‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 310 sur 355 · IE · texte numérisé non relu

IE

guet-à-pens, par vengeance, qu'il estoit un homme simple ou ecclesiastique; et puis laisser le jugement à celuy qui l’escoute. Qui dit qu'il a bruslé une maison, il n’est pas requis qu'il dise ce qui estoit dedans par le meneu; mais il suffit de dire s’il y avoit des gens dedans, ou s’il n’y en avoit pas. Demeurez tout-à-fait en paix ; vos confessions ont esté bonnes jusqu à l’excez : pensez desormais à vostre advancement à la vertu, et ne pensez pas aux pechez passez, sinon pour vous humilier doucement devant Dieu, et benir sa misericorde qui vous les a pardonnez par l'application du divin sacrement.

DEMANDE XII. — Que faire touchant les pechez oubliez en la confession generale, et avec quelle simplicité il faut agir?

Cette bonne ame que vous et moy cherissons tant, me ie demander si elle pourra attendre la presence de son pere spirituel pour s’accuser de quelque poinct duquel elle n’eut point souvenance en sa confession generale; et à ce que je voy, elle le desireroit fort. Mais dites-luy, je vous supplie, que cela ne se peut en aucune façon : je trahyrois son ame si je luy permettois cet abus. Il faut qu’à la fine premiere confession qu’elle fera, tout. au commencement, elle s’accuse de ce peché oublié (j'en dy de mesme s’il y en a plusieurs), purement et simplement, et sans repeter autre chose de sa confession generale, laquelle fut fort bonne.

Et partant, nana les choses oubliées, cette ame ne se doit nullement troubler; car la verité est que le premier et principal poinct de la simplicité chrestienne gist en cette franchise d’accuser ses pechez quand il en est besoin, purement. et nuement, sans apprehender l'oreille du confesseur, laquelle n’est apprestée que pour oùüyr des pechez et non des vertus, et des pechez de toutes sortes.

Que donc hardyment et courageusement elle se decharge pour ce regard avec une grande humilité et mespris de soy-mesme, sans avoir crainte de faire voir sa misere à celuy par l'entremise duquel Dieu la veut guerir.

Mais si son confesseur ordinaire luy donne trop de honte ou d'apprehension, elle pourra bien aller ailleurs ; mais je voudrois en cela toute simplicité, et croy que tout ce qu'elle a à dire est fort peu de chose en effect, et l’apprehension la fait paroistre estrange : mais dites-luy tout cecy avec une grande charité, et l'asseurez que si en cet endroict je pouvois condescendre à son inclination, je le ferois tres-volontiers , selon le service que j’ay

voüé à la tres-saincte liberté chretienne. Que si apres cela, à la premiere rencontre qu'elle fera de son pere spirituel, elle pense retirer quelque consolation de luy manifester la mesme faute, elle le pourra faire ; et, à ce que j'ay apprins de sa derniere lettre, elle le desire; et j'espere qu’il luy sera utile mesme de faire une confession generale de nouveau avec une grande preparation, laquelle neantmoins elle ne doit commencer qu'un peu auparavant son depart, de peur de s’embarrasser.

DEMANDE XIII. — Que faire en la confession touchant les tentations

ou incommoditez.

Il n’est pas besoin de dire en confession ces petites pensées, qui, comme mousches, passent et viennent devant vos yeux, ny l’affadissement et degoust que vous avez en vos vœux, car tout cela ne sont point pechez, mais ennuys, mais incommoditez.

DEMANDE XIV. — Quels sont les advantages des revues ann@lles ?

La revue annuelle de nos ames se fait, ainsi que vous l’entendez, pour le deffaut des confessions ordinaires, qu'on supplée par celle-cy pour se provoquer et exercer à une plus profonde humilité, mais surtout pour renouveler, non les bon propos, mais les bonnes resolutions que nous devons appliquer pour remede aux inclinations, habitudes, et autres sources de nos offenses, auxquelles nous nous treuvons plus subjets.

DemanDe XV. — Devant qui plus à propos de les faire.

Il est vray qu'il seroit plus à propos de faire cette revue devaut celuy qui auroit desjà reçu la confession generale, affin que par la consideration et rapport de la vie precedente à la suivante, on pust mieux prendre les resolutions requises en toutes façons : cela seroit plus desirable; mais les amés qui, comme vous, n’ont pas cette commodité, peuvent prendre celle de quelque autre confesseur, lé plus discret et sage qu’elles treuveront.

DEMANDE XVI. — Si specifier precisement le nombre des fautes.

Je dy qu'il n’est nullement besoin en vostre revue de marquer particulierement le nombre ny les menues circonstances de vos fautes : il suffit de dire en gros quelles sont vos principales cheutes, quels vos premiers detracquements d'esprit, et non pas combien de fois vous estes tombée; mais si vous estes fort subjette et adonnée au mal. Par exemple, vous ne devez pas

enquerir combien de fois vous estes tombée en cholere, car peut-estre y auroit-il trop à faire; mais simplement dire si vous estes subjette à ce desreglement ; si, lorsqu'il yous arrive, vous y demeurez engagée longuement, si c’est avec beaucoup d'amertume et de violence, et enfin quelles sont les occasions qui vous y provoquent le plus souvent, si c’est le jeu, la hautaineté, ou orgueil ; si c’est la melancholie, ou opiniastreté (ce qui soit dit, par exemple) : et ainsi en peu de tems vous aurez achevé vostre petite revue, sans beaucoup tourmenter ny vostre mesmoire, ny vostre loysir.

DEMANDE XVII. — Si les cheutes mortelles Frapeseiees, le progrez en ia devotion.

Il est constant que quelques cheutes aux pechez mortels,

pourveu que ce ne fust pas par dessein d’y croupir, ny avec un

endurcissement au mal, n’empeschent pas que l’on n’ayt fait progrez en la devotion, laquelle, bien que l’on la perde en pechant mortellement, on la recouvre neantmoins au premier veritable repentir que l'on à de son peché, mesme, comme je dy, quand on n’a pas longuement trempé au mal : de sorte que les revues annuelles sont extremement salutaires aux esprits qui sont encore un peu foibles; car, si bien les premieres resolutions ne les ont pas du tout affermis, les secondes et troisiesmes les affermiront davantage; et enfin, à force de se resoudre souvent, on demeure tout à fait resolu, et ne faut nullement perdre courage, mais, avec une saincte humilité, regarder son infirmité, s’accuser, demander pardon, et invoquer le secours du Ciel.

Demanpe XVIII. — Ce qui doit estre dit en la revue annuelle par forme de confession ou direction.

Vous me dites maintenant que, lorsque vous avez eu quelque erand sentiment de cholere ou de quelque autre tentation, il vous vient tousjours un scrupule, si vous ne les confessez.

Je dy qu'il le faut dire en vostre revue, mais non pas par maniere de confession, oùy bien pour tirer instruction comme l’ou s’y doit comporter. Je dy quand l’on ne voit pas clairement d’avoir donné consentement ; car si vous allez dire : Je m’accuse de quoy durant deux jours j'ai eu de grands mouvements de cholere, mais je n’y ay pas consenti; vous dites vos vertus au lieu de dire vos deffauts.

Mais 1l me vient en doubte que je n’y aye fait quelque faute. Il faut regarder meurement si ce doubte a quelque fondement. Peut-

estre qu'environ un quart d'heure durant ces deux jours vous avez esté un peu negligente à vous divertir de vostre sentiment. Si cela est, dites tout simplement que vous avez esté negligente durant un quart d'heure à vous divertir d'un mouvement de cholere que vous avez eu, sans adjouster que la tentation a duré deux jours, si ce n'est que vous le vouliez dire, ou pour tirer de l'instruction de vostre confesseur, ou bien pour ce qui est de vos revues ; car alors il est bon de le dire. Mais pour les confessions ordinaires , il seroit mieux de n’en point parler, puisque vous ne le faites que pour vous satisfaire; et si bien 1l vous en vient un peu de peine ne le faysant pas, il la faut souffrir comme une autre à laquelle vous ne pourriez pas mettre remede. Dieu soit

beny.

DEMANDE XIX. — Quelle simplicité doit estre gardée en la confession et reddition de compte?

C'est de mesme des redditions de compte, comme de la confession. Il faut avoir une esgale simplicité en l’une comme en l’autre. Or, dites-moy, faudroit-il dire : Si je me confesse de telle chose, que dira mon confesseur, ou que pensera-t-11 de moy? Nullement : il pensera et dira ce qu'il voudra, pourveu qu'il m'ayt donné l’absolution, et que j’aye rendu mon devoir, il me suffit. Et comme, apres la confession, il n’est pas tems de s’examiner pour voir si on à bien dit tout ce que l’on a fait, mais c'est le tems de se tenir attentif aupres de Nostre-Seigneur en tranquillité, avec lequel nous nous sommes reconciliez, et luy rendre graces de ses bienfaicts, partant il n’est nullement necessaire de faire la recherche de ce que nous pourrions avoir oublié, de mesme en est-il apres avoir rendu compte. [l faut dire tout simplement ce qui nous vient; apres il n'y faut plus penser.

Mais aussi, comme ce ne seroit pas aller à la confession bien preparé, de ne vouloir pas s'examiner, de crainte de treuver quelque chose digne de se confesser; de mesme 1l ne faudroit pas negliger de rentrer en soy-mesme avant la reddition de compte, de peur de treuver quelque chose qui feroit de la peine à dire. Il ne faut pas aussi estre si tendre à vouloir tout dire, ny recourir aux superieurs pour crier holà, à la moindre petite peine que vous avez, laquelle, peut-estre, sera passée dans un quart d'heure.

Il faut bien avoir à souffrir un peu genereusement ces petites choses, auxquelles nous ne pouvons mettre remede, estant des . productions pour l'ordinaire de nostre nature imparfaicte, comme

sont ces Inconstances d'humeur, de volontez, de desir, qui produisent tantost un peu de chagrin, tantost une envie de parler, et puis tout-à-coup une adversion grande de le faire, et choses semblables, auxquelles nous sommes subjets, et le serons tant que nous vivrons en cette vie perissable et passagere.

DEMANDE XX. — Quel respect est deu aux confesseurs, et comment respondre en estant interrogé?

Je voudrois qu’en la confession on portast un grand honneur aux confesseurs ; car (outre que nous sommes fort obligez d’honnorer le sacerdoce) nous les devons regarder comme des anges que Dieu nous envoye pour nous reconcilier avec sa divine bonté, et non-seulement cela, mais encore il les faut regarder comme lieutenans de Dieu en terre; et partant, encore qu'il leur arrivast quelquesfois de se monstrer hommes, commettant quelques 1mperfections, comme demandant quelque chose curieuse qui ne seroit pas de la confession, comme seroient vos noms, si vous faites des penitences, prattiquez des vertus, et quelles elles sont, si vous avez quelques tentations, et choses semblables, je voudrois respondre selon qu'ils le demandent, bien qu’on n'y soit pas obligé; car il ne faut point dire qu'il ne vous est pas permis de leur dire autre chose que ce dont vous vous estes accusée. 0 non, jamais 1] ne faut user de cette deffaite, car cela n’est pas vray : vous pouvez dire tout ce que vous voudrez en confession, pourveu que vous ne parliez quedece quiregarde vostreparticulier, et non pas de ce qui concerne le general de vos sœurs.

Que si vous craignez de dire quelque chose de ce qu'ils vous demandent, de peur de vous embarrasser, comme seroit de dire que vous avez des tentations; si vous apprehendez de les dire, au cas qu'ils les voulussent sçavoir par le menu, vous pourrez leur respondre : J’en ay, mon pere; mais, par la grace de Dieu, jè ne pense pas y avoir offensé sa bonté; mais jamais ne dites qu’on vous a deffendu de vous confesser de cecy, ou de cela. Dites à la bonne foy à vostre confesseur tout ce qui vous fera de la peine, si vous voulez; mais derechef je vous dy, gardez-vous bien de parler ny du tiers, ny du quart.

DEMANDE XXI. — Quel secret doit estre gardé par le penitent?

Nous avons quelque reciproque obligation aux confesseurs en l'acte de la confession, de tenir caché ce qu’ils nous auront dit, si ce n’estoit quelque chose de bonne edification ; et hors de là il n’en faut point parler.

DEManoE XXII. —Comment faut-il user des conseils du confesseur?

S'il arrive qu'ils vous donnent quelque conseil contre vos regles et vostre maniere de vivre, escoutez-les avec humilité et reverence, et puis vous ferez ce que vos regles permettront, et rien de plus.

Les confesseurs n’ont pas tousjours intention de vous obliger sur peine de peché, à ce qu'ils vous disent; 1l faut recevoir leurs conseils par maniere de simple direction : estimez cependant beaucoup et faites grand estat de tout ce qui vous sera dit en confession ; car vous ne sçauriez croire le grand profit qu’il y a en ce sacrement pour les ames qui y viennent avec l'humilité requise.

DEMANDE XXIIT. — Que dire des penitences contre la regle?

S'il vous vouloit donner pour penitence quelque chose qui fust contre la regle, priez-le tout doucement de changer cette penitence en une autre, d'autant qu'estant contre les regles, vous craindriez de scandaliser vos sœurs si vous le faysiez.

DEMANDE XXIV.— S'il est permis de changer de confesseur, et comment ?

Jamais il ne faut murmurer contre le confesseur. Si, par son deffaut il vous arrivoit quelque chose en confession, vous pourriez dire tout simplement à la superieure que vous desirez bien, s’il luy playsoit, de vous confesser à quelqu’autre, sans dire autre chose : car ainsi faysant, vous ne descouvrirez pas l’imperfection du confesseur, et si (1) aurezla commodité de vous confesser à vostre gré. Mais cecy ne se doit pas faire à la legere et pour des causes de rien ; il faut esviter les extremitez : car, comme il n’est pas bon de supporter des notables deffauts en la confession, aussi ne faut-il pas estre si delicates qu'on n’en puisse supporter quelques petits.

DEmanDe XXV. — Comment specifier les pechez et les mouvemens des pechez?

Je voudrois fort que les sœurs prinssent un grand soin de particulariser leurs pechez en confession; je veux dire que celles qui n'auront rien remarqué qui fust digne de l'absolution, disent quelque peché particulier : car de dire qu'on s’accuse d’avoir eu plusieurs mouvemens de cholere, et ainsi des autres, cela n’est pas à propos ; car la cholere et la tristesse sont des passions, et leurs mouvemens ne sont pas pechez, d'autant qu'il n’est pas en nostre pouvoir de les empescher.

(1) Toutefois.

Il faut que la cholere soit desreglée, ou qu’elle nous porte à des actions desreglées pour estre peché. Il faut donc particulariser quelque chose qui porte peché.

DEMANDE XX VI. — Comment estre bien veritable el simple en la confession?

Je voudrois bien de plus, que l’on eust un grand soin d’estre bien veritable, simple et charitable en la confession (veritable et simple en une mesme chose), dire bien clairement ses fautes sans fard, sans artifices, faysant attention que c’est à Dieu que nous parlons, auquel rien ne peut estre celé.

DEMANDE XX VII. — Comment charitable, et espargner le tiers?

Charitable, ne mettant aucunement le prochain en vostre confession. Par exemple, ayant à vous confesser de quoy vous avez murmuré en vous-mesme, ou bien avec les sœurs, de ce que la superieure vous a parlé trop seichement, n’allez pas dire que vous avez murmuré de la reprimande trop brusque qu’elle vous a faite, mais simplement que vous avez murmuré contre la superieure.

Dites seulement le mal que vous avez fait, et non pas la cause, et ce qui vous ya poussée. Jamais, ny directement, ny indirectement, ne descouvrez le mal des autres, en accusant le vostre; et ne donnez jamais subjet au confesseur de soupçonner qui c’est qui a contribué à vostre peché.

DemanDe XX VIII. — Comment se garder des accusations inutiles?

N'apportez aussi aucune accusation inutile en la confession. Vous avez eu des pensées d’imperfection sur le prochain, des pensées de vanité, voire mesme de plus mauvaises, vous avez eu des distractions en vos oraysons : si vous vous y estes arrestée deliberement, dites-le à la bonne foy, et ne soyez pas contente de dire que vous n’avez pas apporté assez de soin à vous tenir recolligée (1) durant le tems de l’orayson; mais si vous avez esté negligente à rejeter une distraction, dites-le : car ces accusations generales ne servent de rien à la confession.

DEMANDE XXIX. — Comment se confesser des pechez veniels, si la memoire manque, et comment produire un acte de contrition?

Il ne faut pas estre si tendre à se vouloir confesser de tant de

menues imperfections, puisque mesme nous ne sommes pas

obligez de nous confesser des pechez veniels, si nous ne voulons

(1) Recueillie.

ADVIS ET RESOLUTIONS TOUCHANT LA CONFESSION. San

pas; mais quand on s’en confesse, il faut avoir la volonté resolue de s'en amender, autrement ce seroit un abus de s’en confesser.

I ne faut pas non plus se tourmenter, quand on ne se souvient pas de ses fautes pour s’en confesser; car il n’est pas croyable qu'une ame qui fait souvent son examen, remarque bien, pour s’en ressouvenir, les fautes qui sont d'importance pour tant de petits legers deffauts. Vous en pouvez parler avec Nostre-Seigneur, toutes les fois que vous les appercevrez : un abaissement d esprit, un souspir suffit pour cela.

Vous demandez comment vous pourrez faire vostre acte de contrition en peu de tems. Je vous dy qu'il ne faut presque point de tems pour le bien faire, puisqu'il ne faut autre chose que se prosterner devant Dieu, faire acte d’humilité, et de repentance de l'avoir offensé.

DEMANDE XXX. — Quel est le caractere de la veritable tristesse requise à la confession ?

La tristesse de la vraye penitence ne doit pas tant estre nommée tristesse que desplaysir, ou sentiment de detestation du mal; tristesse qui n’est jamais ny ennuyeuse, ny chagrine; tristesse qui n'engourdit point l'esprit, mais qui le rend prompt et diligent; tristesse qui n'abat point le cœur, mais le releve par la priere et l’esperance, et luy fait faire les eslans de la ferveur de devotion; tristesse, laquelle, au fort de son amertume, produit tousjours la douceur d’une incomparable consolation, suivant le precepte du grand saint Augustin : Que le penitent s'attriste tousjours, mais que tousjours il se resjouysse de sa tristesse.

La tristesse, dit Cassien, qui opere la solide penitence, de laquelle on ne se repent jamais, est obeyssante, affable, traittable. debonnaire, souëfve(1), patiente, comme estantissueet descendue de la charité; de sorte que, s’estendant à toute douleur de corps et contrition d'esprit, elle est en certaine façon, joyeuse, animée et revigorée (2) de l’esperance de son profit : elle retient toute la suavité de l’affabilité et longanimité, ayant en elle-mesme les fruicts du Sainct-Esprit, qui sont la charité, joye, paix, longanimité, bonté, benignité, foy, mansuetude, continence.

Telle est la vraye penitence, et telle est la bonne tristesse, qui, certes, n’est pas proprement triste ny melancholique. mais seulement attentive et affectionnée à detester, rejetter et empescher le mal du peché, pour le passé et pour l'advenir.

(1) Suave. — (2) Renlue vigoureuse.

Page 1