Ocham, Aureolus, et Nominales
3. Sancti verô Thomas et Bonaventura, et ainsi des autres; puis, au lieu de dire : Responsum est tribus conclusionibus ^ quarum prima sit, ne suffit-il pas : Jam ergo dico 1°, etc.; Dico 2% etc ; Dico 3°, etc.
Comme aussi de faire des préfaces pour continuer les matières : Postquàm egimus de Deo uno, congruum est ut nunc de Deo trino, sit)e de Trinitate, etc. Cela est bon pour des gens qui vont sans méthode; ou qui ont besoin de faire cognoistre leur méthode, parce qu'elle est extraordinaire ou embarrassée. Or, cela empeschera extrêmement vostre Somme de grossir; ce ne sera que suc et moelle, et, selon mon sentiment, elle en sera plus friande et plus aggreable.
J'adjouste qu'il y a une quantité de questions inutiles à tout, bonnes à façonner les discours : certes , il n'est pas grand besoin de sçavoir : Utriim Angeli in loco per essentiam aut per operationem, utriim moveantur ab extremo ad extremum sine medioy et semblables : et bien que je voudrois qu'on n'oubliast rien , si est-ce qu'en telles questions il me semble qu'il suffiroit de bien exprimer vostre opinion , et en jetter le vray fondement, puis à la fin dire simplement, ou au commencement, que talis et talis aliter senserunt, affin de laisser plus de place pour
s'estendre un peu davantage es questions de conséquence, esquelles il faut regarder de bien instruire vostre lecteur.
Item, je sçay que quand il vous plaist, vous avez un style affectif; car je me ressouviens fort bien de vostre Benjamin de Sorbonne. J'appreuverois qu'es endroicts où commodément il se peut, vous fissiez les argumens pour vos opinions : en ce style, comme en la question : Vtrùm Verbum camem sumpsisset, Adamo non peccante. Et en Tune et l'autre opinion , on peut réduire les opinions en style. En celle, Utrùm praedestinatio sit ex prœvisis merilis, soit que Ton tienne l'opinion des Saincts Pères qui ont précédé S. Ambroise, soit qu'on tienne celle de S. Augustin ou de S. Thomas, ou celle des autres, on peut former les argumens en style affectif sans amplifier, ains en abrégeant, et au lieu de dire : Secundum arguinentum sit, simplement mettre un cBififre 2. Au demeurant, c'est un grand ornement de mettre plusieurs bonnes authorités, quand elles sont preignantes (1) et courtes; si moins, peu avec un renvoy.
Or sus, mon cher Père, que vous semble de mon cœur? Vat-il bien à la foy envers le vostre? Mais croyez-moy, encore ne suis-je pas si simple, qu'avec un autre j'en usasse comme cela. Je me ressouviens de vostre douceur naturelle, morale et. surnaturelle; j'ay mon imagination pleine de vostre charité, laquelle omnia suffert, et que libenter suffertis insipientes, cùm sitis ipsi sapientes; in imipientiâ donc meâ dixi (2) : Dieu vous fasse prospérer en son sainct amour. Je suis en luy à toute extrémité, mon Révérend Père, vostre, etc.