‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 2)Chapitre 62 sur 106 · SUR LA CHARITÉ ET L'OBEYSSANCE · texte numérisé non relu

SUR LA CHARITÉ ET L'OBEYSSANCE

Le second moyen est l'usage des sacrements; car ils sont les instruments par lesquels Dieu fait distiller sur nous sa grace, sa charité et sa perfection.

Le troisiesme est l'exercice des vertus. Mais parce que ce troisiesme moyen est fort etendu, je me borne à considerer les trois vertus des religieux qui sont les plus signalées routes pour acquerir la perfection, et les trois plus grands effects qu’elle produit. Si l’on observe bien ces trois vœux, ou ces trois vertus, quoyque non vouées, elles rendent l'homme parfaict. Il faut donc tascher de les acquerir en tous les degrez qu’elles ont.

Je parleray en premier lieu de l’obeyssance. Elle a trois degrez en ce qui concerne les personnes à qui nous rendons obeyssance.

Le premier degré est d’obeir à tous nos superieurs, c’est-àdire à tous ceux qui ont pouvoir sur nous; comme sont les evesques, les peres, les meres, les maris. Le fils doit donc obevr à son pere avec la mesme docilité, qu'une novice dans une communauté bien resglée obeyt à sa superieure; et c’est une folie d'imaginer qu'on obeyroit bien à un superieur qu'on auroit choisi, si l'on n’obeyt pas bien aux superieurs que Dieu mesme et la nature nous ont donnés.

Le second degré est d’obeyr à nos esgaux. Ce degré se prattique par la douceur et la facilité avec laquelle nous aquiescons aux volontés de nos esgaux. Contre ce degré pechent les esprits opiniastres, contentieux et trop attachés à leurs volontés.

Le troisiesme degré est d’obeyr aux inferieurs, s’accommodant avec condescendance à leurs desirs, quand ils ne sont point mauvais. On manque sur ce point par l'autorité imperieuse et dedaigneuse que l’on prend sur les inferieurs.

La prattique de ces trois degrez rend notre cœur doux, humble et gracieux aux commandements des superieurs, aux volontés des esgaux, et aux desirs et demandes des inferieurs.

L'exemple de cette obeyssance est en Jesus-Christ qui a obey non-seulement à son Pere eternel et à sa saincte Mere, mais aussi à sainct Joseph, et aux statuts et coustumes de l'Eglise juive. La saincte Vierge a obey à sainct Joseph. Cette obeyssance nous est recommandée par l'Apostre qui veut que nous soyons sousmis les uns aux autres par respect pour Jesus-Christ : Subjecti invicem in timore Christi (Ephes. v, 21).

L'obeyssance a encore trois degrez selon les choses dans lesquelles il faut l'exercer. Le prenier est d'obeyr aux commandemens de Dieu et des superieurs ; et ce degré d’obeyssance est necessaire à chacun; car celuy qui ne l’observe pas quand il.

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