‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 57 sur 355 · DES TILTRES ET PAROLLES HONORABLES QUE L'EGLISE DONNE À LA CROIX · texte numérisé non relu

DES TILTRES ET PAROLLES HONORABLES QUE L'EGLISE DONNE À LA CROIX

LE traitteur et de Beze treuvent mauvais que nous disons :: Crucem tuam adoramus, Domine! Seigneur, nous adorons ta croix! « car c’est le Fils qui doit estre baisé, et non pas la » croix, » disent-ils. Mais attendant de respondre encore plus au long au livre quatriesme, je dy qu'il n’y a pas plus d'inconvenient d’adorer la Croix aux chrestiens, qu'aux Juifs l'Arche de l'alliance, comme j'ay monstré qu'ils faysoient, cy-devant; ny de la baiser, que de baiser le bout de la verge de Joseph, comme fit Jacob, selon la plus vraye-semblable opinion, ou celle d’Assuerus, comme fit Esther, selon la saimncte parolle. !

Je dy que la pluspart l’a adorée, et l’a tenuë pour adorable, comme Je preuve; et l’a baisée encore, comme tesmoigne S. Chrysostome en l’'homelie de l’adoration de la Croix. Je dy qu’on baise assez par honneur le prince et le roy, quand on baise le bout de son manteau ou de son sceptre, ains (1) on ne baise pas autrement les mains des souverains que baisant leurs manteaux. L’honneur fait à telles appartenances se rapporte à ceux de qui elles sont. Personne ne treuveroit mauvais qu'un subjet dist et protestast : Sire, j'honore vostre sceptre, vostre couronne, ou vostre pourpre. Ainsi Nostre- Seigneur a aggreable qu'on die : Seigneur, j honore ou adore (car l’un et l’autre en cet endroict n’est qu'une mesme chose, comme il sera dit au quatriesme livre), j'adore, dis-je, vostre croix. C’est donc une chicanerie estrange d’appeller cela idolastrie, puisque tout l'honneur en revient à Jesus-Christ, qui n’est pas une idole, mais vray Dieu.

Ils nous reprochent la benediction de la croix; mais, ou ils itreuvent mauvais qu’on la benie, et je leur oppose $. Paul, qui dit (1. Tim. 4) : Que toute creature est sanchifiée par la parolle de Dieu, et par l’oraison; ou ils treuvent mauvais les tiltres que l’on baille à la croix en cette benediction, et en plusieurs autres parties de nos offices, et lors je leur oppose toute l’antiquité.

(A) Mais bien plus.

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