DLIX
S. François de Sales y à la Mère Fabre , supérieure de la Congrégation de la Visitation, à Lyon.
Xoavelles porticalieres sur «ilverses personnes.
21 janTier 1617.
Ma tres-chere fille, je vous voy, certes, assez occupée parmy tant d'occurrences ; Dieu soit à jamais vostre force. M. TAumosnier m'escrit que Monseigneur TArchevesque le vous oste : je croy que ce ne sera pas sans vous bien pourvoir. Je crains pourtant la variété des opinions au manyement des âmes ; mais Dieu aura soing de vostre chère trouppe, affin qu'elle aille tousjours le mesme chemin, puisque c'est celuy auquel il Ta mise.
Nostre raere ne sçayt pas que j'escrive : elle n'est pas sans affaires, mais bonnes et aggreables, ayant Madame la comtesse de Tournon et ses deux filles, qui font les exercices, et préparent leur confession générale^
LE FONDATEUR d' ORDRE. 483
Hé Dieu ! quelles nouvelles du Puits-d'Orbe? cela me traverse le cœur. Oh ! qu'il faut bien regarder à qui Ton donne accez en telles maysons, et quelles hantises, quels devis on admet.
La chère, sœur de La Valbonne pensoit venir; mais le frère n'a pas voulu. Il a obeyssance en leur monastère, ouy, et mortification.
Mais celle-cy est bien plus grande à Sales, où ma sœur a fait sa troisiesme couche d'une fille, laquelle, une heure après son baptesme, est morte. Pour moy, je n'en aurois nul sentiment, si ce n'est pour compastir un petit avec la mère.
Vivez tousjours toute à Dieu, ma tres-chere fille; c'est le continuel sou haie t de mon cœur, qui chérit le vostre incomparablement. Vive Jésus !