‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 4)Chapitre 5 sur 61 · S'S SE · texte numérisé non relu

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1 Ch.-Aug. de Sales, etc.

2 C'est durant sa tentation qu'il composa cette magnifique Protestation aw sujet du mystère de la réprobation des méchants que nous avons reproduite au tome V des Œuvres, p. 45.

tant dirigé vers l'autel de Marie, il prit garde à une petite table. affichée à la muraille, curieux de savoir ce qui y était écrit, et trouva que c'était une oraison de S. Augustin ‘ à la glorieuse Vierge ; il la récita à genoux et avec larmes : Souvenez-vous, d très-pieuse Vierge Marie! qu'iln'a jamais été oui qu'aucun re= courant à votre protection; implorant votre secours et demandant vos suffrages, ait été abandonné. Animé de cette confiance, ô Vierge des vierges! je cours et je viens à vous, gémissant et pécheur que je suis. O Mère du Verbe! ne veuillez dédaigner mes paroles, mais écoutez-les d’une oreille propice, et les exaus cez. Ainsi soit-il. » ;

« Il ne l’eut pas plus tôt achevée, qu'il ressentit l'effet du secours de la Mère de grâce et de miséricorde, et le pouvoir de son assistance envers Dieu : la tentation s’évanouit, la santé lui fut rendue, et lui semblait qu’on lui levât de la tête et du corps comme des croûtes ou écailles de lèpre. En même temps, Dieu lui disait au fond de l’âme : Je suis ton salut; homme de peu de foi, de quot doutes-tu? Tu es à moi, je le sauverai; aye confiance, c’est moi qui ai vaincu le monde. »

« Après cette bourrasque, son esprit fut en paix, et 1l méditait jour et nuit sur les témoignages éternels du Seigneur, et son âme innocente se dilatait parmi les embrasements de la vraie douceur. [l préparait son cœur, par une pureté non feinte de corps et d'esprit, pour le rendre un digne temple de l'Esprit de Dieu; et presque à tout moment ?/ levait ses yeux aux montagnes desquelles il attendait le secours : et à la vérité, c'est ainsi qu'il devait faire son apprentissage en l’amour divin ?. »

48. Une chose étonne en cette rude épreuve, c'est la jeunesse de celui qui eut à la-subir; et sans doute il n’y a pas témérité à chercher quels purent être les desseins de Dieu : cet examen ne pourra que nous édifier, et nous porter à bénir sa providence toute paternelle.

On a dit que la valeur n'attend pas le nombre des années : François l’avait bien montré; car la vertu s'était fait voir en lui avec un tei éclat, que tout homme mûr parvenu au même degré eût été justement regardé comme grand en sainteté. C'est done moins l'âge que le développement de la sainte charité en son ame qu’il faut ici considérer; et de même que Dieu eût pu dire à

1 On l’attribue plus communément à S. Bernard. A cette précieuse prière est attachée une imdulgence de 309 jours, pour chaque fois qu'on la récite (Reserit du 25 juillet 1846).

2 Esprit, Part. IV, Sect. 38; Ch.-Aug. de Sales, etc.

Liv. [. Ch. IT. — FRANÇOIS A PARIS. — TENTATION. 31

Satan, comme autrefois de Job : As-fu vu mon fidèle serviteur ? Satan pouvait aussi reconnaître que, pour l’abattre, il ne fallait rien moins qu'une grande tentation.

Nous avons vu Combien elle fut terrible; mais ce qu elle nous a montré de plus remarquable, c'est l ma bte résistance de la victime qui, parmi les angoisses de son âme, allait s’'embrasant toujours plus des feux de l’amour sacré. Quel merveilleux spectacle nous a donné cet enfant quand, peu touché des peines de l'enfer, et comptant pour rien le mal de la créature, il n’a vu pour le damné — et ce damné était lui-même — qu'un seul malheur, celui de haïr et de blasphémer Dieu ! Évidemment, cette tentation a été comme le sceau divin qui consacrait dès lors l’a- … pôtre du pur amour, tellement vivant en ses écrits et dans sa vie entière, que c’est par là proprement que François de Sales est caractérisé : : ne cédait-il pas, comme dans un céleste ravissement, à cette inspiration qui lui ouvrait sa voie, lorsque, victorieux ts la lutte, il renouvelait, en vue du LUS M le vœu de. sa perpétuelle virginité ?

« Ce combat et cette victoire, ajoute l'évêque de Belley ‘, cette captivité et cette délivrance, cette mélancolie et cette joie, cet orage et ce calme, le rendirent depuis si adroit et si avisé au maniement des armes spirituelles, qu'il était comme un arsenal pour les autres, fournissant des défenses et industries à tous ceux qui lui manifestaient leurs tentations. Surtout il conseillait d’avoir recours à la puissante intercession de la Mère de Dieu, recommandant spécialement la belle prière : Souvenez-vous... qu'il récita dès lors tous les jours. Je me souviens que c’est de sa bouche que j'ai premièrement appris et recueilli cette prière, laquelle j'écrivis à l’entrée de mon Bréviaire, pour la graver en ma mémoire, et m'en servir en mes besoins. »

Enfin, c'est dans les peines de cette effroyable épreuve que son cœur s'imprégna de la grande compassion qu'il montra toujours depuis pour ies âmes tentées. « Hélas ! écrivait-il à un gentilhomme qui redoutait le jugement de Dieu, que c’est un étrange tourment que celui-là ! Mon âme, qui l’a enduré six semaines durant, est bien capable de compütir à ceux qui en sont

afligés?. »

1 Lettre 906, tome VIII, p. 334. — ? Esprit, Part. IV, Sect. 38.

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