AFFAIRE DE LA COADJUTORERIE. — MALADIE GRAVE. VOYAGE A ROME
1598 et 1599.
4. Avant que François prît le chemin de Rome, le pieux évêque désirait ardemment qu’il eût accepté le titre de coadjuteur de Genève. Dès longtemps déjà, se sentant vieillir et trouvant que ses forces ne répondaient plus à son zèle, il avait résolu de se donner un aide qui fût digne de lui succéder, et toutes les inspirations venues de la prière, tous les avis de l’amitié, de l'expérience et de la piété s'étaient trouvés conformes : le prévôt de Sales était non-seulement digne, mais le plus digne. Une voix surtout avait grandement confirmé dans son choix le vénérable prélat ; c'était celle de l'abbé de Chissé, son neveu et son grand-vicaire, celui que tous auraient désigné, s'ils n’eussent eu sous les yeux et dans le cœur l’apostolique François : l'abbé, digne en tout de son oncle, avait montré une grande consolation et exprimé une vive reconnaissance, quand l'évêque s'était ouvert à lui.
François au contraire, effrayé à la seule proposition qui lui en avait été faite, s'était tenu constamment si ferme dans ses refus que rien n'avait paru capable de vaincre sa répugnance. L’évêque, espérant le prendre comme au piège, ainsi qu’avaient fait Louis de Sales et M. de Ronys pour le titre de prévôt (Liv. I, N° 87), s'était adressé au Duc de Savoie qui, de grand cœur, avait donné des lettres patentes de la nomination (29 août 1598) : S. À. ne pouvait qu'approuver un choix qui avait été le sien alors qu'une maladie grave faisait craindre la mort de MF de Granier. Ce moyen encore était resté inutile.