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grandement honorez, et non pas tenus au mesme rang de la basse estime que nous devons faire de ceux qui sont en nous et qui sont de nous. Non-seulement les vrays chrestiens ont recognu qu'il falloit regarder ces deux sortes de biens qui sont en nous, les uns pour nous humilier, les autres pour glorifier la divine bonté qui les nous a donnez; mais aussi les philosophes, car cette parolle qu'ils disent : Cognois-toy toy-mesme se doit entendre non-seulemeut de la cognoissance de nostre vileté et misere, mais encore de celle de l'excellence et dignité de nos ames, lesquelles sont capables d’estre unies à la divinité par sa divine bonté, qui a mis en nous un certain instinct, lequel nous fait tousjours tendre et pretendre à cette unyon, en laquelle consiste tout nostre bonheur.
L'humilité qui ne produict poinct la generosité est indubitablement fausse; car, apres qu'elle a dit : Je ne puis rien, je ne suis rien qu'un pur neant, elle cede tout incontinent la place à la generosité de l'esprit, laquelle dit : I n’y a rien, et il n’y peut rien avoir que je ne puisse, d'autant que je mets toute ma confiance en Dieu qui peut tout; et dessus cette confiance elle entreprend courageusement defaire tout cé qu'on luy commande. Mais remarquez que je dy : Tout ce qu'on luy commande ou conseille, pour difficile qu'il soit : car je vous puis asseurer qu’elle ne juge pas que faire de miracles luy soit chose impossible, luy estant commandé d’en faire; que si elle se met à l’execultion du commandement en simplicité de cœur, Dieu fera plustost miracle que de manquer de luy donner le pouvoir d'accomplir son entreprinse, parce que ce n’est point sur la confiance qu'elle a en ses propres forces qu'elle l’entreprend, aivs elle est fondée sur l'estime qu'elle fait des dons que Dieu luy a faits; et ainsi elle fait ce discours en elle-mesme : Si Dieu m'appelle à un estat de perfection si haute, qu'il n’y en ayt point en cette vie de plus relevée, qu'est-ce qui me pourra empescher d'y parvenir, puisque je suis tres-asseurée que celuy qui a commencé l'œuvre de ma perfection la parfayra? Mais prenez garde que tout cecy se fait sans aucune presomption, d'autant que cette confiance n’empesche pas que nous ne nous tenions tousjours sur nos gardes, de crainte de faillir; ains elle nous rend plus attenüfs sur nous-mesmes, plus vigilans et soigneux de faire ce qui nous peut servir pour l’advancement de nostre perfection. L'humilité ne gist pas seulement à nous deffier de nous-mesmes, ains aussi à nous confier en Dieu ; et la deffiance de nous-mesmes et de nos propres forces produict la confiance en Dieu; et de cette
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confiance naist la generosite d'esprit, de laquelle nous parlons. La tres-saincte Vierge Nostre-Dame nous fournit à ce subjet un exemple tres-remarquable lorsqu'elle prononça ces mots : Voicy la servante du Seigneur, me soit fait selon ta parolle; car en ce qu'elle dit, qu’elle est servante du Seigneur, elle fait un acte d'humilité le plus grand qui se peut faire, d'autant qu'elle oppose aux loûanges que l’ange luy donne, qu’elle sera Mere de Dieu, que l'enfant qui sortira de ses entrailles sera appellé le Fils du Tres-Haut, dignité la plus grande que l’on eust peu jamais imaginer : elle oppose, dy-je, à toutes les loüanges et grandeurs, sa bassesse et son indignité, disant qu'elle est servante du Seigneur. Mais prenez garde que dés qu'elle a rendu le devoir à l'humilité, tout incontinent elle fait une prattique de generosité tres-excellente, disant : Me soit fait selon la parolle. I est vray, vouloit-elle dire, que je ne suis en aucune façon capable de cette grace, eu esgard à ce que je suis de moy-mesme; ains, en tant que ce qui est de bon en moy est de Dieu et que ce que vous me dites est sa tres-saincte volonté, je croy qu'il se peut et qu'il se fera; et partant, sans aucun doubte, elle dit : Me soit fait ainsi que vous dites. Pareillement, à faute de cette generosité, 1l se fait fort peu d'actes de vraye contrition ; d'autant qu'apres nous estre humihiez et confondus devant la divine Majesté, en consideration de nos grandes infidellitez, nous ne venons pas à faire cet acte de confiance, nous relevant le courage par une asseurance que nous devons avoir, que la divine bonté nous donnera sa grace pour desormais luy estre fidelles, et correspondre plus parfaictement à son amour. Apres cet acte de confiance, se devroit immediatement faire celuy de la generosité, disant : Puisque je suis tres-asseuré que la grace de Dieu ne me mänquera point, je veux encore croire qu'il ne permettra pas que je manque à correspondre à sa grace. Mais vous me direz : Si je manque à la grace, elle me manquera aussi. — Il est vray. — Si donc il est ainsi, qui m asseurera que je ne manque point à la grace desormais, puisque je luy ay manqué tant de fois par le passé? Je respons que la generosité fait que l’ame dit hardyment et sans rien eraindre : Non, je ne seray plus infidelle à Dieu ; et parce qu'elle sent en son cœur cette resolution de ne l’estre jamais, elle entreprend sans rien craindre tout ce qu’elle sçayt la pouvoir rendre aggreable à Dieu, sans exception d'aucune chose ; et entreprenant tout, elle croid de pouvoir tout, non d’elle-mesme, ains en Dieu, auquel elle jette toute sa confiance; et pour ce, elle fait et entre-
prend tout ce qu'on luy commande et conseille. Mais vous me demanderez s'il n’est jamais permis de doubter de n’estre pas capable de faire les choses qui nous sont commandées? Je respons que la generosité d'esprit ne nous permet jamais d’entrer en aucun doubte. Et affin que vous entendiez mieux cecy, il faut distinguer, (comme j'ay accoustumé de vous dire,) la partie superieure de vostre ame-‘d’avec l’inferieure. Or, quand je dy que la generosité ne nous permet point de doubter, c’est quant à la partie superieure : car il se pourra bien faire que l'inferieure sera toute pleine de ces doubtes, et aura beaucoup de peine à recevoir la charge ou l'employ que l’on nous donne; mais de tout cela, l'ame qui est genereuse s’en mocque, et n’en fait aucun estat, ains se met simplement en l'exercice de cette charge sans dire une seule parolle , ny faire aucune action pour tesmoigner le sentiment qu’elle a de son incapacité. Mais nous autres, nous sommes si joyeux que rien plus de tesmoigner que nous sommes bien humbles, et que nous avons une basse estime de nous-mesmes, et semblables choses, qui ne sont rien moins que la vraye humilité, laquelle ne nous permet jamais de résister au jugement de ceux que Dieu nous a donnez pour nous conduire. J'ay mis dans le livre de l’{ntroduction un exemple qui sert à mon subjet, et qui est fort remarquable : c’est du roy Achas, lequel estant reduict à une tres-grande affliction par la rude guerre que luy faysoient deux autres roys, lesquels avoient assiegé Hierusalem, Dieu commanda au prophete Isaïe de l'aller consoler de sa part, et luy promettre qu'il emporteroit la victoire, et demeureroit triomphant de ses ennemys. Et de plus, Isaïe luy dit que, pour preuve de la verité de ce qu'il luy disoit, qu'il demandast à Dieu un signe au ciel ou bien en la terre, et qu'il le luy donneroit. Lors Achas, se meffiant de la bonté de Dieu et de sa lhberalité : Non, dit-il, je ne le feray pas, d'autant que je ne veux pas tenter Dieu. Mais le miserable ne disoit pas cela pour l'honneur qu'il portoit à Dieu; car, au contraire, il refusoit de l’honnorer, parce que Dieu vouloit estre glorifié en ce tems-là par des miracles; et Achas refusoit de luy en demander un qu'il luy avoit signifié qu'il desireroit faire. Il offensa Dieu, en refusant d'obeyr au prophete que Dieu luy avoitenvoyé pour luy signifier sa volonté. Nous ne devons donc jamais mettre en doubte que nous ne puissions faire ce qui nous est commandé, d’autant que ceux qui nous commandent cognoissent bien nostre eapacité. Mais vous me dites que possible vous avez plusieurs miseres interteures, et de grandes imperfections que vos superieurs
ne cognoissent pas, et qu'ils se fondent sur les apparences exterieures par lesquelles vous avez peut-estre trompé leurs esprits. Je dy qu'il ne vous faut pas tousjours croire quand vous dites, poussées peut-estre de descouragement, que vous estes des miserables, et toutes remplies d’imperfection; non plus qu'il ne faut croire que vous n’en ayez point, quand vous n’en dites rien, estant pour l'ordinaire telles que vos œuvres vous font paroistre. Vos vertus se cognoissent par la fidelhté que vous avez à les prattiquer, et de mesme les imperfections se recognoissent par les actes. L’on ne sçauroit, pendant qu’on ne sent point de malice en son cœur, tromper l'esprit des superieurs.
Mais vous me dites que l’on void plusieurs Saints qui ont fait grande resistance pour ne pas recevoir les charges que l’on leur vouloit donner. Or, ce qu’ils en ont fait n’a pas esté seulement à cause de la basse estime qu'ils faisoient d’eux-mesmes, mais principalement à cause de ce qu'ils voyoient que ceux qui les vouloient mettre en ces charges, se fondoient sur des vertus apparentes, comme sont les Jeusnes, les aumosnes, les penitences, et aspretez du corps, et non sur les vrayes vertus interieures qu'ils tenoient closes et couvertes sous la saincte humilité. Puis ils estoient poursuivis et recherchez par des peuples qui ne les cognoissolent point que par reputation. En ce cas, il seroit, ce semble, permis de faire un peu de resistance; mais sçavez-vous à qui? à une fille de Dijon, par exemple, à laquelle une superieure d’Annessy envoieroit le commandement d’estre superieure , ne l'ayant jamais veuë ny cogneuë : mais une fille de ceans, à laquelle on feroit le mesme commandement, ne devroit jamais se mettre en devoir d'apporter aucune rayson pour tesmoigner qu'elle respugne au commandement; ains se devroit mettre en l'exercice de sa charge, avec autant de paix et de courage comme si elle se sentoit fort capable de s’en bien acquitter. Mais j'entens bien la finesse, c’est que nous craignons de n’en pas sortir à nostre honneur; nous avons nostre reputation en si grande recommandation, que nous ne voulons point estre tenus pour apprentifs en l'exercice de nos charges, ains pour maistres et maistresses qui ne font jamais des fautes. Vous entendez maintenant assez que c’est que l'esprit de force et de generosité que nous avons tant d'envie de voir ceans, affin d’en bannir toutes les nyaiseries et tendretez qui ne servent qu’à nous arrester en nostre chemin, et nous empescher de faire progrez en la perfection. Ces tendretez se nourrissent de vaines reflexions que nous faysons sur nous-mesmes, principalement quand nous avons
bronché en nostre chemin par quelque faute. Car ceans, par la grace de Dieu, l’on ne tombe jamais du tout, nous ne l'avons encore point veu; mais l’on bronche, et au lieu de s’humilier tout doucement et puis se redresser courageusement, comme : nous avons dit, l’on entre en la consolation de sa pauvreté, et dessus cela l’on commence à s’attendrir sur soy-mesme : Hé mon Dieu! que je suis miserable! je ne suis propre à rien; et par apres l’on passe au descouragement qui nous fait dire : O non, il ne faut plus rien esperer de moy; je ne feray jamais rien qui vaille, c'est perdre le temps que de me parler; et là dessus, nous voudrions quasi que l’on nous laissast là, comme si l’on estoit bien asseuré de ne pouvoir jamais rien gaigner avec nous. Mon Dieu! que toutes ces choses sont esloignées de l’ame qui est genereuse et qui fait une grande estime, comme nous avons dit, des biens que Dieu a mis en elle! car elle ne s’estonne point, ny de la difficulté du chemin qu’elle a à faire, ny de la grandeur de l'œuvre, ny de la longueur du tems qu'il y faut employer, ny enfin du retardement de l’œuvre qu’elle a entreprinse. Les filles de la Visitation sont toutes appelées à une tres-grande perfection, et leur entreprinse est la plus haute et la plus relevée que l’on sçauroit penser, d'autant qu'elles n’ont pas seulement pretention de s'unir à la volonté de Dieu, comme doivent avoir toutes les creatures; mais, de plus, elles pretendent de s'unir à ses desirs, voire mesme à ses intentions, je dy avant mesme qu'elles soyent presque signifiées; et s'il se pouvoit penser quelque chose de plus parfaict, et un degré de plus grande perfection que de se conformer à la volonté de Dieu, à ses desirs et à ses intentions, elles entreprendroient sans doubte d’y monter, puisqu'elles ont une vecation qui les y oblige : et partant, la devotion de ceans doit estre une devotion forte et genereuse, comme nous avons dit plusieurs fois.
Mais outre ce que nous avons dit de cette generosité, il faut encore dire cecy, qui est que l’ame qui la possede recoit esgalement les seicheresses et les tendresses des consolations, les ennuys interieurs, les tristesses, les accablemens d'esprit, comme les faveurs et les prosperitez d’un esprit bien plein de paix et de tranquilhté. Et cela, parce qu’elle considere que celuy qui luy a donné les consolations est celuy-là mesme qui luy envoye les afflictions, lequel luy envoye les unes et les autres, poussé du mésme amour, qu’elle recognoist estre tres-grand, parce que, par l’affliction interieure de l'esprit, il pretend de l'attirer à une tres-grande perfection, qui est l’abnegation de toute sorte
de consolation en cette vie, demeurant tres-asseurée que celuy qui l'en prive icy-bas ne l’en privera point eternellement là-haut au ciel, Vous me direz que l’on ne peut pas emmy (1) ces grandes tenebres faire ces considerations, veu qu’il semble que nous ne pouvons pas seulement dire une parolle à Nostre-Seigneur : certes, vous avez raison de dire qu’il vous semble, d'autant qu’en verité cela n’est pas. Le sacré Concile de Trente a determiné cela, et nous sommes obligez de croire que Dieu et sa grace ne nous abandonnent jamais en telle sorte que nous ne puissions recourir à sa bonté, et protester contre tout le trouble de nostre ame nous voulons estre toutes à luy, et que nous ne voulons point offenser. Mais remarquez que tout cecy est en la partie supreme de nostre ame; et parce que la partie inferieure n’en apperçoit rien et qu'elle demeure tousjours en sa peine, cela nous trouble et nous fait estimer bien miserables. Et sur cela nous commen- çons à nous attendrir dessus nous-mesmes, comme si c'estoit une chose bien digne de compassion que de nous voir sans consolation. Hé, pour Dieu! considerons que Nostre-Seigneur et nostre Maistre à bien voulu estre exercé par ces ennuys interieurs, mais d'une façon incomparable. Ecoutez ces parolles qu'il dit sur la croix : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoy m'avezvous abandonné? I] estoit reduict à l’extremité, car il n'y avoit que la fine poincte de son esprit qui ne fust accablée de langueur : mais remarquez qu'il se prend à parler à Dieu, pour nous monstrer qu'il ne nous seroit pas impossible de le faire. Qui est mieux en ce tems, dites-vous de parler à Dieu de nostre peine et de nostre misere, ou bien de luy parler de quelque autre chose ? Je vous dy qu'en cecy, comme en toutes sortes de tentations , il est mieux de divertir nostre esprit de son trouble et de sa peine, parlant à Dieu de quelque autre chose, que non pas de luy parler de nostre douleur : car indubitablement, si nous le voulons faire, ce ne sera point sans un attendrissement que nous ferons sur nostre cœur, aggrandissant tout de nouveau nostre douleur, nostre nature estant telle qu’elle ne peut voir ses douleurs sans en avoir une grande compassion. Mais vous me dites que si vous n'y faites point attention, que vous ne vous en souviendrez pas pour le dire ; et qu'importe? Nous sommes certes comme des enfans, lesquels sont bien ayses d’aller dire à leur mere qu'ils ont esté picquez d’une abeille, affin que la mere les playgne et souffle sur le mal qui est desjà guery : car nous voulons aller dire à nostre mere que nous avons esté bien affligez, et aggrandir nostre afflic- (1) Parmi.
tion, la racontant toute par le menu, sans oublier une petite eirconstance qui nous puisse faire un peu plaindre. Or, ne voilà pas des enfances tres-grandes? Si nous avons commis quelques infidellitez, bon de les dire; si nous avons esté fidelles, il le faut aussi dire; mais courtement, sans exaggerer ny l’un ny l’autre : car il faut tout dire à ceux qui ont la charge de nos ames. Vous me dites maintenant que, lorsque vous avez eu quelque grand sentiment de cholere ou de quelque autre tentation , il vous vient tousjours du scrupule si vous ne vous en confessez. Je dy qu'il le faut dire en vostre reveuë, mais non pas par maniere de confession; ains pour tirer instruction comment l’on s’y doit comporter : je dy quand l’on ne void pas clairement d'avoir donné quel-
que sorte de consentement; car si vous allez dire : Je m’accuse -
dequoy durant deux jours j’ay eu de grands mouvemens de cholere, mais je n’y ay pas consenty, vous dites vos vertus au lieu de dire vos deffauts. Mais 1l me vient en doubte que je n’y aye fait quelque faute : il faut regarder meurement si ce doubte a quelque fondement; peut-estre qu'environ un quart d'heure, durant ces deux jours, vous avez esté un peu negligente à vous divertir de vostre sentiment : si cela est, dites tout simplement que vous avez esté negligente durant un quart d'heure à vous divertir d'un mouvement de cholere que vous avez eu, sans adjouster que la tentation a duré deux jours, si ce n’est que vous le vouliez dire, ou pour tirer de l'instruction de vostre confesseur, ou bien pour ce qui est de vos reveuës ; car alors il est tres-bon de le dire. Mais pour les confessions ordinaires, il seroit mieux de n’en point parler, puisque vous ne le faites que pour vous satisfaire; et si bien il vous en vient un peu de peine, ne le faysant pas, il la faut souffrir comme une autre à laquelle vous ne pourriez mettre remede.
DIEU SOIT BENY
Sur le depart des Sœurs de la Visitation, qui s’en alloient pour fonder une nouvelle mayson de leur Institut.
EnTre les loüanges que les Saincts donnent à Abraham, S. Paul releve celle-cy au-dessus de toutes les autres : Qu'il creut en l’esperance contre l’esperance mesme. Dieu luy avoik promis que sa generation seroit multipliée comme les estoiles