Fraîiçois de Sales, à Madame la Princesse de Piedmoni
Le Sainct la remercie d'avoir contribué à la nomination de son frère
à la coadjutorerle de Genève.
20 mars 1620.
Madame, si vous mesurez vos faveurs à ce que Dieu a voulu que vous fussiez, il n'y en aura jamais de trop grandes : mais si elles sont balancées avec le mérite de ceux qui les reçoivent , celle dont il vous a pieu gratifier mon frère et moy, en la nomination faite par Son Altesse, sera sans doubte des plus excessives; et faudra advoiier. Madame, qu'elle n'a nul fondement qu'en la grandeur de vostre bonté , sinon que parmy plusieurs grâces de Dieu vous avez encore celle-là de cognoistre les cœurs, et que dedans les nostres Vostre Altesse ayt regardé l'incomparable passion que Dieu mesme y a mise, pour nous rendre infiniment
(1) Toutefois.
dédiez à vostre service, et nous faire resigner à jamais à Tobeyssance de vos commandemens : car, en ce cas, Madame, s'il vous a semblé bon de mettre en cousideration nostre treshumble sousmission, Vostre Altesse aura bien eu quelque subjet de nous départir ce bienfaict, duquel je luy rens tres-humbles grâces; et luy en faysant révérence avec un extrême respect, je prie la divine Majesté qu'elle comble la royale personne de Vostre Altesse de l'abondance de ses bénédictions , qui suis , Madame, vostre tres-humble , etc.
A M. de Tardy, Conseiller d'Eclat de S. A., Président au souverain Sénat de Savoye.
Sainct François luy retx>mmande les religieux et les habitans de Six , qui ont un procez
à soustenlr devant le Sénat.
Annessy, 18 mars 1620.
Monsieur, oultre que les vénérables religieux de Six, pour leur bonne vie et affection à la reformation, méritent d'estre protégez, l'affaire qu'ils ont maintenant prenant son origine en partie de la visite que j'y ay faite, et en laquelle je puis bien prendre Dieu mesme à tesmoin d'avoir eu seulement son service en veue, et en laquelle de plus je n'ay presque rien ordonné qu'après avoir par raysons tiré le consentement amyable des parties ; je me sens obligé de faire avec lesdits religieux une mesme supplication auprès de vous , affîn qu'il vous playse de les favoriser en la conservation de leur bon droict : en quoy vous ferez chose grandement aggreable à N. S. et qui m'obligera extrêmement, qui suis à jamais, Monsieur, vostre serviteur treshumble. — François, evesque de Genève.
P. S. Monsieur, les habitants de Six, pour leur grande misère, sont dignes de compassion, et pour leur pieté sont dignes d'estre affectionnez ; c'est pourquoy je ne fay point de difficulté de vous supplyer tres-humblement de leur départir vostre justice et faveur en la conservation de leurs bons droicts.
A Sa Grandeur Monseigneur le Cardinal Frédéric Borromeo,
archevesque de Milan.
s. François luy rend grâces pour l'envoy des reliques de sainct Charles Borromée.
Aiueny, 23 afril 1620.