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« vous feront plus honorer des Grecs que la a dureté et que In violence. »
Achille ', qui, pour satisfaire son ressentiment, avait laissé périr presque sous scs yeux les meilleurs de ses amis, reconnut et déplora, mais trop tard, les funestes effels d'une passion qui, d’abord plus douce que le miel , cause ensuite de si amères douleurs , et qui va toujours en croissant, quand elle n’est pas réprimée dans sa naissance. « Périssent â ja- « mais les animosités et les querelles! Périsse « la colère, qui renverse de son assiette a l’homme le plus sage et le plus modéré, cl « qui, plus douce que le miel, s’enfiu et s'aug- « mente dans le cœur comme une fumée! Je « viens d’en faire une cruelle expérience par « ce funeste emportement où m'a précipité « l’injustice d’Agamcmnon. » On pourrait bien appliquer ici ce que dit Quintc-Curcc au sujet de la mort de Clilus, qu’Alexandre se repentit si vivement d’avoir tué dans l’emportement de sa colère : Halé humanis ingeniis nul m a consuluit, quôd plerumquè non futura, sed transacta perpendimus. Quippi rex, posleaquàm ira mente decesserat, etiam ebrietate discussà, magniludinrm facinoris serâ aslimatione pensacit *.
Le premier degré de la vertu est de ne point commettre de fautes ; le second est de souffrir au moins qu'on nous les fa.-sc connaître et de n'avoir point de honte de les réparer. C’est l’utile leçon qu’Ulysse osa faire â Agamemnon, le roi des rois, et que ce dernier reçut avec beaucoup de docilité. « lllus- « tre fils d'Alrée , souvenez-vous d'ôlre à l'aa venir plus juste et plus modéré envers les a autres . et ne pensez pas qu'il soit indigne « d'un roi de faire satisfaction à ceux qu’il a « offensés. Sage fils de Laêrtc , lui répondit ■ Agamemnon, j’ai entendu avec un trèsci grand plaisir tout ce que vous venez de u dire; car vous avez parlé avec beaucoup de « raison et de justice. Je suis prêt à faire tout « ce que vous souhaitez 3. »
Vigilance. Je terminerai les qualités du prince par celle-ci. Les rois sont appelés dans
' H. xvill.97, 113.
' Q. Cwl. I. 8, cap. 9.
> 11. lix. 181-1*8.
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Homère, les pasteurs des peuples, «ifiiwc >ccûv ; et l’on sait que le principal devoir d'un pasteur est de veiller sur son troupeau. De là vient celte belle sentence dans Homère :
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il; '>«ot t* iTïir'Tpafarzi, xeti to aooi uipnh' .
« Un général qui préside à tant de conseils , « qui a sous sa conduite tant de peuples, et a qui est chargé de tant de soins , ne doit pas « dormir les nuits entières. »
Homère, dans l'Odyssée *, prouve encore mieux cette vérité par deux fictions ingénieuses. Éole, roi et gardien des vents, les avait livrés tous à Ulysse enfermés et liés dans une outre, excepté le Zéphyre, qui lui était favorable. Pendant son sommeil , ses compagnons ouvrent celle outre, pensant que ce fût de l’or. Les vents déchaînés excitèrent une horrible tempête. Dans une autre occasion, Ulysse s’étant encore endormi J, ceux de sa suite tuèrent les bœufs du Soleil ; ce qui fut la cause de leur perte.
Mais je ne dois pas borner la qualité de pasteurs des peuples, qu’Homère donne aux rois, à la simple vigilance. Cette belle image porte plus loin, et nous donne une bien plus haute idée des devoirs de la royauté. Homère , par tel unique mot, a voulu apprendre au prince comment il doit chérir ses sujets , leur procurer avec sollicitude tous les avantages convenables, préférer leur bonheur au sien propre, se rapporter tout entier à eux et non les rapporter à soi , les protéger avec force et courage, et les couvrir, s’il est nécessaire, de sa propre personne. Cicéron, dans la belle lettre è son frère Quintus, établit le même principe, cl semble le fonder sur la même comparaison, a Le but de quiconque commande aux au- « très dit-il, est de rendre heureux ceux
< it. h. a». 25.
> Odys. 1. X.
* Ibid. I. su.
* « Ac mlbl quliltm v Identur bue omnla «se reterenda « ab Us qui prcsuul alfis, ut ii qui eorum in imperio eruot, a tint quant beaUssImi.... Est autem non modo ejus qui « socils et civibus, sed ellam ejus qui servis, qui uiutis « pecudibus praisil, eorum quibus prssit coramodis utilla latlque sert ire. a [Cie. lib. 1, tpiil. ai Quint, frai.)
« qui sont sous son empire. » Et il ne borne pas cette règle à ceux qui ont autorité sur les alliés et sur les citoyens, il déclare que celui qui est chargé de la conduite des esclaves, où même de celle des bêles , doit se consacrer tout entier à leur utilité et à leur avantage.