‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 89 sur 355 · LIVRE III, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VI

tullien aux bains, aux tables, aux chandelles. Ephrem, soit qu'on beust, soit qu'on mangeast. Cyrille mangeant les pains, beuvant les coupes. Et de plus, mal est pris bien souvent à ceux qui ont mesprisé de faire ce sainct signe avant que de manger et boire. Tesmoin la religieuse, qui mangea une laictuë, et le religieux qui beust sans faire le signe de la croix, qui furent aussi-tost saisis du malin.

Le traitteur fait deux reproches à ces tesmoignages; l’un : « Qui ne void, dit-il, que c’est fables? » l’autre : S. Paul dit : « Que la viande nous est sanctifiée par la parolle de Dieu, et » par la priere (1. Tim. 4), et ne parle point du signe de la croix, » ny d’autre chose. »

Il à tort : car ces recits n’ont rien d’impossible, rien d’ineple, et partent d'une bouche honorable. C’est de S. Gregoire le Grand, qui vaut mieux que tous ces reformez, en doctrine et authorité. Sera-t-il donc permis au premier venu de desmentir ainsi les anciens? Au demeurant, le dire de S. Paul, que les viandes sont sanctifiées par la priere, confirme ce que nous avons dit; car, parce que le signe de la croix est une priere briefve, aysée, vigoureuse, et ordinaire és benedictions des viandes, dire qu'à faute de faire la croix, le diable saysit un religieux et une religieuse, c’est à dire que ce fut à faute de faire cette priere-là, qui estoit la glus aysée et familiere, et à plus forte raison qu'autre quelconque : bien qu’encore soit-il vray que le signe de la croix a une particuliere force contre les diables, outre celle qui est commune à toute priere, comme nous verrons cy-apres.

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