‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 109 sur 185 · DXXXIX · texte numérisé non relu

DXXXIX

S. François de Sales, à la MereFabre,

H la loue de l'humble adveu qu'elle luy a fait d'avoir manqué de charité envers une personne , et l'exhorte à se réconcilier parfalctement avec elle, et à supporter les deffauts de tout le monde.

18 décembre 1615.

Il est certes vray, ma chère fille , vos consolations me consolent grandement, mais surtout quand elles sont fondées sur une si ferme pierre comme est celle de l'exercice de la présence de Dieu. Cheminez donc tousjours ainsi près de Dieu, car son ombre est plus salutaire que le soleil.

Ce n*est pas mal fait de trembler quelquesfois devant celuy en la présence duquel les anges mesmes tresmoussent, quand ils le regardent en sa majesté ; à la charge toutesfois que le sainct amour, qui prédomine en toutes ses œuvres, tienne aussi tousjours le dessus , le commencement et la fin de vos considérations.

Voilà donc qui va fort bien, puisque ces petits esclairs de vostre esprit ne font plusieurs saiUies si soudaines, et que vostre cœur est un peu plus doux. Soyez tousjours fidelle à Dieu et à vostre ame. Corrigez-vous tousjours de quelque chose; mais ne faites pas ce bon office par force, ains taschez d'y prendre playsir, comme font les amateurs des exercices champestres à esmonder les arbres de leurs vergers.

Nostre Seigneur sans doubte suppléera à tout ce qui vous deffaudra d'ailleurs , affin que vous puissiez faire une plus parfaicte retrailte auprès de luy, pourveu que ce soit luy que vous aymiez, que vous cherchiez, que vous suiviez. Aussi faites-vous , je le sçay, ma fille; mais faites-le donc bien tousjours et me recommandez à sa miséricorde, puisque de tout mon cœur je suis vostre , etc.

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