DXLIII
s. François de Sales, à une Supérieure de la Visitation (1).
Sur la fosto do l'Assomption do Kostro-Damo , et sur la dévotion due à la Sainote Vlema.
45 aoust 1612 (2).
Eh! qu'elle est belle, ceste aube du jour éternel, laquelle, montant devers le ciel, va, ce semble, de plus croissant en bénédictions de son incomparable gloire ! Qu'à jamais les odeurs d'éternelles suavitez, esparses sur les cœurs de ses dévots, remplissent celuy de ma tres-chere Mère comme mon cœur propre et que nostre chère petite Congrégation, toute vouée à la louange de son Fils et des mammelles sacrées qui l'ont allaicté, jouysse des bénédictions préparées aux âmes qui l'honnorent!
Hyer au soir j'eus un sentiment fort particulier du bien que l'on a d'estre enfant , quoyque indigne , de ceste glorieuse Mère, estoile de mer, belle comme la lune, esleue comme le soleil (Gant. 6).
0 mon Dieu! ma tres-chere Mère, j'ay une s^peciale consolation de voir comme elle donna une robbe d'une blaniçheur non pareille à son serviteur S. Ildefonse, evesque de Tolède (3); car, pourquoy n'en donnera-t-elle pas une à nostre cher, cœur? Voyezvous, je retourne tousjours à mes brebis : entreprenons de grandes choses sous la faveur de ceste Mère, car si nouîî sommes un peu tendres en son amour, elle n'a garde de nous laisser sans l'effect que nous prétendons.
ODieu! quand je me ressouviens qu'aux Cantiques elle dit :
(1) Sainte Chantai? >
(2) Le chiffre de l'année est incertain et peut varier de 1610 à 1616. ^'.
(3) Vers la fête de l'Assomption delà Vierge, S. Ildefonse s'étant disposv-P*' trois jours déjeunes, alla de grand matin à l'église, selon sa coutume, as'àis**^ seulement d'un diacre et d'un sous-diacre. Dès l'entrée , il aperçut la très-saihî^ Mère de Dieu assise sur le trône épiscopal, entourée d'une troupe d'anges qui chantaient; alors la divine Marie l'envisageant, lui dit ces paroles : « Approchez, » serviteur de Dieu très-fidèle, recevez ce présent de ma main : je vous l'ai » apporté du trésor de mon Fils. » C'était une très-riche chasuble dont eUe le revtHit, lui ordonnant de s'en servir seulement aux jours des fêtes qui serwent célébrées en son honneur. Cette apparition fut si authentique, qu'en un concile tenu en Espagne, sous l'évèque de Tolède appelé Oille, il fut ordonné qu'en considération de la grâce que la Sainte Vierge avait faite à S. Udefonso , cette fête serait solcnnisée avec office double par tout le diocèse (P. Giry. Vie des Saints, 23janv.)
LU FONDATEDR D ORDRE.
l Entourez-mor/ de pommes, je voudrois volontiers luy donner
I nostre cœur; car, quelle autre pomme peut désirer de moy ceste
"' 1 fruicliere? Je viens du sermon , où je voudroîs bien avoir
Lsainctement et amoureusement parlé de nostre glorieuse et
B Maistresse : je la supplie qu'elle me veiiille pardonner.
f nous fasse la grâce de nous voir un jour consommez au
vin amour. Cependant, bon soir, ma tres-chere Mère.
Le 13 aoust, jour de la glorification de nostre tres-honnorée
Maistresse, qui soit à jamais nostre amour.
DXLIV.
. François de Sales, à Madame de Chantai (?)
Ve» 16f5oal6IS.
Ua tres-bonne Mère, voilà vos lettres corrigées, il les faut
escpîre aujourd'huy, et ouUre cela escrire à madame la
mtesse de Voiron, et luy faire un article par lequel vous luy
: qu'elle fasse prier monseigneur do Noroours au nom de ■
ame la serenissime infante duchesse de Mantoiie, d'escrireà
issieurs du conseil de ceste ville, qu'en toutes occurrences ils
jBDt vostre congrégation en spéciale recommandation. Hier au
f je parlay encore à l'un des sçyndiques , qui me promit de
pter l'affaire le plus qu'il se pourra. Si vous n'avez pas du
er pour escrire, envoyez-en prendre vers M. Roland,
Us à vostre nom, car si c'estoit au mien, il secourrouceroit,
p ce que j'en ay trop despensé la sepmatne passée. Ma tres-
M'eMere que Dieu fasse toute saincte, je voua donne mille fois
Ibonjour, amen, et vay travailler tant que je pourraysur le livre.
Jaut attendre de plier les lettres, car François ira faire cest
pîComme il faut : car je ne puis y aller moy-mesme.
DXLV. — Billet.
ÈI.ÏEMENT la moisson est bien grande : il se faut confier que 3 donnera des ouvriers. Voylà Tolose qui veut de nos filles f de Saincle Marie, Moulins (1), Riom, Montbrisson, Reims; et [.c'est grand cas : partout l'on veut la Mère !