‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 4)Chapitre 30 sur 61 · PARTS CRU · texte numérisé non relu

PARTS CRU

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Liv. IV. Chap. Il. — DÉCEPTION D'UN MINISTRE. 305

point que le Seigneur eût préparé, entre son âme et celle de la sainte veuve, une extraordinaire union dont il attendait de grands fruits. « Madame, lui dit-il en prenant congé, Dieu me » force de vous parler en confiance. Sa bonté m'a fait cette » grâce que, dès que j'ai le visage tourné du côté de l'autel, je » n'ai plus de pensées de distraction ; mais depuis quelque temps » vous me venez toujours autour de l'esprit, non pas pour me » distraire, mais pour me plus attacher à Dieu. Je ne sais ce qu’il » me veut faire entendre par là. » Il lui dit encore plusieurs autres choses d’une facon profondément attentive en Dieu et fort sérieuse; puis il la bénit avec ses enfants, et la laissa remplie d’un ardent désir de se donner toujours plus à Notre Seigneur: toutefois, il ne rompit pas les liens qui l'attachaient à son directeur, et, réservant l’avenir, il dit simplement : « Lui et mor, nous nous entendrons parfaitement. »

49. Il allait partir, ef ses gens bagageaient déjà, quand le ministre Cassegrain, qui, pendant la station, était resté muet, vint insolemment, devant un public assez nombreux dont faisait partie le baron de Luz, provoquer une dispute sur tous les points de controverse agités dans ses sermons. Cet homme se flattait d’un refus assez naturel dans l’occasion, mais dont il comptait se faire un titre de gloire ; 1l fut amèrement déçu : « Monsieur, » lui dit le Saint en souriant, il eût été bien mieux de vous pré- » senter lorsque j'étais de loisir et que je parlais librement au » peuple; mais tranquillisez-vous : je suis près de partir, mais » non pressé de le faire; dès maintenant je veux répondre à vos » arguments, et conférer de tout ce que vous voudrez. »

C'était là, pour le pauvre champion, une terrible parole; mais 1l fit bonne contenance et se crut fort en disant : « Je ne » voudrais point vous retarder, et aussi aimerais-je mieux dis- » puter à Genève même. » — « À Genève! reprit François, com- » bien je le désire! Je pourrais alors faire voir à ces pauvres Ge- » nevois la pureté de notre foi que les ministres travestissent. » Messieurs, vous êtes témoins que je promets à M. Cassegrain » de conférer avec lui dans la ville de Genève; et je prie M. le » baron de Luz d’arranger lui-même cette bonne affaire. »

Le baron en donna sa parole et ne tarda pas d'aller à Genève : il proposa la conférence aux syndics et aux ministres « jusqu'à tenter par présents de les faire consentir, et fit tant qu'il assembla le conseil des Deux-cents; mais ces hardis personnages , après avoir mis l'affaire en mûre délibération, répondirent que leur religion n'avait pas besoin de dispute. Le baron rapporta

cette réponse à Dijon, où Cassegrain devint l’objet de la risée publique*.

50. Le ministre sortait quand vinrent les échevins, pour r re- * mercier le saint évêque de la peine qu’il avait prise à édifier le peuple par ses saintes et doctes prédications ; et comme ils offraient en reconnaissance de riches présents : « Oh non, Mes- » sieurs, leur dit-il, je ne suis pas venu prendre votre argent; » je ne veux que vos cœurs. » Etles saluant après avoir réclamé leurs prières, 1l alla pour monter en voiture; mais alors, sur la grande place de Saint-Étienne, il se vit entouré d’une foule i immense, qui voulait une dernière fois recevoir sa bénédiction. L? émotion était universelle : les uns fondaient en larmes; les autres touchaient ses vêtements. Il y en eut qui arrêtèrent ses chevaux pour l'empêcher de s’en aller.

Madame de Chantal était dans la foule, suivant des yeux l’ange qui s’éloignait, heureuse de l’avoir connu, désolée de le. perdre si vite, espérant toutefois qu'il veillerait encore sur elle, et ne pouvant se rendre compte des impressions à la fois tristes et suaves qui remuaient son cœur. Lui aussi repassait en son âme les étonnants phénomènes qui s'étaient produits depuis peu : cette vision de Sales, ces attraits si puissants de venir à Dijon, cette veuve qu'il avait reconnue et dont la pensée ne le poursuivait incessamment qu’en l’attachant à Dieu toujours plus ; c'étaient autant de merveilles qui appelaient ses réflexions, sur lesquelles il avait peine à se fixer et qui le poussèrent invinciblement à écrire ces mémorables paroles : « Dieu, ce me » semble, m'a donné à vous; je m'en assure à toutes les heures » davantage. Je prie la Bonté divine de nous mettre souvent » ensemble dans les sacrées plaies de Jésus-Christ et de nous y » faire rendre la vie que nous en avons reçue. Je vous recom- » mande à votre bon ange; faites-en autant pour moi, qui vous » suis dédié en Jésus-Christ. » Combien la sainte baronne dut méditer ces lignes et quelle joie elle eût ressentie si l'avenir qu’elles indiquaient se fût montré à elle!

51. Inutile de dire que l’archevèque de Bourges, heureux de l'amitié d’un aussi saint évêque, ne réclamait plus les bénéfices de Gex, et uous avons dit (N° 22) ce qui fut fait alors pour la religion dans ce bailliage. De retour à Annecy, François reprit avec ardeur son laborieux ministère? ; mais désormais il lui fut

1 Ch.-Aug. de Sales. — ? C'est dans l'état de cette année qu'il fit sa deuxième visite à l'abbaye de Sixte, après que le Sénat eut reconnu son droit. Voy. No 28,

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Liv IV. Chap. IE. — TRAITÉ DE LA PRÉDICATION. 307

impossible d'oublier ses amis de Boufgogne : on dirait même, à suivre ce qui reste de ses lettres, qu'il leur était exclusivement consacré.

Son premier acte fut d'écrire à l'abbé de Saint-Maurice en Välais, sur la demande des habitants de Semur, pour que le prieuré de cette ville, dépendant de l’abbaye, fût donné aux Pères Minimes ; et son intervention suffit à assurer l'établissement de ces religieux, si utiles au bien des âmes par leur sainte vie et leurs prédications. |

Pour le moment, nous ne parlons plus de M*° de Chantal, que la grande œuvre de la Visitation fera reparaître en son temps : le Saint bientôt fut exclusivement son guide, et nous verrons avec quelle sagesse, épiant en quelque sorte l’action divine, il la conduisit comme pas à pas au but sublime de sa vocation. En même temps il était devenu le modèle qu’André Frémiot eût voulu copier et le maître excellent dont ce jeune archevêque recherchait ardemment les leçons. Le nouveau prélat voulut avoir le règlement du Saint, et c’est en le lui envoyant que François ajoutait les belles réflexions que nous avons vues (iv. 111, N° 61) sur la manière de l’observer. Timide aussi et n'osant aborder la chaire, mais pressé du désir de remplir en ce point un impérieux devoir, il réclama ces avis qui, jetés comme à la hâte et pour ainsi dire improvisés, sont devenus, au jugement de la postérité, un admirable traité de la prédication‘.

« Monseigneur, il n’est rien d'impossible à l'amour : je ne suis » qu'un chétif et malotru prédicateur, et il me fait entreprendre » de vous dire mon avis de la vraie façon de prêcher. Je ne sais » si c'est l'amour que vous me portez qui tire cette eau de la » pierre, ou si c’est celui que je vous porte qui tire ces roses de » l’épine.. Je vais commencer : Dieu y veuille mettre sa main. » — Pour parler avec ordre, je considère... qui doit prêcher, » pour quelle fin on doit prècher, ce que l'on doit prêcher, et la » façon avec laquelle on doit prècher. — Nul ne doit prêcher » qu'il wait. une bonne vie, une bonne doctrine, une légitime » mission. — La fin du prédicateur est que les pécheurs morts » en l'iniquité vivent à la justice, et que les justes qui ont la vie » spirituelle l’'aient encore plus abondamment... — Il faut prè- » cher la parole de Dieu. Il y a suffisamment de quoi en l’Écriture sainte pour cela; il n’en faut pas davantage... La doctrine

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1 C’est une lettre en latin; classée dans la correspondance sous le No 103 et dont la traduction est en tête du tome I.

dés Pères n’est autre chose que l'Évangile expliqué, que l'Écriture sainte exposée. La vie des saints, que l'Évangile mis en œuvre... Des histoires profanes, il s’en faut servir comme l'on fait des champignons... Des fables des poètes, point du tout.., ou si peu que rien. Il ne faut pas mettre l’idole de Dagon avec l'arche d'alliance. Et des histoires naturelles? Trèsbien : car le monde, fait par la parole de Dieu, ressent de toutes parts cette parole; toutes ses parties chantent la louange de l'Ouvrier.. Ce livre est bon pour les similitudes, pour les comparaisons, et pour mille autres choses... Mais surtout que le prédicateur se garde bien de raconter de faux miracles, des histoires ridicules. — Il faut tenir méthode sur toutes choses; il n’y a rien qui aide plus le prédicateur, qui rende sa prédication plus utile, et qui agrée tant à l'auditeur... Il se faut garder des guanquam et longues périodes des pédants, de leurs gestes, de leurs mines et de leurs mouvements. Il faut parler affectionnément et dévotement, simplement et candidement, et avec confiance... : le cœur parle au cœur, et la langue ne parle qu'aux oreilles. Il faut une action libre, noble, généreuse, naïve, forte, sainte, grave et un peu lente... un langage net, clair et naïf... : La #ssure doit être naturelle. Nul, mais surtout les évêques, ne doivent user de flatterie envers les assistants, fussent-ils rois, princes et pape... les ordinaires appellations doivent être : Mes frères... On doit finir par des paroles courtes, plus animées et vigoureuses.…. Il est bon d’avoir certaines exclamations familières, judicieusement employées et prononcées : O Dieu! Bonté de Dieu! Vrai Dieu! Eh! Hélas! J'aime la prédication qui ressent plus l'amour du prochain que l’indignation, voire même des huguenots..… Il est toujours mieux que la prédication soit courte que longue. Je finis en disant que la prédication, c’est la publication et déclaration de la volonté de Dieu, faite aux hommes par celui qui est là légitimement envoyé, afin de les instruire et émouvoir à servir sa divine Majesté en ce monde, pour être sauvés en l’autre. »

« Monseigneur, que direz-vous de cela? Pardonnez-moi, je vous supplie, j'ai écrit à course de plume..., porté du seul désir de vous témoigner combien je vous suis obéissant... Il faut que j'ajoute ma très-humble supplication, que vous ne vous laissiez emporter à nulle sorte de considération qui vous puisse empêcher ou retarder de prècher. Dieu le veut, les hommes s’y attendent; c'est la gloire de Dieu, c’est votre

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» salut : hardiment, Monseigneur, et courage pour l'amour de » Dieu... Laissez dire à qui alléguera la suffisance de votre pré- » décesseur ; il commença une fois comme vous. »

« Mais, mon Dieu! que direz-vous de moi, qui vais si simple- » ment avec vous? L'amour ne se peut taire, où il y va de l’in- » térêt de celui qu'on aime... Vous allez à votre troupeau... » commencez de bonne heure à faire ce qu'il faut faire toujours. » O qu'ils seront édifiés quand il vous verront souvent à l’autel » sacrifier pour leur salut, avec vos curés traiter souvent de leur » édification , annoncer enfin la parole de réconciliation, et prè- » cher! Monseigneur, je ne fus jamais à l'autel sans vous recom- » mander; trop heureux si je suis digne que quelquefois vous » m'y portiez en votre mémoire! »

52. L'affection tendre et toute céleste de François pour la famille Frémiot se peint mieux encore dans une lettre au président, qui lui avait demandé les moyens de se préparer à la mort. Combien on jouit et comme on se trouve porté à Dieu en lisant ces quatre pages'! Nous voudrions citer, car l'analyse nous semble impossible, et toutefois il faut se borner.

» Monsieur, je sais que vous avez fait une longue et très-ho- » norable vie, et toujours très-constante en la sainte Église » catholique ; mais au bout de là, ç'a été au monde et au manie- » ment de ses affaires... Il n'est pas possible que vivant au » monde, quoique nous ne le touchions que des pieds, nous ne » soyons embrouillés de sa poussière. — Nos anciens Pères, » Abraham et les autres, présentaient ordinairement à leurs » hôtes le lavement des pieds; je pense, Monsieur, que la pre- » mière chose qu'il faut faire, c’est de laver les affections de » votre âme, pour recevoir l'hospitalité de notre bon Dieu en » son paradis. [l me semble que c’est toujours beaucoup de » reproche aux mortels de mourir sans y avoir pensé; mais il est » double à ceux que Notre Seigneur a favorisés du bien de la » vieillesse. Il faut tout à l’aise dire ses adieux au monde... À » cet effet, je crois que vous aurez une incroyable consolation de » choisir chaque jour une heure pour penser, devant Dieu et » votre bon ange, à ce qui vous est nécessaire pour faire une » bienheureuse retraite. Quel ordre à vos affaires, s’il fallait que » ce fût bientôt?... J'ai vu et joui de votre belle bibliothèque : » Je vous présente, pour votre leçon spirituelle sur ce propos, saint Ambroise, Du bonheur de la mort; saint Bernard, De la

1 Lettre 819, C’est la {re de la IVe Partie, intitulée Le Directeur.

» maison intérieure, et plusieurs homélies éparses de saint » Chrysostome... C’est bien assez pour cette année, laquelle » s'enfuit et s'écoule de devant nous... comme ont fait toutes les » précédentes, qui ne durent plus... Voilà des eaux, Monsieur, » si elles sortent d’une mâchoire d'âne, Samson ne laissera pas » d’en boire. »

53. Les admirables relations de François avec la famille Frémiot ont leur pendant, pour ainsi dire, dans les rapports qu'il eut avec la famille d’un autre président, M. Bourgeois de Crépy, qu'il appelle son très-honoré père. Entre autres enfants, ce magistrat avait deux filles, l’une abbesse du Puits-d’'Orbe, l'autre mariée à M. Brulart, président au parlement, et pour toutes deux, comme pour la famille entière, le Saint fut toute sa vie un ami et un guide vénéré.

L'abbesse était à la tête d’une maison que l’on appelait monastère, mais où la vie régulière était bien inconnue. Point de clôture, point de règle, à peine quelques exercices pieux et des demoiselles qui s'appelaient religieuses, tel était en résumé l’état du Puits-d'Orbe; et Rose Bourgeois de Crépy désirait la réforme, sans laquelle le bien se trouvait fort compromis et son gouvernement entouré de mille difficultés presque insurmontables. Pour comble d'embarras, elle était doublement en proie à la douleur : des angoisses et des tentations déchiraient son âme, et elle avait à la jambe une plaie pour laquelle on ne voyait d'autre remède qu'une douloureuse incision; sa constituton , au surplus, était frêle et la plaçait dans un état d’infirmité permanente.

Usant de cette liberté que lui laissait le défaut de clôture, Rose était venue à Dijon pour le Carème : elle avait vu le Saint qui, dès lors, s'était comme voué au bien de son âme et à la réforme de son monastère‘.

54. À part la conduite admirable de M"*° de Chantal, rien ne nous montre aussi bien, dans François de Sales, l’éminent directeur des âmes religieuses, que les dix-huit lettres heureusement conservées de sa correspondance avec l’abbesse du Putsd’Orbe?. On nous pardonnera de demeurer bien incomplet dans le résumé.que nous essayons, n’employant du reste que les paroles mêmes du saint évêque.

« Parlons de votre jambe malade, et qu'il faut ouvrir. Ce ne

1 Plus tard il fut chargé de cette réforme par le Saint-Siège. — 2 Voy. Lettres 766 à 783.

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sera pas sans des douleurs extrêmes; mais, mon Dieu! quel » sujet est-ce que sa bonté vous donne de probation en ses com- » mandements ? 0 courage, machèresæur, noussommes à Jésus- » Christ, voilà qu'il nous envoie ses livrées : faites état que le » fer qui ouvrira votre jambe soit l’un des clous qui perca les » pieds à Notre Seigneur. O quel bonheur! il à choisi pour vous » ces sortes de faveurs, et les a tant chéries qu'il les a portées » en paradis ; et voilà qu'il vous en fait part : et vous me dites » que vous me laissez à penser comme vous servirez Dieu pen- » dant le temps que vous serez sur le lit; et suis content d'y » penser, ma bonne fille. Savez-vous ce que je pense? A votre » avis quand fut-ce que Notre Sauveur fit le plus grand service » à son Père? Sans doute que ce fut étant couché sur l'arbre de » la croix, ayant pieds et mains percés : ce fut là le grand acte » de son service. Et comment le servait-11? En souffrant et en » offrant : ses souffrances étaient une odeur de suavité à son » Père. Et voilà donc le service que vous ferez à Dieu sur votre » lit. Voilà votre croix qui vous arrive : embrassez-là et la » caressez, pour l'amour de celui qui vous l’envoie.. Ne doutez » point que je prie fort Notre Seigneur : je le dois, je le ferai, et » serai en esprit près de vous pendanttout votre mal... Pendant » que je vous penserai affligée dans le lit, je vous porterai une » révérence particulière et un honnenr extraordinaire, comme à » une créature visitée de Dieu habillée de ses habits, et son » épouse spéciale. Quand Notre Seigneur fut à la croix, il fut » déclaré roi même par ses ennemis, et les âmes qui sont en » croix sont déclarées reines. Vous ne savez pas de quoi les » anges nous portent envie : certes, de nulle autre chose que » de ce que nous pouvons souffrir pour Notre Seigneur, et ils » n'ont jamais rien souffert pour lui’. »

Pour une âme généreuse, ces sublimes pensée devaient incessamment produire les plus vifs élans d'amour, capables de changer la résignation en une joie ineffable; et cela suffisait au service de Dieu, dans l’appréciation du Saint. C’est à titre de consolation et comme moyen d'aider à bien souffrir, qu'il ajoute : « Prenez tous les jours une goutte ou deux du sang qui distille » des plaies des pieds de Notre Seigneur, et les faites passer par » la méditation; et avec imagination, trempez révéremment » votre doigt en cette liqueur, et l’appliquez sur votre mal, avec » l'invocation du doux Nom de Jésus... Faites chercher le traité

1 Lettre 769.

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» de Cacciaguerre, De la tribulation et le lisez pour vous pré- >» parer..….; et Croyez-moi, cela vous soulagera incroyablement. » Jamais je ne fus si touché d'aucun livre que de celui-là, en » une maladie très-douloureuse que j’eus en Italie.» — Dureste, «ne faites pas d'autre oraison que jaculatoire, ayez soin de » vous; dispensez-vous de l'office pour tous les jours que les » médecins vous le conseilleront, encore qu'il vous semblera » que vous n'en ayez pas besoin : je vous l’ordonne comme cela » au nom de Dieu. »

55. C'est avec la même douceur, nous HU avec la même indulgence, que François règle toute la vie de l’abbesse pour les temps où la souffrance la tient en l'exercice; et l’on peut dire que telle fut constamment sa #7anière, à l'égard des âmes qu'il dirigeait, quoique, vis-à-vis de Rose Bourgeois, il eût une raison particulière d'en user, pour ainsi dire, plus mollement. M. de Crépy aimait éperdûment sa fille dont la santé lui causait d'excessives inquiétudes, et pour elle il se posait comme en directeur, ayant arrangé dans son esprit un mélange d’attentions indulgentes, de libertés et d’actes pieux qu’il appelait une vie religieuse. C'était petit à petit seulement que l’on pouvait espérer de l’amener, et en attendant, il fallait lui rendre compte; ileût eu moins de confiance en notre Saint, s’il l’eût cru moins condescendant, et il lui fallut une fois cette réponse : « Je vis » en perpétuelle appréhension de son mal, qu'il n’empire, et en « recommande à Dieu les remèdes, autant qu’il m'est possible. Ce n’est-pas de mon école qu'elle a jeûné ce Carême, contre l’opinion des médecins, à l’obéissance desquels je l’exhorte bien » fort!. »

Mais, si le corps en souffrance a besoin qu'on l'épargne, afin qu'il puisse faire sa besogne, car il est le serviteur de l'âme, pour l’âme elle-mème il n’est point de repos : sa vie est dans l’action, sa force et santé dans l'exercice. « Ressouvenez-vous » qu'il n’est rien de si heureux qu'une religieuse dévote, rien de » si malheureux qu'une religieuse sans dévotion. » Or, « la dé- » votion n’est autre chose que la promptitude, ferveur, affec- » tion et mouvement que l’on a au service de Dieu:.. Celui-là est » dévot qui non-seulement observe les commandements. mais » les observe volontiers, promptement et de grand courage. » Pour ce faire, il faut premièrement prendre garde de n'avoir » la conscience chargée d'aucun péché... C'est pourquoi il se

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1 Lettre 1150e,

* Mae ‘ x :

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| » faut confesser souvent... Secondement, il faut ôter tout ce qui | » peut entraver les pieds de notre âme, qui sont les affections, » lesquelles il faut retirer et dépendre de tout objet... qui n’est |» pas bien bon. Outre cela, il faut demander cette promptitude à | » Notre Seigneur; et partant 1l faut s’exercer à la prière et médi- » tation, ne laissant passer aucun jour (sauf que la douleur ne le

» permette) sans la faire l’espace d’une petite heure... Ayez l’u-

» sage des oraisons jaculatoires... À cela même vous servira une

» croix ou une image pendue à votre cou ou à votre chapelet,

» le maniant et baisant souvent... Ne passez aucun jour sans lire

» quelque peu dans quelque livre spirituel... Prenez coutume de

» vous mettre en la présence de Dieu le soir, le remerciant

» et faisant l'examen de conscience... Le matin, faites de même,

» vous préparant à servir Dieu le long du jour, vous offrant à

» son amour et lui offrant le vôtre... Pour acquérir la sainte

» promptitude à bien pratiquer la vertu, ne laissez passer aucun

» jour sans en pratiquer quelque action particulière... Ne man-

» quez jamais, pour ce commencement, de communier tous les

» premiers dimanches de chaque mois..…., et faites alors une nou-

» velle résolution de le servir fervemment, laquelle, ayant com-

» munié, il faut confirmer, non par vœu, mais par un bon et

» ferme propos. Le jour de votre communion, tenez-vous le plus

» dévote que vous pourrez, soupirant en celui qui sera en vous

» et à vous, et lui faites venir l’un après l’autre vos sens et

» vos puissances pour ouir ses commandements et lui promettre

» fidélité. Gardez-vous de vous rendre mélancolique et impor-

» tune à ceux qui sont auprès de vous; mais rendez-leur le plus

» que vous pourrez de consolation et de contentement... Procurez

» en vous l'esprit de douceur, joie et humilité, qui sont les plus

» propres à la dévotion, comme aussi la tranquillité, sans vous

» empresser ni pour ceci ni pour cela; mais allez votre chemin

» de dévotion avec une entière confiance en la miséricorde de

» Dieu, qui vous conduira par la main jusqu’au pays céleste". » 56. Voilà une âme qui va commencer à chercher la dévotion,

que peut-être elle croyait avoir, même en dehors de ces petits moyens, qu'elle était loin de juger nécessaires. Désormais elle y sera fidèle; mais elle voudra une paix constante, et lur semblera-t-il qu'elle n’est pas bien, dès qu’elle ne se sera pas consolée.

« Cette inquiétude d'importance , et d’autres dont vous avez été

1 Lettre 767. Voyez aussi lettre 710c, sur la Méthode d'oraison et l'ordre de prier la journée.

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assaillie ne m'étonnent point, puisqu'il n’y a rien de pis. Ne vous troublez donc point, ma fille bien-aimée. Se faut-il laisser emporter au courant et à la tourmente? laissez enrager l'ennemi à la porte; qu'il heurte, qu'il bucque, qu'il crie, qu’il hurle et fasse pis qu’il pourra : nous sommes assurés qu'il ne saurait entrer dans notre âme que par la porte de notre consentement. Tenons-la bien fermée, et voyons souvent si elle n’est pas bien close: et de tout le reste, ne nous en soucions point, car il n'y a rien à craindre. »

« Vous me demandez quelque chose touchant /a paix de l’âäme et l’humalité. C'est par une inspiration divine que vous m'interrogez des deux ensemblement; car c’est bien la vérité que l’une ne peut être sans l’autre. Rien ne nous trouble que lamour-propre et l'estime que nous faisons de nous-mêmes. Si nous n'avons pas les fendretés où attendrissements de cœur, les goûts et sentiments en l’oraison.., nous voilà en tristesse ; si nous avons quelques difficultés à bien faire..., nous voilà empressés avec de l'inquiétude. Pourquoi tout cela? Parce que sans doute nous aimons nos consolations, nos aises, nos commodités. Nous voudrions prier dans l’eau de naffe, et être vertueux à manger du sucre ; et nous ne regardons point au doux Jésus qui, prosterné en terre, sue sang et eau de détresse, pour l'extrême combat qu'il sent, en son intérieur, entre les affections de la partie inférieure de son äme et les résolutions de la supérieure. — L'amour-propre est donc une des causes de nos inquiétudes; l’autre est l'estime que nous faisons de nous-mêmes. Que veut dire que, s’il nous arrive quelque imperfection ou péché, nous sommes étonnés, troublés et impatients? Sans doute, c'est que nous pensions être quelque chose de bon, résolu et solide... Que si nous savions bien qui nous sommes, au lieu d’être ébahis de nous voir à terre, nous nous étonnerions comment nous pouvons demeurer debout... Faisons trois choses, ma très-chère fille, et nous aurons la paix : ayons une attention bien pure de vouloir en toutes choses l'honneur de Dieu et sa gloire, faisons le peu que nous pourrons pour cette fin-là, ef laissons à Dieu tout le soin du reste‘... Il faut en tout et partout vivre paisiblement. Nous arrive-t-il de la peine, il la faut recevoir paisiblement; nous arrive-t-il de la joie, il la faut recevoir paisiblement, sans pour cela tressaillir. Faut-il fuir le mal, il faut que ce soit paisible-

111 y a ici toute une page à lire. Lettre 766e.

RS OR RE PT CR TT AT SN et Er, dt A TR rt:

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» ment, sans nous troubler; car autrement, en fuyant nous » pourrions tomber... Faut-il faire du bien, il le faut faire pai- » siblement, autrement nous ferions beaucoup de fautes en nous » empressant... »

« L’humilité !, est-ce la connaissance de notre misère et pau- » vreté? Oui, dit notre saint Bernard; mais c’est l'humilité mo- » rale et humaine. Qu'est-ce donc que l’humilité chrétienne ? » C’est l'amour de cette pauvreté et abjection, en contemplation » de celle de Notre Seigneur... — L’humilité fait que nous ne » nous troublons pas de nos imperfections, nous ressouvenant de » celles d'autrui : car pourquoi serions-nous plus parfaits que les » autres? Et, tout de même, que nous ne nous troublons point » de celles d'autrui, nous ressouvenant des nôtres : car pour- » quoi trouverons-nous étrange que les autres aient des imper- » fechons , puisque nous en avons bien ?? »

51. La chrétienne, la religieuse même était formée ; elle n’avait qu’à marcher paisiblement dans la voie qui lui était ouverte, courageuse, confiante, humble et dès lors en paix, sous la conduite assurée du Saint, mais ayant en outre près d’elle un autre guide dont le Saint disait : « Il aura assez de conformité avec » moi, etmoi avec lui, pour ne point distraire votre esprit à la » diversité des chemins, laquelle aussi lui serait fort nuisible. »

Mais il y avait l’abbesse, placée à la tête d’une communauté de filles nobles et qu'il importait d'autant plus de réformer, que les jeunes demoiselles des plus grandes familles étaient élevées dans la maison *. C'était là une œuvre difficile et pour laquelle, à ne voir que les apparences, mille difficultés insurmontables devaient se rencontrer : elles se rencontrèrent et furent vaincues.

« J'écris à M. votre père et le mien une lettre propre, à mon » avis, pour gagner son esprit à notre dessein, lequel je ne lui » dépeins pas si grand comme il est, parce que cela le rebu- » terait, lui étant proposé tout à coup; et petit à petit 1l le » goûtera indubitablement..… Il faut avoir patience en ce qu'il » veut ses opinions être suivies, car il fait tout par excès d’a- » muitié.. — J'appliquerai mon esprit et mes prières à penser en » tout ce qui sera utileet requis pour faire une parfaite réforma-- » tion de tout votre monastère; ayez seulement un grand » courage, et plein d'espérance. C’est tout ce qu'il vous faut

1 Le Saint ne définit pas cette vertu et renvoie l'abbesse à ce qu'il a écrit à une autre personne (sainte Chantal). Voyez lettre 4006, tome VII, page 252 : c'est une belle page à lire. — 2 Lettre 766€. — 3 Le Saint plaça dans cette maison la plus jeune de ses sœurs.

» pour le présent : car vous serez assaillie sans doute; mais, » avec l'esprit d’une douce vaillance, nous chevirons ! de ce » bon dessein, Dieu aidant. Et pour le présent il faut bien » établir l'intérieur de vos cœurs, et le vôtre surtout, car c’est . » la vraie et solide méthode ; et dans quelque temps nous éta- » blirons à l'extérieur ?. — Le moyen de faire, en ce commence- » ment, doit être doux, gracieux et joyeux, sans commencer » par la répréhension des choses qui ont été supportées jusqu’à » présent; mais vous devez vous-même, sans leur dire mot » montrer tout le contraire en votre vie et conversation, vous » occupant devant elles à de saints exercices... et les caressant » plus doucement et modestement que jamais, faisant une » spéciale amitié avec celles qui se rangeront à la dévotion : ne » laissez pourtant de bien caresser les autres... Tenez-vous » courte avec les conversations mondaines, et ne permettez pas » qu'elles soient en votre chambre particulière, pour petit à » petit procurer que le dortoir des dames en soit exempt... A la » table, procurez que l’on lise quelque beau livre spirituel... En » l'office, il faut que votre contenance dévote donne loi à toutes » les religieuses de modestie et de révérence. J’estime que » d'introduire le Bréviaire du Concile de Trente sera une chose » utile... Ne faites point trop l’austère, mais soyez gracieuse, » hormis aux personnes bien mondaines... Ne vous empressez » point, mais faites ce que vous ferez si gaîment et avec tant » de douceur, que toutes les filles aient occasion de vouloir em- » brasser la dévotion petit à petit; et lorsque vous les verrez » embarquées, il faudra traiter plus entièrement du rétablisse- » ment de la perfection de la Règle... Dieu vous appelle à toutes » ces saintes besognes ; écoutez-le et obéissez ?. »

58. « L’exacte réformation d’un monastère de filles consiste » en l'obédience bien observée, la pauvreté et la chasteté. Il » vous faut bien garder de donner aucune alarme de vouloir » réformer... Allez de loin en loin, gagnez ces jeunes plantes » qui sont là, et leur inspirez l'esprit d’obéissance; et pour le » faire, usez de trois où quatre artifices : de leur commander » souvent, mais des choses fort utiles, douces et légères, et ce » devant les autres, et puis là-dessus les en louer modestement, » et les appeler à l’obéissance avec des termes d’amour...; de » leur jeter devant des livres propres à cela... et parler souvent

1 Nous viendrons à bout, — 2? Lettre 7719. — 3 Lettre 767€; voyez aussi lettre 768e.

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Liv. IV. Chap. Il. — L’ABBESSE DU PUITS-D'ORBE. 317

» de l’obédience, non pas comme-la désirant d'elles, mais » comme désirant de la rendre à quelqu'un... ; de commander » si doucement et amiablement qu’on rende l’obéissance aimable, » et après qu'elles auront obéi, ajouter : Dieu vous veuille » récompenser de cette obéissance! et ainsi vous tenir fort » humble; de faire profession vous-même de ne vouloir rien » faire que par l'avis et conseil de votre père spirituel, auquel » néanmoins vous n’attribuerez aucun titre de commandement, » de peur d’exciter des jalousies en l'esprit de ceux qui sont » supérieurs de votre monastère... — J’en dis de même de la » pauvreté : 1l faut les y conduire petit à petit, en sorte que » dans quelque temps toutes les pensions soient mises ensemble » en une bourse... — Quant à la chasteté, il faut commencer

, » ainsi : témoigner vous-même que vous n'êtes jamais si con- » tente que quand vous êtes seule avec elles... mais en sorte » qu'il semble que vous ne le dites que pour votre particulier. » et enfin un jour vous ferez passer cela en constitution et en » ordre; car c'est enfin la gardienne de la chasteté que la clô- « ture. »

« Quand vous rencontrerez des contrariétés et des contradic- » tions, ne vous essayez pas de les rompre; mais gauchissez » dextrement et pliez avec la douceur et le temps. Si toutes ne » se disposent pas, ayez patience, et avancez le plus que vous » pourrez avec les autres. Ne témoignez pas de vouloir vaincre; » excusez en l’une son incommodité, en l’autre son âge, et dites » le moins qu'il vous sera possible que c’est faute d’obéis- » sance. »

59. C'était bien la sagesse qui entreprenait cette réforme; elle allait à ses fins fortement et disposait suavement toutes choses. Le saint veillait, devinant les difficultés, les contradictions, les tentations, les manquements, n’apprenant rien sans donner un conseil, un doux reproche, un encouragement, un ordre : à mesure que le temps s'écoule, les progrès se manifestent, lents à venir, mais assurés. Tous les points de l’observance arrivent, plus où moins difficilement selon leur importance; mais si les choses essentielles paraissent les dernières, elles s'établissent pourtant. Ce fut une œuvre de sept années, au bout desquelles encore il restait beaucoup à désirer; mais François néanmoins pouvait écrire : « Je me réjouis de quoi

1 Lettre 710e. Pour les détails, voyez sur la pauvreté, lettre 766, page 162; sur la clôture, lettre 772e; sur divers points importants, lettre 17%, 179%.

» le reste de nos articles s’observe... Hé bien! ma chère fille, » la multitude des difficultés vous fit peur, et vous eûtes des » pensées de tout quitter; cependant vous avez vu que tout est » fait : 1l en sera de même en tout le reste; la persévérance » vaincra tout'. » Et deux ans plus tard, la présence d’un prêtre choisi par lui ayant beaucoup avancé le bien : « Quelle joie, » écrit-il, de ce que votre monastère va si bien, et qu'il fait » honneur devant Dieu et ses anges à M. de Sauzea! Certes, je » ne suis pas ange, mais je l'en honore davantage, et prie Dieu » qu'il rétablisse de plus en plus cette sainte famille en son » amour*. »

En 1618, il s'agit de transférer le monastère des champs à la vèlle, et François approuva fortement cette résolution; mais l'abbesse voulait quitter le diocèse de Langres pour Lyon, et il s’y opposa de toutes ses forces, efficacement sans doute, quoique l'on devine sur ce point un parti pris bien opposé à la docilité. « Je vous ai déjà écrit qu'il ne fallait nullement penser à trans- » planter votre monastère à Lyon; car à quel propos ôter une si » noble fondation d’une province et d’un diocèse, pour la porter » eu un autre ? Ni le Pape, ni l’évêque, nt le pays, ni le parle- » ment ne le permettront jamais. Demeurez donc ferme en la ré- » solution de le transférer des champs à la ville, mais en une » ville de la province et du diocèse; s’il se pouvait, à Langres, » où à Châtillon, ou à Dijon; etici 1l serait mieux... Mais si vous » ne pouvez ranger votre esprit à cet avis, du moins que ce soit » à Châtillon. — Je n’approuve nullement que vous sépariez os » filles, tenant les unes comme vos affectionnées, et les autres » comme distraites de l’affection qu'elles vous doivent, ni qu’on » leur remette leurs pensions, et autres particularités. Il ne faut » que votre courage à tout cela*. »

60. M"° la présidente Brulart, fille aînée de M. de Crépy, rencontrait, comme sa sœur l’abbesse, dans le chemin de la piété, le contrôle de sor père, et en outre celui de son mari : par cette circonstance et par la nature de son caractère, comme par sa position de femme mariée et de femme du grand monde, elle reçut, de la part du Saint, une direction qu'il n'importe pas moins d'étudier; dix lettres sont là, toutes pleines d'une doctrine admirable et qu'un grand nombre d'âmes méditeront

àävec fruit’.

1 Lettre 719%, — 2 Lettre 781e. — 3 Lettre 783e, C'est la dernière de cette longue correspondance. — # Lettre 822e et suiv.

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