‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 152 sur 185 · DCXX · texte numérisé non relu

DCXX

S. François de Sales, à une Supérieure

de la Visitation.

Advlfl & une saperleare sur ses devoirs.

9 octfrim 1619.

Ma tres-chere flUe, gardez- vous bien de tomber en aucun descouragement , pour voir quelque petite murmuration, ou quelque sorte de reprehension qui vous soit faite. Non, ma treschere fille ; car je vous asseure que le mestier de reprendre est fort aysé, et celuy de faire mieux difficile. Il ne faut guère de capacité pour treuver les defîauts , et ce qu'il} y a à redire en ceux qui gouvernent , ou en leur gouvernement : et quand or. nous reprend , ou qu'on nous veut marquer nos imperfections en la conduitte, nous devons tout doucement tout ouyr, et puis proposer cela à Dieu, et nous en conseiller avec nos aydes ou coadjutrices; et après cela faire ce qui est estimé à propos , avec une saincte confiance que la divine Providence réduira tout à sa gloire.

Ne soyez pas prompte à promettre ; mais demandez du loysir pour vous résoudre es choses de quelque conséquence. Cela est propre pour bien asseurer nos affaires, et pour nourrir Thumilité. S. Bernard escrivant à l'un de mes prédécesseurs, Arducius, evesque de Genève : Fay, dit-il, toutes choses avec conseil de peu de gens, qui soient paysibles, sages et bons. Faites si suavement cela, que vos inférieures ne prennent point occasion de perdre le respect qui est deu à vostre charge, ny de penser que vous ayez besoin d'elles pour gouverner : faites-leur cognoistre doucement, sans le dire, que vous faites ainsi pour suivre la règle de la modestie et humihté , et ce qui est porté par les Constitutions. Car, voyez-vous , ma tres-chere fille, il faut, tant qu'il est possible , faire que le respect de nos inférieures envers nous ne diminue point l'amour, et que l'amour ne diminue point le respect.

Ne vous troublez point d'estre un peu controslée par ceste bonne ame de dehors; mais passez oultre en paix, ou à faire selon son advis es choses esquelles il n'y a point de danger de la contenter, ou à faire autrement quand la plus grande gloire de Dieu le requerra; et alors il faut, le plus dextrement qu'on pourra, la gaigner, affîn qu'elle le trouve bon.

LE FONDATEOE, d'oRHEE. 549

S'il y a quelque sœur qui ne vous craigne pas avec assez He respect, faites-le luy sçavoir par celle des autres que vous jugerez la plus propre à cela, non comme de vostre part, mais comme de la sienne. Et affin qu'en toute façon vostre douceur ne ressemble point à la timidité, et ne soit point traittée comme cela, quand vous verriez une sœur qui ferait profession de n'observer pas ce respect, il faudroit doucement et à part vous-mesme luy remontrer qu'elle doit honnorer vostre office, et coopérer avec les autres à. conserver en dignité la charge qui lye toute la congrégation en un corps et un esprit.

Or sus, ma tres-chere flUe, tenez-vous bien toute en Dieu, et soyez humblement courageuse pour son service; et recommaodez-luy souvent mon ame, qui, de toutes ses affections, chérit tres-parfaictement la vostre, et luy souhaitte mille et mille bénédictions.

Quand je vous dy ne monstrez pas ceste lettre, je veux dire, ne la monstrez pas indifféremment; car si c'est vostro consolation de la monstrer à quelqu'une, je le veux bien. Vostre, etc.

DCXXl.

S. François de Sales, à Madame de Chantai.

(Voyez vÀ-devanl, lettre CCCIX, p. iU.)

DCXXII.

iVoyei ci-devant, lettre CCCSIII, p. i28.)

DCXXlll.

S. François de Sales, à une Religieuse de la Visitation.

BihorCatlDn à adorer Nœtro SelgDBar. ec à celsbrsr la feale du \oax do m, nalasiiDUO, 18 deumbru 1619.

Ma tres-chere fille, voilà le tant petit aymable Jésus qui va naistre en nostre commémoration ces festes-cy prochaines; et puisqu'il tiaist pour nous visiter de la part de son Père éternel, et que les pasteurs et les roys le viendront réciproquement visiter au berceau, je croy qu'il est le père et l'enfant tout ensemble! de ceste saincte Marie de la Visitation.

Or sus, caressez-le bien; faites-Iuy bien Thospitalité avec toutes DOS sœurs; chantez-luy bien de beaux cantiques, et surtout adorez-le bien fortement et doucement, et en luy sa pauvreté, son humilité, son obeyssance et sa douceur, à rimitatioa de sa tres-saincte Mère et de sainct Joseph : et prenez-Iuy une de ses chères larmes, douce rosée du ciel, et la mettez sur vostre cœur, affin qu'il n'ayt jamais de tristesse que celle qui resjouyt ce doux enfant; et quand vous luy recommanderez vostre ame, recommandez-luy, quant et quant (i) la mienne, qui est certes toute vostre.

Je salue chèrement la chère trouppe de nos sœurs, que je regarde comme de simples bergères veillant sur leurs troupeaux, c'est-à-dire sur leurs affections; qui, adverties par Fange, vont faire Thommage au divin Enfant, et pour gaige de leur éternelle servitude, luy offrent le plus beau de leurs agneaux, qui est leur amour, sans reserve ny exception. Vostre tres-affectionné père et serviteur

DCXXIV.

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