‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 29 sur 355 · LIVRE I, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE X

9° Ce n'est donc pas merveille si S. Macaire et Helene avoient esgale crainte en l’Invention de la Croix, « Ou de prendre le » gibet d’un larron pour la croix du Seigneur, ou que rejettant » le bois salutaire en guise de poteau d’un larron, ils ne le » violassent, » comme parle S. Paulin : ny que S. Hierosme ne pouvoit voir assez tost le jour, « auquel entrant en la caverne » du Sauveur, il peust baiser et rebaiser le sainct bois de la » croix, » avec la devote Marcelle. Et pour vray, « Si la robbe » et l'anneau paternel, ou quelque semblable chose, est d’au- » tant plus chere aux enfans, » comme dit S. Augustin « que » l'affection et pieté des enfans vers leur pere est plus grande : » tant plus un chrestien sera affectionné à l'honneur de Jesus- Christ, tant plus honorera-t-il sa croix.

S. Chrysostome proteste « Que si quelqu'un luy donnoit les » sandales et robbes de $S. Pierre, il les embrasseroit à bras » ouverts, et les mettroit comme un celeste don dans le plus » creux de son cœur. » Combien eust-il plus honoré la croix du Redempteur? Et S. Augustin, lequel recite que plusieurs miracles s’estoient faits avec un peu de la terre du mont Calvaire, apporté par Hesperius, l'un de ses familiers; et entr’autres qu'un paralytique y estant apporté, avoit esté soudain guery, et qu'il avoit mis cette terre-là honorablement en l’eglise : quel respect eust-il porté à la croix de Nostre-Seigneur! Certes, il n’eust pas fait tant de diversions pour effacer la memoire des miracles que Dieu fait en icelle et luy refuser un juste honneur, comme fait le traitteur tout au long de son escrit.

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