Repas
sacrifice offert aux dieux , et était comme une marque de communion entre tous ceux qui étaient présents. Le repas suivait le sacrifice et en faisait partie.
On coupa donc par morceaux les autres pièces de la victime qui restaient : on les mit en broche , et on les fit rôtir
Cependant on fait prendre le bain h Télé-" maque , et , après l'avoir parfumé d'essences, on lui donne une belle tunique et un manteau magnifique.
Quand les viandes furent rôties, on se mit à table.
Telles étaient les principales cérémonies des sacrifices. Quand on en rencontre de nouvelles en d'autres endroits, on les fait remarquer aux jeunes gens , et l'on ne passe pas sous silence la conformité qui se trouve entre plusieurs de ces cérémonies et celles que Dieu lui-mème a prescriles dans les livres saints. Mais surtout on leur fait observer que tous les peuples s’accordent h faire consister le fond du culte public et l’essence de la religion dans le sacrifice, sans en bien comprendre la raison , ni la fin, ni l’institution, qui n'est pas naturelle, et qui n'a pu venir de l’esprit humain seul ; et que celle uniformité si constante dans une chose si singulière ne peut avoir pris son origine que dans la famille de Noé , dont les descendants, en se séparant, emportèrent chacun avec eux cette manière dont ils avaient appris que la Divinité voulait être adorée.
Comme il y avait peu de grands repas sans sacrifices , et qu’anciennement les rois en étaient les ministres, on était accoutumé à leur voir faire avec honneur ce que font aujourd’hui nos bouchers et nos cuisiniers. Cela étant, il ne faut par s’étonner, ajoute M. Boivin , de qui j’ai tiré celte note, de voir Achille couper lui-même les viandes destinées au repas qu’il veut donner aux (rois députés "de l’armée grecque. Ce soin qu’il prend est un soin officieux , un acte de civilité , d'hospitalité , et de religion tout & la fois, que le pocle aurait eu tort de supprimer.
Le dîner et le souper son marqués bien nettement dans Homère. On y trouve quelquefois d'autres repas, mais ils n'étaient pas ordinaires.
Avant que de se mettre il table, surtout dans les repas de cérémonie, on prenait le bain, au sortir duquel on se parfumait d'essences : et pour lors le maître du logis faisait donner à ses hôtes des robes , des babils , destinés uniquement pour cet usage. Ce soin , cette magnificence , fai-ait partie de l'hospitalité.
Le repas commençait cl finissait par les libations qui étaient olfcrtcs à la Divinité , et servaient de témoignages publics pour attester qu'on la regardait comme le principe et la fin de tous les biens dont on jouissait.
On était assis sur des sièges, cl non couché sur des lits , comme la coutume s’eu introduisit dans la suite.
L'usage des nappes n’était point encore connu. Oii avait grand soin de laver les tables et de les nettoyer avec des éponges avant et après le repas.
Il n'est point parlé de viandes bouillies dans Homère '. On ne mangeait anciennement que de grosses viandes. La chasse et la pêche n'étaient pourtant pas inconnues. Les poissons et les oiseaux étaient apparemment regardés comme une viande trop délicate, ou trop légère.
Les viandes n’étaient pas servies dans un plat qui fût commun a tous les convives : chacun avait sa portion devant lui , -et quelquefois même chacun avait sa table. C'était le maître de la maison ou unofficierdestinéàcette fonction qui faisait les parts, et l'on gardait toute l'égalité possible dans celte distribution ; si ce n’est lorsqu'il y avait quelque personne distinguée que l’on voulôl honorer d'une manière particulière ; et pour lors on lui donnait une plus grande portion qu'aux autres , ou ou lui servait le morceau le plus honorable. On voit des traces de cet usage dans le repas que donna Joseph à scs frères . et dans celui que Satll prit avec Samuel
> [Platon. Republ. III, tom. II. p. *01.)