II. XXI
• Mail. 10. 29.
v Odj». 1, 17.
• II. vu 17».
la robe : mais c'est le Seigneur qui en dispose 1 .
Homère 1 peint d'une manière admirable celte attention de la Providence sur les hommes par l’ingénieuse fiction des deux tonneaux, qui marque que c’est elle seule qui règle et dispense les biens et les maux. « Les « dieux, dit Achille, ont voulu que les cha- « grins et les larmes composassent le tissu de i la vie des misérables mortels : et} seuls ils « vivent exempts de toute* sortes de peines ;
« car aux deux côtés du formidable trône de a Jupiter il y a deux tonneaux inépuisables,
« remplis des présents que ce dieu fait aux « hommes. L’un est plein de maux, et l'autre « de biens. Celui pour qui le maître du lon- • nerre puise également dans ses tonneaux « mène une vie mêlée , où le bonheur et le « malheur se suivent réciproquement : cl a celui pour lequel il ne puise que dans le ton- « neau funeste est accablé de toutes sortes « de maux. L'affreuse malédiction le poursuit « toute la vie : il est l’objet de la haine des « dieux et du mépris des hommes. »
Le poète , par une seconde fiction . non moins noble que la première, montre que cette dispensation de biens et de mnux se fait avec une souveraine équité, en mettant dans la main de Jupiter des balances d’or dans lesquelles il pèse la destinée des mortels * : ce qui signifie que c’est la Providence qui préside è tous les événements, qui règle les châtiments et les récompenses, qui en détermine le temps et la mesure, et que ses décrets sont toujours fondés sur la justice. C'est ce que l'Ecriture dit en un mot d'une manière fort vive . Pondus et statera judicia Domini ‘ ; et dont on voit un exemple terrible dans Balthasar, qui, ajant été pesé dans la balance, ne fut pas trouvé de poids : Appensus es in slalerâ, et inventus’es minus habens s.
Au reste, quelque beaux et solides que soient tous ces sentiments d'Homère sur la Providence, il ne faut pas croire que ce poète se soutienne également partout, et qu’il pense
• Prov. 16, 33-