‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 2)Chapitre 63 sur 106 · INSTRUCTION SUR LA CHARITÉ ET L'OBEYSSANCE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION SUR LA CHARITÉ ET L'OBEYSSANCE

s’agit de quelque chose d'importance, pesche mortellement. Quiconque n’obeyt pas à ses superieurs commet formellement un acte de desobeyssance.

Le second degré est d’obeyr aux conseils chacun selon sa vocation, comme de demeurer veufve quand on l’est, de prevenir par des marques d'affection une personne qui nous a offensés, d'aider ceux qui ont quelque besoin, quoiqu’ils ne soyent pas dans une grande necessité. La froideur envers le prochain et la tiedeur envers Dieu sont fort contraires à la praltique de ce degré.

Le troisiesme degré est d’obeyr aux inspirations et aux mouvemens interieurs, lorsque apres les avoir suffisamment examinés ou fait examiner, l’on a recognu qu'ils tendoient à la plus grande gloire de Dieu. Le deffaut d'attention et de fidellité aux mouvemens de la grace est contraire à la prattique de ce degré. L'exemple s’en treuve premierement dans Nostre-Seigneur, qui fit, durant toute sa vie, ce qui estoit le plus agreable à son Pere : Ego quæ placita sunt ei facio semper (Joan. vx, 29); secondement, dans la Saincte Vierge et dans tous les Saincts.

L'obeyssance a encore trois autres degrez tirés de la facilité ou difficulté qui se rencontre dans l'obeyssance. Le premier est lorsqu'on nous commande quelque chose agreable, comme de ne point travailler les festes, de chanter en musique, ou quelqu'autre chose semblable qui d’elle-mesme nous seroit agreable. Il n'y a pas une grande vertu dans cette obeyssance ; mais il y auroit un grand vice en desobeyssant.

Le second degré est quand on nous commande des choses indifferentes, c’est-à-dire des choses qui d’elles-mesmes ne sont ni agreables ni desagreables, comme de se promener, de porter un tel habit; et alors la vertu de l’obeyssance est grande, et le vice de desobeyssance est bien grand aussi.

Le troisiesme est quand on nous ordonne de faire des choses difficiles et penibles à la nature, comme de pardonner à nos ennemys, de souffrir patiemment les afflictions, ou de faire quelque autre chose qui soit contraire à nostre inclination, et alors le merite de l’obeyssance est tres-grand, et le pesché de desobeyssance moins grand.

La prattique de ces trois degrez fait que nous obeyssons entierement, soit dans les choses grandes, soit dans les choses petites. L'exemple en est dans Nostre-Seigneur, qui a voulu que la volonté de son Pere se fit en tout, et specialement dans sa passion... (Cætera desiderantur).

DE

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