‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 85 sur 355 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

point, mais au 3° des Philipp., quand elles y seroient, elles ne nous seroient point contraires, puisque nous confessons qu'il faut servir Dieu en esprit, se glorifier en Jesus-Christ, et ne se point confier en nostre chair : mais tout cela ne met point le corps ny ses actions exterieures hors de la contribution qu’il doit au service de son Dieu.

r, peut-estre vouloit-il alleguer ce qui est dit en ce chap. 3° aux Coloss., et qui joindroit bien mieux à son propos : « Si vous » estes ressuscitez avec Jesus-Christ, cherchez les choses qui » sont en haut, là où Jesus-Christ est seant à la dextre du » Pere : savourez les choses qui sont là sus, non celles qui sont » sur la terre; » car s’ensuivroit-il point de ces parolles qu'il ne faut tenir aucun compte de la croix, de la cresche, du sepulchre et autres reliques de Nostre-Seigneur qui sont çà-bas en terre? À la verité, cela seroit employé contre ceux qui arresteroient leurs intentions, et termineroient leurs desirs aux choses qui sont çà-bas. Cherchez, leur diroit-on, ce qui est en haut, Sursum corda. Mais nous ne tenons point arrestées nos affections, ny à la croix, ny aux reliques; nous les portons au royaume des cieux, employant à la recherche d'iceluy toutes les choses qui nous peuvent ayder à relever nos cœurs vers celuy auquel elles se rapportent. Il faut monter au ciel, c’est là nostre visée et dernier sejour : les choses sainctes d’icybas nous servent d’echelons pour y atteindre.

Les mariniers qui voguent à l'aspect et conduitte des estoiles, ne vont pas au ciel pour cela, mais en terre : aussi ne visent-ils pas au ciel, sinon pour chercher la terre. Au contraire, les chrestiens ne respirant qu’au ciel, où est leur thresor, et le port asseuré de leurs esperances, regardent bien souvent aux choses d’icy-bas : mais ce n’est pour aller à la terre, ains (1) pour aller au ciel. Cherchez Jesus-Christ, et ce qui est en haut, ce me dites-vous : je le cherche, pour vray; et tant s’en faut que la croix, le sepulchre, et autres sainctes creatures m'en detournent comme vous pensez, qu'elles m'eschauffent et empressent davantage à cette queste (2). Les fumées et traces ne retirent pas le bon chien de la queste, mais l’y eschauffent et animent : ainsi eventant'en la croix, en la cresche, au sepulchre, les passées et alleures de mon Sauveur, tant plus suis-je affectionné à cette beniste recherche. Il me tire par-là apres soy, comme par l’odeur de ses onguens. Me voilà donc deffait de cet homme si importun pour le general des ceremonies. Il faut que je suive mon propos.

() Mais. — (2) Recherche.

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