CHAPITRE IL
IftlTBCCTlONI Qü’O.f PEUT TIRES D'HOMÈRE.
Je réduis à trois articles les instructions auxquelles on doit principalement rendre attentifs les jeunes gens dans la lecture d'Homère, Les unes regardent les usages et les coutumes ; d’autres les mœurs et la conduite de la vie; et les dernières ont pour objet la religion et les dieux. Madace Dacier. dans les savantes remarques qui accompagnent la traduction qu’elle nous a donnée de ce poëte , est fort exacte à faire observer au lecteur ces traces précieuses de l’antiquité. Ses réflexions m'ont été d'un grand secours pour la matière
que je traite , et elles peuvent suffire à un maître pour instruire utilement ses disciples. Comme le principal dessein de mon ouvrage, ainsi que je l’ai déjà observé plusieurs fois, est de former le goût de ta jeunesse en tout genre, si je le puis , et de In mettre en état de tirer des anciens tout le fruit qu’on en doit attendre, j’ai cru que ce que je donnerais ici sur Homère pourrait servir de modèle aux jeunes maîtres et aux écoliers pour faire des observations semblables dans la lecture de tous les autres auteurs.
ASTICLk i.
Des usages et d« coutumes.
Homère remarquequ’Ulysse, dans les voyages qu’il fit chez différents peuples, eut grand soin de s'instruire de leurs coutumes et de leurs mœurs :
Qui mores hominum mullorum vtdic, et urnes*.
Il en doit être de même des différentes lectures que l’on fait, et il est bon d’accoutumer de bonne heure les jeunes gens à faire ces sortes d'observations, qui leur apprennent, chemin faisant , mille choses curieuses et agréables. Comme Homère est le plus ancien de tous les écrivains profanes qui soient parvenus jusqu'à nous, il peut beaucoup contribuer à satisfaire cette louable curiosité, qui doit se trouver dans un lecteur intelligent aussi bien que dans un voyageur attentif.