‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 94 sur 298 · Qualités d'un bon prince · texte numérisé non relu

Qualités d'un bon prince

Je ne puis qu'en indiquer quelques-unes, et les loucher très-légèrement. Elles sont toutes renfermées dans cet avis qu’on prince donnait à son Ois :

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« exceller en tout , et surpasser tous les au- < très. »

> Odys. XVII, iss.

* • llospilalilatera nottle obliiiKl: per banc cuira la- « tnerunt quidam augclis boipîUo recepUi.»(i7rb. 13. là.)

Ali TuùTut -/if il* 00» Ti*if Çtmaarrif ùy/Aouf.

i il. vi, aoe.

Amour de la piété et de la justice. C'est celte qualité qui fait les grands princes et rend les peuples heureux. « Un roi qui règne a sur plusieurs peuples avec piété, fait fleu- « rir la justice; et sous son gouvernement « les campagnes sont couvertes de riches v moissons , les arbres chargés de fruits , les a troupeaux féconds , la mer fertile en poisa sons , et les peuples toujours heureux : car a voilà les effets d’un gouvernement juste et a pieux »

Intrépidité fondée sur la confiance en Dieu. « Quand tous les autres prendraient le parti a de se retirer, Sthénélus et moi nous com- « battrons jusqu’à ce que nous ayons trouvé • le jour fatal d’Ilioq : car nous ne sommes « venus ici que par l’ordre des dieux mêa mes ». » C’est Diomède qui parle ainsi. Quelle grandeur d’âme , et quelle fermeté ! Toute l'armée est effrayée : le général même ordonne de partir. Il demeure intrépide , et veut rester seul avec Sthénélus. Je m'imagine entendre le célèbre Mathatias qui assure que, quand toute la terre obéirait aux ordres impies du roi Antiochus, lui et sa famille n'abandonneront point la loi du Seigneur. Etsi omnes genles régi Anliocho obediunt... ego, et filii mai, et fralres mer, obediemus legi peutrum noslrorum ’.

Prudence. Sagesse. Le principal but de l'Odyssée est de montrer combien cette vertu est nécessaire à un prince.

C'est par elle qu'Ulysse mit fin à la guerre de Troie : et Cicéron remarque que c’est pour celte raison qu’Homère donne l'épithète *«iirtopOof *, c'est-à-dire destructeur de villes , non à Ajax , ni à Achille , mais au prudent Ulysse. La remarque de Cicéron n’est pas exacte : car Homère doune plusieurs fois cette épithète à Achille.

Sincérité. Bonne foi. Quelqu’un a dit que, si la vérité était exilée du reste de la terre , elle devrait se retrouver sur les lèvres d'un

« Ody*. xii, 106-Ü4.

* II. ix. 46-W.

» 1. Macbab. 2, 19-20.

» « liaque Homeitu non Ajacrm, wc Aehillem. sed « Uly sacra *ppellavil rrTo>Î7roj>ôov. ( Epitt. fimü. lib. 10. 13. >

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prince. Il doit donc avoir en horreur nonseulement le parjure, mais tout mensonge et toute dissimulation. Je hais, dit Achille, comme les portes de l'enfer celui qui pense d'une manière et parle de l'autre '.

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C’est ce que l’Écriture appelle avoir deux langues, bilingues ; avoir deux coeurs, m corde et corde locuti sunl. Heureuse expression ! Los gens du monde ont deux coeurs : ils montrent l'un, et cachent l'autre. Ils se croient en cela bien prudents : mais de quelle confusion seraient-ils couverts, si celte lâche duplicité était connue! Os bilingue deteslor *. « je déteste la langue double. » C’est ainsi que parle le Sage dans l'endroit même où il apprend aux rois la manière de régner sagement.

Douceur. Docilité. Je joins ensemble ces deux qualités , quoique différentes , parce que Tune conduit à l'autre. La douceur arrête dans un prince les saillies de la colère, et lui fiait éviter bien des fautes. La docilité le porte i prendre conseil , à le suivre , â renoncer â ses propres vues quand on lui en montre de meilleures, à revenir sur ses pas quand on lui montre qu’il s'est engagé trop avant, et â réparer les fautes que l'emportement lui a fait commettre.

L’Iliade entière, qui n’a pour objet que la colère d’ Achille qni causa tant de malheurs aux Grecs , est une leçon bien salutaire pour tes princes. Achille profila peu de celle qu’il avait reçue de son père en partant pour la guerre de Troie. « Mon fils (lui dit Pélée en « l'embrassant) 3, Minerve et Junon vous ac- < corderont la victoire sur vos ennemis, quand « elles le jugeront à propos : mais souvenez- « vous de modérer votre fierté et de réprimer « votre colère. La douceur vaut toujours a mieux que la force. Evitez les querelles, « source féconde de toutes sortes de mal- « heurs; et croyez que la bonté et l'humanité

• il. ix, sis.

» Prcv. 8. 13.

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