le soir, recru, fat gué, las, Revenant quand Phébus retire sa lumière.
Tout couvert de sueur, de sang et de poussière.
D'un butin glorieux je puis charger mon bras !
Mais à notre sujet revenons, je te prie Ma Mu*e est lasse cl veut finir.
Tu sais que de voir ma patrie Je sens un extrême désir :
Mais avant de partir il est bon que je sache De mon destin douteux cè qu’on a résolu ;
Si I.orey, si Magniez ont à la fin conclu.
Car, s'il faut qu'au collier cette année on m’attache.
Et si, dès que luira ce jour, ce jour fatal Qui cause aux écoliers une frayeur mortelle.
Un devoir impôt lun a Taris me rappelle;
Adieu, parents, adieu, pays natal ;
Il me faudra tromper une si douce envie,
Aimables lieux où je reçus la vie,
Pour vous revoir mes soins deviendront superflus !
Si je meurs dès cet an. je ne vous verrai plus! J'attends votre réponse là-dessus, et suis avec respect. Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur, Gc£bix.
Ad Carolum Rollinum, de morte Caroli Haredis1. ELEGIA.
Usque nigromlhl lux slgnabltur Ista lapillo;
Semper erlt nobis ista nefast i dies,
Quà fidus nostrls cessit Roliitius ab oris,
Quft socius sævo est mersus in amne meus.
Abslulit ilia duos mllii lux nimis luvida amicos,
Hâc medilceti dc>eruere duo.
Ergo IIæres quà luce Imis est obrutus midis.
Extremum ergo tibl dixil. amice. vale?
At mlhi mens illo si lempore dexlra fuisse!,
Forsan Sequanlcb abstinuisset aquis.
Nam me vaticlno Pelterlus ore monebal,
Hollinoquc cornes, dlxerat, esio tuo.
Paruerara, rnemlni, mea per vestigia nosti llaud ccrtè invitos me revocasse gradus.
Culpa fuit vciitam, le discedente, mcoque Cum soclo infinis ta ni continuasse vtam.
Cur non propositum scissis de nubibus imbres, Mislaque fulminibus grando moratur iter?
Ipsa mihi nocuil læii clemenlia crrli,
Tranquilli nocult flumluis ipsa quics.
Ille anlmum captus ripae ulterioris arnore,
Et taudis cupiens, et nimis arlc ferox;
Tranando totum dccernit vlncere Outnen,