François de Sales, à une Supérieure de la Visitation
Exhortation de se rendre conforme à la volonté de Dieu.
Annessy, 30 aoust i617.
Que faites-vous , ma tres-chere fille? car voilà le mot que vous voulez. Mon cœur pense souvent au vostre : et si, vous demande si vous estes tousjours au pied de la croix, où je vous laissay, c'est-à-dire, tousjours attachée à la tres-saincte volonté de Dieu, pour ne fourvoyer ny à droicle ny à gauche, ny aux contentemens ny aux afflictions, ny entre les amys ny entre les ennemys, du chemin de ses ordonnances. Je le croy, certes, ma tres-chere fille; hé! je vous en conjure. Ces jours s'escoulent, l'éternité s'approche : passons si droict qu'elle nous soit heureuse. Ce sont les souhaicts que je fay sur vous, ma tres-chere fille, à qui je suis fort affectionnement , vostre , etc.
DLXIX.
S. François de Sales, à Madame de Char^taL
Avant le 6 septembre 1617.
Helas! ma tres-chere Mère, si j'osois, j'irois : quand il sera à propos, faites-le-moy sçavoir. Certes, mon âme esten peyne. Dieu par sa bonté nous veuille donner l'ame de cest enfant et la vie de la mère, que j'ay dedans mon cœur comme ma pauvre petite fille.
DLXX.