‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 4)Chapitre 40 sur 61 · TZ · texte numérisé non relu

TZ

1 Lettre 163e. Le roi reçut l’absolution quand il n'avait pas encore perdu Le mouvement et la chaleur de la vie, ayant témoigné par signes des yeux et des mains Le recours qu'il avait à Dieu. Depuis quelques jours il pensait au jugement, se recueillait plus souvent et priait plus longtemps. Espérons donc en notre Saint.

partageât son logement et sa table : prorogeant en quelque sorte ses pouvoirs de maître, il recevait ses avis, souvent bien vifs, souvent exagérés, mais toujours inspirés par l'affection et le désir de voir son disciple plus parfait, avecune condescendance, une douceur, un respect tout filal; il ne modérait ses paroles et son zèle que quand il le voyait trop impatient aux critiques qui pouvaient atteindre l’évêque. « Quoi! disait François, suis-je » tout parfait? Suis-je saint? Et quand je le serais, les saints » n’ont-ils pas eu des moqueurs et des repreneurs?... Que n’a-t-on » pas dit de Notre Seigneur qui était la perfection même‘? »

& Il l'assista jusqu’au dernier sanglot avec des sollicitudes et des assiduités nompareilles.., et quand ce bon chanoine eut expiré en Dieu, d’un trépas fort doux et fort paisible, il lui fit faire de fort honorables obsèques en la cathédrale, où lui-même célébra, et offrit pour lui, et fit offrir par tout son diocèse quantité de sacrifices pour le remède et repos de cette âme qui lui était chère en la manière que Dieu savait. La première messe qu'il dit en particulier fut entrecoupée de plusieurs soupirs qui témoignaient assez le sentiment de son âme et combien il était touché de cette séparation. Mais quand il fut arrivé au Pater, il fallut qu'il s’arrêtât, et il fut assez longtemps sans pouvoir faire autre chose que pleurer... Son aumônier et confesseur, redoutant cette tristesse, l'accompagna à sa chambre après le sacrifice, et le voulut consoler : « Hélas! répondit-il, cette âme est bien » où elle est; oh! qu’elle ne voudrait pas être ici! Elle est entre » les bras et dans le sein de la miséricorde et clémence de Dieu, » où elle repose, comme un autre saint Jean, sur la poitrine » amiable de Jésus-Christ. Mais voulez-vous savoir ce qui m'a » tant fait pleurer quand j’ai commencé le Pater? Hélas! je me » suis souvenu que c'est ce digne homme qui m'a appris le pre- » mier à le dire*! »

Voilà comme François de Sales envisageait les liens de l'amitié qui peuvent tenir de la nature, et comment il s’en détachait; mais tandis que le Seigneur l’isolait selon le monde, il l’entourait avec amour d’une famille toute céleste : le grand Ordre de la Visitation avait commencé.

1 Voy. Esprit, Part. I, Sect. 28. — 2 Jbid., Part. V, Sect. 22.

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