‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 47 sur 298 · HH · texte numérisé non relu

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qui en fait bien mieux sentir tonte la beauté. Ou pourrait accoutumer les enfants à réduire ainsi les endroits qui seraient susceptibles d'un tel changement.

Quum os hæreret in fauce iupi , is, magno dolorc opprrssus, cœpit singulos animantes rognre ut sibi illud os extraherent. A cteleris repulsam passus est : at gruis persuasa est illius jurejurando, suumque collum Iupi gulæ inserens, exlraxit os. l'ro quo facto quum ilia peteret præmium, dixil lupus : Ingrata es, quæ ex orc meo caput abstuleris iucolume , et mercedem postulas.

Je laisse au lecteur A conclure combien des histoires et des fables expliquées de cette sorte tous les jours, pendant le cours entier d'une année, sont capables de leur, apprendre de latin; et ce qui est bien plus important, combien elles sont propres à leur former en même temps le goill et l’esprit.

ltp U composition des thèmes.'

Quand les enfants ont déjà quelque légère teinture du latin , et qu’ils oui été un peu fdrmés à l’explication, je crois que la composition des thèmes peut leur être fort mite , pourvu qu’elle ne soit pas trop fréquente , surtout dans les commencements. Elle les oblige de mettre eu pratique les règles qu'on leur a souvent expliquées de vive voix , et d'en faire eni-mèmcs l'application , ce qui les grave bien plus profondément dans leur espril; elle leur donne orcosion d'employer tous les mots et toutes les phrases qu’on leur a fait remarquer dans l'explication des auteurs . Car il serait à souhaiter que les thèmes qu’on leur donne fussent pour l'ordinaire composés sur l'auteur même qu'on leur aurait expliqué, qui leur fournirait des expressions et des locutions déjà connues, dont ils feraient l’application scion les règles de leur syntaxe.

Il n'est pas nécessaire d'avertir que les thèmes doivent toujours, autant que cela se peut, renfermer quelque trait d'bistoire , (îuclque maxime de morale, quelque vérité de religion. C'est une coutume anciennement établie dans l'université, et qui y est assex géné-

ralement pratiquée. Elis est d’une grande importance pour les jeunes gens, dont insensiblement elle remplit l’esprit de connaissances curieuses et de principe» utiles pour la' conduite de la vie. J'ai déjà remarqué ce que dit Quinlilien au sujet des exemples que les maîtres à écrire proposent pour modèles aux enfants. Il ne veut point que ces exemples soient composés de mots bixarres et de pensées frivoles', qui ne forment aucun sens, mais qu'ils renferment des maximes solides qui apprennent quelque vérité. La raison qu’il en apporte est Irès-senséc. Ces maximes, ditil, qü'on a apprises dans l'enfance, nous suivent jusque dans la vieillesse; et l'impression qu'elles ont faite sur l'esprit encore tendre passe jusqu’aux mœurs , et influe sur la conduite. Car *, ajoute-t-il ailleurs, il en est de l'esprit des enfants comme d’un vase neuf, qui conserve longtemps l'odeur de la première liqueur qu'on y a versée : ainsi les premières idées qu’on reçoit dans un âge peu avancé 11e s’effacent ordinairement qu’avec peine.

Tout cela est encore plus vraipar rapport aux thèmes. On sent bien quel ridicule il y a de les remplir toujours de phrases triviales, ou qui ne signifient rien. Pierre «si plus riche que Paul, el liait être plus estimé que lui.... Lépidus est venu de Lyon à Paris , et il m'a apporté forgent qu’il aeaii reçu de mon père.... Un écolier diligent doit se repentir de n'avoir pas étudié les leçons que son maître lut a «nseignées Me pourrait-on pas appliquer les mêmes règles a des exemples plus intéressants? La science doit être plus estimée que les richesses, et la vertu est encore plus-précieuse que la science.... Cyrus, roi des Perses, ayant enfin pris JJabylone , ptrmil aua: Juifs de re-

i o II versas, qui »d Imitslloaem scrlbeodl proponen- <1 lar, non oüosat vellrn senicnllns habeant, led honea stum oliquid monenles. Prosequitur b«c immoria In « wnectuicra, el Impreasa anirno rodi usqnc ad nwres a proûclel » {QüINT. Ilb. I, cap. 2.)

* a Nalurâ lenacUalmi su mus çorum quæ rodibu* an- « nis percipimus; ut wpor, quo nova imbuos, durai, u (Id. Ibid. cap. 1.)

Quo âcinel est imbuta rccrm, amabit odoren

Telia dto.

(ÜOIAT- *■>

tourner à Jérusalem, et il renvoya dans cette ville les vases sacrés qui en avaient été autrefois transportés à Babylone ; et que Baltazar avait souillés dans un festin public.... Des enfants chrétiens doivent avoir honte de ne point lire les livres sacrés, qui sont comme une lettre que le père céleste leur a écrite.

Je ne crois pas pourtant qu’un mettre doive se gêner au point de n'oser jamais donner que des phrases qui portent avec elles quelques instructions, et de vouloir toujours mettre dans ses thèmes un raisonnement suivi. Il se donnerait souvent une torture inutile pour y réussir, surtout dans les thèmes d'imitation; et il doit réserver son travail pour des choses qui en soient plus dignes. Des phrases séparées lui coûteront moins, et ne sont pas moins avantageuses pour les écoliers.

Il y a dans les thèmes d’imitation un juste milieu è garder entre une trop grande facilité, qui ne laisserait presque au* enfants d’autre travail que celui de copier les mots et les phrases de leur auteur, et une trop grande difficulté, qui leur ferait perdre beaucoup de temps, et qui souvent serait au-dessus de leur portée. L’endroit qu’on leur donne à imiter ne doit pas être long. D’abord II est bon qu'ils n’aient presque que les cas et les temps b changer. Quelquefois ils n’auront que les tours à imiter, et non les paroles. Il est nécessaire que le maître ait préparé le thème avant que d'expliquer l’endroit sur lequel il doit le donner, parce qu'en expliquant il insiste principalement sur les phrases et sur les règles qu’il a dessein d’y faire entrer.

Il y aurait un autre manière de faire composer les enfants qui pourrait aussi convenir aux classes plus avancées, cl qui me paraîtrait fort utile, quoiqu’elle ne soit pas usitée. Ce serait de leur faire faire quelquefois des thèmes en classe, comme on leur y fait expliquer les auteurs, c’est-à-dire de vive voix. Par 16 on leur apprend plus facilement et plus certainement à faire usage de leurs règles et de leurs lectures, et on les accoutume 6 se passer de dictionnaires; à quoi je voudrais que l’on tendit, parce que l'habitude de les feuilleter entraîne une perte de temps considérable. Je suis persuadé qu’on reconnaîtra par l’expérience que les jeunes gens, pourvu

qu’ils veuillent faire quelque effort, trouveront par eux-mêmes presque toutes les expressions et toutes les phrases qui entreront dans un thème. Ce ne sera que pour un petit nombre de mots qui leur seront nouveaux et inconnus qu’ils seront obligés d’avoir recours aux dictionnaires, dont par celte raison les plus courts et les plus simples seront les meilleurs pour eux.

Il est aussi d’une grande importance que les méthodes qu’on met entre les mains dès jeunes gens soient faites avec soin. J'ai souvent entendu dire 6 quelques professeurs, par rapport 6 celles dont on se servait pour lors , et je crois que ce sont encore à présent les mêmes dans plusieurs collèges, que , quoique le fond en soit très-bon, il y aurait quelques changements, quelques retranchements, quelques additions à y faire. Pour y réussir, il me semble qu’il y a une voie assez facile, et qui est très-naturelle ; c’est de prier ceux qui enseignent dans ces classes depuis quelque temps de vouloir bien mettre par écrit les remarques qu'ils auront faites sans doute sur un livre dont ils font usage depuis plusieurs années; après quoi un maître habile, qui aurait de l’expérience en ce genre, profilant des différentes vues qu’on lui aurait données, réformerait en beaucoup de choses ces sortes de méthodes, cl y mettrait plus d’ordre et de clarté qu’il n’y en a. Ce travail, quoique sur de petites choses, n’est pas indigne d'un habile homme. In tenui labor, at tenais non gloria.

De ce qu'il faut observer dans les classes plus avancées; savoir, quatrième, troisième et seconde.

Les règles qu’on a données jusqu’ici pour les deux classes inférieures peuvent convenir aux autres en plusieurs poiuts; mais ces dernières demandent quelques observations particulières : 1" sur le choix des auteurs' qu’on y doit expliquer; 2* sur ce qu’on doit principalement remarquer en les expliquant ; 3” Sur la nécessité d'accoutumer les jeunes gens à parler la langue latine.

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