‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 151 sur 185 · DCXVIII · texte numérisé non relu

DCXVIII

S. François de Saies , à une Dame.

Le %iiTicC rend response à une dame qni aroft demandé de faire qnelqne sejoor à la VMcatîoQ de la me .^^famet-Antoine. à Paria ; il lay dit qa'n j a^ols des dlfftcnltez . parce qne X. l^Arcberenque de Paris avoit deflenda les entrées dans le monastère , à moins qae ce ne fast poar estre rellglense.

A^ant le 13 septembre 1619.

Madame 7 j'ay promis à Madame Goulay de vous tenir advertie de ce que j'aurois fait en son affaire, et je tiens parolle. Je n'ay encore rien sçeu apprendre distinctement de la resolution prinse par Messieurs du Conseil de Monseigneur le cardinal de Retz. Je croy neantmoins que je le sçauray ce soir, ayant supplyé M. de Pierrevint, son vicaire-general, de m'en esclaircir.

Mais pourtant les sœurs de la Visitation disent qu'elles se sont apperceues que ledit conseil ne treuve nullement convenable qu'elles reçoivent ceste bonne dame, parce que leur monastère est tout composé de novices, et si récent en ceste ville, que la resputation en est délicate, comme regardé curieusement en ce commencement, et regardé de beaucoup d'esprits fort tendres; que de plus ledit conseil a mis en considération que mon dit Seigneur le cardinal avoit tousjours desclaré qu'il ne souffriroit jamais qu'on y entrast, sinon pour y vouloir demeurer tout à fait : qu'ensuite de cela il fut conclu qu'on ne la recevroit point pour quelque tems; mais que si elle estoit bien tendre, et qu'elle voulust estre religieuse à bon escient, on la pourroit recevoir. Comme vous me dites, vous l'aymez : qu'on auroit bien espreuvé sa vocation; et qu'une des bonnes marques seroit qu'elle se contentast d'aller pour quelque tems en quelqu'un des monastères de' France, pour ensuite revenir icy. Voilà en substance ce que j'en apprins hyer de la Mère supérieure , laquelle me nomma son autheur bien digne de foy ; mais parce qu'il n'est pas du conseil , je m'addressay hyer à M. de Pierrevint, qui , je m'asseure, me donnera plus de clarté.

Cependant, Madame, vous jugerez que si la chose est telle, je

LE FONDATEUR d'oRDRE. S47

ne dois rien dire sur ces Messieurs , estant les interprètes du prélat; et n'estant icy qu'en attente de mon despart, je dois en tout et partout suivre leurs sentimens, oultre que ce seul bruict donne tant d'appréhensions à ces sœurs, que si il est vray, je n'oserois leur persuader une réception de laquelle elles auroient tant de de^goust. Vous mesnagerez s'il vous plaist cest advis, en attendant celuy que je vous donneray soudain que j'auray receu response de Monsieur le grand-vicaire; et tenez-moy, je vous en supplie, Madame, pour vostre bien humble, etc.

DCXIX.

S. François de Sales , à Madame de Chantai.

Il Iny donne des nouvelles de son voyage.

Tours, 18 septembre 1619.

Ma tres-chere Mère , voilà vostre bon Monsieur le Collatéral (1) qui vous va revoir, pour soudain nous venir rencontrer en chemin. Je luy porte envie; et si j'èstois aussi gaillard que luy pour courir la poste, je ne sçay si je ne ferois point comme luy. Je ne vous escriray guère, car je n'en puis plus du grand tracas que nous avons fait. Seulement je vous supplie de faire tenir les lettres cy-joinctes où elles s'addressenl, et de joindre à celle de Madame Godeau une copie de l'exercice; car je n'en ay sceu faire aucune pendant le chemin, que j'ay eu assez à faire à escrire toutes ces lettres que, pour bonne considération, j'ay voulu faire. Nous partons samedy, et allons droict à Bourges, puis à Moulins, de sorte que nous verrons toutes nos sœurs.

La Reyne-mere m'a fait caresse; et si, je n'en suis point plus glorieux pour cela : la veûe de ces grandeurs du monde me fait paroistre plus grande la grandeur des vertus chrestiennes, et méfait estimer davantage leur mespris. Quelle différence, ma tres-chere Mère, entre ceste assemblée de divers pretendans , car la Cour est cela, et n'est que cela, et l'assemblée des dames religieuses qui n'ont point de prétentions qu'au ciel ! 0 si nous sçavions en quoy consiste le vray bien !

Or sus, je vous escriray de Bourges, et de Moulins, et de Rouanne, et de Lyon, et tousjours. Dieu aydant, que je me porte bien. Dieu soit à jamais au milieu de vostre cœur, ma tres-

(1) GonseiUer assesseur. Antoine Fabre , qui vint en France avec le cardinal de Savoie (?).

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chère Mère, et tres-uniquement chère Mère. Je salue nos sœurs, et sois vostre de la façon que Dieu sçayt.

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