‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 4)Chapitre 28 sur 61 · En ces sentiments donc, ayant mis un très-bon ordre · texte numérisé non relu

En ces sentiments donc, ayant mis un très-bon ordre

1 Lettre 96e. Il n'y nomme l'archevêque que par ces mots : Un Consziller du parlement. — ? Ch.-Aug. de Sales, M. Hamon, etc.

aux affaires de son évêché, il partit pour la Bourgogne. » Dieu tirait tellement son dme à ce béni voyage que rien ne le pouvait arrêter; mais pourtant il lui restait au cœur comme un déchirement d'inquiétude, parce qu’il laissait ses brebis pour aller repattre celles d'autrui. C'était sur la fin de février 1604.

Dès qu'ils surent son approche, les échevins sortirent à sa rencontre, accompagnés d’un grand nombre d’ecclésiastiques et des principaux bourgeois; 1ls le reçurent avec les plus grands honneurs et le conduisirent en corps chez l'avocat de Villars, où son logement avait été préparé. Sa haute réputation d’éloquence et de sainteté attira dès le début un immense auditoire, soit de la ville, soit des environs ; mais à mesure qu’on l'avait entendu, ses louanges se répandaient et attiraient plus de monde encore. Dans l'enthousiasme produit par la beauté de ses discours, on vit des prêtres, des religieux, des laïcs même s’empresser d'écrire sur-le-champ toutes ses paroles. Les calvinistes, alors trèsnombreux à Dijon, accoururent avec les catholiques; ils écoutèrent avec respect ce prédicateur éminent, qui ne discutait point, mais qui établissait la vérité avec une force invincible; ils se laissèrent émouvoir par cet accent pénétré, par cette onction de l’amour divin, par cet indéfinissable composé qui en lui montrait le saint et l’apôtre. Il fut beau surtout le jour du Vendredi- Saint, quand il prêcha la Passion, suivant comme ravi par la reconnaissance et l’amour les inénarrables souffrances du Sauveur : les plus durs ne résistèrent point à l'émotion, et ce ne fut bientôt dans l’église entière que larmes et sanglots. Ce triomphe cependant n'était point ce qu'il voulait, et comme le lendemain un président du Parlement lui disait n’avoir jamais tant pleuré : « Monsieur, répondit-il, les filles de Jérusalem pleuraient de » même quand elles voyaient souffrir l'Homme-Dieu; mais les » enfants de l'Église ne se contentent pas de cette rosée : après » avoir arrosé de larmes la terre de leur cœur, ils lui font porter » des fruits de salut. » Le président, dont les mœurs n'étaient pas régulières, comprit qu’il était connu et promit de mieux vivre désormais ”?.

36. En dehors des prédications, d’autres œuvres encore prenaient le temps de l’admirable évêque, œuvres de charitable humilité qui, en consolant les pauvres et les menant à Dieu, n'étaient pas moins efficaces que la parole sur le cœur des heureux de la terre. L'hôpital du faubourg Saint-Esprit et celui de

1 Lettre 405e, — 2 De Cambis, etc.

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Saint-Fiacre recevaient de lui de fréquentes visites : il en consolait les habitants, il les exhortait suavement, et souvent il célébrait dans leur chapelle. Il aimait encore à se rendre au village de Fontaines, patrie du grand saint Bernard , situé à un kilomètre de Dijon. On le voyait partir de grand matin, dans une attitude particulièrement recueillie; car sa démarche était un pélerinage : dans la chambre où naquit le saint abbé, et qui est devenue une chapelle, il offrait le saint sacrifice, et il méditait longtemps comme pour s'inspirer de l’onctueuse piété qui est le caractère de l'illustre docteur. Un jour qu'il revenait de cette chapelle, il trouva qu'un pauvre était aux mains du peuple, qui le maltraitait; car ce malheureux, ennuyé de mendier, s'était déguisé en prêtre pour tromper la charité et se procurer les aises de la vie. Le saint évêque approche et le délivre : « Que » faites-vous, mes amis, s’écrie-t-il, c’est la misère qui a causé » le crime de cet homme, et il est dit que la nécessité n’a point » de lois. Il fallait avoir pitié de lui au lieu de le frapper : pour » moi, si je l’eusse vu devant vous, je l’eusse mené dans ma » chambre et traité de ces viandes dont vous me nourrissez si » libéralement, et après une bonne correction fraternelle, peut- » être, avec l’aide de Dieu, que d'un prêtre masqué j’eusse fait » un vrai Aaron. Sa faute est pour lui seul, et vous n’y participez » qu'en vous fâchant, au lieu que la miséricorde l’eut converti". »

« À la vérité, c'était bien là le vrai moyen de gagner les cœurs de tout le monde, et de donner un très-grand poids à ses prédications. » Sa vie apostolique, sa douceur et son éminente piété, sa doctrine si relevée et toutefois si simple, la connaissance qu'il montrait des miséricordes divines et du secret des cœurs, tout en lui inspirait une confiance sans bornes : les pécheurs remués par sa parole et les hérétiques ramenés par la force de sa doctrine allaient à lui et ne voulaient que lui. Dans la quinzaine de Pâques surtout, son confessionnal fut incessamment comme assiégé : 1l ne pouvait alors quitter le saint tribunal que pour monter en chaire; et tous admiraient comment, oublieux de lui-même, il était tout entier aux autres. Assurément il sentait la fatigue, et dans son mimistère encore il éprouvait parfois de rudes contrariétés ; « mais je puis dire aussi, écrivait- » il un peu plus tard, que notre bon Maître m'a beaucoup assisté » de ses saintes consolations. Que Dieu est bon ! il connaît bien

1 Ch.-Aug. de Sales. C’est à Fontaines qu'il contracta une sainte amitié avec -Dom Jean de Saint-Malachie, religieux Feuillant,

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» mon infirmité et ma délicatesse. je ne rencontrerai jamais un » si bon et gracieux peuple, ni si doux à recevoir les saintes » impressions. Il s’y est fait quelque fruit, nonobstant mon in- » dignité, non-seulement pour ceux qui m'ont attentivement » écouté, mais aussi pour moi, qui ai reconnu en plusieurs per- » Sonnes tant de vraie piété que j'en ai été ému. Quelques » huguenots se sont convertis, quelques gens douteux et chance- » lants se sont affermis; plusieurs ont fait des confessions géné- » rales, même à moi, tant ils avaient de confiance en mon » affection; plusieurs ont pris nouvelle forme de vivre, tant ce » peuple est bon. Encore vous dirai-je ceci : j'y ai reconnu » plusieurs centaines de personnes laïques et séculières qui font » une vie fort parfaite, et, parmi le tracas des affaires du » monde, font tous les jours leur méditation. » 5

37. En ce temps-là se trouvait à Dijon, chez son père Bénigne Frémiot, second président au Parlement, Jeanne-Françoise, veuve de Christophe de Rabutin, baron de Chantal, de Bourbilly et de Monthelon, sœur de l'archevêque de Bourges. Née le 23 janvier 4572, elle avait perdu sa mère, Marguerite de Bourbisy, n'ayant encore que dix-huit mois; mais elle avait été élevée avec le plus grand soin par son père, qui était un vrai chrétien en même temps qu'un digne magistrat. Dès le jeune âge, on remarquait sa piété et sa modestie, et son esprit donnait les plus belles espérances; mais surtout elle montrait contre les hérétiques une aversion si étrange, qu'elle ne pouvait même souffrir qu'ils la touchassent. Un jour son père parlait avec un gentilhomme qui niait la réalité du Saint-Sacrement; elle s’échappa des mains de sa gouvernante, courut au huguenot et. lui dit: « Il faut croire, Monsieur, que Jésus-Christ est au Saint- » Sacrement de l'autel; il l’a dit, et en ne le croyant pas vous le » faites menteur. Si vous aviez donné un démenti au roi, mon » papa vous ferait mourir; vous en donnerez tant à Notre Sei- » gneur, que ces deux présidents (elle montrait un tableau de » saint Pierre etsaint Paul) vous ôterontla vie. » Jeanne-Françoise avait cinq ans lorsqu'elle parlait de la sorte, et son aversion pour l’hérésie ne fit que croître avec Le temps. On eût dit qu'elle sentait les hérétiques; et comme elle était en Poitou, chez sa sœur aînée, la baronne d'Effran, un jeune seigneur qui recherchait sa main et qui avait tout fait pour déguiser sa croyance, n’obtint d’elle que cette réponse : « J'aimerais mieux passer

1 Lettre 102e.

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» toute ma vie en prison que de m'unir jamais par le mariage » à un ennemi de l’Église. » Elle professait une affection particulière pour la pureté, et s'était mise tout spécialement sous la protection de la Sainte Vierge, qu’elle appelait sa bonne Mère.

38. Entre tous ceux qui prétendaient à la main d’une demoiselle aussi accomplie, M. Frémiot choisit le baron de Chantal, gentilhomme illustre par la naissance, plus grand encore par son mérite personnel que relevaient les plus aimables vertus. Il emmena sa femme au château de Bourbilly, près Semur, qui était sa résidence ordinaire, et lui confia tout aussitôt le soin de sa maison, dont le désordre était extrême. C’est merveille comme cette jeune femme, tout entière à Dieu, à son époux et à ses affaires, changea promptement la face des choses. Chaque domestique et chaque employé eut son gage et ses fonctions parfaitement réglées, et pour tout elle voulut qu'on s’adressât directement à elle. Debout dès le grand matin: elle avait tout rangé et envoyé son monde au travail quand venait pour le baron l'heure du lever. Tous les jours, et autant que possible avec sa maison, elle entendait la messe au château : son mari même pouvail y assister aux jours de chasse, sans que le départ fût retardé. Aux dimanches et fêtes, quoique l’église paroissiale fût éloignée de 2 kilomètres, elle s’y rendait exactement et elle obtint même que le baron imitât son exemple, très-édifiant pour les vassaux. Crainte et aimée tout ensemble de ses nombreux servileurs , elle les soignait comme une mère et ne les reprenait qu'avec une irrésistible douceur : deux fois seulement en sa vie elle eut à userde sévérité. Si parfois M. de Chantal se montrait irrité, elle le calmait avec une adresse incomparable , et quand quelqu'un des vassaux, coupable de délit, avait mérité la prison , elle savait l'en tirer et le traîter la nuit, jusqu’à ce qu'elle eût obtenu sa liberté. Ordinairement, le baron cédait sans peine; mais parfois il résistait quelque temps et n'accordait la grâce qu’en essayant de tenir encore : « Je suis trop vif, disait-il alors : « c'est vrai, ma chère Jeanne; mais aussi êtes-vous trop bonne. »

39. Tous les moments étaient comptés dans cette belle vie; et la piété, les saintes et utiles lectures prenaient le temps que le travail pouvait laisser. Ennemie de la frivolité et de la parure, M°° de Chantal ne portait ordinairement que des habits de camelot et d'étamine, en sorte qu'il n’y avait en elle de jeune que le visage; mais ses vêtements étaient tenus avec une propreté si exquise et portés avec tant de grâce; qu’elle effaçait aisément les personnes les plus richement parées. Aux jours de fête et

de représentalion néanmoins, elle savait tenir son rang, et pour cela elle avait conservé ses vêtements de jeune fille et la toilette de ses noces.

Tout cet ordre et cette économie eurent promptement relevé l’état de la maison; mais surtout les pauvres en profitèrent, et l'on ne saurait dire toutes les aumônes que répandait /4 bonne dame. Les nécessiteux affluèrent bientôt de 28 à 32 kilom. à la ronde, aux jours de distribution : ils entraient dans la cour par une porte, et la baronne était là, donnant à chacun un potage et un morceau de pain; puis ils sortaient par une autre porte. La famine vint, et alors les pauvres furent reçus tous les jours : plusieurs, non contents d’une première ration, faisaient le tour du château et revenaient jusqu’à deux fois; et quoiqu’elle connût cette supercherie, la baronne donnait encore : « O mon » Dieu! disait-elle en son cœur, je mendie à tout moment à la » porte de votre miséricorde : voudrais-je être renvoyée à la » seconde, à la troisième fois? Vous souffrez sans fin mon im- » portunité; n’endurerai-je donc pas celle des autres? »

Ces aumônes publiques ne nuisaient point aux aumônes privées, et chaque jour des familles honorables et honteuses recevaient secrètement quelques pains. La charitable dame épuisait ainsi ses provisions; elle en vint à ne plus avoir qu'un tonneau de farine de froment et un peu de seigle, alors que la disette était loin de finir. Tout autre eût cédé à la crainte et regretté peut-être une excessive hibéralité; mais la marque des saints est une confiance sans bornes en la Providence : M*° de Chantal pria et donna encore pendant six mois, et quand: la famine eut disparu , le froment et le seigle n'avaient point diminué. Ellemême avoua plus tard ce prodige, qu’elle attribuait aux mérites d'une de ses servantes; mais les domestiques voulurent conserver le tonneau de farine qu'ils montraient en exaltant leur chère maîtresse.

40. Tant que M. de Chantal était au château, elle ne laissait jamais paraître une volonté contraire à la sienne; mais plutôt elle prévenait ses désirs et c'était avec une grâce charmante qu’elle recevait, presque chaque jour; la nombreuse noblesse qui venait chercher les divertissements des jeux, des promenades et de la chasse. Dès que le baron, rappelé à la Cour par ses devoirs, l'avait laissée seule, sa vie changeait entièrement : elle ne voulait plus de toilette, parce qu'elle ne savait se parer que pour son époux; et le château, fermé à toute compagnie, n’était ouvert que pour l'hospitalité. Un jeune seigneur, conduit

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par de folles espérances, se présenta un jour comme pour faire visite à M. de Chantal, dont il feignait d'ignorer l'absence, et persista à se faire introduire, même après qu'il en eut été informé. La baronne le reçut courtoisement, ne voulant voir qu'un ami de son époux : « Présentement, Messire, lui dit-elle, soyez le » maître céans, car je suis dans la nécessité d’aller assez loin » d'ici. » Et montant à cheval, elle se rendit chez une amie, où elle attendit le départ de l'imprudent visiteur.

Charmé de son intérieur et des vertus de sa noble épouse, le baron prenait la Cour en dégoût, et la séparation lui devenait de plus en plus pénible. Sa résolution mème était prise de renoncer à la vie publique, quand, dans la huitième année de son mariage, il tomba gravement malade. Durant six mois que la douleur le retint, il put admirer tout le dévouement que la grâce divine inspirait à cette grande âme : constamment au chevet tant qu’il souffrait et veillait, la sainte femme s’éloignait doucement, dans les moments de repos; mais à peine avait-elle jeté sur la conduite de la maison son coup d'œil qui voyait tout, qu'elle allait se prosterner à la chapelle et dire à Dieu tendrement ses inquiétudes et ses désirs. Et elle revenait, comme remplie des pensées du ciel, et dans toutes les occasions sa parole excitait le malade à des désirs plus ardents de foi et de charité.

‘âme du baron répondait à ce zèle, au point qu’il proposa un jour ce vœu : Que celui des deux qui survivrait à l’autre se consacrerait au Seigneur. Elle écarta doucement cette idée, comme ayant peur de Le séparation, mais un double songe B ramena bientôt : M. de Chantal vit ses habits tout rougis de son propre sang; et la baronne, de son côté, se crut couverte du grand voile noir des veuves.

41. La maladie avait disparu; Charlotte de Chantal, quatrième enfant des nobles époux, venait de naître, et le baron s'était remis aux exercices de la chasse. Le seigneur de Chazelles, heureux du rétablissement de son ami, vint le féliciter : c'était aussi un grand chasseur, et naturellement une partie fut liée. De grand matin on gagna la forêt, qui touchait presque au château, et les deux amis s’avancèrent séparément : bientôt l’arquebuse de M. de Chazelles se détendit, sans que l’on sache de quelle manière, et M. de Chantal tomba mortellement blessé. Son premier soin fut de pardonner à son ami et de calmer son désespoir; puis il dépêcha quatre domestiques pour s'assurer le secours d'un prètre, tandis qu’un cinquième avait mission de prévenir M"° de Chantal. Malade encore, elle se leva prompte-

ment et courut vers le cher blessé : grande était son angoisse, et elle ordonnait aux médecins de le guérir; elle priait Dieu comme avec désespoir : « Seigneur, crlait-elle, prenez tout ce » que j'ai au monde, mais laissez-moi ce cher époux que vous » m'avez donné. » Pour lui, résigné dès le premier moment, il la consolait et relevait son courage; à son tour illui parlait du ciel, dont les impénétrables décrets sont toujours inspirés par la miséricorde. C’est dans ces sentiments que, bien préparé par la pénitence, bien fortifié par les divins sacrements, il remit son âme à Dieu, le neuvième jour après sa blessure.

42. Les vêtements du défunt avait été rougis de son sang ; le voile des veuves allait désormais couvrir cette noble dame, qui demeurait, à 28 ans, avec quatre enfants en bas-âge ‘ : combien les grandeurs de ce monde lui paraissaient fugitives ! Sans oublier la grande perte qu’elle venait de faire, ou plutôt excitée par sa douleur même, elle se porta vivement aux consolations divines et aux ardeurs du céleste amour : ayant fait vœu de perpétuelle chasteté et formé la ferme résolution d’être pour jamais toute à Jésus-Christ, elle sentit d’abord un indicible contentement, qui toutefois se mêlait à une douleur sans pareille. Le contentement était d’un attrait mal compris encore et qui la jetait dans un sombre désir d’une solitude où sa ferveur paraissait aussi triste qu'insatiable; la douleur était une épreuve, à laquelle bientôt se joignirent, incessantes et horribles, des tentations contre la foi et l'espérance. Alors, dit-elle, « si la divine Bonté » n’eût eu pitié de moi, j'aurais sans doute péri dans la fureur » de cette tempête, qui ne me donnait quasi aucun relâche et » me dessécha de telle sorte que je n’étais presque plus recon- » naissable. »

L'attrait croissait parmi ces travaux, il poussait à la solitude, à l'exil même; 1l faisait naître un grand désir de connaître la volonté de Dieu : toutefois 1l n’allégeait point les tentations, qui n’en devenaient que plus intolérables, précisément parce qu'elles paraissaient le combattre. Évidemment, dans une telle situation il fallait un guide, un directeur, et quoique Jamais elle n’eût eu l’idée de cette nécessité pour la vie spirituelle, inspirée encore par la grâce, elle en vint à demander ce guide. « Je demandais, dit-elle, ce que je ne savais pas, car je n'avais » jamais entendu parler de directeur; mais Dieu mit ce désir si

1 Bénigne avait 6 ans, Aimée 2 ans et demi, Françoise 15 mois et Charlotte 3 semaines.

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