CCLXXXIII
S. François de Sales, au Pape Paul V.
Il fait l'esloge du Père Âncina (3), que le Pape aongeoit à faire béatifier, et au subjet daquel
il avoit consulté le Sainct.
Vers la mi -novembre i6i7.
J'ay receu une joye et une sa- Gratissimum mihi et jutisfaction incroyables, lorsque j'ay cundissimum est quod auentendu dire qu'on alloit mettre dio, devitâetvivendiratione
(1) Pressantes.
(2) Laquelle supporte tout, et que volontiers vous supportez les insensés, parce que vous-mêmes êtes sages; c'est donc dans ma folie que fai parlé.
(3) Ancina (Jean-Juvénal) , né à Fossano, près de Saluées, fut médecin de
perillustris et Reverendissimi Patris et Domini JuvenaJis AncinsB propediem in luce emittendâ. Cùm emm, ut magnus Nazianzeoorum pontifex Gregorius dixit, episcopi sint pictores virtutis, rei praBclarissimae, remque tam ex^elletitem verbk ac operibus coQcinnè, et quoad fieri potest , accuratè pingere debeant, non dubito quin in nostri clarissimi et spectatissimi Juvenalis vitâ, justitiaB christianae, hoc est omnium virtutum omnibus numeris absolutam imaginera conspecturi simus.
Et quidem cùm Romae, quatuor illis vei quinque mensibus, qinbus, piissimi ac ornatissimi praedecessoris mei Claudii Granierii jussu hujus diœcesis aliquot rebus tractandis operam dedi, plurimos sanè vidi eximiâ sanctitate et doctrinà viros, qui Urbem , et Urbe orbem suis laboribus exornarent , sed inter eos omnes, istius seorsim virtus mentis meœ oculos vehementer occupavit.
Mirabar etenim in tantâ
incessamment au jour la vie et le détail de toute la conduitte du très -illustre et Reverendissime Père et Seigneur Juvenal Ancina. Car, comme selon le sentiment du grand evesque de Nazianze, sainct Grégoire, les evesques sont les peintres de la vertu, qui la chose la plus grande, et qu'ils doivent peindre uoe chose si excellente par leurs parolles et par leurs œuvres, je ne doubte point que dans la vie de nostre tres411ustre et tres-admirable Juneval, nous ne voyions une entière et parfaicte imaige de la j ustice chrestienne, c'est-à-dire, de toutes les vertus.
Et véritablement, pendant l'espace de quatre ou cinq mois que je negociois à Rome les afifaires de cest evesché, par le commandement de mon tres-devot et tresvertueux prédécesseur, Monseigneur Qaude de Granier, j'ay veu, certes, plusieurs hommes excellens en saincteté et en doctrine, qui illustroient par leurs travaux la ville par excellence, et dans elle le monde entier; mais entre tous ces grands personnages, la vertu de celuy-cy frappa particulièrement les yeux de mon esprit.
J'admirois en eflFect, dans la
Frédéric ICadrace, ambassadeur da duc de Savoie auprès de Sa Sainteté, puis de Tempereur Rodolphe. Pendant le séjour qull fit à Rome, il étudia en théologie, et s'y rendit fort savant en peu de temps : puis il reçut Tordre de prêtrise, «t se mit sous la conduite de S. Philippe de NérL Enfin le pape Clément VIII loi ayant commandé d'accepter un des évèchés vacants , il choisit celui de Saluces, parce qu'il était de moindre revenu et qull y avait beaucoup à travailler dans ce diocèse où les opinions de Calvin s'étaient glissées.
y2 lettre;
science profonde de cest homme, qui embrassoit tant de differens objects, et daos une si grande érudition , un esgal mespris de luy- Œesme; dans la gravité parfaicte de son extérieur, lie ses discours el de ses mœurs , autant de grâce et de modestie; dans le soing qu'it prenoit de prattiquer et de recommander la dévotion, une pareille application à la politesse, â la douceur el â l'affabilité : en sorte qu'il ?ie foulait point aux pieds le faste et l'orgueil par un autre orgueil, ce qui arrive â plusieurs, mais par uoe vraye humilité; et qu'il ne faysoit point valoir sa charité par la science qui enfle, mais qn'il faysoit fructifier la science par/o charité fjui édifie. C'estoit un homme chéri de Dieu et des hommes, parce qu'il les aymoit d'une charité trespure. Or, j'appelle une charité tres-pure, celle dans laquelle Ton auroit de la peioe de treuver la moindre trace d'amour-propre ou d'egoïsme, charité rare et exquise, qui ne se treuve pas facilement, mesme dans ceux qui font profession de pieté, à rayson de quoy elle est plus précieuse et plus rareque ces curiositez extraordinaires qui viennent des €Xtremitez du monde.
J'ay remarqué que, lorsque l'occasion s'en presentoit, cest homme de Dieu avoit cousturae de louer si ouvertement, si sincèrement et si amoureusement les divers instituts des religieux, des ecclésiastiques, et mesme des
viri eruditione, ac variarum rerum scientià, tantara suî ipsius despicientiam ; in f antà oris, verborum ac morum gravitate, tantum leporem tantamque modestiam ; in tantâ pietatis sollicitudine, tantam urbanitatem ac suavilatem; cùm nec fastum, quod plerisque contingit , aliofastu, sed verâ humilitate calcaret, nec infiante scicntià charilatem ostentaret, sed charitate sdificante scienliam instrueret; dilectus plané Deo et hominibus, qui Deum et homines purissimâ dilectione prosequeretur. Purissimam autem appelle eam dilectionem, in quâ vix quidquam amoris proprii, sive philautiae, reperire licebat : rara et exquisita dilectio ista , quee etiam inter pietatis cuUores rarù viget, undè procul el de ullimis finibus pretium ejus.
ûbservabam verù hominera hune, cùm sese daret occasio , tam luculenter, tam aincerè tam amanter solitum laudare variorum religiosorum et ecclesiasticorum, imô etiam laïcorum
instituta, mores doctrinam, Deoque inserviendi methodum , ac si ipse eorum congregationibus aut cœtibus addictus esset. Cùmquesuam sibique dilectissimam clarissimi Oratorii Congregationem dulcissimo et plané filiali corde complecteretur, non tamen proplereà alios conventus cœtusque Deo servientum frigidiùs, ut plerumque accidit,molliùs amabat, œstimabat, extoUebat.
Quamobrem eos qui tacti amore cœlesti intrinsecùs, purioris vitae ration em sequi cupiebant, consiliumqueejus expetebant, solâ Dei majore gloriâ inspecta, in societatem quam illis magis congruam putabat, manu et opéra amantissimè deducebat : homo videlicet, qui nec Pauli, nec Cephas, nec Apollinis sed Jesu-Christi erat, quique meumettuum, frigida illa verba, nec in temporalibus , nec in spiritualibus audiebat; sed omnia in Christo, ac propter Chrislum, sincère expendebat.
Cujus quidem tàm perfectae charitatis in hoc apostolico viro exemplum nunc
laïcs, leurs mœurs, leur doctrine et. leur méthode de servir Dieu, que l'on eust dit qu'il estoit de leurs congrégations et de leurs compaignies. Et quoyqu'ileustune affection tres-douce et tout à fait fihale pour sa tres-chere congrégation de l'Oratoire, si illustre entre les autres, lorsqu'il s'agissoit des autres societez et compaignies des serviteurs de Dieu, il n'en parloit pas pour cela plus froidement comme il arrive quelquesfois ; il ne les aymoit pas avec moins d'ardeur, ne les estimoit pas moins, et ne les loûoit pas plus foiblement.
C'est pourquoy, lorsqu'il treu voit quelqu'un qui, touché intérieurement d'un mouvement de l'amour divin, desiroit s'attacher à une manière de vie plus pure, et dans ceste intention venoit luy demander conseil, il ne regardoit que la plus grande gloire de Dieu : il le conduisoit pour ainsi dire par la main, et l'aydoit avec une charité incroyable à entrer dans la société qu'il croyoit luy estre la plus propre. En effect, ce sainct homme n'estoit ny à Paul, ny à Cephds, ny à Apollon, mais à Jesus-Christ seul ; et il ne vouloit point entendre parler de ces froides expressions de mien et de tien, soit dans les choses temporelles, soit dans les spirituelles ; mais il pesoit toutes choses sincèrement en Jesus-Christ et par Jesus-Christ.
J'ay maintenant en main un exemple de ceste charité si parfaicte en cest homme apostolique. Il y a
ad manum habeo, Obiit nuperrimè in eoUegio hujus civitatis Aaiciensis clericocum regularium Sancti-Pauli, vir reiigiosissimtis Guilielmus Cramoësius Parisiensis ; cum quo , ut Gt, dum verba miscerem, incidi ia mentionem de révérend issimo Juvenali nosiro Ancinâ. At ille subito perfusus : Quàm gra-
qtielque tems qu'il mourut au collège de ceste ville d'Annessy, gouverné par les Clercs réguliers de Sainct-Paut, un homme Ires-religieux, nommé Guillaume Cramoisy, natif de F'aris. Or, comme je m'entretenoia familièrement avec luy, mon discours tomba sur nostre Reverendissime Juvenal Ancina, Ce religieux, comblé de joye tout-à-coup, m'interrompit
et me dit : 0 que la mémoire de ta, inquit, hujus viri, quàm cest homme me doit estre chère chara mihi esse débet recoret aggreable ! C'est luy qui m'a en datio ! quippe qui me iterùm quelque façon engendré de non- in Christo quodammodù geveau à Jesus-Christ. Et voyant nuit. Cùmque vidisset me quej'avoisconceutedesir desça- desiderium concepisse rem voir un peu plus amplement ce totam fusiùs audîendi, ità dont il vouloit parler, il continua narrare perrexit, de m'en instruire en ceste sorte.
J'avois atteint, dit-U, l'aage de vingt-quatre ans, quand la divine Providence m'inspira à diverses peprinses d'embrasser la vie religieuse. Toutesfois, eu esgard à ma foiblesse, je me sentis agité de
tant de tentations contraires, que, Irariis tentationibus exagimanqnant tout à fait de courage, tatum me sentiebam, utdesje pensay sérieusement à me ma- pondens prorsùs animura, ryer, et la chose estoit tellement de matrimonio ineundo serio avancée de la part de mes amys, cogitarem, resque jam apud qu'il sembloit desjà qu'elle fust araicos ita processerat, ut faite. propemodùm acta videretur.
Mais combien grande est la Verùm quœ Dei est beniboolé de Dieu! Estant par hasard gnitas! Cùm oratorium Valentré dans l'oratoire de la Vaux- liscellje ingressus essem, celle, je m'arrestay à entendre le Père Juvenal Ancina, qui preschoit au peuple, etqui fit voirpremierement l'inconstance et la foiblesse de l'esprit humain, etensuitte recommanda fortceste magnanimité avec
An nos natus viginti quatuor, inquit, cùm jam multis iospirationibus divina Providentia me ad vitam reUgiosara incitasset; ilàtamen, pro meâ imbecillitate , con-
ecce audio patrem Juvenalem Ancinam de humant primùm ingenii inconstanlià et inBrmilate, deinde de eà magnanimitate quâ inslinctus divini exécution! man-
L EYESQUE.
dandi sunt, ad populum verba facientem tantà sermonis et sententiarum peritiâ, ut €ordis mei miserandam pigritiam, quasi manu injecta, excutere videretur; ità ut tandem, quasi tuba exaltans vocem suam, me ad deditionem cogeret. Quapropter statim finito sermone, ad eum in oratorii quodam angulo preces pro sermonis sui, ut reor, felici successu fundentem, haesitans et anxius accedo, et quid animo volverem expono.
nie verô : Res, inquit, haec paulô accuratiùs tractanda est, neque nunc tempus nobis suppeteret, advesperascente jam die. Itaque cras, si ad me veneris, opportuniùs de re tôtà agemus.
Tu intérim , quod caput est, lumen cœleste precibus advoca.
Veni ergo prostridie, et quidquid in utramque partem circa vocationem meara agitarem , sincère aperui ; seorsim verô me ob id potissimùm religiosam vitam formidare, quôd corpus débile ac delicatse temperaturse nactus essem .
Quibus attenté auditis et
laquelle il faut mettre à exécution les inspirations divines; ce qu'il traitta avec tant d'habileté et d'énergie, et un tel choix de mots et de sentences , qu'il me sembla presque porter la main jusqu'à mon cœur pour en secouer et faire tomber la misérable paresse; en sorte qa'eslevanl sa voix comme une trompette y il me contraignit demerendre. C'est pourquoy, aussitost que la prédication fut achevée, lorsqu'il prioit Dieu, comme je pense, pour l'heureux succez de son sermon, et qu'il s'estoit retiré pour cest effect dans un certain coing de l'eghse, je m'approchay de luy avec crainte et tremblement, et luy addressant la paroUe, je ne manquay pas d'exposer tout ce que je roulois dans mon esprit.
Mais il me dit : Geste affaire mérite d'estre traittée un peu plus exactement, et nous n'aurions pas maintenant le loysir, parce qu'il se fait déjà tard. Mais si vous voulez venir me trouver demain, nous parlerons de tout cela plus commodément ; et cependant , ce qui est la principale chose, attirez sur vous la lumière céleste par vos prières.
Je m'en allay donc le trouver le lendemain , et je luy descouvris sincèrement tout ce que je pensois pour et contre ma vocation; mais eu particuher, que je redoutois la vie religieuse, surtout parce que j'avois un corps foible et un tempérament délicat.
M'ayant escouté attentivement.
et considéré meorenieiit toote^ mes raysons : C'est pour cela, dit le serviteor de Dien, que la divine Providence a vouIq qu'il y east dans l'EgUse divers Ordres religieux. afBn que ceuiqui ne pourroient supporter les aDàterirez et les m ortifl calions extérieures des plus peoiteQs, entrassent dans les plus doux. Vous avez la Congretion des Ctepcs réguliers de Sainct-Paal, où la discipline et la perfection religieuse sont souverainement en vigueur, et où il n'y a pas tant d'auslerilez corporelles que ses Coustumes et ses CoDsLitutions ne poissent estre observées, avec la grâce de Dieu, par quelque homme que ce soit.
■Allez-vous-en à leur collège, et voyez si la chose n'est pas telle que je vous le dy. Dès-lors cest bomme de Dieu ne cessa de me presser, jusqu'à ce qu'il m'eut veu enroolé et admis dans ceste vénérable Congrégation. Voilà ce que m'a raconté le Père dom Guillaume.
De tout cela, il est facile de conjecturer combien estoienl grandes, dans le grand Juvenat Ancina, refficacedesaparolle, sa prudence et sa sagesse â donner des conseils, et sa constance et parfaicte charité à secourir le prochain.
Carcequej'ay rapporté tout maintenant par manière d'exemple, il l'a praltiqué à l'esgard de bien d'autres : et pour ce qui me concerne en mon particulier, je confesse franchement que les lettres qu'il m'a escrites par une bien-
expensts : Et propterea , in-
qnit servns ille Dei, divind f^rovidetitii foctum est, ut in Ecclesii varîi sint ordiaes religiosonim ; ut scilicet qui aosteris et pœoiteutiff exterion addictis non possit vitam addicere, mitiores iogrediatur. Et eece tibi Coqgregatio Qericorum régularium Sancti-Pauli, in quâ disciplina perfectionis religio3a^ summoperé viget, et nuUo tamen tanto corporis labore premitur. quin à qnovis propemod iim homi ne ejus mores ac constilutiones lacillimè, Deo propitjo, ohservari possint : accède ad eorum coUegium , et vide tu ipse num ità se res babeat?
JNeqae deinceps cessavit vir Dei quàusque me huic colendissims congregalioni adsciptum videret et inseï^ tum. Et hsec quidem narrabat GaiUelmus.
Ex quibus facile est conjicere quanta fuerit raagni Ju~ venalis Ancinœ in dicendo efficacia, inconsulendosagacitas, et in juvandis proxirais constans et perfecla charitas. Quod enim ounc esempli gratiâ â me recitatum est, id ipsum cum pierisque aliis actum cognovimus; et quidem. quod ad me attinet. ingénue fateor, pferisque quas pro suâ in me propensions ab eo accepi
litteris, vehementer adamorem virtutis christianaB incitatum fuisse.
Jam autem, postquàm à praeclaro Congregationis 0ratorii vivendi modo ad sacrosanctum episcopale munus translatus est, tùm vero maxime ejus virtus splendidiùs micare, ac clariùs, ut parerat, splendescerecœpit, ut lucerna nimirùm ardens et lucenSy quœ suprà candelabrum posita, omnibus lucet qui in domo sunt.
Et quidem, cùm Carmaniolœ, quod oppidum est Salutiensis diœcesis , ubi visitationis pastoralis officio tune incumbebat, ànno millésime sexcentesimo-tertio , ejus salutandi gratià, relicto tantisper itinere, venissem; sensi ego tune quantam dilectione mixtam venerationem ejus pietas et virtutum copia in populis illis excitaret. Nam ubi me appulisse cognoverunt, dici satis non potest quo ardore mentis, amicà quàdam vi ex hospitio publico in domum cujusdam nobilis ci vis invexerunt , quando-quidem, inquiebant, hominem qui honoris gratiâ ad suum dilectissimum pastorem diverteret , vellent , si modo possent, in medio pectorum recondere.
Neque unquam sibi satisfaciebant in Isetitiâ, quam ob tanti pontificis prœsen-
• VU
vueillance singulière, ont beaucoup excité en moy Tamour des vertus chrestiennes.
Mais depuis qu'il eut passé de Fexcellente manière de vivre de la Congrégation de TOratoire, aux tres-sainctes fonctions de Tepiscopat, sa vertu commença à briller et à rayonner bien davantage, comme il estoit tres-raysonnable; et il fut tel qu'une lampe ardente et luysante qui y estant posée sur un chandelier y esclaire tous ceux qui sont dans la mayson.
En effect, lorsque, pour le saluer en Tannée 1603, je me destournay un peu de mon chemin , et que j'allay à Carmagnole, ville du diocèse de Saluées , où il faisoit alors sa visite episcopale, je m'apperceus fort bien de l'amour et de la vénération que portoient les peuples de ceste ville à sa pieté et à la multitude de ses vertus.
Car aussitost qu'ils sçeurent que j'estois arrivé, il n'est pas possible d'exprimer avec quelle ardeur et quelle douce violence ils me tirèrent de l'auberge où j'estois logé, pour me mener dans la mayson d'un noble bourgeois de Tendroict , parce , disoient -ils , qu'ils auroient voulu, s'il leur eust esté possible, mettre dans leur cœur un homme qui s'estoit destourné pour visiter leur cher pasteur.
Et quoyqu'ils donnassent à l'envi mille tesmoignages de leurjoye, soit dans leurs discours, soit dans
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l'air de leurs visages, pour la présence d'un si grand prélat, tout cela n'estoit rien à leur gré, parce que la noble affabilité que Ton remarquoit en luy, et son adniirale bonté envers tous, attlroient sur luy les yeux et les cœurs de tous, et que, comme un tres-bon pasteur, i7 appelloit toutes ses brebis par leur nom, pour les conduire à des pasturages verdoyans, qu'il lesaltiroit, et mesme les entraisnoit après luy, ayant ses mains pleines du sel de la sagesse.
Et pour tout dire en un mot, et sans offenser personne, je ne me souviens pas d'avoir jamais veu aucun homme qui ftist plus abondamment rempli et plus richement orné des qualitez que l'Apostre desiroit tant aux hommes apostoliques.
tiam conceperant , verbis ac vultu jucundè exprimendâ, cùm ille nobilissimâ quàdam affabilitate ac suavissimâ erga omnes benevolentiâ, omnium pariler ocuios animosque in se converteret, ac tanquam pastor egregius et beneflcus, ores suas nominalim ad virenlia pascua evocarel, raanibusque sale sapientiEG plenis, ut post se venirent alliceret, imà et traheret.
Uno tandem dicam verho, absit cui invidia : non memini mo vidisse hominem, qui dotibus,qHasApostolusapostolicis vins tanloperè cupiebat, cumulatiùs ac splendidiùs ornalus esset.