De le synUve
Comme celte partie n’a pu êire enseignée qne très-superficiellement dans les deux premières classes, il est absolument nécessaire que les jeunes gens ën soient instruits plus à fond a mesure qu’ils avancent en Age. Il ne faut pas croire que la grammaire, qui a plus de solidité que d’éclat cl qui par cette raison parait A de certaines personnes méprisables, soit indigne de ceux qui se trouvent dans les classes supérieures. Elle a non-seulement de quoi aiguiser l'esprit des jeunes gens’, mais aussi de quoi exercer l'érudition des maîtres, et elle ne peut nuire qu’A ceux qui s’y arrêtent et s’y bornent, cl non à ceux qui s'en servent comme d’un degré et d'un chemin pour passer à d’autres connaissances plus élevées. C’est elle qui met IA jeunes gens en état de rendre raison des différentes constructions qui se rencontrent dans le discours, et de résoudre beaucoup de difficultés qui, sans ce secours, sont très-embarrassantes. Pour cela, il faut qu’ils aient dans l’esprit certaines règles courtes, nettes, précises, qui leur servent comme de clefs pour entrer dans l'intelligence des auteurs.
On trouve dans ces auteurs le relatif qui, qiicr, quod, construit en différentes manières. Populo ul placèrent quas fecisset fabulaJ Tirent. ). llrbem quam slatuo, vestra est (Vins.). Darius ad eum locum, quem Aman iras pylas vacant, pervenit (Ccrt.). Ad eum locum, quw appcllatur Pharsalia, applicuit (Cæs.). Le maître doit savoir exactement toutes les règles qui regardent le relatif. Il ne donne d'abord aux enfants que les
1 * Plus babel in rccessu, quàm in Tronic promût!!-..
« Sola omni studiorum généré plus babel operis quàm « oslenlaiionis » (Qomt. Mb 1)
* « Inieriora velut sacri hujus adeuntibus appa rebit « muila irrum sublililas, qua non modô acnere puerilia « ingénia, sed eicrcere alllssimam quoque crudr.ionem « ac scienliam posait, u (Ibid.)
a Non obslanl hæ disciplina per ilia s euuUbua. sed « drea illas hsrenübus. » (Ibid-)
plus simples et les plus faciles. Il leur explique les autres dans les classes plus avancées, à mesure que l’occasion s'en présente.
Il y a une infinité de manières de parler dans la langue latine dont on ne saurait rendre raison qu’en sous-entendant le mot negotium ou quelque autre pareil. Triait lupus stabulis. Varium et mutabile semper femina (Vino.). Patentes, libéras, fratres l'ilia habere (Tac.). Atmus salubris et pestilens contraria {Cic. ). Ultimum dimicatioms (Liv. ), supp. tempus. Amara curarum (Horat.). Ad Casloris, supp. œdem. Est regis, supp. officiant. Abesse bidui, supp. itinere.
En combien d'occasions faut-il avoir recours, ou à quelque hellénisme, ou à d’autres règles pour rendre compte de certaines constructions extraordinaires! Quum scribas, et aliquid agas quorum consuevisli (Lucceius Ciceroni). Sed islum, quem quarts, ego sum (Pladt.'. Ilium, ut vivat, optant { Ter.). Uac me, ut confidam, faciunl (Cic.). Istud, quicquid est, fac me ul sciant (Ter.). Absline irarum. Desine lacrgmarum. Regnavil populorum.
Je me contente de ce petit nombre d’exemples. Ce qu’on en doit conclure, c’est qu’un maître, pour être en état de bien expliquer les auteurs aux jeunes gens, et de leur rendre compte de tout , doit posséder en perfection toutes les règles de la syntaxe, en avoir approfondi les raisons, les avoir comparées avec les passages des anciens auteurs, et les rappeler, autant qu il se peut, à de certains principes généraux qui servent comme de base et de fondement à l’intelligence du latin. La méthode latine de Port-Royal fournit a un maître la plus grande partie des réflexions qui lui sont nécessaires sur relie matière; cl ce serait une négligence bien condamnable si l’on ne faisait point usage d’un tel secours.