CCCXXIII
A sa Paterneté le Père General de la Congrégation
de Sainct'Paiil , à Milan.
Sainct François le prie de luy renvoyer
Reverendissimo Padre in Christo osservandissimo. Andando quesli nostri Padri al capitolo e alla obedienza di V. P.
Rev. vado ancora io con essi loro per salutarla e proferirmegli per servitore affezzionatissirao. Supplicandola di più chè si degni, se pero cosi far si puô e è spedienle, rimandarli in quà. Essendo chè avendo egli imparata la lingua e le usanze del paese, potranno con più utilità fatigar in quesli luoghi chè altri che verrebbono senza tali instrumenti e mezzi necessarii. E niente dimeno non lascierôdidireaV. P. Rev., corne in vero zelante del bene e honore délia sua Congregrazione, chè sarebbe anco a proposito chè con essi loro venisse uno di quel vecchi padri, Tetà del quale potesse produrre una nuova venerazione a questi nuovi coUegi, li quali forse presto ne avranno un terzo di noviziato. E cosi tutte queste cose, con la canuta presenza et autorité di taie personnagio, verranno compite. Fra tanto, augurando dal Signore ogni sauta prospérité a V. P. Rev., glie resto hum il. fralello e servitore.
— Francesco, vesc. diGinevra.
les prestres qui vont célébrer le Chapitre.
24 avril 1620.
Monseigneur, nos Pères allant au Chapitre et à Tobedience de vostre Paternité Révère ndissime, je viens avec eux pour la saluer et me desclarer son serviteur le plus affectionné. Je la supplie de plus, si faire se peut, et si cela est convenable, de les renvoyer icy. Ils ont apprins la langue et les usages ^ du pays, et pourront continuer leurs travaux dans ces lieux avec plus d'utihté que d'autres qui arriveroient sans ces advantages nécessaires. Je diray encore à Vostre Paternité, comme vray amy du bien et de Thonneur de sa Congrégation , qu'il seroit à propos qu'avec eux il vint un de vos vieux religieux, dont l'aage attireroit un nouveau respect à ces nouveaux collèges qui peut-estre bientost en compteront un tiers sorti récemment du noviciat. Avec la présence et Tauthorité d'un personnage blanchi dans ses devoirs , ceste vénération sera constamment observée. A tant, demandant au Seigneur toute saincte prospérité pour V. P., je demeure son tres-humble frère et serviteur. — François, evesque de Genève.
A S. A. Charles-Emmanuel I^, duc de Savoye
Sur le desBein d'employer les prébendes de Contamine à restablissement des lectures de théologie , et du noviciat des Pares Bamabites.
Annessy, 2 juin 16S0.
Monseigneur, V. A., qui m'avoit commandé de faire recevoir le nepveu du sacristain Perret à Contamine, me commande, par une autre lettre, de ne le point faire jusques à ce que luy aye donné mon ad vis. Et partant. Monseigneur, je supplieray V. A. de se ressouvenir de Theureux dessein qu'elle a d'employer les prébendes de ce prieuré-là pour Testablissement des lectures de théologie, et du noviciat des PP. Barnabites, puisque il est si mal-aysé de mettre la reforme en un lieu où il n'y a pour encore aucun subjet capable de l'introduire, et tout à fait destitué de bastimens. Et sur cela V. A. me favorisera de ses commandemens , que j'attendray et recevray avec l'obeyssance que je luy doy, Monseigneur, son tres-humble, tres-obeyssant et tresfidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.
A un Gentilhomme son amy.
Sainct François luy propose de faire nommer le prieur de Mesme aumosnier de Madame la Princesse de Piedmont. Il l'entretient esgalement de plusieurs autres affaires.
2 juin 1620.
VoYLA M. de Rouër qui va pour le procez que sa mayson a en ce pays-là. Oultre le double lyen d'allyance que nous avons avec luy, la grande assistçince que Madame de Brescreu tit à feu mon frère, ainsi que mon frère le chevalier m'a raconté, nous oblige à le servir es occurrences. Il vous dira comme M. Fornand s'en va aujourd'huy ou demain au plus tard poursuivre la voye de toute. . . Trois ou quatre se présenteront pour le canonicat, entre lesquels, ce me semble, M. duCrestqui est docteur, quiesttoutàmongré, et pour l'extérieur et pour l'intérieur. Mais je ne sçay ce que Messieurs du Chapitre feront. Pour avoir un aumosnier de Ma~ dame, j'ay jette les yeux sur M. le Prieur de Mesme, tout reformé, qui a bien estudié, qui parle bien, a très-bonne mine, et a des moyens, et qui à mon advis tiendra fort bien ceste place , et nous en sera obhgé et toute la ville de La Roche ; je ne
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sçay pourtant encore s'il le voudra, mais je le sçauray bientost : son grand-pere estoit noble, c'est-à-dire le fut fait, et si il n'est point boiteux ny pointilleux. Je le fis député du clergé au Synode,, et depuis surveillans du quartier, de quoy il m'a sceu tant degré que je pense qu'il mérite d'estre advancé. Oultre que je ne sçay où jetter ma veue, tous nos ecclésiastiques de bonne naissance estant ou tarez au corps et au maintien , ou de peu d'intelligence, ou trop vieux ou sans talent pour ceste charge en laquelle nostre maistresse veut avoir des gens de bonne sorte. Or, quant à M. Faure, je croy qu'il se contentera d'avoir l'hQnnour et le tiltre sans aller au service, Messieurs ses frères s'estant accordez à le luy persuader. Pour celuy qui esta Paris, en vérité , il auroit bien tous les autres talens, mais je croy que la constance Juy manqueroit et seroit dans un peu de tems dans une dangereuse liberté qui luy serviroit de reproche et à nous, le passé nous ayant assez apprins ce qui se doit présager pour l'advenir. Mais nous acheminons le plus que nous pouvons l'eschange de son bénéfice avec un autre qui est possédé par un autre changeant, affin qu'il puisse revenir et le tems nous fera sages.
Mon frère et ma sœur de Cornillon ont un désir extrême que, M. le curé de Régnier venant à mourir, comme il semble qu'il doive faire dans peu de jours , M. François Baudri, qui est maintenant vicaire, leurvoysin, et qui a plusieurs bonnes petites conditions, eustla nomination, estimant que le bon M. Pergod, qui est procureur de M. Argentier, en nommeroit peut-eslre quelqu'autre. Pour cela, s'il se peut bonnement, il faudroit prier mon dit sieur Argentier de faire une lettre à moy, par laquelle, en cas que le dit messire François se treuvast capable et désiré par les paroissiens, on le preferast, attendu que depuis plusieurs années en çà il fait effectivement la charge du curé, exhortant, administrant les sacremens et catéchisant, et en somme suppléant le devoir du curé qui , à cause de son mal , ne le peut faire. Quand vous désirerez M. Rolland et messire Noé , vous les aurez. J'ay veu la lettre de M. Beybin qui ne m'a point estonné ; au contraire, je l'eusse esté extrêmement si, estant savoyars et gens de bien , nous n'eussions point esté enviez en une si heureuse faveur de nos princes. La victoire demeure à ceux qui treuvent la place et faut demeurer en paix. J'ay receu la lettre de S. A., par laquelle elle me commande ne rien mouvoir au fait de M. Perret , jusques à ce que je luy aye donné advis de ce qui me semble. Or ne sçay qu'escrire, sinon que si S. A. veut continuer le dessein d'employer ces prébendes pour Thonon et Evian ou la Bon-
neville, il faut qu'elles les treuve vacantes, et que foa fasse solliciter à Rome tout ce qu'il faut pour faire réussir le project. Je in'essaverav donc d'escrire aujourd'huv à Sa ditte .Vitesse, mais elle ne m'entendra pas si Monseigneur le Prince ne luy remet en mémoire le subjet.
Oh 1 mon Dieul quel bon-heur si on peut restablir le service de sa divine Majesté en toutes ces provinces; mais pour Ripaille, et pour la Congrégation de Thonon il n'est pas grand besoin que de l'authopité de S. A., car en l'un il n'y a personne et en l'autre on ne change rien, la bulle de Clément, ordonnant que ceste Congrégation soit des Prestres de l'Oratoire. Et quant à la commission que Monseigneur le Nonce a pour la visite de la saincte mayson, s'il me l'envoyé, tousjours faudra-t-il que S. A. en soit advertie, car ceste mayson despend tellement des bienfaicts de Sa ditte Altesse, que, sans le concours de son authorité, mal-aysement ponrroit-on rien faire effectivement. Il seroit donc besoin que l'on sceut ad quos fines la ditte commission tend, et en communiquer avec Monseigneur le Prince; que s'il le treuvoit bon, on pourroit par après me l'envoyer, et je Texecuterois selon la nécessité ou futilité. J'ay un désir extrême de servir M. Pernet, mesme en la mauvaise affaire que son cousin a avec ce soldat; et y ay desjà mis la main peu» l'entremise de M. de Mesme, qui a fort heureusement gaigné sur ledit soldat qu'il se contentera de ses despens ; la difficulté n'estant plus que sur la quantité, laquelle je voy estre fort grande par la liste que j'en ay tirée, et de laquelle, si je ne puis maintenant, au premier jour je vous envoyray copie. Et ce qui m'oste encore plus Tesperance de pouvoir servir M. F^ernet en son désir, qui est digne de luy et du soin charitable qu'il a de ceux qui luy appartiennent, c'est que son cousin M. le chanoine a ses appréhensions si fortes, qu'il croit que sa partie a grand tort et luy en doit de reste , combien que , m'esttant enquis le plus que j'ay peu de vérité, je treuve que c'est tout au contraire , et que ledit sieur chancelier Pernet a excédé fort scandaleusement, et que le bon M. Rogex l'a traitté avec un respect duquel la partie a grandement à se plaindre. Mais qui le luy pourra persuader? En somme , je m'essaieray en ceste occasion de tesmoigner à M. Pernet que ses recommandations ont tout pouvoir sur moy. Vous pouvez penser de quelle affection j'honnore M. de Pezieu, et comme je regarde en vérité toute ceste raaison-là» tout ainsi que si j'avois le bien d'estre l'un des frères; certes, j'estimerois Madame de Beaufort l'une des plus heureuses femmes du monde si elle s'estoit maryée avec luy. Mais il n'y a
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moyen de le servir en cela par lettres, car d'un costé je suis engagé dés il y a long-tems pour Monsieur de Sainct-Agné, frère de M. de Luçei. Et d'autre part, je sçay que les lettres n'ont nul pouvoir sur l'esprit de ceste damoiselle, qui est si pleine de considérations, qu'il faut parler, et de présence l'esclaircir des respliquesque son esprit luy fournit. Je verray neantmoinsdequelbiays je pourray prendre quelque occasion de servir ce cher frère utilement et efficacement, par l'entremise de mes amys et par toute sorte de bons offices. Mais je vous supplie qu'il me pardonne si je n'en puis plus. Monseigneur de Gramer l'aisné me prie pour sa vénerie. J'ay receu le paquet du P. General des Feuillans. Nous attendons nos PP. Barnabites et M. le premier Président pour ces festes. Nostre sœur Marie pourra venir quand il luy playra. Hier, la très-bonne Madame de Granieu arriva et sera icy ces deux jours suivans, ce n'est pas sans parler de vous avec affection. Dieu par sa bonté vous conserve, mon très-cher frère, mon amy. P. S. M. de Briscieu a désiré que le curé de Bellecombe l'accompagnast, et je n'ay pas eu grande difficulté à le luy accorder; car, jusques à ce que ce curé change d'humeur, son absence sera plus utile que sa présence.
.4 So?i Altesse Victor-Amedée , prince du Piedmont
Sur le Project de se faire des partisans des habitans de la yille de Greneve par les voies de la douceur et de la bien-vueillaace.
25jQiiil620.
Monseigneur, je croy que parmy la multitude des affaires importantes que S. A. peut avoir pour le bien de sa couronne et consolation de ses Estats, il y en a peu qu'elle doive affectionner plus fortement que celle que je proposay à V. A. quand j'eus l'honneur d'estre auprès d'elle au chasteau de ceste ville, pour le retirement de ceste autre ville, par voye douce, paysible et asseurée; or, voilà. Monseigneur, un homme, subjet naturel de S. A., qui, sans sçavoirmes pensées, m'a communiqué un véritable dessein, qui fait une partie de ma proposition; je supplie trés-humblement V. A., ains, si elle me le permet, je la conjure, par sa propre bonté et son bon-heur, de l'ouyr promptement et favorablement, et de donner dés maintenant ud bon commencement à ce sainct project, puisqu'il n'y a rien à perdre, mais tout à gaigner, et encore plus à espérer par la bonne issue que Dieu en
Ail LETTRES.
donnera à V. A., selon les vœux universels de tous les gens de bien , et mes continuelles prières pour la prospérité de la couronne de S. A. et la vostre, Monseigneur, de qui je suis treshumble, tres-obeyssant et tres-fidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.
CCCXXVIl.
A S, A. Charles-Emmanuel I^, duc de Savoy e.
Hainct Françoia recommande à S. A. un homme qui offre les moyeos d'extirper Ilimme.
Annessy. 6 Joillel 1880.
Monseigneur, ce porteur allant pour représenter à V. A. plusieurs moyens et occasions d'amplifier la gloire de Dieu et le bien des subjets de S. A. à la ruyne de Theresie, je ne fay nulle difficulté de supplyer tres-humbleraent vostre bonté, Monseigneur, de l'ouïr et de gratifier le dessein qu'il a, si elle juge qu'il soit convenable, puisque je sçay qu'elle affectionne grandement toutes les œuvres de pieté comme est celle-cy.
Et tandis, faysant tres-humblement la révérence à V. A., je vivray content en l'honneur que j'ay d'estre, Monseigneur, vostre tres-hurable, tres-obeyssant et tres-fidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.