AUX CONSTITUTIONS DE LA VISITATION
Dre CERTES, une Congregation dilatée en divers endroicts du christianisme, ayant un chef extraordinaire et à part, sans estre appreuvée de l'Eglise, devroit plutost estre appellée une faction, monopole et sedition, qu'une Religion, jusqu'à ce qu’elle fust appreuvée de l'Eglise. Or, une Congregation de cette sorte ne pourroit estre appreuvée par aucun evesque particulier; car l'authorité des evesques particuliers ne s’estend pas sur toute l'Eglise. C’est pourquoy cela appartient au seul evesque qui, à rayson de sa primauté, a la surintendance generale sur l'Eglise universelle, ou à la generale Congregation des evesques, que nous appellons Concile, qui n’est qu'une mesme chose, puisque l’authorité du Pape est tousjours és conciles generaux, et celle des Conciles en celle du Pape, l'Eglise estant en son evesque, comme dit S. Cyprien, et l’evesque en son Eglise.
Mais quant aux simples Congregations, elles ne sont point exemples de la juridiction ordinaire; elles n’ont point de chef extraordinaire et à part, ains demeurent avec le reste du peuple (comme le reste des fidelles), une chacune en l’obeyssance Spirituelle et sous l’authorité ecclesiastique des evesques des lieux où elles sont establies. Elles n'ont point d’authorité qui se respande hors d’un diocese, ny mesme le plus souvent hors d’une mayson : de sorte que, comme elles n’ont point de despendance hors des dioceses esquels elles sont, aussi l'Eglise les a tousjours tenues pour suffisamment authorisées et canoniquement instituées, quand elles ont esté erigées par l’authorité des evesques des lieux où elles sont, ne plus ne moins que les Confreries et autres societez pieuses, que le Pape a accoustumé de gratifier et favoriser par la concession l'indulgence et autres advantages